Quelle ne fût pas notre surprise, il y a quelques mois de ça, quand nous avons découvert que les acharnés de chez Nostromo s’embarquaient de nouveau sur les planches, qui plus est bien accompagnés ! Leur séparation en 2005 avait laissé plus d’un fan orphelin… En perte de repères, nous espérions secrètement les revoir naviguer sur des vagues de headbangers en furie. Et bien, c’est chose faite ! Vu que l’occasion s’est présentée à nous, l’équipe de Sounds Like Hell Fanzine a décidé de prendre des nouvelles de l’équipage.

Propos de Lad recueillis par Kévin Delattre


On ne vous présente plus. Après nous avoir laissés orphelins de votre talent en 2005, vous revenez pour notre plus grande joie en 2016… Comment allez-vous depuis tout ce temps ?

C’est gentil ! Ça va pas mal du tout. On a grossi d’après notre pote Joe (Duplantier NDLR) de Gojira mais on a toujours la pêche et surtout l’énorme bonheur de se retrouver et de remonter sur scène avec Nostromo. On est comme des gosses quand on se retrouve les quatre au local pour rejouer ensemble, se revoir et refaire des projets. On a passé tellement de temps sur la route, dans les galères qu’au final une amitié solide s’est forgée, même si on se voyait beaucoup moins avant notre reformation.
 Donc « quel bonheur » comme dirait Maik !

Qu’est-ce qui vous a poussés à retourner sur les planches plus de dix ans après votre séparation ? 

Je pense qu’on en avait tous envie… Mais l’occasion ne s’était pas présentée. Je crois que l’on n’osait pas trop aborder le sujet de la reformation, par peur que ça ne marche pas. C’est donc Maik qui a eu la bonne idée de se marier et de nous proposer de remonter sur scène avec la version acoustique à l’occasion de son mariage. On ne parlait pas encore de reformation. Ce même soir, on s’est pris en photo et Javier l’a postée sur notre site Facebook et ça a fait le Buzz. On a reçu pas mal de propositions de concert suite à cette photo (Hellfest, tournée avec Gojira). Elle a été comprise comme une annonce de reformation alors qu’on n’en avait pas encore parlé entre nous. Du coup la question s’est posée. Est ce qu’on y va ou pas ? Est-ce qu’on y arrivera ?… On a quand même réfléchi un ou deux jours. On s’est mis au travail et je crois que le résultat est plutôt cool. On a dû retrouver nos marques mais elles sont assez vite revenue et j’ai l’impression qu’elles sont même plus solides qu’avant. La tournée avec Gojira ne pouvait pas mieux tomber ! Ça nous a boostés et nous a poussés à faire de notre mieux.

Votre état d’esprit a-t-il évolué depuis 2005 ?

Oui… Je crois que l’on est un peu moins sauvages. En tout cas, c’est le cas dans nos vies privées mais sur scène, on a tout autant la rage voire même plus ! Vu que certains d’entre nous n’ont pas été épargnés par les problèmes de la vie, comme tu le sais bien, ce genre de musique est une assez bonne thérapie pour se délester des problèmes du quotidien.

A l’époque, votre séparation a été brutale et nous a tous laissés un goût d’inachevé. Quelles ont été les raisons pour lesquelles vous vous êtes séparés en plein succès ?

Effectivement ça a eu l’effet d’un K.O. technique. On commençait à parler de nous surtout en France et en Suisse, mais voilà on n’a pas eu les épaules et surtout on ne percevait pas le réel potentiel du groupe à l’époque. On avait des ambitions différentes que l’on n’a pas réussi à harmoniser. L’envie n’était plus là, on a donc décidé de se séparer. Personnellement, je peux le dire aujourd’hui, je l’ai assez mal vécu. Une sorte d’inachèvement, d’inaccomplissement et surtout comme un manque. Je me sens beaucoup mieux aujourd’hui. D’ailleurs, je crois que je ne suis pas le seul dans cet état d’esprit. On va devoir passer sur le divan un jour ou l’autre.

