Ce deuxième numéro des mémoires d’un festivalier ambulant (et rédacteur par la même occasion) sera bien évidemment consacré au deuxième jour du Download Festival France, à savoir le Samedi 10 Juin. Reprenons donc notre récit là où nous nous étions arrêtés la dernière fois, à savoir à de somptueux et très élégants ronflements, dignes des plus grands tremblements de terre que Bretigny-sur-Orge ait connu. Il est donc à peu près 8h quand j’émerge doucement dans la fournaise qu’est devenue ma tente. Quoi qu’il en soit, pas le temps de flemmarder ni de traîner au lit (ou plutôt au duvet), un brin de préparation et de toilette s’impose avant une deuxième grosse journée bien remplie. Et c’est donc dès 11h que les campeurs ont rendez-vous avec les décibels puisque c’est précisément aux onze coups de onze heures qu’Hypno5e envahit la Firefly Stage se dressant parmi les tentes et les sardines. 11h moins dix, l’heure à laquelle mon itinéraire de festivalier parfois ambulant et parfois pas très ambulant recommence. Au programme : chaleur, coups de soleil, t-shirt sur la tête, hamburgers puis re-coups de soleil (et un panel Rock-Metal éclectique évidemment !).

Le temps de traverser les allées et me voici aux pieds de la Firefly Stage attendant impatiemment l’entrée en scène des quatre Français d’Hypno5e. Malgré l’heure et le fait que le pit arbore des rangs clairsemés, la foule est déjà bien présente, tout comme la chaleur d’ailleurs. Hypno5e entre donc en scène par l’une des longues introductions à enchaînement progressif et à la créativité mordante que l’on peut lui connaitre. Le public amassé au plus près des planches se scinde directement en deux catégories : les connaisseurs et les badauds. D’ailleurs, ces deux « types » de public se différencient rapidement puisque d’un côté le connaisseur (en plus d’arborer un t-shirt à l’effigie d’Hypno5e) rentre de suite dans cet univers brillant et progressif qu’il connait déjà. De l’autre, le néophyte se retrouve surpris des enchaînements et tout simplement surpris du son qu’il perçoit. En effet, certains semblent assez désorientés par les différents titres d’Hypno5e, en général assez longs, entrecoupés d’enregistrements ou de samplers sonores et portés par Emmanuel Jessua dont la voix alterne entre vocaux clairs envoûtants et cris torturés. Dans Hypno5e, la violence se perd dans des tourments émotifs où la culture et la passion engendrent la créativité. En live, même si contrairement à un concert en salle, l’aménagement festival ne permet pas aux Montpelliérains d’exploiter une mise en scène vidéo pour accompagner leur univers musical, Hypno5e revisite l’ensemble des titres énigmatiques de ses trois albums (Des Deux L’Une Est l’Autre, Acid Mist Tomorrow, Shores Of The Abstract Line). Au programme donc, des titres comme « East Shore – Landscape In The Mist », « Gehenne » ou « Acid Mist Tomorrow » et une bonne dose de Metal Cinématographique planant. Cette première prestation de la journée place donc la barre très haut, puisque même si Hypno5e et sa musique divisent, tout le monde sera plus ou moins unanimement d’accord pour reconnaître que le set était cadré et maîtrisé malgré un petit problème de basse en début de set. Bref, Hypno5e en live, ça marche, même à 11h un samedi matin au Download France !

