Pas de fête du travail pour les intermittents du spectacle ! C’est à la veille du 1 mai que la rédaction s’est rendue à Courtrai, au De Kreun plus précisément, pour rendre visite aux Grenoblois de Nightmare. Profitant de l’énorme succès recueilli par Dead Sun, son nouvel album, la formation d’Yves Campion peut jouir d’une nouvelle hausse de popularité amorcée par l’arrivée de Maggy Luyten au sein du groupe. 2017, c’est tournée, et pas des moindres. Civil War, vous savez, le groupe constitué des ex-membres de Sabaton tout fraîchement rejoint par Kelly Sundown (Adagio…) les accompagne en co-headlining pour une tournée qui s’annonce épique. 

Pas de fête du travail pour les forains non plus ! On ne vous contera pas les mille et une mésaventures qui nous ont conduits à stationner notre véhicule au fin fond de Courtrai pour enfin rejoindre le De Kreun, déjà pris d’assaut par une belle brochette de fans de Heavy Metal… Quelques verres dans le nez et la salle principale nous est enfin libre d’accès.

C’est Athanasia qui se charge d’ouvrir les hostilités ! Ils sont trois, tout droit venus de Los Angeles, où ils rencontrent déjà un succès considérable. Vantant les mérites de différents styles, les Américains essaient de partager leur amour pour une musique voguant entre Death, Thrash, Black et Heavy Metal (oui, ça fait beaucoup pour trois membres !). Alors, on ne se mentira pas, la performance était carrée et les musiciens, bienheureux d’être là. On a surtout retenu l’image d’un groupe dont la musique était principalement marquée par une alternance entre chant clair et chant growlé, une alternance assurée par le guitariste et bassiste Caleb Bingham et Brandon Miller…

Une communication pas des plus originales, mais qui fonctionne bien sur le public. Caleb, véritablement en forme, ne cesse de demander à son public de répéter le nom de son groupe afin que ce dernier reste ancré dans nos têtes. On retiendra surtout les quelques pépites que nous ont servies les Américains, toutes issues de leur premier album, The Order Of The Silver Campass (« Spoils Of War » en tête de liste).

Néanmoins, en dépit de cette performance de bonne facture, les non-initiés sont restés un poil sceptiques. Pas vraiment Heavy, pas vraiment Black, pas vraiment Thrash, mais pourtant bien exécutées, les tranches des Américains ont souvent suscité le non-intérêt des personnes, qui ne se sont pas trop senties concernées par ce Metal, peut-être trop hybride.

Un jour en headliner, un jour en ouverture, c’est le sort qui a été réservé aux deux formations qui suivent, Nightmare et Civil War. Dimanche, c’est Nightmare qui ouvre pour Civil War ! Et c’est une foule qui s’est amassée progressivement dans la salle qui accueille le Nightmare 2.0. ! Il est loin le temps où Jo Amore et Yves Campion se partageaient l’espace scénique au PPM Fest ! Un bon nettoyage de printemps, et voilà un tout nouveau line-up que nous avions déjà rencontré au Hellfest 2016. Mais trente minutes, c’est trop peu, et Maggy, la frontwoman, venait tout juste d’intégrer le combo… Malgré un bon concert, nous ne pouvons pas nous construire un avis fiable.

Dead Sun sort et voilà que la coach vocal peut proposer son propre répertoire et ne pas se reposer sur les vieux acquis du groupe. Vous l’aurez donc compris, pas de blabla, pas de chichi, le nouvel album est joué dans son intégralité de quoi surprendre les vieux fans et rassurer les petits nouveaux.

C’est tout un nouveau groupe que nous avons rencontré ce soir. Particulièrement moderne dans sa démarche, Nightmare nous a offert un concert flirtant avec la classe et le professionnalisme. Comprenez-là que Maggy a apporté un souffle nouveau, un petit « truc » en plus à Nightmare. Elle n’oublie pas de rendre hommage à ses origines, la Belgique, en haranguant la foule : « Ils étaient plus en forme en Hollande hier, montrez que vous êtes là ! », « Voilà une Jupiler, ce n’est pas ce qu’on a fait de mieux ici en Belgique… ». Bref, ça marche !

