C’est dans un Splendid totalement reconfiguré pour l’occasion que, ce vendredi 09 juin, La Vague #2 a déferlé sur Lille. Une vague orchestrée par A Gauche De La Lune en souvenir des programmations qu’elle avait pu mettre en place dans feu La Péniche de Lille : un espace restreint, chaleureux où l’on peut apprécier le concert d’un groupe de qualité en ayant le sentiment d’être un privilégié. Ce soir-là, deux formations nous ont donc offert le meilleur : le duo Powder For Pigeons et les attendus de Blues Pills. Retour sur une soirée endiablée.

Le Splendid est connu de tous ceux qui s’adonnent aux plaisirs des concerts mais ce soir il y flotte comme un air de vacances. Certes le soleil est au rendez-vous mais exit les allures de vieux cinéma : de grands drapés noirs nous accueillent dès le sas de sécurité formant un chemin balisé qui nous conduit directement dans la salle de spectacle. Là aussi, dépaysement garanti : on tombe nez à nez avec le stand de merchandising bien fourni de Blues Pills et on est invités à descendre directement dans la fosse. Pas de places assises donc mais des spots éclairent les murs latéraux et nous indiquent qu’un bar (et sa petite restauration) a été installé tout spécialement pour que nous puissions boire une petite mousse sans louper une miette de l’événement. Des conditions idéales pour un concert presque privé.

La scène, elle aussi, est drapée mais pour cacher les instruments de Blues Pills déjà présents pendant le show de Powder for Pigeons. Le duo en charge de débuter les festivités ne se laisse pourtant pas impressionner par l’immense BackDrop psychédélique de leurs confrères et c’est armé de ses guitare et batterie qu’il compte bien mener la danse. Il faut dire qu’il a déjà bien roulé sa bosse en jouant aux côtés de Soulfly, Melvins ou encore Graveyard. Powder For Pigeons, c’est un gars, une fille… Un Australien et une Allemande… Et Rhys et Meike sont partis pour 45 minutes de show intense qui conquiert petit à petit l’auditoire. La formule est simple mais le public découvre un groupe qui en a sous le pied. Quel plaisir de les voir échanger, communiquer par instruments interposés mais aussi se regarder avec complicité pour ne former qu’une seule entité. Les applaudissements se font plus fournis au fur et à mesure de leurs titres tantôt Rock Stoner, tantôt Fuzz Metal voire Grunge. Le duo enchaîne les morceaux et impulse bientôt une frappe qui ne quittera plus le public. C’est bien simple, quand son temps est écoulé, Powder For Pigeons est acclamé et revient une dernière fois saluer les spectateurs. Pas le temps pour un rappel mais l’envie est partagée.

Après une petite pause « changement de plateau », c’est au tour de Blues Pills de monter sur scène sur une intro musicale qui donne le ton. Les lights sont rouges, la batterie est surélevée et éclairée. Les cinq musiciens font bientôt leur apparition : tout en noir pour les garçons, tout en blanc pour Elin Larsson, sa charismatique chanteuse. Point commun entre eux tous : de longs cheveux qui balaieront leur visage dans la plus pure tradition Rock Psyché. Car c’est bien de sensualité dont il sera question au cours de ce set. Certes, l’énergie fait la part belle à des compositions Soul ou Blues, et une belle technicité émane du groupe qui ne semble pas souffrir d’aligner soli de guitare et de batterie inspirés mais l’essentiel des regards est tourné vers la chanteuse dont la fraîcheur et le dynamisme viennent parfaire une voix sublime.

« Bonjour Lille ! ». Le groupe entame le show par « Lady In Gold », issu de son dernier album éponyme et d’emblée le public est survolté à l’image de Miss Larsson qui saute déjà partout sur le devant de la scène. « Little Boy Preacher » prend la suite et c’est aux maracas de faire leur apparition. De quoi faire monter la pression un peu plus avant d’enchaîner sur « Black Smoke » un titre bien plus lent mais tout aussi savoureux. Les spectateurs en redemandent. Des spectateurs qui connaissent bien le répertoire du groupe et qui sont venus « entre copines », en couple « amoureux comme au premier jour » ou simplement avec une bande de copains. C’est qu’on ne voit pas tous les jours Blues Pills en Terres du Nord, voire en France, même si le groupe était programmé le lendemain au Download Festival de Paris.

Les titres se suivent, le groupe communique son plaisir d’être là et un ventilo vient même rafraîchir la frontwoman qui ne faiblira pas de tout le set. Une courte pause après « Astroplane » et c’est déjà l’heure des deux derniers titres « Highclass Woman » et « Aint No Change »… Mais bien entendu, devant la ferveur de la foule, Blues Pills vient battre le rappel avec l’hymne à l’amour « Somebody To Love » et son titre le plus sombre « Devil Man » qui fait se lever des dizaines de « saluts cornus » dans la fosse… Il faut pourtant bien que le concert se termine et le groupe généreux jusqu’au bout jette baguettes de batterie et autres médiators. Il n’hésite pas non plus à signer des autographes et à serrer quelques poignées de main au premier rang.

La Vague a réussi son pari, celui de proposer une programmation rare dans des conditions « club ». Le public a savouré, avec le sourire aux lèvres et des fourmis dans les jambes, les deux formations. Blues Pills confirme qu’il est un grand groupe actuel même si son répertoire fait écho aux 70’s et Powder For Pigeons aura marqué les esprits laissant un goût de « reviens-y » dans tous les palais.

 

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