Avant de changer de nom en septembre, Sounds Like Hell Fanzine vous propose de retrouver tout l’été des morceaux choisis de ses publications magazine. Aujourd’hui, retour sur les Chroniques Albums « International », publiées en mai 2017, dans le numéro 5 « Spécial Hellfest ».

Au menu, les albums de TAGADA JONES, ANCIENT ASCENDANT, DEFICIENCY, DISBELIEF, EXTRAVISION, LODZ, PSYKUP, SEIDE, SHORES OF NULL, SKYCLAD, THE GATHERING, THE GREAT OLD ONES, THE RAVEN AGE, THE T.A.W.S., THE VIDEOS et WINDSWEPT.


Le Coup de Cœur :

TAGADA JONES

LA PESTE ET LE CHOLÉRA

Punk/Hardcore

At(h)ome

5/5

 

 

Vingt ans déjà que le groupe crie haut et fort ses convictions, et La Peste et Le Choléra ne fait pas exception à la règle ! Un tiers de l’album est consacré au terrorisme, au conflit syrien et aux tensions du monde actuel avec des morceaux tels que « Vendredi 13 » ou « La Peste et le Choléra »… Tout au long du disque, à coups de riffs ravageurs, le groupe assène aussi son discours sur la situation politique et économique de notre pays, dénonçant au passage les corrompus de ce système, comme avec « Le Peuple A La Tête Sous l’Eau ». La pièce maîtresse de cet opus restera « Mort Aux Cons » traitant de ces gens révolutionnaires fut un temps et qui sont prêts maintenant à se tourner vers le bleu marine dont Tagada Jones « dégueule les doctrines ». Au final, on retrouve tout ce qui a toujours fait Tagada Jones, le Punk et ses codes, ses rythmes et ses chœurs, les textes engagés, enragés et dénonciateurs sans concession, avec une touche plus métal que par le passé.

Romain Descamps


ANCIENT ASCENDANT

RAISE THE TORCH

Death Metal Melodique

Spinefarm Records / Candlelight Records

3/5

 

 

 

Il aura fallu attendre trois années pour qu’Ancient Ascendant délivre le successeur de Echoes and Cinder. En 2017, avec Raise The Torch, les Britanniques nous offrent un corpus de morceaux très dynamiques comme le suggèrent « Unearth » et « Grasping The Torch »… Mais le groupe n’a pas hésité à varier la cadence de ses titres, notamment sur « Foreign Skies » au cours duquel différents types de tempos s’enchaînent… Il en est de même pour les vociférations. Jamais trop Death, jamais trop Grind dans sa démarche, Alex Butler veut faire preuve d’originalité en associant différents types de souffle. Néanmoins, si l’ensemble est particulièrement bien fait, si les Anglais ont pondu un album audacieux, cela ne veut pas pour autant dire qu’ils ont sorti l’album du siècle. Aujourd’hui, il en faut bien plus pour surprendre. Bref, c’est un album classique, qui ne fera ni chaud, ni froid.

Axl Meu


DEFICIENCY

THE DAWN OF CONSCIOUSNESS

Thrash Moderne

Apathia Records

4/5

 

 

 

Pas de doute là-dessus ! Le combo a passé la vitesse supérieure avec son nouvel album, The Dawn Of Consciousness. Il s’inspire toujours de groupes comme Metallica, Soilwork, Machine Head ou Darkane sans jamais tomber dans la contrefaçon. Deficiency possède sa propre personnalité et maîtrise très bien son sujet grâce à des compétences techniques irréprochables ! Le Thrash mélodique du groupe alterne des rythmiques modernes, des solos d’une grande efficacité ainsi que des refrains accrocheurs… Il suffit d’écouter « Newborn’s Awakening », premier titre de cette galette pour s’en rendre compte. Mais ce n’est pas tout, après nous avoir mis claque sur claque, le groupe nous propose « And Nowhere Else To Go », un instrumental de plus de sept minutes digne des groupes de la Bay Area. Alors, n’hésitez pas, procurerez-vous cet album !