  1. Musicalement, c’est carré et ça ne fait pas dans la superficialité. L’ensemble des morceaux « Dead Sun », « Ikarus », « Serpentine » est interprété comme il se doit… Rien ne déraille, et le show est hyper bien rôdé ! Yves s’amuse au jeu des accolades avec les membres du groupe et n’hésite pas à assurer les parties de backing vocals sur « Inner Sanctum », le temps de présenter tous ses musiciens, « Yves loves you », « Matthieu Loves You » et le groupe s’en va de la scène… Bref, tout le monde s’aime, et c’est surtout un sacré concert de Heavy Metal moderne que nous ont servi les membres de Nightmare !

Connu pour être une formation constituée d’anciens membres de Sabaton, Civil War poursuit son bout de chemin en reprenant le même concept que ses aïeux : faire de la musique épique motivée par l’Histoire, en l’occurrence la Guerre de Sécession, exploitée sur l’ensemble de ses trois albums The Killer Angels, Gods And Generals, The Last Full Measure (trois albums en trois ans !). Néanmoins, l’aventure n’a pas toujours été rose pour ces confédérés : leur chanteur, Nils Patrik Johansson la quitte en 2016, juste après la sortie de The Last Full Measure. Pas de soucis, début 2017, Kelly Sundown Carpenter, un ami de longue date de Nightmare (tiens tiens) a remplacé au pied levé Nils, et entreprend ici sa première tournée avec le groupe. Inutile d’insister sur l’amitié qui lie les deux groupes. Kelly Sundown avait rejoint Nightmare au Hellfest sur « Serpentine ». Comme quoi…

Quoi qu’il en soit, ils sont cinq et jouent leur rôle à fond ! Vêtus comme à la grande époque de la Guerre de Sécession, ce sont des musiciens qui ont adopté le look des commandants de l’Union que nous avons retrouvés sur scène. Sabaton préfère parler de la Seconde Guerre Mondiale, et maintenant des Spartiates… Civil War, lui, traite de la Guerre de Sécession. À chacun sa période historique de prédilection.

Musicalement, ça donne quoi ? Le style de Sabaton leur colle à la peau, difficile de s’en détacher… Avec un clavier succinct, des guitares mélodieuses, des refrains qui restent en tête et un semblant de show à l’américaine mené par des coups de canons à fumée qui ponctuent les moments phares du concert. Le doute n’est plus permis, Civil War compte bien forcer la passage et reprendre la ville de Courtrai. Alors, on ne reviendra pas sur le style musical de la formation, il s’agit là d’un Heavy principalement teinté de touches de Power Metal, toutes les gimmicks de ce style sont là… Guitares effrénées, principalement rythmées par des couplets orchestrés par le duo basse/batterie.

L’apport de Kelly Sundown est à prendre en considération, car il a insufflé une personnalité en plus aux morceaux, lui, dont le timbre vocal n’est pas sans rappeler celui de Jorn Land et celui de Ronnie James Dio. Il s’est fait remarquer en motivant son public comme il se doit, et en lui expliquant qu’il ne s’agissait là que de son troisième concert avec le groupe. Plutôt surprenant, car le chanteur n’a fait aucun faux pas durant cette soirée. C’est là qu’on voit les pros.

Néanmoins, bien que Civil War soit armé d’une cohérence scénique des plus efficaces et d’une fan base solide, quelques Metalheads, peut-être pas trop convaincus par l’aspect épique et redondant des morceaux ont préféré quitter la salle avant la fin des hostilités. Dommage car les derniers titres « Tombstone », « Bays Of Pigs » et « Rome Is Falling » (qui a vu le manager de la formation arpenter la scène en long, en large et en travers pour immortaliser le dernier morceau…) se sont avérés être les gros classiques de la formation. L’hymne de la Guerre de Sécession retentit et les soldats quittent le champ de bataille.

La salle n’était peut-être pas comble ce soir mais les habitués et les curieux s’y étaient donnés rendez-vous pour passer un bon moment avec des groupes de bonne facture. Aucun point noir, une organisation carrée, et un son de façade particulièrement agréable. On reviendra à Courtrai ! 

Crédit photos : Wacken Delciotto (Hellzine, Music Waves) , merci à lui !

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A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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