Troisième et dernier numéro des mémoires d’un festivalier ambulant (et rédacteur par la même occasion), ce Dimanche 11 Juin qui se chargea de clôturer cette deuxième édition du Download Festival France fut, lui aussi, rempli de concerts, de petites claques et bien évidemment de soleil et de bières. Quoi qu’il en soit, comme le veut la tradition du Download Paris, même si le réveil pique un peu et qu’il se déroule dans une tente transformée pour l’occasion en fournaise, les campeurs ont rendez-vous à 11h pétantes pour profiter de deux concerts avant même l’ouverture officielle du festival. Bon, il est à peu près 9h quand j’émerge, ce qui me laisse juste le temps de démonter la tente et de la bazarder dans la voiture (toujours garée au même endroit) pour arriver pile poil à midi moins une heure devant la Firefly Stage pour assister aux premiers concerts de la journée, 9MW et Hell Of A Ride.

Tandis que 9MW est un trio Rock très très fuzz, Hell Of A Ride de son côté est un quintet Modern Rock très proche d’un Metal assez couillu. Si d’un côté 9MW, ou Nine Million Witches pour les intimes, passe à 11h et que de l’autre Hell Of A Ride débarque à 12h, les deux prouvent allégrement sur les planches de la Firefly qu’ils méritent leur place au Download France. Premier constat, il fait chaud mais beaucoup moins qu’hier à la même heure. Deuxième constat, ces deux concerts se sont révélés plutôt pas mal et entament comme il se doit ce dernier jour. Tout comme Hell Of A Ride, 9MW met à bien les quarante minutes de set lui étant imparti pour se mettre dans la poche une partie du public et essayer de lui faire retenir son nom. Quoi qu’il en soit des apprentissages du jour, 9MW et Hell Of A Ride sont des groupes prometteurs, aux univers différents mais au talent présent. Alors, il ne reste plus une seconde à perdre avant de découvrir ces deux groupes, que ce soit le mélange de riffs Stoner, Rock et de mélodies Pop de Nine Million Witches que le Rock bien plus agité et rentre-dedans de Hell Of A Ride. Du coup, même si le public est clairement moins matinal que la veille, faisons la part des choses et indiquons seulement que neuf millions de sorcières se sont données rendez-vous pour tester l’enfer d’une course ou d’une chevauchée emplie de décibels.

Pour lancer « officiellement » ce dernier jour de festivités au sein de la Base Aérienne 217, c’est TesseracT qui se charge de fouler, en premier, les planches de la Main Stage 2 tandis que Leogun fera de même sur l’autre scène principale et qu’Astroïd Boys se chargera de la Spitfire Stage. Et pour son dernier jour, c’est au son d’un octachore donnant dans le Prog que le Download Paris nourrira les premières paires de tympans arrivées sur le tarmac. Même si les Britanniques ont complètement oublié de se pointer à Bretigny avec leur merch, ils n’ont toutefois pas oublié leurs instruments, et c’est tant mieux ! Cela fait désormais presque quinze ans que TesseracT  se charge d’explorer des sonorités progressives tout en inculquant quelques pointes Djent ou ambiantes dans leur univers. Sur scène, le pari veut que ça passe ou ça casse. Et bien, la mise fut remportée des deux côtés puisque sur certains passages le son passait très bien, mais sur d’autres le son cassait, sans doute lié à la trop grande technicité du son et à son lissage lors du passage studio. Quoi qu’il en soit, même face au peu de public présent pour l’instant, TesseracT ne se laisse pas démonter et poursuit son set (de moins de dix titres). Au programme, principalement des titres de Polaris (« Survival », « Dystopia »), de Concealing Fate (« Part. 2 Deception », « Part. 3 Impossible ») et d’Altered State (« Of Matter – Proxy », « Of Matter – Respect »). L’ensemble de la prestation de TesseracT est conçu comme une œuvre unique et inséparable, ce qui expliquera sans doute le peu de phrases pour le public, mais le tout est plutôt bien ficelé. En fait, pour résumer pour le non-fan du combo, on se contentera d’un « Bon, c’était le groupe qui ouvrait », tandis que pour le fan un « Ouais, ben niveau son, ça passait… Puis ça cassait… » devrait suffire.