Gregory Poidevin


DISBELIEF

THE SYMBOL OF DEATH

Death Metal

Listenable Records

5/5

 

 

 

C’est après une pause de sept ans et quelques changements de personnel que les Allemands de Disbelief accouchent non sans douleur du successeur de Heal. Dès les premières mesures entreprises Disbelief, toutes nos craintes s’envolent. En effet, la formation semble être ressortie plus forte que jamais. On n’oublie pas l’implication de son fondateur, Jagger, qui insuffle une verve très intense à ses morceaux. Particulièrement homogène dans ses cris, il s’associe pleinement aux rythmiques très modernes de « Embrace The Blaze »… Aucun défaut de goût à l’horizon, juste un groupe qui ne fait jamais dans la dentelle – La preuve en est avec ces titres très personnels, incisifs, parfois inquiétants qui ne riment jamais avec le mot « compromis ». Efficace, fin, surtout très bien produit, il ne fait aucun doute que The Symbol Of Death parviendra à combler l’attente des fans les plus téméraires.

Axl Meu


EXTRAVASION

ORIGINS OF MAGMA

Thrash Metal Technique

Indépendant

5/5

 

 

 

Les gars, merci d’avoir fondé Extravasion en 2011 et d’avoir attendu d’avoir un line-up capable d’enregistrer un tel EP. Merci à vous de nous replonger dans les plus belles années du Thrash. Merci de vouloir passer un message politique sur le monde actuel. Merci, pour cet artwork de l’EP dénonçant la consommation de masse faisant ainsi écho au titre « Bankster ». Merci, pour l’imitation hilarante de Donald Trump au début de « Consume… ». Merci pour cette production réalisée l’hiver dernier par des températures allant de +6°C à parfois -5°C par Axel Wursthorn au Walnut Groove Studio ! Merci pour cette piste cachée au terme de l’EP qui conclue avec humour une production à la limite de la perfection. Enfin merci d’avoir posé avec Origins Of Magma les bases d’une formation qui finira par aller très loin.

Simon Tirmant


LODZ

TIME DOESN’T HEAL ANYTHING

Post Rock Atmosphérique

Klonosphere

3/5

 

 

 

Time Doesn’t Heal Anything… Lodz, groupe lyonnais, nous raconte avec ce second album cet état qui suit les grandes tempêtes. Quand tout a été balayé par le torrent de nos larmes, que les forces nous ont abandonnés pendant le combat, et qu’on ne peut plus que se résigner à la défaite. Du désespoir, des langueurs océanes et du spleen. Avec, par-ci, par-là, des touches de rage contre l’univers comme pour sortir de l’anesthésie. Avec 8 titres dont beaucoup flirtent avec les 7 minutes, le quatuor prend le temps de poser le décor d’une réalité douloureuse où le chant clair l’emporte sur le chant growlé. Bercés par des groupes tels que Ghost Brigade ou Cult of Luna, les musiciens tirent leur épingle du jeu, dans cette jungle Post Rock actuelle, en n’étalant pas seulement leurs tripes sur la table.

Hyacinthe Gomérieux


PSYKUP

CTRL+ALT+FUCK

Metal Experimental

Les Amis de L’Autruche/Dooweet Records

4/5

 

 

 

On l’aura attendue cette nouvelle galette des Psykup. Aux premières notes, on se rend très vite compte que les adorateurs de l’autruche sont bel et bien de retour. Ce premier titre aurait très bien pu se trouver sur Le Temps De La Réflexion. Un retour aux sources ? On retrouve le mélange des styles et la folie qui caractérisaient leur premier album. C’est groovy, c’est percutant et leur pointe d’humour ne manque pas à l’appel. Sur « Fuck Me ‘Till The End Of Time » ou sur « Shampoo The Planet », leur côté comique et décalé s’exprime à plein régime. Mais Crtl+Alt+Fuck, ce n’est pas que ça. C’est également des riffs acérés et agressifs comme sur « We Will Win This War » ou « SSanta ClauSS (Write Me A Letter) ». On notera également la participation originale d’une batucada sur « Violent Brazilian Massage » ou d’une section cuivre sur « Cooler Than God ». Avec Ctrl+Alt+Fuck, Psykup nous livre donc neuf titres variés, déjantés et mélodiques. Cet album ravira les autruches de la première heure comme les autruchons en pleine découverte.

Kevin Delattre


SEIDE

BEYOND THE FALLACY

Black Metal

M & O Music

4/5

 

 

 

Seide revient avec son univers sombre, dévasté et mélancolique ! Beyond The Fallacy varie les contrastes et les ambiances notamment sur « I’m The One » et « Maelström »… Seide excelle dans l’évocation des traumas et de la violence mise en exergue par les parties vocales sans concession de Count D…Les guitares font un travail formidable, l’une s’appuyant sur la batterie radicale de Naar Zeroth alors que la seconde pose sur ce tapis de noirceur des mélodies répétitives et obsédantes. L’album est méthodiquement construit et nous porte vers des sonorités épiques, désespérées et fédératrices.

