C’est peut-être la nostalgie du 30 avril 2015 qui nous a poussés à nous rendre au Splendid afin d’assister à nouveau au concert de Sonata Arctica. Souvenez-vous, les Finlandais étaient déjà venus avec leurs amis de Freedom Call et Twilight Force pour assurer la promotion de la réédition de son album culte Ecliptica… 

Mais en 2017, l’enjeu est tout autre, les Finlandais ont sorti un nouvel opus, The Ninth Hour et comptent bien le mettre en avant sur le devant de la scène. Alors cette fois-ci, ils viennent déposer leurs bagages en compagnie de Striker et Thunderstone. Deux groupes, certes différents, mais pas pour autant inintéressants.

Néanmoins, il n’est que 19H10 (oui, nous étions assez pressés, et l’heure nous était comptée), et la salle accueille déjà ses premiers spectateurs. À vrai dire, pas beaucoup de monde n’était au courant que les portes ouvraient si tôt. Conséquence, la fosse est vide lorsque les Canadiens de Striker ouvrent les hostilités. Petit problème, Striker entre en scène et doit ouvrir devant une vingtaine de fidèles pèlerins.

Alors Striker, c’est quoi ? C’est juste un Heavy/Thrash très 80’s dans l’âme où tous les musiciens sont maîtres dans leurs domaines. Quelques amplis Marshall poussés à bloc, un style vestimentaire typiquement Heavy Metal… Les Striker comptent bien rafler les 20 fans présents aux barrières ! Pour ce faire, ils mettent tout en oeuvre pour surprendre la galerie. Chez eux, c’est du solo en voici-voilà, des rythmiques bien Thrashy, et surtout une voix qui n’hésite pas varier les intonations à chaque mesure. Vous avez dit Old School ? Un petit air de Neil Turbin (ex-Anthrax) s’est fait ressentir… De même pour les parties de guitares, ces gars-là ont écouté Operation Mindcrime, ça se ressent ! Mais jamais le groupe n’est dans le plagiat…

… Il présente ses morceaux tels que « Former Glory », « Out For Blood » ou « Too Late ». Des titres à la structure pas originales pour un sou, mais totalement justifiées lorsque l’on joue ce genre de musique. C’est que ça va vite ! Mais le frontman n’est pas en reste, et continue de jouer avec son public – l’heure est venue à « Fight For You Life » ! Petit rituel oblige, Dan Cleary demande aux headbangers de répondre à ses avances et de jouer le jeu du « quand je dis Fight For Your Life, vous devez répondre Fight For Your Freedom ». Peu de monde suit, mais ça ne nuit pas nuit au gig des Canadiens. La preuve en est, notre ami Bruno, n’a pas arrêté de faire tourner sa crinière tout au long du concert ! Encore une fois, les absents auront eu tort !

Thunderstone ! Pourtant inconnue des fans de Power Metal nés dans  les années 90, elle reste une formation qui a failli s’imposer parmi les plus grands au début des années 2000 ! Un de mes amis rédacteurs me souffle dans l’oreille que le groupe est même familier du Splendid : « La première fois que j’ai vu Thunderstone, c’était avec Stratovarius, ça devait être en 2005… ». Pas de doute, les deux groupes sont bien liés ! Adieu le Thrash/Speed des Canadiens, Welcome to Power Metal Mélodique !

Musicalement, le groupe ne fera pas dans l’originalité. Tous les codes du Power Metal y sont pleinement respectés, ce qui n’est pas un tort en soi ! La guitare est particulièrement vive, les solos mêlent dextérités et finesse. Le chant clair, et parfois rocailleux, lui, s’inscrit dans la lignée de chanteurs tels que Tobias Sammet… Clairement, on sent bien que le public est moins réceptif que pour le concert de Striker. Il faut dire que Thunderstone joue plus dans la délicatesse, et marque des pauses solennelles pour calmer les ardeurs de certains ! C’est ce que Rick Altzi fera lors du morceau « Weak » où il a demandé au régisseur lumière de plonger la salle dans l’obscurité. Ensuite, encouragés par ce frontman, de nombreux faisceaux lumineux tout droit sortis des portables se sont chargés d’illuminer la salle. C’était beau !

Bien sûr, on n’oubliera pas de mentionner tout ce travail en amont qui a été effectué par la régie lumière. En effet, transformant ce simple show en « spectacle total », il ne leur a fallu que quelques minutes pour se mettre les fans lillois dans la poche. C’est que le public commence à s’amasser dans la salle. On est clairement loin des vingt metalheads qui se battaient en duel lors du concert de Striker. Après une victoire du tonnerre, Thunderstone peut donc rentrer chez lui la tête haute.

Pleinement satisfaits de la dernière performance donnée par les Finlandais en terres lilloises, nous étions impatients d’assister au concert de Sonata Arctica – Nous voulons voir ce que valent les derniers morceaux de la formation en live -. La dernière fois que le groupe était venu, il avait joué un de ses albums en entier, Ecliptica, boudant ainsi tous ses derniers titres. Chose résolue en 2017 ! The Ninth Hours bénéficie d’un éclairage exemplaire avec pas moins de cinq titres (« Closer To An Animal », « Life », « Among The Shooting Stars », « Fairytale » et « We Are What We Are ») ! Relativement bien accueillis par le public, Tony Kakko peut donc pleinement jouir de sa popularité dans de bonnes conditions ! Sa voix ne dévie jamais et c’est un homme aux multiples talents que nous rencontrons à nouveau.

Le son ne manque pas de sublimer chacune des interventions vocales du frontman de la formation… Tous les instruments sont parfaitement dissociables à l’instar des parties de claviers de « The Wolves Die Young », issu de Pariah’s Child et « I Have A Right » issu de Stones Grow Her Name ! Peut-être que certains diront que les fans méritaient mieux que ces titres, mais nous ne boudons pas notre plaisir. Ces titres sont particulièrement significatifs en live.

Si Sonata Arctica a réussi à réunir plusieurs types de publics, c’est bien grâce aux diverses tonalités mises en exergue dans ses morceaux. Bien sûr, les ballades étaient attendues de pied ferme, « FullMoon » et « Tallulah » n’oublient pas de répondre à l’appel. Ces moments d’accalmie, véritables classiques du genre, ont pour but de reposer l’atmosphère épique parfois poussée à son paroxysme lors des titres « Fairytale » et « Among The Shooting Stars ».

Ce soir, toutes les époques confondues du groupe avaient trouvé leur place dans la setlist. Le retour gagnant de l’épique « The Power Of One » n’a sans doute pas laissé indifférents les fans jusqu’auboutistes… Que dire de « Don’t Say A Word » ? Ce tout dernier titre aura rassasié une paroisse conquise par le gig dynamique d’une formation qui a réussi à varier l’approche de sa musique. Tous les musiciens affichaient la joie de vivre sur leur visage et avaientt tous leur moment de gloire sur scène. Les dernières riffs de « Don’t Say A Word » s’estompent mais le groupe compte bien saluer ses fans comme il se doit en se faisant le porte parole de la débauche. La sortie improvisée sur « Vodka » en a amusé plus d’un dans la foule ! « We Need a Vodka » !

Bien qu’intimiste, cette soirée restera sans doute gravée dans nos mémoires ! Aucun des groupes n’a fauté. En proposant des concerts pas forcément atypiques, mais où la rigueur et la simplicité ne font qu’une, nous avons pu célébrer comme il se doit notre amour pour le Metal mélodique. 

Crédit photos : https://www.facebook.com/Phenix-Photography-231793410290015/ (Phénix Photographie)

Remerciement : Verone Productions

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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