Place désormais à Leogun et son Blues Rock énergique qui dépoussière des amplis. Et il faut dire que j’étais plutôt impatient de revoir la bande menée par Tommy Smith. En effet, la dernière fois que j’avais pu voir le trio britannique, c’était en décembre dernier à l’Aéronef lillois en compagnie d’Airbourne. Pas de changement ni de déception au programme, Leogun est toujours électrique et ses titres bien pêchus. La setlist me semble toutefois plus uniforme et énergique que lors de leur prestation nordiste. Quoi qu’il en soit, Leogun assure le show en servant au public du Download  (qui s’avère déjà plus nombreux que sur TesseracT) des titres comme « Beauty Queen », « Demon Inside » ou encore « Disconnected ». Bien évidemment, le groupe originaire de Londres n’hésite pas à se faire un petit coup de promo en rappelant la sortie récente de leur dernier EP, Majick Potion. Mais peu importe l’acte commercial, Leogun a bien réveillé le Download, que ce soit en agitant des caboches, en se secouant les tifs sur scène ou tout simplement en envoyant du Rock’n’Roll !

Au même moment, sur une scène parallèle, Red Sun Rising faisait part de son Rock teinté Sudiste à la foule du Download. Oscillant entre puissance, mélodies et sonorités plutôt surprenantes (genre à l’harmonica digne d’un western), Red Sun Rising s’avère efficace en live même si le public ne semble pas connaître la bande américaine, ni son univers. Mais peu importe, cela ne semble pas déranger Red Sun Rising qui se lance dans l’interprétation de quelques morceaux issus de son répertoire. Ainsi, il fera notamment découvrir « The Otherside », « Uninvited », « Amnesia » ou « Emotionless » au Download. Visiblement, le son Rock de Red Sun Rising semble faire mouche auprès de quelques nouveaux tympans et osons-le dire clairement, Red Sun Rising est plutôt une belle découverte. Après tout, c’est ça aussi le Download France…

Après cette découverte, rentrons dans des choses plus sérieuses et bien plus armées, puisque les ninjas de Rise Of The North Star plantent déjà leurs drapeaux sur la Main Stage 2. En somme, c’est l’occasion rêvée de se remettre au karaté et de dégainer quelques shurikens. La réputation du Hardcore des Français (oui, oui) n’est plus à faire et son efficacité plus à prouver depuis la sortie de leur premier album, Welcame. Quoi qu’il en soit de sa réputation, c’est bel et bien Rise Of The North Star qui se dresse sur les planches et non sa réputation. Précision inutile, bien sûr les samouraïs ne sont pas là par hasard ni même pour laisser la place à quelqu’un d’autre. Au contraire, ils sont présents pour te mettre quelques kicks dans la face et te faire suer à grosses gouttes sous ce soleil (levant) de plomb. À défaut de se déguiser pour la Japan Expo, nos guerriers, tout de noir vêtus, bazardent sans concession des titres comme « Sound Of Wolves », « Again And Again » ou « Demonstrating My Saiya Style » qui frappaient, pour la plupart, bien avant le premier album. Toujours inspiré par l’Asie et sa culture, Rise Of The North Star ne manque pas de le rappeler, de le mimer ni même de le scander (« Samuraï Spirit », « Bosozoku »). Bref, le pit est en pagaille, la foule appelée à se déchainer, à enchaîner les circle-pits. Alors efficacement, nous pouvons résumer la prestation de Rise Of The North Star par l’un de ses refrains les plus efficaces « Get the fuck off motherfucker. Back the fuck off fucking hustler. What the fuck? What the fuck? I don’t wanna, I don’t need ya. Watch out the fire of the Saiya ». Du coup, ce fut bien plus qu’une bonne mise en bouche juste avant le set de Suicide Silence. Alors direction la Main Stage et poursuivons dans cette lignée Core et passons du Hardcore au Deathcore.

