Il existe des festivals qui sont directement liés à une région. Le Main Square en fait partie. Devenu l’incontournable de l’été dans le Nord de la France, le festival attire chaque année les plus grands noms. Après Iron Maiden en 2014, l’organisation a de nouveau convié le Metal à la fête ce vendredi 30 juin. Et ce n’est autre que System Of A Down, qui avait pour mission de retourner la Citadelle d’Arras au terme de la première journée, qui a été programmé. Pas mal, n’est-ce pas ? 

C’est à partir de 16h que les alentours de la Citadelle s’animent. Les parkings gratuits mis à disposition sont pris d’assaut et les festivaliers se dirigent paisiblement vers les navettes affrétées pour rejoindre le festival. La sécurité est très largement renforcée au vu des derniers événements. Rassurant donc… La fête sera plus belle. En pénétrant au sein du complexe Vauban, personnage, qui, sans doute, n’imaginait pas que son œuvre allait un jour recevoir un groupe américain d’origine arménienne, je me rends vite compte que le public est déjà présent en masse sur le site. Les divers stands de nourriture et de boisson sont bondés, seuls les bénévoles du merchandising semblent attendre le client.

On est donc loin de la cohue « Hellfest »… Néanmoins, je ne suis pas là pour faire du shopping, l’heure est venue de se diriger vers la Green Room pour assister au set de North Rain, les gagnants du tremplin Main Square. La formation nordiste propose une ouverture en fanfare pour cette édition 2017. En l’espace de trente minutes, l’accent est mis sur la puissance de leur deux chanteurs qui arpentent la scène en long, en large et en travers lors d’un set qui semble réjouir les curieux. La (fin de) journée commence bien !

La Main Stage, imposante sur la cour centrale de la Citadelle, voit débarquer deux gentlemen Rockfarmers. Ce n’est autre que The Inspector Cluzo. Dans la vie, les Gascons sont agriculteurs près de Mont-de-Marsan et leur cachet sera reversé à une association. Ces deux joyeux lurons commencent leur set en informant le public que : « Ceci est un concert live, il n’y a pas d’ordinateur, je déteste les DJ’s et les ordinateurs. J’envoie un mail avec mon ordinateur, mais je ne fais pas de musique avec ». Pas d’ordinateur donc, pas d’effets… Seulement un duo guitare / batterie, mais sans basse. C’est donc un retour à la terre qui est revendiqué tout au long de ce concert. Une parfaite entame de journée, le tout marqué par une sincère générosité. Malgré les quelques gouttes de pluie (mais rien du tout vraiment) le groupe termine sur un final qui vous attrape. « Ils font pas ça les Metalleux », conclue le chanteur et guitariste Malcolm. Une prestation qu’il convient de saluer ! Chapeau (de paille) bas messieurs !

La journée s’enchaîne sur une des attractions de la journée : The Noface. Vous ne connaissez pas ? Et si je vous dis Skip The Use ? Ça vous parle d’un coup ! Et bien prenez les musiciens du groupe, enlevez Mat Bastard déjà bien occupé par sa carrière solo, remplacez le par une chanteuse remarquée dans un TV crochet, et vous obtenez The Noface. Si les membres de feu Skip The Use jouissaient déjà d’une certaine réputation au Main Square, leur mission était de convaincre avec leur nouveau projet. C’est donc en habitués qu’ils foulent la scène de la Green Room. Le public est au rendez-vous arborant des masques en carton distribués avant le concert. À notre grande surprise, dès l’arrivée du groupe sur scène, l’audience se montre dès les premières notes très réceptive. Les premiers rangs semblent déjà bien connaître les compositions. Même si le début du set semblait long à se mettre en route, le groupe a su monter en puissance au fil des morceaux. Derrière leur masque à croix blanche, les musiciens « anonymes » envoient un bon Rock agrémenté de touches Funky et Pop. Vraiment plaisant ! Il sera intéressant de voir ce groupe dans les salles de concert, notamment au Splendid de Lille prochainement !