Vous avez tous participé à d’autres projets musicaux pendant cette absence. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Dans la lignée de Nostromo, Jeje a joué dans Mumakil version Ultra Brutal et Grindcore. Jaja joue lui encore dans un groupe Punk-Hardcore nommé Elizabeth. Maik et moi avons complètement switché. Maik a joué dans un groupe de variété Française du nom de Ostap Bender et moi je suis devenu producteur de musique électronique… Je le suis d’ailleurs toujours. J’ai ouvert un studio de mastering, le Caduceus Mastering, situé sur Genève.

Juste après l’annonce de votre retour, vous avez annoncé des rééditions entièrement remasterisées de trois de vos opus. Comment avez-vous travaillé sur ces rééditions ?

On a repressé 1000 copies de chaque (Argue, Eyesore, Ecce Lex) en digipack et notre distributeur Season of Mist s’en occupe pour nous. Je ne peux donc pas te dire grand chose de plus.

Vous n’avez pas réédité Hysteron-Proteron, votre album acoustique sorti en 2004. Vous n’en avez pas vu l’utilité ?

Pas pour l’instant, mais on va le faire peut-être en version vinyle. On a encore les mix de l’époque donc on pourra refaire un mastering rien que pour le vinyle.

La suite logique que tout le monde attend est bien évidemment du nouveau Nostromo. Je pose donc la question qui me brûle les lèvres depuis le début. Peut-on s’attendre à un nouvel album ?

C’est un peu tôt pour parler d’album mais on y pense. Par contre, on est en train de composer avec Jérôme et Maik et on va essayer de faire quelque chose pour octobre. On espère pouvoir faire un Maxi d’ici là mais rien de sûr pour l’instant…

Vous avez repris les live en décembre. Les dates avec Gojira ont débuté le 23 janvier. Heureux de retrouver votre public toujours aussi fidèle ?

Disons que l’on a bénéficié de conditions plus qu’idéales, nous avons joué à guichet fermé, c’est assez génial de jouer chaque soir devant une salle comble. Par contre, on a dû vraiment se bouger car le public est très jeune. D’ailleurs, il y en a quelques-uns qui n’étaient même pas nés lors de la sortie d’Argue. Oh bordel ! Ça fout les jetons mais bon c’est la vie ! Par contre, on a été surpris de voir que quelques jeunes connaissaient le groupe sans nous avoir jamais vus. Plutôt cool ! Et puis pour les vieux, ce fût juste un plaisir de nous revoir et de les revoir. On a retrouvé de vieux potes qu’on avait pas vus depuis quinze ans. Fafa, Urbain, Xav et les Blockheads, Pierrick, Pascale de X-Syndicate et de nombreux autres.

Le Magma tour en compagnie de Gojira, le Hellfest Open Air en Juin… On peut dire que vous revenez en fanfare !

C’est sûr qu’on ne pouvait pas espérer mieux. Il y a beaucoup de clubs qui nous demandent en France et en Suisse… On va essayer d’être à la hauteur !

Quelles sont vos autres projets de l’année 2017 ?

On va travailler sur les live et les nouveaux morceaux. On va également refaire une résidence avec notre ingénieur du son, Benoit Boullian et notre ingénieur light Manu Barros. Sinon avec Jeje, Benoit et Maik, on est en train de travailler sur un projet assez sympa… Vous en saurez plus bientôt… Jaja a ouvert une galerie d’Art avec des potes et il est devenu tatoueur dans son arcade « Lo Siento Mama » à Genève.

Merci à vous de nous permettre de remplacer notre vieux stock de tee-shirts Nostromo troués et nos cds abîmés par l’usure et je vous laisse bien évidemment le mot de la fin.

On ne peut que se réjouir de la suite ! On remercie tous les gens qui nous soutiennent et qui croient en nous. « Keep Da Grind Alive »

Nostromo, c’est : Javier au chant, Jérôme à la guitare, Lad à la basse et Maik à la batterie

https://www.facebook.com/nostromogva/

 

A propos de l'auteur

Kévin

(nin nin) - 1m80 pour 89kg de tendresse/ 35ans ✠ Bassiste chez LUDA, Confessions of D. et John Grizzly ✠ Régisseur/technicien pour la troupe "les femmes en marche" ✠ Rédacteur/chroniqueur chez Sounds Like Hell ✠ STYLES DE PRÉDILECTION : Black/Death/technical death/progressif/stoner/doom/trash

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