On est le lundi 3 juillet, il est 10h30 du matin, et nous n’avons pas encore eu le temps de nous remettre de notre week-end que nous recevons un coup de fil d’Urban Breed, le frontman de Serious Black (et non pas Sirious Black pour les mauvaises langues). En effet, bien que formé en 2014, ce « super groupe » de Power Metal en est déjà à son troisième album ! Et le peu que l’on puisse dire, c’est que peu de formations peuvent se vanter d’accomplir de telles prouesses aujourd’hui !

Propos d’Urban Breed recueillis par Axl Meu le lundi 3  juillet 


Serious Black sort son nouvel album, Magix, dans quelques semaines, c’est le troisième que vous sortez en trois ans… C’est énorme ! Comment expliques-tu une telle productivité ? C’est AFM Records, votre label, qui vous pousse à sortir autant de disques ?
La réponse est toute simple. Nous sommes tous compositeurs dans le groupe. Quand nous sommes ensemble, nous nous stimulons et nous composons. Il y a une véritable dynamique au sein du groupe. Nous partageons nos idées. Sinon, non, ce n’est pas le label qui nous pousse. Dans le cas qui nous concerne, le label n’a pas besoin de nous dire : « Hey les gars, il ne serait pas temps de composer quelques nouveaux titres ? ».

Est-ce que tu peux revenir sur les débuts du groupe ? Je sais juste que Serious Black est un groupe principalement composé de potes…
Avant de fonder le groupe, je ne connaissais presqu’aucun des musiciens. Tout le monde s’était déjà vu, sauf moi ! (rires) J’ai donc dû me lier d’amitié avec ces mecs rapidement… Je n’ai pas trop rencontré de problèmes. Ce sont tous des mecs en or ! En fait, pour tout t’avouer, c’est Mario (Lochert, basse, NDLR) qui est à l’origine du projet. C’est lui qui a rassemblé tous les musiciens… C’est comme ça que ça a commencé. Il m’a demandé de rejoindre le groupe car il aime la portée de ma voix. Quand j’ai dit : « Ok », il m’a rétorqué que le premier album devait sortir en janvier. (rires) Je ne te dis pas la pression ! Du coup, nous avons rassemblé nos idées, j’avais quelques bribes de morceaux qui venaient de mes albums-solo. Nous avons travaillé ensemble, et nous avons fait en sorte d’améliorer nos titres ensemble.

Mirror World (2016) est le deuxième album du groupe. Quelles étaient les réactions des fans à sa sortie ? 
Mirror World est un bel album, mais je pense que les fans ne s’attendaient pas à un tel opus. (rires) À mon humble avis, il n’y a pas été reçu comme il aurait dû, mais ce n’est pas grave, nous avons tout de même eu de très bons échos concernant sa réception.

Magic s’apprête donc à sortir. J’imagine que tous les membres ont participé à la conception de ce dernier…
Oui ! Ça a toujours été le cas. Tout le monde contribue à sa façon. Si quelqu’un ne compose pas pour un album, ce n’est pas un problème, il le fera pour le prochain ! Nous fonctionnons comme une équipe !

Vous composez ensemble, mais il faut savoir que tous les membres habitent loin les uns des autres…
Nous avons tous une vie bien remplie et il est difficile de nous réunir. Du coup, on s’échange nos plans via Internet. Du coup, on s’envoie tout ça, et on se dit : « Ok, voici mon idée ». On ne perd pas une minute grâce à cet outil. Nous ne prenons pas trois plombes pour composer un riff… J’estime que tu n’as pas besoin de passer cinq ans sur un album pour qu’il soit bon !

Rassure-moi, vous arrivez quand même à vous voir pour répéter ?
Oui ! Bien sûr, quand nous devons partir en tournée, nous répétons autant que nous le pouvons. Que tu sois bon ou pas, répéter, ça fait la différence ! Bien que nous devions procéder par échange de mails pour partager nos idées, la musique est un art que l’on fait ensemble.

