BENIGHTED

NECROBREED

Brutal Death/Death Technique

Season Of Mist

4/5


L’univers de Benighted nous a toujours plongés dans les tréfonds de nos déviances psychiques les plus extrêmes. Associant ces troubles à leur goût certain pour le gore et l’horreur suintante, d’Icon à Carnivore Sublime, Benighted n’a jamais quitté sa ligne de conduite et ce ne sont pas les changements de Line Up qui ont altéré la motivation et la force créatrice du combo. Necrobreed vient en ce mois de février 2017 marquer la continuité, l’abnégation de musiciens toujours et encore en phase avec leur musique.

Ne vous laissez pas abuser par la petite complainte enfantine susurrée dans la continuité d’une ligne de basse lourde et saturée, car « Hush Little Baby » qui ouvre l’album n’est ici que pour renforcer le caractère malsain de l’ensemble de Necrobreed.Benighted donne le ton avec « Reptilian », premier extrait (vidéo-clip à l’appui) de Necrobreed. Constat… On ne sort pas indemne de cette histoire, celle d’un homme qui se réinvente un corps à partir de chair putréfiée d’animaux, cherchant dans cet acte le désir de sublimer sa propre folie. Necrobreed porte une aura plus morbide et glauque que ses prédécesseurs.

Le son global de l’album est un véritable coup de massue, se faisant plus lourd, plus clair et encore plus impactant. L’homogénéité du son et ce côté urgeant m’évoquera la philosophie sonore de Carcass ou de Entombed dans le mixage des guitares et de la basse. Une violence supplémentaire en émerge et nous prend à la gorge, une violence musicale cependant jamais gratuite, juste la recherche de l’essence, du sentiment précis inhérent à chaque titre, au concept de l’album. Comme sur « Psychosilencer » qui à lui seul plante le décor et la volonté de Benighted d’annihiler toute réserve de l’auditeur par la richesse de ses parties et la justesse de l’émotion dégagée. On peut citer également comme exemple à cela, « Cum with Disgut » (avec Arno de Black Bomb A) titre aux ambiances plurielles, univers aux sonorités multiples d’une richesse impressionnante.

Necrobreed casse tout sur son passage, Benighted connaît les ficelles du Brutal Death, Blast effrénés « Der Doppelgaenger » « Mass Grave » breaks techniques « Reptilian » « Monsters Make Monsters » riffs acérés et anxiogènes « Versipellis » « Necrobreed » et venant achever le tout, les parties vocales de Julien Truchan. Ce dernier alterne les chants, growls, scream hallucinés, Grunt et Pig-Squeal, forment un va-et-vient de style qui porte par leur performance et leur justesse de ton encore plus loin la somme de travail effectué sur les compositions de Necrobreed.

Avec au compteur bientôt 20 années Benighted a encore la flamme et bien des choses à évoquer. Necrobreed est un album à ne pas louper, non seulement pour les fans du combo mais aussi pour ceux pour qui le Brutal Death est encore un peu obscur car la richesse de cet album est bien là, dans l’aspect fédérateur de Necrobreed. Malgré la violence et la folie qui s’en dégage, il est au final la représentation parfaite d’un groupe qui continue à penser sa musique, la fait évoluer et crée une oeuvre non seulement parfaite pour l’époque mais qui trouvera écho encore bien longtemps après. Benighted nous plonge sans artifices dans les traumas et la schizophrénie ultime.

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