Allister Van Cushing


SHORES OF NULL

BLACK DRAPES FOR TOMORROW

Gothic/Doom Metal

Spinefarm Records

4/5

 

 

 

En cinq ans, Shores Of Null a réussi, en partie grâce à Quiescence, à se construire une réputation des plus fiables au sein de la scène Metal italienne. En 2017, l’enjeu est tout autre avec son deuxième opus, Black Drapes For Tomorrow. Il faut à tout prix sensibiliser les fans européens, et américains en les plongeant dans son univers gothique. Ainsi, ne soyez pas surpris de vous retrouver avec un album qui associe aussi bien lyrisme et pénitence onirique. On retiendra également un chanteur, Davide Straccione, qui ne cesse d’osciller entre chants occultes et cris plus profonds pour rendre sa musique encore plus vivace. L’album nuance les atmosphères et installe une morosité sans bornes notamment sur le titre éponyme. Néanmoins, qu’elles soient lourdes ou non, cela n’empêche pas au titre de revêtir une autre facette. « Carry On, My Tiny Hope » se révèle bien plus dynamique après l’introduction. Cela en fait la belle surprise de l’album ! Certes, aucun renouvèlement en vue, mais on y a vu un groupe qui réussit à poser de solides bases.

Axl Meu


SKYCLAD

FORWARD INTO THE PAST

Heavy – Folk Metal

Listenable Records

5/5

 

 

 

Huit ans après son dernier album, Skyclad revient avec 13 titres résolument engagés. Le groupe britannique, qui existe depuis 1990, montre qu’il est toujours dans le coup en proposant une galette moins Heavy, plus Punk et, Folk juste ce qu’il faut. L’album ouvre avec l’intro « A Storytellers’ Moon » qui donne le ton d’un album aux sonorités variées. De l’énergie brute qui sent la révolte irlandaise comme sur « State Of The Union Now » ou « Forward Into The Past », des singles diablement efficaces comme « Last Summer’s Rain » ou « Change Is Coming », et que dire de l’excellent travail sur le chant et les chœurs qui nous embarque loin à l’instar du combo ciselé violon/guitare. Un album frais, vivant, qui loue un retour salutaire de l’Homme à la Nature.

Hyacinthe Gomérieux


THE GATHERING

BLUEPRINTS

Metal Progressif

Psychonaut Records

4/5

 

 

 

En 2006, le groupe The Gathering était à son apogée et beaucoup se souviennent encore de l’impact que les missives Souvenirs et Home avaient eu sur eux ! Cette année, Hans Rutten et le reste du groupe décident de replonger dans cette époque révolue en nous proposant de découvrir quelques pistes exclusives (« Blister », « Silent Hymn », « Inner Combat », « Mokaka », « The Intangible », « Oil » et « Film Glass ») et des versions embryonnaires de classiques comme « Shortest Day » et « A Life All Mine » sur Blueprints. Un véritable voyage dans le temps qui mérite que tous les fans du groupe s’y intéressent de plus près… Le livret est lui-aussi exaltant puisqu’il contient des commentaires de René Rutten, Frank Boeijen, Hans Rutten et Anneke Van Giersbergen qui nous permettent un peu plus de comprendre le pourquoi du comment d’une telle initiative… Un beau saut dans le passé !

Axl Meu


THE GREAT OLD ONES

EOD : A TALE OF DARK LEGACY

Black Metal

Season Of Mist

5/5

 

 

 

The Great Old Ones est de retour avec son troisième album intitulé EOD : A Tale Of Dark Legacy, toujours inspiré par le sombre univers lovecraftien. « I’m finally here, I’m finally in Innsmouth », ces premiers mots présents dans l’introduction annoncent directement la couleur ! À l’instar de Tekeli-li qui était une retranscription de « Les Montagnes Hallucinées », EOD : A Tale Of Dark Legacy est une suite de la nouvelle « Le Cauchemar d’Innsmouth », et on sent que le protagoniste ne vit pas que des choses joyeuses dans cette histoire. On aurait pu s’attendre à ne plus être surpris par les Bordelais qui nous avaient déjà régalés avec le magistral Tekeli-li, mais pour ce troisième volet The Great Old Ones s’est encore surpassé pour nous livrer son album le plus sombre, mystique et angoissant, à l’image de son artwork et à la hauteur du sujet traité.