C’est au son de « You Only Live Once » que Suicide Silence ouvre son set, ce qui est surprenant étant donné que le titre a habituellement vocation à clôturer les prestations live du combo… Peu importe, Suicide Silence affirme dès les premiers titres sa nature Deathcore en alignant des patates comme « You Only Live Once », « Disengage », « No Pity For A Coward » et « Unanswered ». Le son est couillu et Hernan Hermida assez déchainé (d’ailleurs, big-up au chanceux qui lui fila sa Marijuana…). Les autres gusses de la bande agitent leurs caboches tout en restant assez statiques sur les planches histoire d’exécuter, sans doute, au millimètre les classiques. Quid des classiques, Suicide Silence met également en avant son dernier album, l’éponyme Suicide Silence. Et là, la surprise de l’écart entre le Suicide Silence Deathcorien et le Suicide Silence plus novateur de ces derniers mois en surprend plus d’un. Les titres issus du nouvel album ne sont pas dégueulasses, mais disons que l’on peine à reconnaître la patte du groupe (« Doris », « Hold Me Up, Hold Me Down », « Silence »). Quoi qu’il en soit, d’un côté comme de l’autre, Suicide Silence démontre qu’il est un habitué des rendez-vous de la sorte et livre une prestation musclée qui se solde par quelques circle-pits ou walls of death bien taillés. En fait, ce fut un constat relativement assez simple, disons que Suicide Silence est venu, a fait du Suicide Silence, s’est un peu perdu en jouant du nouveau Suicide Silence mais s’est rattrapé en redevenant Suicide Silence. Et ce, même si peu de public s’était toutefois amassé près de la Main Stage pour les applaudir.

16h10, direction la seconde Main Stage pour accueillir une autre pointure de la scène Core puisqu’un backdrop Architects flotte déjà en arrière-plan. Sam Carter et ses musiciens font donc leur entrée sur « Nihilist » qui se chargera naturellement d’alerter les fans (et les moins fans) qu’Architects est bien présent aujourd’hui. Le Metalcore des Anglais se fait entendre de suite et semble pouvoir être reconnu entre cent, notamment du fait des vocales éraillées du leader de la formation. Le quatuor de Brighton est en forme, Sam Carter s’agite à s’en désosser la colonne sur scène et les gratteux semblent parfois perdre leurs perruques. Mais bon, la setlist veut également cette pêche, même si le choix de jouer certains titres plutôt que d’autres puisse être discutable. Niveau morceaux joués, Architects a choisi, bien sûr, des compositions renommées telles que « These Colours Don’t Run », « Naysayer » ou « Gravedigger » mais également quelques pistes de son dernier album en date, All Our Gods Have Abandoned Us («  Gone With The Wind », « Phantom Fear » ou « Deathwish » ).  Même si les Britanniques sont énergiques et appellent le public à les suivre, le son parait quelques fois brouillon et le set assez répétitif. Il ne me fallut donc pas plus de raisons pour me diriger vers la Spitfire Stage pour assister à la seconde partie du show de Lost Society.

Lost Society est un de ces groupes émergés d’un peu nulle part et qui d’un seul coup dégaine pour t’exploser la face avec un Thrash finlandais à t’en ravager la façade. Avouons-le, la formation n’a vu le jour qu’en 2010 et se retrouve, sept petites années plus tard, au Download, cela mérite le respect. Et quand on écoute Lost Society, que l’on voit Lost Society, on comprend vite pourquoi. On comprend rapidement que la place de Lost Society est toute méritée et qu’elle n’a pas été volée ou encore chapardée à l’arrachée quelque part. Huit titres suffisent aujourd’hui à convaincre Le Plessis Pâté. Huit titres pour poser les bases de ce qu’est Lost Society : des guitaristes virevoltants pondant des riffs sur une rythmique Thrash accentuée par le jeu du batteur. Huit titres également parmi lesquels « Braindead », « Riot » ou « Hollow Eyes » pour que l’on se rappelle qui est Lost Society. D’ailleurs, cela a plutôt produit son effet, puisqu’aujourd’hui ces quelques lignes lui sont consacrées. Alors avant de fermer ce petit passage sur Lost Society, indiquons simplement que même si pour eux la société est perdue, le temps des oreilles étant venues les voir est, quant à lui, loin d’avoir été perdu. Espérons donc que la prochaine fois que nous croiserons Lost Society, ce sera un peu plus haut sur l’affiche et sur l’une des scènes principales. En attendant, sur une des scènes principales justement, Suicidal Tendencies se prépare à remuer le Download.

