Les Britanniques d’Haken connaissent un certain succès depuis la sortie de leur album The Mountain en 2013 et sont considérés comme un des groupes les plus brillants de la sphère progressive. Ils peuvent d’ailleurs se targuer d’avoir collaboré avec Pete Rinaldi, Mike Portnoy, mais aussi Einar Solberg. Certains s’accordent même à dire qu’ils sont la relève de Dream Theater, rien que ça ! 

Nous pouvons donc nous estimer chanceux de faire partie de leur tournée anniversaire. En effet, Haken est en tournée pour fêter ses 10 ans, et est de passage au Splendid de Lille le 30 mars. C’est ainsi l’occasion pour moi de réparer un assez mauvais souvenir de leur passage au Hellfest en 2015, enchaînant les problèmes techniques.

C’est donc avec une grande impatience que j’arrive au Splendid, sans grande surprise, pile à l’heure. Je suis assez étonnée de voir si peu de monde, je m’attendais à voir se presser les afficionados du Metal progressif. La multitude de dates en ce moment et le retour des beaux jours n’y sont peut-être pas pour rien. Cela ne va certainement pas me gâcher le plaisir, au contraire, le concert n’en sera que plus intimiste. Je me sens encore plus privilégiée.

Le quatuor américain Next To None ouvre le bal. Ces musiciens à peine sortis de l’adolescence oscillent entre Metal progressif et teintes Hardcore. Le frontman, Thomas Cuce, navigue entre voix claire et voix growlée. Ses parties claviers sonnent évidemment très progressif, et collent parfaitement bien. Le guitariste, Derrick Schneider, assure un très bon set, avec des parties mélodiques très cohérentes qui apportent une touche agréable aux titres.  Concernant le batteur, c’est la première fois que j’en vois un headbanger autant en jouant. Ceci dit, si je veux faire la mauvaise langue, je pourrais dire qu’il était plus occupé à headbanguer ou à sauter de son siège qu’à nuancer son jeu de batterie. Peut-être est-ce la fougue de son jeune âge (18 ans) ? Dans tous les cas, la technique est là, la frappe également. Il n’est autre que Max Portnoy, le fils de Mike, et il a déjà une expérience bien visible. Il joue de la batterie depuis l’âge de trois ans, et on ne peut pas dire que cela ne se voit pas. Dans l’ensemble je ne peux pas dire avoir aimé le groupe, mais je ne peux pas non plus dire avoir détesté. Je suis assez mitigée, mais globalement c’était carré et intéressant. Selon moi, Next To None est un groupe prometteur, laissons-leur le bénéfice de l’âge.

Le deuxième groupe à venir fouler la scène du Splendid est français. Il s’agit des Perpignanais de The Algorithm.  Le progressif est toujours à l’honneur, mais mêlant cette fois-ci l’électronique. Le duo est composé de Rémi Gallego à la guitare et au clavier, qui assure également les backing tracks, et de Jean Ferry à la batterie. Ce « Geek Metal » a quelque chose de rafraîchissant. Je croise quelques regards un peu perdus dans la salle, mais aussi des regards enjoués, et j’aperçois d’ailleurs quelques téméraires danser au milieu d’un public globalement assez froid. Les rythmiques sont efficaces, c’est techniquement bien exécuté et performant. Le set se termine trop vite, on en redemande, mais c’est au tour d’Haken.

La salle se remplit indéniablement, on voit les fans arborant le merchandising Haken prendre place dans les premiers rangs. Le show commence avec l’introduction du dernier album, « Affinity.exe », et la tension monte. Le groupe enchaîne les titres aux sonorités variées, les mélodies sont très travaillées et donnent un côté très planant au concert.

Le dernier album, Affinity sera mis à l’honneur, et seulement quelques titres mythiques de The Mountain sont joués ce soir. Ross Jennings nous offre une prestation impeccable et un chant à la hauteur des albums. Le chanteur est un véritable frontman, maniant sa voix de manière déconcertante, et n’hésite pas à se mettre en scène arborant une paire de lunettes lumineuses rétro à souhait sur le nez, pour le titre 1985. Les sonorités du morceau sont indéniablement très eighties et on sent une atmosphère de bonne humeur régner dans la salle. Ross est proche du public, et on sent aisément le professionnalisme du groupe, exécutant parfaitement chacun de ses titres, et n’hésitant pas à donner beaucoup à son public. Les Anglais se démarquent vraiment ce soir, et les spectateurs sont conquis. Inutile de préciser l’engouement généré par « Cockroach King »,  que le public n’hésite pas à reprendre, ou encore par le medley d’Aquarius.  Lorsque nous pensons tous que le concert est terminé, le groupe s’attèle en vérité à un rappel de 20 minutes, pour le bonheur de tous. Haken a vraiment fait l’unanimité ce soir, et c’est selon moi un sans-faute. De la technicité, du groove, de la bonne humeur, et une vraie envie de faire plaisir.

Haken, à Lille, un événement rare, mais pourquoi un groupe de la trempe peine-t-il à remplir ? On ne saura pas vous répondre, mais rien n’est plus sûr, les absents ont encore eu tort ce soir-là !

Merci à Phenix Photography (https://www.facebook.com/Phenix-Photography-231793410290015/?fref=ts) et United Rock Nations pour les photographies !

https://www.youtube.com/watch?v=kVLb7n6JXzQ

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Raph Haeel

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