Sitôt annoncé, sitôt complet ! Quand le Biplan a communiqué sur le concert de Klone de ce vendredi 19 mai, les places se sont vite écoulées. Klone, à la cave, pour un concert acoustique en toute intimité, c’était une occasion à ne pas manquer pour les fans du groupe de Metal Rock Psyché. Pour compléter la programmation, le groupe lillois endEAvor et son Metal Progressif ont ouvert la soirée.

EndEAvor, ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant le groupe existe depuis fin 2014 autour de Maxime Galatry (au chant), Benjamin Falque (guitare) et Yvan Calonne (basse). Après un remaniement de line-up, ce concert au Biplan était l’occasion de découvrir les deux nouvelles têtes qui complètent le trio, à savoir François Daubresse à la batterie et Mathieu Nowé à la guitare. Ces noms vous parlent peut-être plus, car chacun des membres a déjà roulé sa bosse dans d’autres formations : Om Mani, Mahestrya, Kiddybwen, Hole Xpander pour n’en citer que quelques unes… Alors qu’est-ce que ça donne en live ?

Le Biplan est déjà bien rempli quand endEAvor monte sur scène. Les supporters du groupe sont présents et les fans de Klone ont prévu le coup en arrivant assez tôt pour pouvoir être aux premiers rangs. Pas de fausse pression, le quintet branche les guitares et entame sont set comme à la maison. Un poil de fébrilité se fait sentir dans la voix du chanteur qui prendra pleinement ses marques sur le deuxième morceau. Morceau qui nous permettra d’apprécier l’étendue de ses qualités, entre chant clair et chant hurlé. Car endEAvor prend le temps de poser ses ambiances, progressives à touches Post-Rock. Les titres s’étirent et le show prend de la consistance au fur et à mesure qu’ils s’égrènent. L’arrivée de quelques effets de lumières et autre machine à fumée parachève l’ensemble même si les lights sont modestes (nous sommes dans une cave ne l’oublions pas !).

Influencé par Leprous, Karnivool ou encore Pain Of Salvation, le groupe réussit à s’affirmer petit à petit même si l’on ne sait pas toujours où il veut nous emmener. L’expérience et la qualité sont là mais l’ensemble a presque une maladresse adolescente. Sans doute que quelques concerts de plus et le travail sur un premier album prévu pour bientôt rendront la formule complètement aboutie. Le public est cependant ravi, il est attentif et salue cette entrée en attendant le plat principal.

Le temps de changer de plateau, de boire une bière ou de rendre ses hommages aux toilettes et c’est au tour de Klone de jouer. En demi-cercle, toutes têtes face au public et assis sur des tabourets façon cabaret, le quatuor entame son set devant une salle déjà conquise. Certains sont fans de la première heure, d’autres se sont laissés séduire par le dernier album en date : Unplugged (2017). Il s’agit en effet pour le groupe de défendre ce nouvel objet qui fait office d’ovni dans sa discographie. C’est donc « dans le plus simple appareil », sans fioriture, qu’il se présente à nous.

Tout d’abord saluons l’audace de cette programmation. La cave du Biplan, sa chaleur, sa proximité collent parfaitement à l’ambiance tamisée que le groupe veut défendre loin des grands shows bling-bling. La trouée de briques que forme la scène semble avoir été bâtie autour des quatre musiciens. Il s’en dégagerait presque une couleur « chanson française » même si nous n’avons pas droit aux délicates notes d’accordéon d’Armelle Doucet, qui ne participe pas à la tournée.

Ensuite saluons le public ! Bien que debout et collés les uns contre les autres, les spectateurs entendent ne pas en louper une miette, en toute quiétude. C’est bien simple, tous affichent une mine détendue comme si nous étions réunis dans un salon cosy autour d’une tasse de bière ! Un public qui suit de bout en bout SON groupe. Car oui, Klone fait un peu parti de la famille à force de passer en boucle sur les platines.

Enfin saluons le groupe lui-même. Rien de plus compliqué que de faire simple ! Et pourtant, dès les premières notes, place à la rondeur des arrangements, à la voix envoûtante du chanteur et à l’enchaînement parfait des titres. On en viendrait presque à regretter la reprise de « People Are People » (Depeche Mode) qui vient contrarier un peu cette ligne droite qui ne cessait de monter depuis plusieurs morceaux. Klone ne cherche pas la frappe, dialogue sans trop en faire avec son public, esquive (par peur ou pudeur) les demandes d’hommage à Chris Cornell (dont le décès avait été annoncé la veille) et se prête au jeu de la chanson-rappel en fin de set. Le temps de saluer son public façon troupe de théâtre et le voilà reparti.

Cette soirée laissera un souvenir franc à tous ses participants à n’en point douter. Comme si le temps était suspendu et que tous étaient dans une bulle… privilégiés ! Une harmonie un poil agaçante pour qui aime la rébellion et la musique qui tâche mais ceci est une autre histoire…

A noter : vous pourrez retrouver endEAvor en concert lors du Loos Yourself Festival le 3 juin prochain. A Loos donc, en compagnie de Deluge, The Lumberjack Feedback et Balance Of Terror.

 

 

 

 

 

 

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