Vingt petites minutes de patience sont demandées aux festivaliers (enfin aux campeurs) en attendant Smash Hit Combo. Mais surtout, vingt petites minutes suffisent pour amasser énormément de monde devant la Firefly. 1200 secondes plus tard, les Alsaciens font leur entrée sur les planches et – BAM – que c’est bon ! Les Gamers sont à la fête, les Geeks ont lâché leurs ordis pour se mettre sur la gueule et c’est tout le Download qui jumpe comme une seule paire de gambettes dans cet amas de poussière qu’est devenu le pit de la Firefly Stage. Les hits s’enchaînent (ouais, y a pas que le « Hit » de Smash Hit Combo qui fait mal) et le duo de micros Paul « Hp » Henry / Maxime « Maxence » Keller ne manque pas de stimuler le public pour le faire remuer comme il se doit au son des « Baka », « Toujours Plus » ou encore « In Game ». Les classiques ne manquent pas, Smash Hit Combo retrace son histoire avec un set mettant à l’honneur chacune de ses sorties studios (Playmore, No Life, Reset etc.) mais surtout, Smash Hit Combo met également en avant son nouvel album, L33T notamment avec « Spin The Wheel », « Arkham Asylum » ou « Die And Retry ». Du coup, entre nouveautés et classiques (« 2.0 », « Hardcore Gamer » etc.), Smash Hit Combo a réveillé le Download et ce, malgré un soleil de plomb. Bref, le mélange Djent, Rapcore, Deathcore des Smash Hit Combo fait mouche et résonne comme une incitation au bordel, aux pogos et surtout à la bonne ambiance. La quarantaine de minutes de prestation SHCienne fut l’occasion de se transformer quelque peu en Super Saiyan, de slamer plus d’une fois et de finir par vouloir coller un Kamé Hamé Ha dans la face du pauvre type qui se retrouve en face lors des Walls Of Death. En peu de mots : c’était fou, Smash Hit Combo a littéralement dévasté le Download.

Après une interview très philosophique en compagnie d’Hypno5e, je réalise que Far From Alaska vient à l’instant d’entrer en scène. Plus une minute à perdre donc, et en avant pour le (Stoner) Rock !

Rock, Stoner et Brésilien s’il vous plait ! Pas facile à deviner, surtout au niveau des sonorités, mais la joyeuse bande menée par son intrépide chanteuse Emmily Barreto (rejoint parfois au chant par Chris Botarelli) vient bel et bien de Sao Paolo et de Rio Grande. Quoi qu’il en soit de ses origines, le quintet envoie un Rock nerveux teinté d’influences sudistes, le tout pour un cocktail assez explosif et surtout une pêche énorme en live. Il faut dire ce qui est, Far From Alaska est plus qu’heureux de se produire sur la Main Stage du Download et fait tout pour partager son envie, sa joie, son énergie et sa musique. Fort deux albums, ModeHuman en 2014 et Unlikely en cours d’année, Far From Alaska aiguise ses lyrics pour parfaire un instrumental lourd et groove. Il en ressort des singles comme « Cobra », « Dino vs. Dino » et surtout un groupe sur lequel il faudra désormais compter pour agiter les grandes scènes internationales. Future référence ou pas, actuellement Far From Alaska envoie sec pour le plus grand bonheur des rangs faisant face à la Main Stage. La prestation est musclée et entraînante, elle file d’ailleurs à toute vitesse puisque Miss Barreto annonce déjà que le prochain titre est le dernier, en ne manquant pas de remercier le public du Download. Il est donc près de quinze heures et demie lorsque Far From Alaska raccroche les guitares pour que DevilDriver puisse, à son tour, faire son entrée sur la Main Stage 2 cette fois.

Mais avant de parler DevilDriver, Dez Fafara et circle-pits, direction la Warbird Stage puisque Lonely The Brave foulait les planches exactement en même temps que Far From Alaska. Alors oui, même si je ne porte pas de cravate et n’ai pas encore d’hologramme, comme Mélenchon j’ai appris à me dédoubler et à me retrouver à deux endroits en même temps (ou alors je voyage entre plusieurs scènes, qui sait…). C’est donc au son de leur Rock que les Britanniques de Lonely The Brave ont esquissé une démonstration d’Alternatif au Download et gagné ainsi quelques fans de plus. Forcément, avec des titres comme « Backroads », « Control » ou encore « Jaws Of Hell », la bande de Cambridge avait largement de quoi séduire plus d’un tympan (car généralement ils vont par deux) mais surtout plus d’une nouvelle tête présente sur la B.A. 217. Tandis que la prestation ouvrait sur « Black Mire », le reste de la dizaine de titres joués se plaisait à prendre en otage le Download Paris pour lui conter des histoires de potes, de filles et de tout le bazar. Peut-être pouvons-nous  juste remarquer la tendance de Lonely The Brave à toutefois trouver la même inspiration dans les sonorités utilisées. Mais peu importe, Mark Trotter et compagnie ont l’air ravi malgré le peu d’interactions avec la foule, foule qui de son côté semble avoir apprécié la prestation des Anglais.  Quoi qu’il en soit, chose promise, chose due, cette fois direction la Main Stage 2 et DevilDriver pour parler Dez Fafara et circle-pits !

