DOT LEGACY
TO THE OTHERS
Psyché Stoner / Rock Psyché
Setalight Records
8/10


En 1977, sûr d’être le centre de l’Univers, l’Homme (la femme aussi mais surtout l’homme) balançait aux hypothétiques extraterrestres une sorte de message incompréhensible répondant au doux nom de Voyager Golden Records. En 2016, forts d’avoir constaté que les ronds, les rectangles et les diagrammes n’intéressent pas tellement E.T. et compagnie, les quatre spationautes de Dot Legacy réitèrent l’envoi de message…

Alors pas tellement le temps de s’attarder pour redessiner les attributs (pour le moins étranges) de la race humaine sur la Plaque de Pioneer, ni de débattre ou de discuter longuement sur le choix des représentations ou encore de l’utilité de la première plaque à voyager dans l’Espace. En revanche, le continuum espace-temps ralentira certainement son éternelle avancée pour percevoir, découvrir et envier l’exposition quelque peu sidérale d’une vision musicale « dot légacéenne » sans aucun doute venue d’ailleurs…

To The Others s’apparente à un ensemble assez cosmique, son « Horizon » affolant directement les sondes et annonçant ce que seront les prochains échos sonores : une sacrée épopée qui résonnera à travers trous noirs, genres, styles et courants musicaux aussi divers que variés. Vite oubliés toutefois les stéréotypes et la scène contemporaine, Dot Legacy donne dans le Psychédélique pour un son unique voguant entre la pédale Fuzz et la pédale de batterie (« 5314 », « Grey Cardinal »). Du coup, si l’Homme se sent déjà petit face à l’immensité de l’Univers, il se sentira désormais d’autant plus impuissant et admiratif face à la complexité, l’innovation et l’accomplissement de ce To The Others.

D’un côté, l’Homme semble avoir clairement trouvé son maître et le reconnait humblement devant le courage et l’intrépidité de cet album. Certes, To The Others est en total contraste avec la vision actuelle du Rock (compris en son sens large), mais c’est sans doute ce côté déconcertant et contre-courant qui charme et séduit le plus l’oreille (« Story Of Fame », « Dakota »). Toutefois, le génie présente parfois un côté frustrant, l’humain lambda n’étant pas apte à savourer toute la profondeur et la subtilité des sons expérimentaux à la première écoute. Quoi qu’il puisse en être, ce qui est sûr est que To The Others est un trip galactique parfaitement imprévisible par lequel Dot Legacy signe un second opus très convaincant tout en continuant de peaufiner son Univers. En somme, une immensité galactique remarquablement façonnée dans un son distinctif, notamment dû à l’usage de son effet de voix si particulier (peut être même un peu trop sur certains passages d’ailleurs).

D’un autre côté, qui dit « vie ailleurs » dit forcément théories en tout genre, donc pourquoi ne pas décrypter Dot Legacy comme un message envoyé par des petits êtres verts perdus sur Terre à d’autres petits êtres verts (eux pas perdus sur Terre) ? Même si l’hypothèse apparaît comme farfelue dans une première approche, à bien y réfléchir l’interrogation reste tout à fait probable et extrêmement plausible. Cela expliquerait ainsi le titre de l’album, To The Others se comprenant de ce fait directement comme un appel aux autres représentants de la race… Mais trêve d’un quelconque délire d’envahissement, To The Others est surtout en lien et en communication directe avec l’identité et la visée de Dot Legacy (« Pioneer »). Aucun doute là-dessus, Dot Legacy continue à tracer son style assurément Dot Legacy ! Alors hommes verts ou pas, tant qu’ils continuent à sillonner la planète Terre pour répandre et partager leur Psyché Stoner (ou leur Fuzzed-Out Rock’n’Roll), le reste importe peu….

Bref, là où l’album éponyme avait mis le feu aux réacteurs en posant les prémices d’une empreinte conséquente, To The Others propulse la fusée en traçant et affirmant un peu plus des caractéristiques typés et uniques. Du coup, il serait peut être grand temps de reconnaître les quatre compères de Dot Legacy à leur juste valeur, à savoir comme une bande d’intrépides savants musicaux ! Parce que mine de rien ça commence à devenir pas mal urgent…

A propos de l'auteur

Avatar

Chargé des Relations Presse, manager, tourneur et baby-sitter rock'n'roll pour groupes un peu trop paumés ✠ Egalement rédacteur pour Illico! et French-Metal (chez la concurrence quoi !).

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.