C’est le vendredi 17 juin dernier que se tenait la conférence de presse de Sabaton dans le cadre de sa troisième performance au Hellfest ! Habituée des concerts de la formation de Joakim Brodén, la rédaction de Sounds Like Hell Fanzine voulait en savoir plus au sujet d’un groupe qui ne cesse de susciter l’intérêt des mélomanes les plus avertis… et des historiens ! Alors, il est 16h30 et c’est une salle totalement bondée de monde qui accueille le combo suédois. 

Propos du groupe recueillis par Axl Meu à Clisson (Hellfest) le 16/06/17

Crédit Photos : Eric Meuriche 


Bonjour, ma question est adressée à Tommy Johansson. Ça fait quoi d’avoir intégré un tel groupe ?

Tommy Johansson : Je me sens bien ! En fait, c’est un réel honneur pour moi, il faut savoir que je suis fan depuis des lustres et que je les ai vus pour la première fois en 2005. Je connaissais les gars depuis pas mal de temps… Ils sont géniaux et on s’entend très bien ! C’est un réel honneur pour moi de partager la scène avec eux !

Sabaton s’est produit au Hellfest il y a trois ans maintenant… C’était comment ? 

Joakim Brodén : C’était très étrange car nous avions joué après Iron Maiden, je ne sais pas comment ça se fait ! Mais ça fait drôle de fouler la scène après de telles légendes !

Dans le cadre de ce nouveau concert au Hellfest, il y a un partenariat avec Metallian Magazine. Il s’agit d’un « song-contest » ! Une personne va venir sur scène avec vous ce soir. Que va-t-elle faire ? 

Comme tu le dis, il y a un « song-contest ». Ce soir, il y a un guest qui va venir se produire avec nous, il va chanter une chanson très particulière… Mais je ne peux pas vous en dire plus, ce serait gâcher votre plaisir ! Faites attention ! C’est quelque chose d’unique que nous n’avons jamais fait auparavant !

À chaque concert de Sabaton auquel j’ai assisté, c’était toujours le même rituel… Vos fans réclament toujours un morceau en particulier… C’est « Swedish Pagans ». Pourquoi ? 

Ce n’est pas un problème pour moi… Mais je peux t’assurer que je ne chanterai pas « Swedish Pagans » ce soir !

En deux ans vos prestations scéniques ont clairement évolué. Par exemple, les deux concerts que vous avez donnés à Lille en 2014 et plus récemment en 2017 étaient totalement différents. Vos concerts sont de plus en plus sophistiqués. Maintenant, vous avez un grand écran et même des figurants… Qu’allez-vous faire après ? 

Nous avons beaucoup d’idées et savons déjà ce que nous allons faire par la suite… Nous cherchons toujours à améliorer la qualité des shows que nous donnons. Nous faisons en sorte que les fans puissent visualiser nos morceaux et s’imaginer l’histoire qui en découle. En tout cas, le groupe fait tout pour surprendre ses fans encore et encore !

Votre dernière tournée avec Accept sème la controverse, car les fans d’Accept n’étaient pas trop d’accord sur le fait qu’un tel groupe ouvre pour Sabaton ! Qu’aimeriez-vous leur dire ? 

Joakim Brodén : Je me moque de savoir qui ouvre les hostilités. Je comprends très bien ces réactions, mais c’est la production qui choisit. Nous vendons plus de tickets, nous vendons plus de disques… Mais sur le plan émotionnel, ça reste très étrange pour nous – Nous sommes tous fans d’Accept. C’est étrange pour les fans, certes, mais imagine pour nous, monter sur scène après le tube « Balls To The Wall »… Nous avons appris à jouer grâce à ces classiques ! Mais les choses ne se déroulent pas toujours comme elles devraient se produire. Nous ne choisissons pas, c’est comme ça… Néanmoins, je pense que les gars d’Accept sont satisfaits de cette tournée, en tout cas, nous le sommes car elle s’est très bien déroulée !

Hannes Van Dahl : Pour nous, ce fut un de nos rêves de gamin de tourner avec Accept. Ce sont des types géniaux et nous avons vécu chaque date comme si c’était la dernière. Nous avons bien profité !

Vos chansons ont pour thème principal l’Histoire. Pourquoi pensez-vous que le Metal et l’Histoire sont deux sciences indissociables ?

Joakim Brodén : La réponse est toute simple… Nous sommes fans d’Histoire et nous voulons faire passer un message particulier. Il y a des millions de personnes qui se sont tuées au cours des vingt derniers siècles. Malheureusement, les gens oublient vite et ont la mémoire courte. D’où que tu viennes, je pense qu’il est important de respecter ce devoir de mémoire. Il faut éviter que les mêmes conneries du passé se produisent à nouveau.

Oui, mais comment choisissez-vous les sujets que vous traitez ? 

Pär Sundström : Nous avons beaucoup d’idées en réserve. Des moments, ça nous arrive de consulter nos fans. Nous en avons assez pour écrire autant de matériels que nous le souhaitons. Nous faisons en sorte de les compiler pour au final nous retrouver avec une thématique générale globale. Après avoir trouvé les thématiques, nous nous renseignons, nous allons à la bibliothèque, faisons des recherches afin d’avoir assez de matière à écrire là-dessus. Enfin, nous nous concertons pour savoir quelles mélodies nous voulons apporter à ces thématiques.