En tant que chanteur, tu composes les paroles du groupe. Peux-tu revenir sur la thématique qu’il y a derrière Magic ? D’après mes recherches, il raconte l’histoire de Mr. Nightmist, c’est un personnage imaginaire…
Oui, en effet, Mr. Nightmist est un personnage tout droit sorti de mon imagination. Il n’existe pas… En fait, nous entretenons des points communs avec lui. Il est le reflet des événements de la vie que nous devons affronter… Des moments, nous prenons une semaine pour en devenir à bout… Des moments, ça prend la vie entière. Dans cette réalité, il a des pouvoirs magiques qui permettent de transformer la réalité. Mr. Nightmist représente cette idée !  Tu vas dehors, et si tu deviens un excellent musicien, c’est parce que le groupe s’est formé et que tu t’es donné les moyens pour que ça arrive… On l’oublie trop souvent !

Peut-on envisager que ce personnage devienne votre mascotte dans les mois à venir ?
Je ne sais pas si c’est dans les plans, mais tout ce que je peux te dire, c’est que j’incarnerai ce personnage sur scène ! Si je suis la mascotte du groupe, ça serait un peu étrange au regard des autres membres du groupe, non ? (rires)

L’album débute avec une piste introductive, c’est « With A Tip Of The Hat »… Tous les titres qui s’en suivent traitent de sujets en lien avec la magie et la fantaisie. C’est une thématique régulièrement abordée par les groupes de Power Metal…
Oui, c’est une thématique commune, certes, mais la magie n’est pas au centre de l’album. Dans cet album, on y aborde la question des relations personnelles et de tous les problèmes que nous rencontrons dans la vie. Tu sais, faire des concessions pour d’autres personnes… Des trucs comme ça…  Je dirais que ce qui régit l’album, c’est le besoin de sociabilité qui nous anime tous.

Magic répond également bien aux critères que l’on attend d’un album de Power. Il y a des guitares dynamiques, un chant bien « catchy », quelques parties de clavier mélodiques…
… En fait, nous ne nous posons pas de questions quand nous écrivons des morceaux. Nous privilégions le feeling. Nous faisons en sorte que Serious Black ne répète pas ses structures et travaillons afin que les morceaux s’imbriquent les uns aux autres. Nous faisons en sorte de ne pas copier les autres groupes… Ça ne sert à rien. Lorsque nous écrivons un morceau, nous savons déjà que c’est le morceau dont nous avons besoin. Après, c’est sûr qu’il y aura des remarques du genre : « Ça ressemble un peu à ça », « J’ai déjà entendu ce riff, ailleurs… », mais l’album sonne comme il doit sonner ! Nous sommes Serious Black, et nous sonnons comme du Serious Black. Peut-être que nous sonnerons de manière différente pour le prochain album, je ne sais pas ! Nous sortons un album à la fois, après nous verrons…

Quel est votre plan promo pour promouvoir ce nouvel album ?
Nous allons tourner un peu partout en Europe… Et si je me souviens bien, nous viendrons nous produire chez vous à deux reprises ! Les dates seront dévoilées d’ici peu…

Est-ce que vous avez prévu d’y interpréter l’album dans son intégralité ? 
Nous y avons déjà pensé. Pour le moment, nous jouerons quelques morceaux de Magic pour le défendre ! Nous allons créer la surprise lors de nos spectacles…

…Vous allez faire des tours de magie ? Vous vous inscririez dans la suite logique d’Alice Cooper dans ce cas…
Il me semble qu’Iron Maiden a déjà invité un musicien sur scène. Ça devait être pour un unique show. Sinon, en ce qui concerne nos shows, on y réfléchit. Comme tu dis, ça ferait sens de reprendre l’album en entier en y incluant des tours de magie. Imagine, il y aurait même des acteurs et des actrices qui nous accompagneraient. Mais pour l’instant, c’est seulement en projet. Si un jour, on nous donne les moyens d’interpréter les morceaux dans leur intégralité avec des acteurs, bien sûr que nous le ferions !