Watcha ! Suicidal Tendencies fait une entrée fracassante sur la Main Stage au son de « You Can’t Bring Me Down ». Entre autre, un sacré classique qui donne directement le ton que prendra la prestation de ce soir : énergique, énervé et rappelant ô combien de grands titres. Et qu’ils sont excités les Suicidal Tendencies, qu’il est excité Mike Muir. Tellement excité qu’on pourrait presque dire qu’il fait du ski sur place (enfin, sans les bâtons ni les skis…). Quoi qu’il en soit du tout schuss de notre ami Mike, c’est une descente des pistes parfaite à laquelle se livre Suicidal Tendencies et je ne pense pas avoir tort en avançant que personne n’a été pris de tendances suicidaires pendant le show des Suicidal Tendencies. Blague lourde à part, rappelons que Suicidal Tendencies se produit au Download France, mais surtout qu’il se produit avec Dave Lombardo derrière les futs (décidément, on peut le caser partout quand il se fait virer de Slayer…). Et on peut dire que Mister Lombardo assure le taf tout en laissant sa patte reconnaissable dans le son de Suicidal Tendencies. En parlant de son, la setlist enchaîne les pépites (de « Clap Like Ozzy » à « War Inside My Head » et de « Subliminal » à « I Saw Your Mommy ») pour le plus grand bonheur de (à peu près) tout le monde. Les cinq Californiens bazardent leur Crossover Punk, et plus d’un mosh se déclenche. D’ailleurs, un circle-pit plutôt bien fourni se déclenchera au beau milieu du set. Mais comme le circle-pit, le temps tourne et tourne vite, et les cinquante minutes sont déjà presque écoulées. Il ne reste, dès lors, plus que « I Saw Your Mommy » pour refermer définitivement un set qui fut maîtrisé et survolté. Suicidal Tendencies reste Suicidal Tendencies, avec ou sans Trujillo, avec ou sans Rocky George et surtout avec Dave Lombardo. C’est donc ainsi que Suicidal Tendencies nous laisse avec Mastodon : sur le cul !

Quand est venue l’heure de Mastodon, le soleil était à son zénith et tapait sans doute au plus fort. Les conditions étaient donc idéales pour voir Troy Sanders et ses potes prendre possession de la Main Stage 2 et tenter de faire planer le Download Paris. Même si les quatre d’Atlanta sont toujours assez mous en live (j’entends par là, pas beaucoup de mouvements et un air nonchalant), la setlist est toutefois taillée pour faire décoller la Base Aérienne 217. Celle-ci alternera donc des titres comme « The Wolf Is Loose », « Ember City », « Colony Of Birchmen » avec d’autres morceaux comme « Divinations », « Ancient Kingdom », « Mother Puncher » puis enfin des pistes comme « Andromeda »  ou « Black Tongue ». Ah oui, et bien évidemment Emperor Of Sand, le nouvel album, est mis à l’honneur (« Sultan’s Curse », « Show Yourself »). Franchement, il n’y a pas à se plaindre au niveau de la composition du set, ni même de l’exécution de celui-ci. En revanche, les réglages laissent franchement à désirer et, en dépit que je sois fan de la formation américaine, je me lasse rapidement du set de Mastodon et visiblement je ne suis pas le seul à trouver le temps long (malgré le fait que le set ne soit composé que de treize titres). Mais heureusement, certains sont totalement transportés par sa musique, alors espérons qu’ils aient passé un bon moment puisque ce ne fut pas le cas de tout le monde.

