Un concert de Tagada Jones, c’est toujours un bon moyen de passer une belle soirée. Mais quand ce sont Les Ramoneurs de Menhirs qui partagent la scène avec eux, c’est encore mieux ! Pas étonnant que le concert affiche complet ! Il faut dire que cette soirée, placée sous le signe de la Bretagne plus « Punk » que jamais, a réveillé ce côté breton qui sommeillait en nous ! Une partie de la rédaction Sounds Like Hell Fanzine a donc revêtu son plus beau bomber afin de se confronter aux Punks…

C’est à 20h30 que nous rejoignons la salle des fêtes de Carvin. Déjà bien remplie, nous arrivons tant bien que mal à nous engouffrer dans la fosse. Nous assistons à la fin du set d’un duo « guitare/accordéon » distillant une musique aux paroles très révolutionnaires et aux rythmiques festives. Une sorte d’ambiance de Fête de l’Humanité semble s’être installée – le public réagit bien aux morceaux du duo. En enchaînant des reprises de groupes Pop (« l’Aventurier » d’Indochine notamment), le groupe remplit sa mission de chauffeur de salle. Mais on ne vous cache pas que l’impatience se fait sentir et qu’il nous tarde d’assister au set de Tagada Jones ! Poussés vers la sortie par l’organisation, nos deux compères quittent la scène et laissent place aux techniciens pour installer la scène des Tagada Jones !

Venu défendre son nouvel album, La Peste et le Choléra, Tagada Jones a pour ambition de retourner Carvin. Oubliez les instruments traditionnels bretons, nos gars de Rennes arrivent sur scène, guitares et amplis poussés à bloc, et mettent le feu aux poudres déclenchant les hostilités dans la fosse. À notre grande surprise le son est parfait et puissant sans oublier la voix de Niko particulièrement en forme ce soir, enchaînant les morceaux aussi vite qu’une bigouden allant chercher son beurre salé à coup de « Zéro de Conduite » ou encore « La Peste et le Choléra ». C’est donc par l’intermédiaire de classiques et des nouveaux morceaux que Tagada Jones a décidé de nous briser les cervicales. Pas le temps de reprendre notre souffle que l’excellent « Yec’hed Mad » vient bousculer une salle plus folle que jamais et pleine à craquer.

Leur Punk teinté de Metal est dévastateur – Les Bretons déversent un torrent d’énergie à coup de riffs simples et efficaces – Le tout mis en parole par des textes dénonçant l’oppression du monde actuel dans le lequel nous vivons. L’enchaînement des morceaux nous amène à nous poser la question suivante : Ces gars sont-ils humains ? Peut-être ont-ils un peu trop forcé sur le cidre, qui sait ? Niko justifie alors qu’il n’y a « seulement » qu’1h20 de set. Le temps n’est donc pas l’allié de nos quatre joyeux lurons.

L’heure est plus à la musique qu’à la parole, ce qui réjouit un pit toujours plus grandissant face aux assauts de décibels que produit le groupe. Force est de constater que malgré un jeu de scène assez primaire, le light show est largement à la hauteur de la musique de Tagada Jones. Au fil des morceaux, il semble que Niko et ses potes aient entendu nos soupçons et se lâchent de plus en plus, à l’image de Waner arpentant la scène, basse sous le coude, en long en large et en travers. Désolés les gars, on a parlé trop vite.

C’est donc avec le sentiment que le temps passe vraiment trop vite que Niko nous annonce qu’il était impossible de remonter sur scène en 2017 sans rendre hommage aux feux Schultz et Sven de Parabellum. La boucle est bouclée ! Suite aux reprises de « Cayenne » et « La Bombe et Moi », Tagada Jones peut quitter la scène avec le sentiment du devoir accompli, sans faire de rappel – le groupe n’a pas le temps : « On fait pas d’entracte ou je ne sais quoi ! Criez, applaudissez, faites comme si on était revenus !». D’accord, marché conclu ! Et pour la peine, on continue de crier même quand le groupe est parti. Tagada Jones a livré un show parfait et carré – On s’est pris une bonne grosse claque dans les esgourdes. Je pense que tout le monde s’en souviendra pendant un moment.