Serious Black, c’est surtout l’aventure de potes qui veulent faire de la musique ensemble. Penses-tu que le succès peut la détruire ?
Oui, bien sûr… Tout peut briser une amitié… Il n’y a pas que le succès qui peut être à l’origine de la fin d’une amitié. Peut-être, la surcharge de travail… Des moments, quand nous sommes sur les nerfs, on peut dire des choses que l’on ne pense pas vraiment. Il faut juste faire attention et prendre conscience de ce que l’on dit. Quand on a fait ou dit une connerie, il faut revenir sur ses pas du genre « Euh, bon, désolé, c’était vraiment nul de ma part ». C’est comme ça que ça marche ! Si tu as de bons amis, fais en sorte de ne jamais les décevoir.

Les univers d’Avantasia et de Serious Black sont liés. Avons-nous des chances de vous voir tourner ensemble dans un futur proche ?
(rires) C’est vrai, je n’y avais jamais pensé ! Oui, c’est tout-à-fait possible. Je connais très peu sa musique par contre, je n’ai écouté que quelques titres par-ci, par là. Après, je reste sur mes acquis en termes de musique !

Quels acquis ? En ce qui concerne tes goûts ? Du coup, ça donne quoi ?
J’adore tous les Genesis, Rush… J’adore le Rock progressif ! J’aime également les classiques comme Dio, Black Sabbath, Iron Maiden, Saxon…

Au tout début de sa carrière, Serious Black a tourné avec des groupes comme Gamma Ray, Hammerfall… Le groupe s’est ensuite produit en headliner dans toute l’Europe. C’est une belle évolution. Tu peux revenir sur cette dernière tournée en headliner ?
Quand tu programmes ta première tournée en headliner, tu ne sais jamais à quoi t’attendre. Ça fait sacrément du bien quand on se dit, trois jours après le début : « Ça marche ! Nous adorons ça, nos fans également »… Que demandez de plus lorsqu’une tournée se déroule bien ? Nous étions très bien entourés pour cette tournée ! Partout où nous sommes allés nous avons rencontré le succès escompté !

Vos potes d’Organ Ogan ont dernièrement sorti un nouvel album. C’est Gunmen. Est-ce que tu as pu l’écouter ?
Mario m’a montré un des derniers clips qu’ils ont réalisés ! Comme je t’ai dit tout à l’heure, je reste très « old school » dans mes écoutes… Je n’ai pas écouté l’album en entier, mais quand j’ai écouté l’extrait, j’ai tout de suite accroché à l’imaginaire, tu sais, le côté Far-West.

L’Allemagne est connu pour être le pays du Heavy Metal. Est-ce que c’est toujours le cas ?
Je ne sais pas si ça compte, mais c’est vrai que l’Allemagne propose de nombreux festivals « Metal »… Mais en fin de compte, je ne sais pas si ça compte réellement… Tout ce qui importe, c’est de voir des fans se déplacer pour aller aux concerts, tu sais, ceux qui aiment et qui supportent les groupes qu’ils viennent voir. Ce sont eux les vrais acteurs de la scène Metal. Je ne me plains pas s’il n’y a que trois personnes qui viennent nous voir, ils sont là, c’est tout ce qui compte.

Je te laisse le mot de la fin !
Je suis tellement content de revenir en France ! La dernière fois, nous avions dû annuler notre venue (en effet, le groupe avait dû annuler son concert à la Boule Noire, le 3 octobre dernier). Je garde néanmoins un très bon souvenir de mes passages en France ! Le public est très réceptif ! J’y ai rencontré des gens super !


Serious Black, c’est :
Jan Vacik : Claviers
Bob Katsionis : Guitare 
Urban Breed : Chant
Mario Lochert : Basse 
Ramy Ali : Batterie (live member)
Dominik Sebastian : Guitare 
Alex Holzwarth : Batterie

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.