Et il faut dire que les Californiens ne perdent pas de temps, puisque dès le premier titre du set (« End Of The Line » pour être précis), DevilDriver envoie la sauce et la purée pour tenter de ne faire qu’une bouchée du Download. Inutile de dire que la petite troupe se donne corps, tatouages, barbes et âmes à sa musique et interprète les titres favoris du public (« Clouds Over California », « I Could Care Less » et « Not All Who Wander Are Lost » pour ne citer qu’eux). Public qui d’ailleurs n’hésitera pas à se lancer dans des singalongs, notamment sur « Daybreak » le single du dernier album en date, Trust No One. La prestation est carrée et le show est surtout assuré par Dez Fafara. Toujours aussi charismatique et énergique, l’ex-leader de Coal Chamber et ses inlassables « Open the pit ! » ne lésinent pas sur les appels au public et celui-ci leur rend plutôt bien. La foule se fend à plusieurs reprises pour faire place à divers bravehearts et des moshs se dessinent à divers endroits. La patate durera un peu plus d’une quarantaine de minutes, le temps pour Dez et ses comparses de glisser une dizaine de titres pour couvrir l’intégralité de ses albums studio (« Before The Hangman’s Noose », « Cry For Me Sky (Eulogy Of The Scorned) », « Ruthless » etc.). La prestation tout comme l’énergie et l’action furent au rendez-vous, que ce soit du côté de la foule ou de DevilDriver. Et même si le Wall Of Death de « Meet The Wretched » n’était, au début, pas assez grand pour lui (tout comme les circle-pits le long du set), Dez semble ravi de cette première fois au Download sauce Parisienne et ne manque pas de le faire savoir. Le Download est également ravi de ce premier passage et se retrouve davantage labouré par ce bulldozer ‘ricain qui ne lui laissa aucun répit.

Quoi qu’il en soit c’est sur le coup de 16h, donc l’heure de la sieste, que Myles Kennedy et Alter Bridge prennent possession de la Main Stage pour la monopoliser pendant une cinquantaine de minutes. Alter Bridge entame son set au son de « Come To Life » en enchaînant par la suite « Farther Than Sun », « Addicted To Pain », « Cry Of Achilles » puis « Isolation » et c’est tout ce que je verrai. La prestation n’a aucun défaut, ni les musiciens et la setlist. En revanche, le son n’est franchement pas terrible et j’ai du mal à le supporter… Même si par la suite, Alter Bridge servira ses plus grands titres (« Metalingus », «  Black Bird » ou « Rise Today » par exemple), j’abandonne à contre cœur la Main Stage seulement après cinq titres et je repars peu convaincu de ce à quoi j’ai pu assister de la part de la bande de Mark Tremonti. Heureusement pour moi, parallèlement à la Main Stage, Code Orange joue sur la Warbird Stage (ou plutôt détruit la Warbird Stage). C’est donc presqu’instinctivement que je prends la direction de l’oiseau de combat.

Et Code Orange c’est loin d’être la même histoire. Code Orange et son mélange Punk, Hardcore, Metal Moderne fait des émules et des heureux ces derniers temps et il est donc plus que logique de retrouver les Américains sur une scène du Download France (d’autant plus quand on sait qu’ils ont ouvert pour System Of A Down). Un peu déçu du dernier concert de Code Orange auquel j’avais assisté (en première partie de Gojira pour les curieux), je suis amplement rassuré et comblé par le spectacle auquel j’assiste. Eric Balderose et sa bande sont plus qu’énervés et la setlist s’en ressent. Code Orange passe en revue ses trois albums studio, Love Is Love/Return To Dust, I Am King et Forever. Forever, sorti plus tôt cette année, tient d’ailleurs le rôle principal, puisque Code Orange interprète notamment « Kill The Creator », « Bleeding In The Blur », « Ugly », « The Mud », « The New Reality » et quelques autres. Même si parfois Alter Bridge se fait entendre, le son de Code Orange est particulièrement bon. Le pit se lâche et se laisse malmener par la bande originaire de Pittsburgh.

