THE PRISONER

LIFE OF THE MIND

Black Metal/Sludge Doom/Death Atmosphérique

Autoproduction

4,5/5


The Prisoner, groupe d’Extrême Metal nous revient avec un LP intitulé Life Of The Mind… Je ne sais pas pourquoi mais à la simple vue de la cover, le sentiment d’avoir devant moi un skeud à la musique glaciale, entêtante, atmosphérique et riche en émotions se fait jour très vite. Cinq années se sont écoulées depuis The Silence Is Nothing paru chez Melancholia Records et voici venu  Life of The mind. Fusionnant Black Métal et Sludge/Doom Atmosphérique, le combo de la capitale a repris les choses là où il en était resté en 2012 accentuant le côté anxiogène de ses titres pour les emmener plus loin, beaucoup plus loin. Il continue de nous raconter les troubles psychologiques de leur personnage déjà évoqué par The Silence Is Nothing, l’enfonçant encore plus dans les noirceurs abyssales.

« Awake » qui introduit l’album ouvre sur une longue plage instrumentale lourde, obsédante, dans un format presque progressif. Le climat général de l’album est magnifiquement oppressant. Les titres apparaissent encore plus torturés, la performance au chant de Julien Deyres (Gorod), en osmose parfaite avec la musique y est pour beaucoup. Sa tessiture et son approche de la voix confinent presque à la démence, tant son interprétation parachève chaque titre. Sachant que le thème de l’album narre les tortures d’un esprit amnésique perdu dans ses tourments, recherchant la lumière mais n’arrivant qu’à se créer une autre source d’enfermement mental, on comprend mieux le malaise et le mal-être hautement perceptible qu’a voulu y mettre le chanteur, totalement imprégné de son rôle.

« Emptied » qui trouve sa place en second titre enfonce le clou avec un schéma basé sur l’alternance des tempos et des ambiances. On passe de passages posés mais malsains à un Blast Beat « ultra speed », rageur et tranchant. The Prisoner trace sa route musicale dans un univers qui interpèle l’auditeur. Le groupe se veut avec Life of The mind encore plus dérangeant, à l’instar du très court mais totalement frénétique et halluciné « Another Road To Nothingness », celui-ci nous plonge dans les méandres d’un esprit en totale perdition.

 
« Still Here », le formidable « Acte Final » dont les riffs et les arrangements de guitare occupent l’espace sonore pour nous retourner les neurones avec l’arrivée du chant en fin de titre. « Life Of The Mind », « And So Be It » qui frôle les quatorze minutes offrent au combo des plaines de désespoir qu’il ne se prive pas de rendre encore plus sombres et dévastées par la souffrance psychologique inhérente liée au concept de cet album.

Ce nouvel album est une oeuvre totale, à appréhender dans sa globalité pour en tirer toute l’essence schizophrénique. The Silence Is Nothing appréhendait déjà cet aspect sombre de la musique de The Prisoner, mais ici avec The Life of The mind, le groupe repousse à mon sens encore plus loin les rives du mal-être existentiel. Cet album est à découvrir au plus vite pour ceux qui ne connaissent pas encore The Prisoner car il recèle en lui, tous les ingrédients d’un album à la fois réussi et qui passera sans encombre l’emprise du temps. The Prisoner signe un album de Métal extrême à l’identité forte et assumée qui trouvera place dans le paysage du Metal moderne.

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