Quoi qu’il en soit, je reprends la route de la Main Stage pour voir Rancid nous servir une bonne dose de classiques, et ce n’est pas plus mal. Rancid c’est ce groupe de Punk Rock ‘ricain que tout le monde (ou presque) a découvert avec des albums comme Let’s Go ou …And Out Comes The Wolves. Forcément, ça joue fort, c’est Punk on s’en fout ! La bande originaire de Berkeley est en forme, la setlist s’en ressent mais surtout malgré la cinquantaine, Rancid ça saute encore un peu partout. L’énergie est là, le son est propre et la foule est conquise. Il ne reste donc plus qu’à se laisser guider parmi les titres joués, y trouver son bonheur et profiter simplement d’une prestation parfaite. Niveau titres, même si Rancid a décidé d’ouvrir sur un enchainement « Radio », « Roots Radicals » puis « Journey To The End Of The East Bay » et « Maxwell Murder », la sélection des dix-huit morceaux joués prend vite une allure de best-of. Les classiques sont forts bien représentés (« Ruby Soho », « Time Bomb », « Old Friend ») et toute la discographie trouve son représentant (on pensera notamment à « Buddy » qui effectuera ses débuts live devant la mascotte du Download Paris). Pas grand-chose à ajouter, Rancid n’a rien perdu de son énergie et reste le mythique groupe de Punk californien qui a tant aidé bon nombre de tympans dans leur adolescence rebelle.

En face de Rancid, sur une scène adjacente, la Warbird Stage pour être précis, se dressait un autre spectacle non négligeable qu’il valait mieux ne pas rater non plus, puisque Kontrust venait amener une dose de folklore sur la BA 217. Kontrust c’est ce phénomène assez unique en provenance d’Autriche et qui mélange Rock, Ragga, chants traditionnels et tout le bazar pour fixer une sorte de Crossover pas piqué des hannetons qui vaut le détour. C’est vêtus de shorts tyroliens que Agata Jarosz et les siens firent leurs apparitions pour démarrer leur set par « Dance ». A défaut d’être arrivés en tyrolienne, les sept (nains) sont en forme et invitent le public à les suivre dans leurs danses et agitations. Plus le set s’écoule et plus la foule se laisse prendre au jeu, jumpant au rythme imposé par Agata ou son comparse Stefan Lichtenberger. Il faut dire que les morceaux joués ne sont pas étrangers à ce soudain entrain et à l’ambiance festive qui règne sur la Warbird Stage. En effet, les titres phares de la formation sont joués (« Hey DJ ! », « Just Propaganda », « The Butterfly Defect »), mais surtout leur univers assez unique amène une touche totalement délurée et décalée qui séduira le plus grand nombre, jusqu’à voir apparaître une chenille (comme quoi, pas besoin d’aller chez Hanouna…). Quoi qu’il en soit, en un peu plus de cinquante minutes, Kontrust a fait souffler un vent de fraîcheur sur l’oiseau de combat et celui-ci s’est laissé guider dans une leçon de voltige plutôt osée. Et même s’il manquait simplement la grosse Olga pour distribuer quelques pintes, ce concert de Kontrust était, à n’en pas douter, un des moments forts de cette édition 2017 du Download Festival France.