Nouveau saut dans le temps, nouvelle accélération temporelle, et me revoilà sorti de mon interview avec DevilDriver juste à temps pour profiter des trois derniers titres d’Epica. Les trois titres en question sont « Sancta Terra », « Beyond The Matrix » et « Consign To Oblivion ». Trois titres qui ont pu me donner un court aperçu de ce qu’a pu être la prestation d’Epica en ce samedi de Download : une prestation ficelée, maîtrisée et agréable. Simone Simons arbore un immense sourire (et aussi un décolleté non négligeable, n’est-ce pas messieurs ?), j’en déduis alors que tout le show a connu cette teneur inhérente aux trois chansons auxquelles j’assiste. Trois titres, c’est également le temps nécessaire pour assister à un Wall Of Death (oui oui, sur Epica vous ne rêvez pas !), mais surtout pour profiter des effets pyrotechniques utilisés pour accompagner le set des Néerlandais. Donc, Epica c’est cadré, la miss tient plutôt bien son micro et les gusses derrière assurent niveau instrumental (et grunt pour Mark Jansen). Mais voilà, les dernières notes de « Consign To Oblivion » viennent de retentir et avec lui ce court concert d’Epica. Quoi qu’il en soit, je m’empresse désormais de me diriger vers la Main Stage 2 pour assister au set de Paradise Lost maintenant !

La venue de Paradise Lost était prometteuse, notamment car Gothic, Draconian Times et Faith Divides Us – Death Unite Us sont des albums incontournables, mais également car Paradise Lost a navigué parmi les styles et les genres (du Doom au Metal Gothique puis de nouveau au Death-Doom) et enfin car le prochain album de Paradise Lost, Medusa, approche à grands pas. Malheureusement, comme pour Alter Bridge, la prestation de Paradise Lost me laisse sur ma faim et ne répond pas du tout aux attentes que je pouvais avoir à son égard. D’ailleurs, disons-le franchement, je suis déçu par Nick Holmes et les siens. Pour faire simple, l’envie du quintet ne se fait pas ressentir, la prestation est molle et le son moyen. Peu d’interactions et quand il y a des interactions, la plupart sont inutiles, la setlist est déséquilibrée et passe à côté de nombreux classiques (où sont « Honesty In Death », « Erased » ou encore « Remembrance » ?). Heureusement certains titres incontournables sont présents (« One Second », « Beneath Broken Earth », « The Last Time »), mais bon… Alors c’est peut-être une question de forme des musiciens, de conditions ou d’horaire de passage, je ne sais pas. En revanche ce que je sais, c’est que pour ma part, Paradise Lost a raté son rendez-vous. Ne reste donc plus qu’à espérer que la prochaine fois que le Download croisera la route de, ce qui reste une icône du Doom, l’icône en question sera plus à la hauteur qu’en ce samedi…

Mais bon, peu importe du sort de Paradise Lost et tant pis pour eux, puisqu’en face… En face, il y avait AqME et AqME n’a pas raté son rendez-vous. Bien au contraire, AqME a envoyé, sans doute, tout ce qu’il avait au Download, et le public lui a sacrément bien rendu ! Profitant de la tournée anniversaire de son premier album, Sombres Efforts, pour faire une halte au Download Festival France, la bande menée par Vincent Peignard-Mancini n’était clairement pas là pour faire figuration. En revanche, elle était bien là pour renouer avec un public nombreux et toujours fervent du Rock burné du quartet Parisien. Tournée anniversaire oblige, Sombres Efforts se voit attribuer le beau rôle et se retrouve logiquement mis à l’honneur (avec notamment « Instable », « Je Suis », « Une Autre Ligne »). Et ce, bien que certains titres soient depuis bien longtemps des incontournables des setlists live du combo (« Le Rouge et Le Noir », « « Si » N’Existe Pas » etc.). AqME a la patate et envoie des grosses mandales, la famille répond présent et les rangs amassés près de la Spitfire Stage se déchaînent. Forcément, avec un Vince survolté, AqME fait jumper, pogoter et wall of deathaller. La prestation est plus que réussie et le show est complètement dingue. Après pas loin d’une heure, il ne reste quasiment plus rien du pit, et « La Réponse » se retrouve libre de clôturer un concert bien couillu délivré par un AqME en forme qui a prouvé comme il se doit qu’il était de retour. De retour et complètement de retour puisqu’AqME n’a pas non plus oublié de mettre en avant « Tant d’Années », le single de son prochain album, AqME, dont la sortie est prévue pour septembre prochain. Bref, AqME a frappé fort et a sauté sur cette occasion de commémorer Sombres Efforts pour faire revivre pas mal de souvenirs liés à ce premier album.