Mario Tfk


THE RAVEN AGE

DARKNESS WILL RISE

Metal Mélodique

BGM Records

4/5

 

 

 

Et si la relève du Metal Mélodique portait le nom de The Raven Age ? Formé par Dan Wright et George Harris, The Raven Age, originaire de Londres, voulait prouver une fois pour toutes qu’il n’était pas composé de parvenus – En effet, ce n’est pas tous les jours facile d’être le fil de Steve Harris, et George en est conscient. Néanmoins – Pas de préjugés, pas de remarques préconçues, juste une formation ambitieuse qui sort son premier album… Particulièrement moderne dans sa démarche, The Raven Age force le respect notamment sur les titres « The Salem’s Face », « Trapped Within Shadows » et « Behind The Mask ». En effet, mélodiques, puissants, et très bien produits, ces trois morceaux ont tout l’air de futurs classiques du groupe. La voix de Michael Burrough n’y est sans doute pas pour rien. Il apporte son truc en plus qui se détache des formations desquelles le groupe s’est inspiré (Avenged Sevenfold et Bullet For My Valentine). Seul reproche : était-il judicieux de la part d’un jeune groupe inconnu de sortir un album dépassant les 60 minutes ?

Axl Meu


The T.A.W.S.

BEYOND THE PATH

Rock Alternatif

M & O Music

4/5

 

 

 

The T.A.W.S présente un Rock à l’univers atypique mais non moins efficace et accrocheur (« Ever », « Without Moderations »). Pour preuve, durant l’écoute de Beyond The Path, on imagine fort bien quelques licornes déféquer un ensemble de paillettes et d’arc-en-ciel sur un fond de (Punk) Rock à la sauce 182 Clins d’œil ou à l’assaisonnement Jour Vert de Billie Joe Armstrong. Le tout pour sentir un sentiment de gaieté envahir ton corps pendant près d’une cinquantaine de minutes et que celui-ci te fasse bouger la tête avec un sourire incontrôlé et étrangement nié. Bizarrement, The T.A.W.S a sans doute plus d’un côté antidépresseur tant le disque voyage. D’ailleurs c’est tout à fait ça, cet album rend joyeux, euphorique et emmène courir dans les collines entre les montagnes. Mais bon, avec de bons riffs, ça aussi ça reste Rock’n’Roll !

Romain Richez


THE VIDEOS

DRUGS

Rock

Dooweet Records

4/5

 

 

 

Composé de Vince (ex-Mass Hysteria), Jey (ex-Vegastar), Flo (ex-Vera Cruz, Minimum Serious) et de Laura au chant, le nouveau combo parisien nous livre là une petite bombe. Dès le début de Drugs la formation nous balance un gros Garage Rock de derrière les fagots et il ne va pas falloir s’attendre à trouver des fioritures et des arrangements complexes dans la musique de The Videos. Les Franciliens vont à l’essentiel et nous livrent un disque composé de dix titres pour moins de 25 minutes. On y retrouve le son garage des années 90, brut, celui qu’on aime, qui sent la sueur et l’énergie. Et la voix de Laura, qui rappelle celle de Brody Dalle (The Distillers) ne nous laisse pas insensibles. Le disque est une belle surprise, à l’instar du morceau « Rotten », le single, et ne laisse présager que du bon pour la suite de la carrière du quatuor.

Romain Descamps


WINDSWEPT

THE GREAT COLD STEPPE

Black Metal

Season Of Mist

3/5

 

 

 

Roman Saenko, l’activiste ukrainien du Black Metal, continue de multiplier les expériences et Windswept en fait partie. The Great Cold Steppe s’ouvre sur une introduction de boîte à musique pour enfant et finira de la même manière… La production est plaisante et « Black Horizon Is The Gates of a Blizzard » est brutal et bien pensé. Après écoute, il faut se rendre à l’évidence ! Windswept sonne comme du sous-Drudkh avec une pointe de Hate Forest… Deux autres projets du frontman ukrainien. Le fait de retrouver deux autres membres de Drudkh n’y est sans doute pas pour rien. L’album s’essouffle vite et en devient redondant. C’est moins inspiré que d’habitude. Le seul véritable intérêt à trouver dans The Great Cold Steppe est sans doute le fait qu’il a été composé et enregistré en trois jours, ce qui laisse peu de temps pour faire dans la complexité. Windswept nous livre donc un premier album classique et répétitif mais ponctuellement orné d’efficacité, un opus qui plaira sans doute aux fans inconditionnels…

Kevin Delattre

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