Autre moment fort, Prophets Of Rage ! La réunion de membres de Public Enemy, de Cypress Hill et de Rage Against The Machine, ou plutôt la reformation de Rage Against The Machine sans Zack de la Rocha, était très attendue par le Download France. Le public était déjà amassé devant la Main Stage 2 bien avant que la bande des rageurs américains ne soit prête à fouler les planches, et quand elle le fit enfin, la foule se déchaîna. Il faut dire que dès que les premiers hits réarrangés de Rage Against The Machine commencèrent à sonner, le pit perdit la tête et se laissa guider par la vibe de ceux-ci (« Testify », « Take The Power Back », « Guerrilla Radio »). Bien plus que de simplement réentendre du Rage Against The Machine, la prestation de Prophets Of Rage est également l’occasion de réentendre les classiques de Public Enemy (« Fight The Power ») ou de Cypress Hill (« How I Could Just Kill A Man »). Mais ce set de Prophets Of Rage ne fut pas seulement l’occasion de voir le fameux « Fuck Trump » de la guitare de  Tom Morello, puisqu’il sera également l’occasion de voir un couple copuler allègrement sur un coussin gonflable pendant « Unfuck The World ». Cocasse et anecdotique donc… Peu importe, les ébats torrides de certains, le show file à toute vitesse et les classiques comme « Bombtrack », « Sleep Now In The Fire » ou encore « Bulls On Parade » enchantent le public. Faut dire que ça remémore pas mal de souvenirs hein. Mais comme il n’y a pas que les reprises de Rage Against The Machine dans Prophets Of Rage, les prophètes balancent quelques compositions qui s’inscrivent dans la continuité de ce que RATM pouvait présenter (« Unfuck The World ») et le tout sonne homogène et sans fautes. Le medley des titres de Cypress Hill et de Public Enemy est également passé comme une lettre à la poste (medley comprenant « Hand On The Pump », « Can’t Truss It », « Insane In The Brain », « Bring The Noise » et « Jump Around »). Ne reste plus désormais qu’à savourer le sempiternel et mythique « Killing In The Name » en hurlant (comme mon voisin de gauche) « Fuck you I won’t do what you tell me ! ».

A peine ce mythique hymne bouclé, place au dernier groupe de ce Download France 2017, au « main-event » de la soirée, mais surtout au clou final du spectacle de ces trois jours de festivités. Et pour l’occasion, Green Day revêtira ce rôle, pour un show (presque) en disposition stade tant le temps de jeu conféré aux vétérans Punk Rock américain est impressionnant. 2 h 30 de jeu ont donc été programmées pour Billie Joe Armstrong et ses camarades, autant dire un pur plaisir pour les fans et un calvaire pour les non-fans. Quoi qu’il en soit, la scène s’est retrouvée aménagée de multiples objets de décors et strass tout comme de quelques projections qui ne manqueront pas d’embellir la prestation visuelle et auditive menée par Green Day. Outre en mettre plein la vue, Green Day essaie d’en mettre plein les oreilles également (oui, le son est fort mais pas que…) puisque, non seulement, de ce fait la setlist est assez colossale avec vingt-cinq titres joués, mais surtout les morceaux choisis ont été triés sur le volet. Les grands classiques (« American Idiot », « Jesus Of Suburbia », « Boulevard Of Broken Dreams » et « Know Your Enemy ») côtoient d’autres compositions, peut-être, moins connues mais toutes autant efficaces (« Hitchin’ A Ride », « Bang Bang », « Revolution Radio »). La setlist permet, bien évidemment, à Green Day de ratisser large dans sa discographie et de ce fait de voyager parmi ses différentes époques (« When I Come Around », « St. Jimmy », « Still Breathing ») et se targuera même de la reprise habituelle « Knowledge ». Si le jour est vert, la nuit commence à tomber et voilà que Green Day invite sur scène quelques fans pour interpréter certains titres. Alors oui, certains chantent magnifiquement bien et d’autres un peu moins, mais ces derniers mettent l’ambiance comme il faut, donc tout ne reste qu’équilibre finalement. Voilà pour le côté objectif, mais pour le côté subjectif du rédacteur, certes le spectacle est beau mais je ne suis pas fan de Green Day et j’ai bien du mal à rentrer dans le concert (même en mangeant tranquillement ma pizza). Bref, pas besoin de passer par trente-six chemins, 2 h30 de Green Day c’est bien trop pour moi, heureusement que Carpenter Brut joue en même temps. Enfin, heureusement que Carpenter Brut commence son set après une heure de Green Day et qu’il le finit trente minutes avant la fin de la prestation de Green Day.