Franck Carter And The Rattlesnakes nous appelle sur la Main Stage ! Nous laissons donc The Noface continuer un set très bien emmené. Dès mon arrivée, je remarque déjà le chanteur au milieu de la foule. Quelle entrée ! La bande emmenée par Franck Carter restera un des gros moments de la journée. En l’espace d’une heure, le chanteur tatoué a littéralement marqué la Main Stage de son empreinte. Dans le cadre de sa tournée estivale, le quatuor est venu défendre son nouvel album oscillant entre morceaux tantôt Rock tantôt Punk… La barrière du live est souvent difficile à surmonter pour certaines formations, mais celle-ci se révèle être une formalité pour Franck Carter qui invite le public à organiser un maxi circle-pit. Celui-ci transforme donc le Main Square en véritable champ de bataille. Un véritable régal !

Je reste sur la Main Stage, car la foule commence petit à petit à s’amasser pour la venue de Biffy Clyro. Se produisant en tête d’affiche dans les plus grands festivals saxons comme le Reading, le trio est cette fois-ci programmé au Main Square…  mais pas en tête d’affiche ! C’est donc entre 20h30 et 21h30 que les Écossais ont reçu la mission de chauffer le public. Le groupe nous propose donc un set mélangeant des moments puissants et d’autres ponctués par des touches mélancoliques. Il y en a donc pour tous les goûts pour un groupe qui a voulu avec l’album Puzzle toucher un public plus large. La musique du trio semble faire effet sur les connaisseurs, moins sur les autres attendant en grande majorité System Of A Down. Quelques petites moqueries fusent, mais cela reste bon enfant. Biffy Clyro propose un set net et sans bavure où chaque musicien semble être possédé par le démon de la musique, et cela fait plaisir à voir. Un bon concert qui chauffe en partie le public de la Main Stage.

La foule se bouscule, les gobelets volent, des couples se séparent. Pas de doute, System Of A Down vient d’arriver sur scène. En introduisant le set par « Soldier Side », Daron Malakian, ténébreux et chapeau vissé sur la tête, déclenche les hostilités avec « Suite-Pee ». Shavo Odadjian est en grande forme et la voix de Serj Tankian résonne dans la Citadelle. De son côté, John Dolmayan est plus que concentré sur la rythmique folle de ce début de set avec « Violent Pornography », « Prison Song » ou encore « Aerials ». Même si le groupe produit une musique inclassable et pleine de folie, il maîtrise son sujet et après tant d’années, il produit d’ailleurs et toujours des shows aussi percutants.

Sur cette tournée, le groupe a recours à un fond d’écran à led lui permettant de projeter des vidéos, illustrant les morceaux joués. Une bonne mise en scène à l’arrière qui rattrape le côté statique des musiciens. Sans mot pour le public, S.O.A.D. est dans son show. C’est carré et rudement bien mené. On leur pardonne donc leur manque de proximité avec le public. Les morceaux s’enchaînent toujours avec la même folie dans la voix de Tankian et dans le public notamment sur « Darts ». La dernière partie du concert voit Serj Tankian arpenter la scène sur « Toxicity ». « Chop Suey » déclenche l’hystérie et le Main Square reprend en chœur les paroles de la chanson qui a bercé de nombreuses générations. Il faut attendre la fin du set pour que Serj Tankian remercie l’audience du Main Square, concluant le show par un « Sugar » surpuissant. Daron Malakian, Serj Tankian et Shavo Odadjian quittent la scène avec le sentiment du devoir accompli, laissant à John Dolmayan le soin de jeter quelques baguettes dans la foule, exténuée par le show du groupe. System Of A Down reste une nouvelle fois fidèle à sa réputation et a offert ce soir un très bon concert aux milliers de fans présents qui auront hâte de découvrir de nouveaux titres qui arriveront, espérons-le, le plus vite possible…

La soirée continuera avec le show Electro de Vitalic ODC qui aidera, ou pas, les festivaliers à se remettre de leur journée. Le Main Square est réputé pour son éclectisme et cette journée placée sous le signe du Rock aura ravi des festivaliers venus des quatre coins de l’Europe. Le Rock/Metal fonctionne au Main Square ! Pourquoi ne pas y consacrer une journée entière comme ce fut le cas il y a déjà trois ans !  

A propos de l'auteur

Simon

Rédacteur (Hard Rock/Heavy/Thrash). Professeur d'Histoire / Géographie. Inconditionnel d'AC/DC et de Pink Floyd. Rugbyman de cœur et dans la vie. Headbangeur à ses heures perdues.

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