Avec tout ça, il est 19h30 et Five Finger Death Punch entre en scène sur la Main Stage. Ivan L. Moody et les siens sont en forme, et pour les curieux, non ce jour-là rien ne laissait présager l’annonce de son départ et de son remplacement. Quoi qu’il en soit, pour en revenir à la prestation au Download ce jour-là, même si la setlist ne fait pas de folie en misant uniquement sur des gros classiques du groupe, Five Finger Death Punch à le punch et n’hésite pas à le faire savoir. Moody et compères envoyant régulièrement des appels à la foule et affichant une complicité certaine. Pendant que la setlist revisite donc les plus gros titres du combo (« The Bleeding », « Got Your Six », « Lift Me Up », « Jekyll And Hyde »), le public se laisse embarquer par le mélange Groove – Moderne de la bande originaire de Las Vegas. Certes pas difficile d’accès pour un sou, le son des Five Finger Death Punch est taillé pour ce genre d’événements et le poing répond éminemment présent sans faire le doigt mort. Quoi qu’il en soit, le public crame et ce n’est pas seulement dû à la prestation, même si celle-ci, son énergie et son son sont très bons. En effet, le cagnard parisien fait des ravages en ce début juin puisqu’il distribue au hasard de nombreux coups de soleil. Bref, on crame par ici, alors je finis par enfiler un maillot en guise de kéfié, on ne juge pas chacun sa technique (« Je suis pas venu ici pour souffrir, okay ? »). Mais bon, peu importe, ni le cagnard ni l’absence de nuages ne fera vaciller le Download et ne l’empêchera de profiter du show de Five Finger Death Punch (et des suivants d’ailleurs).

En parlant de la suite, même si Slayer s’apprête à faire son apparition, Soilwork passait en parallèle à Five Finger Death Punch, du coup ça s’annonçait aussi gros et gras. Mais voilà, ce fut bien, mais sans plus… Ce n’est ni un excellent moment ni un mauvais, Björn Strid et les siens se contentent de faire le taf en bazardant (presque) impeccablement le Death Mélodique qu’on leur connait. Même si le show passe relativement vite et que les animations de fosse se feront légions, quelque chose laisse le public sur sa faim. À tel point qu’une impression de « Ah c’est déjà fini ? » ou de « Quoi c’est tout ? » émerge du pit, impression qu’on ne peut d’ailleurs pas nier. Quoi qu’il en soit, la setlist est relativement bien foutue et s’apparente à un équilibre entre les différents albums de la discographie de Soilwork. Au programme donc, des titres comme « The Ride Majestic », « Stabbing The Drama », « The Chainheart Machine » ou encore « Rise Above The Sentiment ». Mais au niveau du jeu de scène, ce fut, disons-le, énergiquement plat, les Suédois se contentant d’exécuter presque mécaniquement leur set. Alors quand on y pense, même si à la fin le show est cadré et maîtrisé, c’est bien dommage…