Absolument pas fan de Carpenter Brut, je me laissai malgré moi entraîner vers la Warbird Stage pour satisfaire une certaine curiosité et comprendre tout cet entrain autour de l’artiste français. Comme quoi, le hasard et la curiosité font bien les choses puisque je me retrouve dans l’incapacité totale de décrire ce à quoi j’assiste. Je ne serai dire ce qu’il se passe, mais le spectacle audiovisuel se déroulant sur scène m’intrigue et je me sens comme happé par Carpenter Brut. Visiblement, je ne suis pas le seul à avoir échappé à Green Day puisque la Warbird Stage est comble. Je ne suis pas non plus le seul à apprécier et à ne pouvoir me détacher de Carpenter Brut malgré mon incompréhension. La musique est particulière tout comme l’univers, les courts métrages projetés en arrière-plan donnent bien plus de profondeur au son de Carpenter Brut et mon cerveau ingurgite de nombreux messages subliminaux. Le son est électro et ce, malgré la présence d’un guitariste et d’un batteur. Quoi qu’il en soit, Carpenter Brut, ou plutôt Franck Hueso, est une sacrée surprise à laquelle je n’aurai pas imaginé accrocher autant. Finalement, je ne regrette absolument pas d’être venu par curiosité, d’autant plus que la reprise de « Maniac » de Michael Sembello a fini totalement par me convaincre, même si elle ne vaut pas celle de Carnival In Coal avec Papy Buriez. C’est donc au bout d’une heure d’un show époustouflant que je redescends sur terre et que la réalité reprend le contrôle. Carpenter Brut c’est fini pour aujourd’hui, mais le Download lui ne l’est pas. Alors (re)direction la Main Stage où Green Day est toujours en cours !

Dur retour à Green Day après tout ça. Billie Joe Armstrong s’excite toujours de la même façon que lorsque je suis parti une heure plus tôt. Au moins c’est bon signe, la prestation n’a pas l’air d’avoir perdu son rythme et c’est tant mieux. La prestation touche presque à sa fin, même si personnellement j’ai eu l’impression que le rappel n’en finissait plus. Bref, Green Day a assuré le show et a ravi ses fans et c’est tout le bien que je leur souhaitais ce soir là (aux fans hein).

Mais surtout, avec la fin des deux heures et demie du concert de Green Day, c’est surtout le Download Paris version 2017 qui touche malheureusement à sa fin. Alors qu’en retenir ? Et bien tout d’abord, pour cette seconde édition, le Download Festival France a tapé bien fort et a réussi ses trois jours de festivité. Quasiment tous les concerts se sont montrés à la hauteur de ce que nous étions en droit d’attendre, le son était globalement bon et l’ambiance de festival bien au rendez-vous. Alors c’est sûr : Download France, on se dit à l’année prochaine, que ce soit à Bretigny ou non, et que ce soit avec Metallica ou non (hein Francis Zegut ?). Et pour finir sur une note quelque peu originale, c’est chez moi que je poserai les derniers ronflements de cet itinéraire de rédacteur ambulant (bon après trois heures et des de route, mais chez moi quand même). Outre les ronflements, pour finir sur une note moins originale cette fois, je laisse un Top 3 personnel se glisser juste en dessous de ces lignes, d’ailleurs il sera accompagné d’un Flop 3. Mais comme d’habitude, tout ce report reste purement subjectif, il y a bien évidemment autant de versions possibles, de reports possibles que de paires d’oreilles présentes au Download France. Sur ce, mes lauréats 2017 se trouvent juste ici :

Le Top 3 :

  1. Five Finger Death Punch
  2. Kontrust
  3. Rise Of The North Star

Bonus Firefly Stage : Smash Hit Combo !

Le Flop 3 :

  1. Linkin Park
  2. Paradise Lost
  3. Mastodon

A propos de l'auteur

Chargé des Relations Presse, manager, tourneur et baby-sitter rock'n'roll pour groupes un peu trop paumés ✠ Egalement rédacteur pour Illico! et French-Metal (chez la concurrence quoi !).

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