Les lumières se rallument, le temps pour les agités de Carvin d’aller s’abreuver le temps du changement de plateau. Loran et l’ensemble des Ramoneurs de Menhirs débarquent sur scène pour faire leurs balances. On est loin des concerts plus « carrés » où une intro au concert précède l’arrivée des musiciens sur scène. Ici, pas de place à tous ces artifices : « Eh oui, c’est ça les Ramoneurs de Menhirs » déclare Loran pendant qu’il accorde sa guitare et que les sonneurs Eric et Richard règlent leur binious et bombardes. Sans crier gare, comme si le loup, le renard et la belette débarquaient sans prévenir dans la vallée de Dana, « Son Ar Gewier » est envoyé, déclenchant l’hystérie générale et transformant toute la salle en véritable Fest Noz, ou plutôt ici Punk Noz !

Avec trois albums au compteur dont le dernier Tan Ar Bobl (« Le Feu du Peuple » en Breton), c’est une setlist variée que nous proposent les Punks bretons. « Dans Gwadek 1 » confirme bien les attentes du public – ça souk dans le pit ! Et pourtant, la soirée ne fait que débuter.

En effet, il semblerait que la bande de l’ancien Bérurier Noir ne compte pas se plier aux règles imposées par l’organisation et surtout par « le préfet » pour ne citer que Loran. « On est bien là ce soir, on n’a pas besoin des horaires pour s’amuser. Les enfants, il va être l’heure de faire dodo ! ». Il est déjà 23h45 et pourtant les Bretons ne comptent pas quitter la scène comme ça. Une grande partie de la salle commence à s’en aller, pris de panique par l’annonce du guitariste. Dommage pour eux, le mieux arrive et la fête continue. Entre reprises de Sham 69 et autres hymnes bretons comme « Ar We’enn-Avalow », entrecoupés de prêches prônant la tolérance et la liberté, le set des Ramoneurs est, comme à son habitude excellent, même si par moment la fatigue des sonneurs peut se ressentir…

Il est clair que le public en redemande toujours : « On ne vous le dit pas souvent mais après la Bretagne, nos concerts favoris sont dans le Nord ! ». Que serait un concert des Ramoneurs de Menhirs sans un traditionnel Bérurier Noir, preuve que Loran n’oublie pas ses origines. « Vive le Feu », « Ibrahim » et « Makhnovtchina » sont au rendez vous, à la sauce bretonne bien sûr ! « Je suis content, j’ai dépassé les horaires » déclare Loran un grand sourire à la bouche. La fête prendrait-elle (déjà?) fin ?

La bonne blague ! Les Ramoneurs ont peut-être dépassé les horaires mais ils ne comptent pas laisser le public carvinois comme ça. « Ya-At-Eeh » en hommage à l’amérindien Léonard Peltier est entonné, suivi de près par le désormais cultisme « La Blanche Hermine ». Cette fois-ci, la « Fest Noz » touche à sa fin sous les derniers accords de « Viva La Revolution », reprise de The Addicts, et dans un dernier souffle dans les binious et bombardes et un dernier coup de médiator sur les cordes encore brûlantes de sa Gibson, Loran, Richard, Eric et Gwenael peuvent quitter la scène, prenant le temps de remercier et de rendre hommage au « cœur des Ramoneurs de Menhirs » : le public. « Merci pour le concert, merci pour la bonne ambiance ! ». Non merci à vous les gars !

Nous quittons la salle vers 1h15 du matin, l’horaire dépassée, mais peu importe la réunion de Tagada Jones et des Ramoneurs de Menhirs aura été une pure réussite pour le festival Les Enchanteurs. L’heure est donc à décuver de cette bonne grosse cuite au Punk Breton, sauce insoumission et tolérance. Rendez-vous est pris pour le prochain concert de ces gars-là.

A propos de l'auteur

Simon

Rédacteur (Hard Rock/Heavy/Thrash). Professeur d'Histoire / Géographie. Inconditionnel d'AC/DC et de Pink Floyd. Rugbyman de cœur et dans la vie. Headbangeur à ses heures perdues.

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