Avant de changer de nom en septembre, Sounds Like Hell Fanzine vous propose de retrouver tout l’été des morceaux choisis de ses publications magazine. Aujourd’hui, retour sur la rubrique « Tout Ce Que Vous Direz Sera Retenu Contre Vous » avec les interviews de trois amateurs du Hellfest. C’était dans le numéro 5 publié en mai dernier.


Les Hauts-de-France aiment le Hellfest et vous êtes chaque année plus nombreux à vous rendre en Terre Sainte clissonnaise ! Pour ce numéro spécial, voici le récit de trois aventuriers qui vous racontent comment ils sont devenus fans du festival. Une chose est sûre : seul ou en groupe, jeune ou moins jeune, festivalier ou bénévole, le Hellfest ne laisse personne indifférent.

Propos recueillis par Hyacinthe Gomérieux.



Luc FARISSIER

52 ans, journaliste, vie maritale, deux enfants, Berck (62).

Je suis « hardos » depuis les 70’s. La grosse claque est arrivée en 82 quand je suis parti à Reading puis au Monsters Rock… L’époque des cheveux longs et de la veste à patches ! Ce n’est que ma quatrième édition du Hellfest car tant que je devais payer la maison et que mes enfants faisaient leurs études, c’était chaud. Et puis, compliqué de partir avec le boulot alors, maintenant, je pose carrément des congés ! Quand en 2014, le Père Noël m’a offert le billet, j’en ai explosé de joie le fauteuil sur lequel j’étais assis !

Des festivals, j’en ai fait mais là, cela ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. D’abord, il y a eu cette galère pour arriver au camping. Il faisait un cagnard du diable sur cette route interminable qui montait. Et puis, il y avait cette saloperie de passerelle. Mon pote a failli crever ! Je n’avais aucune idée de l’ampleur du bazar. Je voulais en voir un max. Je courais d’une scène à l’autre dans la poussière et la chaleur. Grosse erreur ! Le premier soir devant Sabaton, je n’ai tenu qu’une chanson : j’avais le dos en miettes. Mais quel pied ! Je n’ai croisé que des gens sympas. J’ai compris que c’était une parenthèse enchantée pour tous ceux qui aiment les musiques extrêmes. J’ai rêvé du Hellfest pendant un mois après. Et je suis repassé sur Clisson l’été suivant. Je suis devenu addict ! Tous les ans, j’y vais avec mon pote. On a trouvé des petits jeunes avec qui on fait un bon petit groupe. On est les vieux mais ils sont super sympas même quand on fait les anciens combattants !

Pour les souvenirs, il y a ce dernier concert de Lemmy… Tout le monde se regardait en pensant que la fin était proche… Il y a aussi Scorpions qu’on suivait avec ma femme par texto. Et puis le Wall of Death de Dagoba ! J’ai pu rencontrer Tonton Zegut aussi ! Régulièrement, je regarde mes photos, mes vidéos et les concerts sur Arte… Je remercie toute l’organisation. Ok, c’est 200 boules, mais ça les vaut !



Eliott WILLIAME

28 ans, en formation d’Art-Thérapie, en couple, La Bassée (59).

Ma première fois, c’était en 2009. Je ne me souviens plus de tout ce que j’ai vu mais je suis reparti en petits morceaux avec de la poussière dans les cheveux et le nez pendant une semaine ensuite !! Le pass 3 jours était encore à 125 euros donc ça a facilement été mon cadeau d’anniversaire, et puis les deux années suivantes, ça a été de la débrouille. Jusqu’à ce que le financement devienne un problème mais où, par chance, j’ai intégré l’équipe de bénévoles. J’ai des amis qui sont bénévoles et j’ai bénéficié de leur appui. Sur ce coup-là, j’admets avoir eu beaucoup de chance !

Je travaille dans l’un des bars centraux quatre heures par jour. Je bosse le matin donc même si je fais la fête la veille, à 8h je suis au taquet, mais servir un pichet entier de bière à 10h à quelqu’un pour son petit-déjeuner, ça n’a pas de prix ! Je n’ai pas accès aux coulisses, mais arriver le jeudi sur le site quand il n’y a encore aucun festivalier, c’est un moment que j’adore parce qu’on ressent une énergie de masse qui attend avant d’être relâchée. C’est jouissif !

Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les deux derniers feux d’artifice. Celui des 10 ans avec « Bohemian Rhapsody » était immense. J’ai ressenti de manière extraordinaire la puissance fraternelle de ce rassemblement. Ça prenait aux tripes ! Et celui où, tout à coup, une explosion écrivait « RIP LEMMY » dans le ciel. Complètement dingue ! Après, je garde en mémoire des concerts très réussis comme Magma l’année dernière ! Des découvertes comme Jambinaï, un groupe coréen de Post Rock. Et puis, j’ai rencontré les Meshuggah sous la pluie en 2011 aussi ! Je ne m’en suis jamais remis !

Je ne pense pas me lasser d’y aller un jour. Il y a toujours des surprises ou des groupes que je suis content de revoir. Mon rêve serait d’y aller en tant qu’artiste ! Cette année, on s’est inscrit avec mon groupe au tremplin The Voice Of Hell… Ce serait l’accomplissement parfait !



Marc-Antoine BEURET

32 ans, agent de sécurité, célibataire, Calais (62).

Ma toute première fois, c’était en 2011. J’étais venu pour un seul groupe : Maximum The Hormone, des Japonais mélangeant Punk et Metal. Je n’ai fait qu’une journée car ils jouaient au Bataclan le lendemain et je voulais enchaîner les deux dates ! J’avais entendu tellement de bien du Hellfest que c’était l’occasion. Et j’ai découvert un très bon festival sur un site vraiment hors norme. J’avoue qu’il était difficile de partir. Je me suis dit que je ne louperai plus le Hellfest dorénavant et que je profiterai des quatre jours à fond. Chose faite, jusqu’à aujourd’hui !

Sur place, c’est un parcours du combattant, à savoir transporter tout le barda sur mon dos jusqu’à l’entrée du site et obtenir le sésame qui permet d’accéder au camping. La deuxième épreuve, c’est trouver une place judicieusement située. Le festivalier qui plante sa tente au milieu d’un ring de « brutal caddies » ou près des toilettes ne fait pas deux fois la même erreur ! Ensuite, je vais tout de suite au merchandising pour obtenir les souvenirs de l’édition avant que tout ne soit vendu. Puis direction une scène selon le planning que j’ai organisé chez moi. Si j’ai un moment de répit, place à la découverte. Je vais au hasard découvrir un groupe, souvent sous la Valley.

Côté souvenirs, je garde l’édition de 2011 avec Maximum The Hormone en mémoire mais, en 2015, c’est le concert des Ramoneurs de Menhirs, qui m’a beaucoup marqué. La Warzone était trop petite pour accueillir tout le monde et le concert était juste excellent. Des festivaliers faisaient des slams sur au moins 100 mètres… En 2015, j’ai vu Alice Cooper et son show était remarquable. Et puis, il y a la toute dernière fois où j’ai vu Motörhead… Je peux dire : « j’y étais » ! S’il y a un groupe que j’aimerais bien y voir, ce sont les Noise Emission Control. Ils le méritent ! Même si c’est sous la Metal Corner, c’est une expérience à vivre !

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