C’est la fin de l’année (enfin pour l’Education Nationale) et quoi de mieux, en ce vendredi 7 juillet 2017, qu’un bon concert de Post-Hardcore au Bistrot St-So de Lille pour fêter le début des vacances ? Au programme de cette soirée proposée par Ah Bon ? Productions en collaboration avec Lille 3000, les prestations de VI!VI!VI! et TANG. Vous vouliez du bruit, vous avez été servis !

Annoncées à 20 heures, les festivités ne débutent finalement qu’à 21 heures. Il faut dire que la soirée est gratuite et il y a comme un flottement dans l’air entre les habitués du bistrot, qui viennent juste passer un bon moment en terrasse, et ceux qui se sont déplacés uniquement pour le concert… Que faire pour patienter quand toutes les tables sont déjà occupées à l’extérieur mais que la salle est vide ? S’adjoindre à la file d’attente de la pompe à bière et finalement participer aux frais de l’organisation pardi !

VI!VI!VI! montent enfin sur scène. Les cinq Lillois ne sont pas très connus, pourtant ils œuvrent dans le Noise et le Rock Regressif depuis 2011. Tout de noir vêtus, ils investissent la scène déjà occupée par leurs nombreux instruments et autres machines de guerre. Voyez plutôt : deux guitares, une basse, deux batteries… une chaise, une cymbale suspendue dans les airs et des câbles tendus de partout jusqu’aux boîtes à effets ! Que vont-ils bien pouvoir nous présenter ?

Le public venu les soutenir n’est pas très nombreux. Une soixantaine de personnes tout au plus prennent leurs aises et écoutent d’une oreille attentive le premier morceau, Bruitiste certes, mais presque Ambiant. Le ton est donné : ici, pas de chanteur, mais des morceaux qui s’étirent entre maelstroms métalliques et accalmies ciselées. Très vite la chaise est occupée par un guitariste très concentré sur son toucher et sur les sons qu’il peut extraire de son instrument. Plus tard, c’est la cymbale qui résonnera à coups de meuleuse apportant une touche « spectacle » qui manque un peu au show des Lillois. Car oui, si l’amour de la musique expérimentale est bien au cœur de ce combo, les musiciens s’effacent devant leurs créations et sont presque statiques. Il n’en reste pas moins que cette mise en bouche en décalage avec la tête d’affiche est agréable et joue parfaitement son rôle de tremplin et d’ouverture vers d’autres horizons musicaux.

En une heure, VI!VI!VI! nous aura tenue en haleine grâce à une rythmique soutenue, des consonances Kraut et Indus et des voyelles presque Psyché voire Grind. Une expérience qui sera sans doute renouvelée bientôt par le groupe pour promouvoir la sortie de son deuxième LP prévu fin 2017. Mais maintenant place à Tang, l’attendu de la soirée, qui s’intalle au pas de charge sur une scène dépouillée.

TANG est lui aussi un groupe lillois mais qu’on ne présente plus. Nous vous avions fait part de son retour aux affaires discographiques après cinq années d’absence en chroniquant dans nos pages web son nouvel EP And Still No Sunrise. La rédaction s’est également entretenue avec Bastien, le batteur, dans les pages du dernier Sounds Like Hell Fanzine#6. Il était donc normal que nous assistions enfin à un concert du TANG nouveau cru après l’annulation de sa prestation au PZZLE Festival #3.

C’est sur une intro issue de son dernier EP que les quatre musiciens prennent leurs marques et leur instrument en main. En attaquant avec le titre « Togetherness Is Compromised », la jauge de la salle se remplit rapidement et c’est au moins deux cents personnes qui se pressent pour assister au concert. Avec « Ripples Of  A  Forgotten Radio Song » et « In Loving Memories », TANG électrise ses fans qui applaudissent avec une franchise non feinte. Malgré quelques problèmes techniques et une mise en place un peu rouillée (le groupe se produit peu ses dernières années), le combo investit l’espace et très vite les bonnes habitudes sont de retour : ça bouge, ça twiste les guitares, ça crie et ça sue sang et eau.

Il y a une urgence dans la musique que nous livre le groupe. Si jusqu’à présent ses prestations étaient clairement teintées Post-Hardcore, on constate que le groupe a mûri et que les penchants Emo ont laissé place à une atmosphère plus lourde, presque Black, et assurément plus Noise. Les morceaux s’enchaînent, entre titres ayant déjà fait leurs preuves et nouveautés : « Paint In Black », « Off With Your Arms », « Bruises And Goosebumps »… Il est déjà l’heure d’attaquer la fin du show. Le public est toujours en demande et est comme suspendu aux lèvres des deux chanteurs. Après « To The Source » et « Loma », TANG remonte sur scène, bière à la main et sous ses applaudissements, pour « The Highest Branch » et « Fistful Of Twice ».

Cette soirée est donc une soirée réussie pour les amateurs de Noise et les fans de TANG. VI!VI!VI! est une belle découverte pour qui veut s’aventurer hors des sentiers battus et TANG a réussi son retour en proposant une set-list très homogène qui puise dans ce que le groupe a de plus noir. Une prestation que vous pourrez apprécier à votre tour puisque TANG ouvrira avec Oddism pour le concert de Nostromo au Théâtre le Poche de Béthune, le samedi 2 décembre prochain.

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