Nous sommes le samedi 17 Juin et nous apprenons qu’Opeth a pris plus de temps que prévu pour se rendre au Hellfest. L’interview initialement programmée à 19 heures a finalement eu lieu à 21 heures… Mais pas de quoi en faire tout un plat, c’est un Fredrik Åkesson (guitare) particulièrement enthousiaste à l’idée de s’entretenir avec nous que nous avons rencontré. Nous avons donc profité du temps qu’il nous a accordé pour revenir sur son implication au sein d’Opeth, mais aussi sur le dernier album de la formation, Sorceress, sorti via Nuclear Blast en septembre 2016. 

Propos de Fredrik Åkesson recueillis par Axl Meu le samedi 17 juin 2017


Comment vas-tu ? 

Ça va ! Nous sommes arrivés il y a à peu près deux heures… Il fait très chaud ! Ça fait du bien, il ne pleut pas. On peut dire que tout va bien pour le moment !

Tu aimes le Hellfest ? 

C’est un très bon festival… À chaque fois que nous y jouons, une sorte de communion s’opère entre le groupe et ses fans.  Demain, nous serons au Graspop Metal Meeting… Après nous allons nous produire en Suisse. Notre tour-bus est bien aéré, c’est le principal !

Opeth s’est au final produit à quatre reprises ici, au Hellfest. La dernière fois, c’était il y a trois ans…

… C’était également sous l’Altar ! Je pense que cette scène offre une qualité de son optimale. Puis, nous nous sentons plus proches de nos fans sous cette tente. Beaucoup d’entre eux s’y donnent rendez-vous.

L’année dernière, vous avez sorti Sorceress. C’est le quatrième album sur lequel tu figures si je me souviens bien… Je sais que c’est Mikael (Åkerfeldt, NDLR) qui a composé la grosse majorité de l’album, mais est-ce que tu pourrais nous parler un peu de ta contribution ? 

Oui voilà, c’est ça ! En fait, quand Mikael écrit les morceaux, et il les pré-produit, et nous les répétons ensemble. Il me demande régulièrement de poser quelques solos ici et là… Sur cet album, nous avons co-écrit un morceau, c’est « Stange Brew », donc… J’ai contribué à ma manière à cet album.

Maintenant que tu as co-écrit un morceau avec Mikael, est-ce qu’il est envisageable pour toi de participer un peu plus au processus d’écriture d’Opeth par la suite ? 

Je ne sais pas… Mikael a toujours été à la tête d’Opeth. C’est lui qui compose l’intégralité des albums. S’il m’invite à co-écrire quelques morceaux avec lui, pourquoi pas, je ne suis pas contre cette idée. Maintenant, c’est au futur de voir. C’est lui qui nous dira si nous serons invités à écrire plus régulièrement ensemble.

Concernant Sorceress, est-ce que l’on peut dire qu’il mélange un peu tout ce qu’Opeth a proposé ces dernières années ? 

Mmh… Plus ou moins. En fait, tous les albums d’Opeth peuvent être considérés comme des melting-pots de notre carrière. Mais avant toute chose, nous essayons toujours de repousser nos barrières, nos limites. En ce qui nous concerne, tous les membres pensent qu’il est possible de s’améliorer en tant que musicien. Nous essayons toujours de franchir de nouvelles étapes… Oui, nous pouvons dire ça, qu’il s’agit d’un melting-pot, dans le sens où nous ne savons pas toujours ce qui va découler des sessions d’écriture.

Sorceress contient des sonorités qui sont plus de l’ordre du Folk Rock. Je pense aux morceaux « Will O The Wisp » et « Sorceress 2 ». Ces sonorités constituent un tournant qu’Opeth a pris depuis ton arrivée et la sortie de Watershed… Non ? 

Oui, plus ou moins… mais Watershed contient toujours des éléments de growls. Quelques morceaux sont plus techniques, plus Heavy que l’ensemble même de notre carrière. On peut prendre par exemple le morceau « Heir Apparent », c’est un morceau très brutal, très heavy… Il y a beaucoup de choses comme ça. Mais quand tu me parles de morceaux plus « Folk » dans l’âme, je pense que ça a toujours été plus ou moins le cas chez Opeth. Il y a toujours eu quelques parties acoustiques ici et là. En somme, je pense que ces parties acoustiques font partie de l’univers d’Opeth et de sa musique. C’est un peu l’ingrédient principal chez Opeth

Opeth a signé un partenariat avec Nuclear Blast pour Sorceress… Néanmoins, vous l’avez sorti avec vos propres moyens et votre propre label, Moderbolaget Records. Est-ce que vous avez commencé à signer d’autres groupes, ou est-ce que c’est uniquement pour Opeth ?

Pour commencer, c’est bien pour nous que nous avons créé ce label… Mais ça peut être intéressant de voir comment les choses pourraient évoluer par la suite. Nous essayerons de voir comme ça fonctionne par la suite. C’est une licence que nous avons signée chez Nuclear Blast… C’est vraiment cool que l’on ait conclu ce partenariat.

Les raisons de votre départ de chez Roadrunner Records restent assez floues pour finir. Est-ce que tu peux y revenir ?

Je ne voudrais pas trop être technique… Disons que c’est une question de liberté. Il était tout simplement temps de passer à autre chose.

Vos morceaux sont à la fois assez longs, mais aussi assez courts. Dans le cadre d’un festival, que préfères-tu jouer ?

Nous jouerons pas mal de morceaux très Heavy, mais aussi et bien sûr des morceaux tirés de Sorceress. Opeth essaie de faire la balance entre ses deux périodes, si tu vois ce que je veux dire. Nous jouerons des classiques comme « Delivrance », mais aussi « Ghost Of Perdition »… Ce sont des morceaux assez longs. Après, les « nouveaux » morceaux que nous jouons s’étalent sur 5/6 minutes.