À l’avenir, avez-vous comme projet d’écrire sur quelques grandes figures historiques ? 

Joakim Brodén : Bien sûr ! Il y en a tellement ! Regarde, il y a Alexandre le Grand, Napoléon qui pourraient très bien faire l’objet d’un album ! Ces grands messieurs ne méritent pas qu’un seul morceau… Ces figures historiques sont à l’origine des plus grandes campagnes historiques. Si nous devions écrire quelque chose sur eux, nous devrions écrire un album !

Votre « Histoire » s’arrête à la Seconde Guerre Mondiale… Est-ce qu’il est envisageable que le groupe écrive des morceaux sur des conflits récents ou actuels ? 

Nous avons déjà parlé de conflits récents, notamment dans le morceau « We Burn » issu de l’album Attero Dominatus. Il traite du conflit yougoslave. En ce qui concerne les conflits mondiaux actuels, je pense qu’il est encore un peu trop tôt. Ça pourrait choquer… Nous pourrons sans doute le faire dans quelques années, du moins, j’espère !

Vos morceaux résument l’Histoire à la guerre. Or, l’idée vous est déjà venue à l’esprit de traiter d’autres sujets historiques ? 

Pär Sundström : En fait, oui, il y a d’autres d’autres sujets historiques exploitables… Mais nous jouons du Metal, c’est un style de musique particulièrement agressif, et on a du mal à rentrer ce style dans une autre sous catégorie de sujets historiques.

L’Histoire n’est pas une science binaire. On ne peut jamais prendre une position neutre, surtout quand on se doit de faire un devoir de mémoire. 

Joakim Brodén : Quand nous écrivons, nous faisons en sorte que les paroles puissent parler à tout le monde. En ce qui concerne les conflits mondiaux, nous ne prenons jamais position, ça pourrait bouleverser les gens. Nous essayons juste de raconter l’Histoire à la manière des historiens… Sabaton ne choisit pas un bord qui est le sien, il essaie d’être le plus objectif possible. Après, il ne faut pas dénaturer l’Histoire, il faut faire attention entre le fait, l’Histoire et ce qui est faux. Quand nous traitons une période historique qui n’est pas éloignée de la nôtre, il est évident que c’est toujours mieux documenté alors que quand nous devons traiter une période historique qui date de deux mille ans en arrière, nos sources comportent quelques failles, et c’est normal.

Souvent, les gens se servent de l’Histoire pour défendre une idéologie particulière. Ils sont plus ou moins engagés dans leurs discours. Vous, vous n’êtes pas engagés…

Ce que nous voulons faire, c’est raconter l’Histoire telle qu’elle s’est déroulée. Parfois nous développons plusieurs points de vue, mais jamais nous ne ferons de la propagande, qu’elle soit religieuse ou politique. Nous vivons avec les faits. C’est pour cela que nous vérifions nos sources, même si la véracité d’un fait historique évolue d’année en année. Ça varie en fonction des découvertes archéologiques. Ça nous est déjà arrivé, quand le groupe était jeune, de penser qu’un fait historique était véridique alors que non… Tout dépend des découvertes archéologiques. En tout cas, nous faisons tout pour respecter l’Histoire  en nous rapprochant le plus des faits.

Au final, pensez-vous que l’on peut apprendre l’Histoire en écoutant Sabaton ? 

Oui, bien sûr ! Nous nous sommes rendu compte avec le temps que nous avons inspiré aussi bien les étudiants que les professeurs d’histoire. Je pense qu’il est plus facile d’apprendre l’Histoire en écoutant du Sabaton. C’est à la fois plus efficace et plus ludique.

J’ai plusieurs questions en ce qui concerne le groupe Civil War, le groupe formé d’anciens membres de Sabaton. Est-ce que le nom du groupe vous empêcherait de parler de la Guerre de Sécession ? Une tournée avec eux est-elle envisageable ? 

En ce qui concerne la thématique, ça ne nous dérangerait pas, mais il y a déjà Iced Earth qui est sur le coup et qui traite déjà très bien de son histoire. Ça n’aurait pas de sens, mais rien ne nous empêche de le faire en effet. Après, ce sont nos amis, alors pourquoi pas nous rassembler le temps d’une tournée ? Tout est possible !


Sabaton, c’est : 

Tommy Johansson : Guitare

Chris Rörland : Guitare, Choeurs

Hannes Van Dahl : Batterie

Pär Sundström : Basse

Joakim Brodén : Chant

Discographie : 

Fist for Fight (Album – 2001)

Primo Victoria (Album – 2005)

Attero Dominatus (Album – 2006)

Metalizer (Album – 2007)

The Art of War (Album – 2008)

Coat of Arms (Album – 2010)

Carolus Rex (Album – 2012)

Heroes (Album – 2014)

The Last Stand (Album – 2016)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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