Aparté Soilworkienne à part, Slayer envahissait la Main Stage 2. Alors ne restait plus qu’à trouver de quoi se remplir tranquillement la panse en savourant la bande-son Slayer du soir. Et pour cette soirée, Tom Araya et les siens ont choisi le gros set qui tape, puisqu’outre l’aménagement de la scène qui fait plaisir à voir avec ses side-drops et ses backdrops estampillés Slayer, Slayer est en forme et les titres choisis n’y sont pas pour rien. En effet, les morceaux choisis sont en adéquation avec la volonté de donner un show rapide, violent et infiniment Thrash puisque ce succéderont notamment « Repentless », « Hate Worldwide », « Post Mortem » ou « Born Of Fire ». Sans oublier les classiques, mais aujourd’hui qu’est ce qui n’est pas classique chez Slayer ? Quoi qu’il en soit, « Mandatory Suicide » répondra à « Raining Blood » tandis que « Angel Of Death » martyrisera le pit quelques instants après « Chemical Warfare ». Bref, pas besoin d’en dire plus, comme le disait un collègue « Slayer c’est bien une fois sur deux », et bien là c’était bien. Alors tant pis pour les dates avant et après le Download France…

Et pour finir cette journée, il ne reste plus que System Of A Down, ou plutôt il reste encore System Of A Down. En fait, ce samedi de Download était l’occasion rêvée de voir Serj Tankian et compagnie jouer « Chop Suey ! », « Mr Jack », « War », « Prison Song » et tant d’autres. D’ailleurs la setlist n’a pas manqué de répondre à la hauteur de l’événement puisque ce n’est pas moins de trente titres qui seront joués ce soir. Quoi qu’il en soit, il fait encore jour lorsque System Of A Down fait son apparition au son de l’intro de « Soldier Side » puis de « Suite-Pee ». Daron Malakian et ses compagnons de route ont l’air en forme, notamment Shavo Odadjian. La scène se montre également à la hauteur de la prestation puisque de nombreux clips vidéos, images et animations seront projetés pour accompagner et surtout illustrer les morceaux joués (notamment « Radio / Video », « Dear Dance », « B.Y.O.B »). Bien sûr, le show n’est pas parfait et Serj ou Daron écorcheront quelques chansons, mais rien de dramatique. L’ensemble du show est maîtrisé, le public est conquis (bien qu’il l’était déjà bien avant que le set ne commence) et le Download a encore réussi sa journée. Peut-être regretterons-nous le manque d’interactions de System Of A Down avec son public, interactions qui se limiteront à « Bonjour » et « Merci, au revoir ». Hormis ce détail, System Of A Down n’a presque rien perdu de ce qu’il était et donc de ce qu’il est toujours. Les hits se suivent (« Lonely Day », « Needles », « Violent Pornography », « Aerials ») tout comme des titres un peu moins connus (« DAM », « Darts », « These Cocaine Makes Me Feel Like I’M On This Song ») mais l’ensemble est homogène et bien équilibré. Réservons simplement une triste ligne pour penser au sort réservé à Caliban en ce samedi de juin. D’ailleurs, pour citer un autre collègue, « Je n’aurais pas aimé m’appeler Caliban ce soir ». Voilà qui est dit et qui résumera parfaitement la situation. Quoi qu’il en soit pour en revenir à notre plat principal du soir, System Of A Down ne lasse pas et réjouit même plus d’une tête. La fin approche et ce ne sont autres que les traditionnels « Cigaro », « Toxicity » et « Sugar » qui sont choisis pour clôturer le set et avec lui le second jour du Download. Une belle prestation !

Le show de System Of A Down fini, le site principal du Download se vidait tranquillement tandis que de son côté le camping s’apprêtait à vivre encore deux concerts puisque Psykup et Ego Kill Talent se chargeront d’entraîner les campeurs jusqu’au bout de la nuit (ou plutôt au petit matin). Quoi qu’il en soit, après une journée de concerts bien remplie, l’apéro appelle car il n’y a jamais d’heure pour celui-ci et la fête reprend de plus belle. En bref, cette journée fut le temps de chopper un énorme coup de soleil sur le front et un tout aussi grand sur le pif, mais surtout elle fut le temps d’assister à de très bonnes prestations malgré quelques déceptions. Mais peu importe, cette seconde journée de festivités au Download Paris se finit comme la précédente : par des ronflements gras et profonds…

 

A propos de l'auteur

Chargé des Relations Presse, manager, tourneur et baby-sitter rock'n'roll pour groupes un peu trop paumés ✠ Egalement rédacteur pour Illico! et French-Metal (chez la concurrence quoi !).

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