Est-ce que la setlist est fixée, ou vous vous permettez quelques « folies » ? Que proposer de nouveaux à ces fans qui vous suivent à travers toute l’Europe ?

Oui, nous pouvons le faire. Tu te doutes bien que nous savons jouer plus de six morceaux. Après, ça dépend du temps de jeu qu’on nous donne. Il est évident que si nous pouvons jouer plus longtemps, nous jouerons plus longtemps. Ce soir, nous n’avons qu’une heure de jeu devant nous, donc ça sera six morceaux, pas plus…

Comme au Motocultor, il y a deux ans…

Oui ! D’ailleurs, c’était un très bon concert. Mais la setlist sera très différente comparée à celle que nous vous avions proposé en 2015. En fait, quand il s’agit de différentes tournées, nous aimons bien changer nos setlists du tout au tout. Dans le cadre de notre concert anniversaire, nous avions joué plus de 2H30 (« An Evening With Opeth », le concert qui célébrait les 25 ans du groupe, NDLR). C’était très confortable pour nous puisque nous avions joué des morceaux que nous n’avions jamais joués auparavant, notamment des titres de Delivrance. Le répertoire d’Opeth est tellement dense que nous pouvons proposer différents concerts, différents styles à chaque fois.

Vous allez jouer aux Metal Days en Slovénie cet été ! 

Oui ! Nous avons déjà joué là-bas. C’est vraiment un festival fantastique, et le cadre est exceptionnel… Nous jouerons un peu plus longtemps que d’habitude. Nous proposerons donc une setlist un peu plus riche qu’à l’accoutumée !

Ça fait maintenant dix ans que tu fais partie d’Opeth. J’aimerais tout simplement savoir s’il y a une période que tu préférais dans le groupe, en tant que fan, et musicien. 

Toutes les périodes d’Opeth sont tellement intéressantes, et riches que je ne peux pas me prononcer. J’adore toutes les époques. J’aime beaucoup les morceaux les plus « Heavy » dans l’âme, mais je suis également très fier du travail accompli sur Watershed. Les nouveaux morceaux sont également très intéressants, car ils sont très progressifs. Vraiment, toutes les époques d’Opeth méritent que l’on s’y attarde.

La carrière d’Opeth est liée à celle de Steven Wilson. Il a participé à la production de Blackwater Park, de Delivrance, Damnation, et il a même mixé Heritage et Pale Communion… Pourquoi pouvons-nous dire que ce musicien a contribué au succès d’Opeth ?

Je pense que Steven Wilson a clairement ce truc qui change la donne dans un album. Il fait attention à tous les petits détails fâcheux que nous-mêmes n’arrivons pas à percevoir à l’oreille-nue. C’est un musicien toujours plus intéressant, nous entretenons de bonnes relations avec lui, surtout Mikael

Est-ce que tu as pu écouter son nouvel album ?

Non, pas encore… Il est sorti ?

Il sort dans quelques semaines, mais il y a des morceaux qui ont été dévoilés notamment « Pariah » (Pariah ft. Ninet Tayeb) et « Song Of I » ft. Sophie Hunger… Tu les as écoutés ? 

Non, pas encore. C’est bien ?!

Très expérimental, comme d’habitude ! (sourire) Opeth a sa propre bière maintenant… À ton avis, pourquoi tous les groupes en veulent une ? C’est parce qu’ils aiment la bière ou par simple intérêt financier ? 

En ce qui nous concerne, et je peux t’assurer que c’est vrai, nous sommes tous fans de bières. Le batteur (Martin Axenrot, NDLR) et moi-même sommes allés visiter la distillerie qui brasse notre bière afin de nous renseigner sur la manière dont elle était conçue. Pour être honnête, on ne s’enrichit pas des masses en la produisant. Nous avions juste comme objectif de concevoir une bière de qualité qui plairait à tous les amateurs de boisson. Nous sommes tous de bons vivants au sein d’Opeth. Ça nous amuse…

Peut-être qu’un jour vous lancerez votre propre gamme d’hamburgers. Qui sait ? 

Oui ! (rires)

Revenons aux choses sérieuses. Opeth est le genre de groupes qui est toujours sur la route, qui ne cesse de sortir des albums. Sur les réseaux sociaux, vous donnez l’impression d’être partout. J’aimerais bien savoir si tu as le temps de découvrir de nouveaux groupes, de nouvelles formations locales…

Ça nous arrive… Par exemple, lorsque nous avons tourné en Amérique Latine, nous avons découvert un petit groupe de Death Metal bien sympathique. Et après, quand nous nous produisions dans le cadre d’un festival, ça nous arrive de découvrir des groupes ici et là… Mais je dois t’avouer que nous n’avons pas vraiment le temps. En général, je m’échauffe avant de monter sur scène !

L’interview touche à sa fin. As-tu un message particulier à faire passer à tes fans français ! 

Merci pour le soutien ! C’est toujours un plaisir de venir jouer chez vous ! À ce soir ! « Merci beaucoup » !


Opeth, c’est : 

Fredrik Åkesson : Guitare

Martin Mendez : Basse

Mikael Åkerfeldt : Chant, Guitare

Joakim Svalberg : Claviers

Martin Axenrot : Batterie

 

Discographie : 

Orchid (1995)

Morningrise (1996)

My Arms, Your Hearse (1998)

Still Life (1999)

Blackwater Park (2001)

Deliverance (2002)

Damnation (2003)

Ghost Reveries (2005)

The Roundhouse Tapes (2007)

Watershed (2008)

Heritage (2011)

Pale Communion (2014)

Sorceress (2016)

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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