Avant de changer de nom en septembre, Sounds Like Hell Fanzine vous propose de retrouver tout l’été des morceaux choisis de ses publications magazine. Aujourd’hui, retour sur la rubrique « En Chair Et En Encre » avec une interview des tatoueurs du Bloody Byzon Tattoo Family de Dunkerque. C’était dans le numéro 4, publié en mars dernier.


Nous sommes partis à la rencontre de 3 tatoueurs officiant au shop « BLOODY BYZON TATTOO FAMILY ». Entre confessions, inspirations, souvenirs et hommage, ses corsaires dunkerquois se sont dévoilés sans langue de bois.

Propos recueillis par Céline De Beer – Wozniczka

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Seven Echek : 28 ans, tatoueur depuis 4 ans.

Hanabi : 35 ans, alias Cap’tain, tatoueur depuis plus de 2 ans.

Morback (Tristan ) alias La Machette : 36 ans, apprenti tatoueur depuis plus d’1 an.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir tatoueur ?

Seven : J’aime l’idée de pouvoir marquer le corps.

Hanabi : Les films de Takeshi Kitano. « Sonatine » en particulier m’a fait m’intéresser aux organisations criminelles japonaises (gumi) et de fait à l’imagerie irezumi arborée par les yakuzas .

Morback : Les punks mais disons les « rockstars » en général, les mafias, gangs et bikers divers qui arborent leurs codes sur la peau.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

Seven : En deux mots : « Le Tattoo »

Hanabi : Le dessin et l’assemblage anatomique qui donnent la force et la lisibilité sur les grandes pièces qui permettent une remise en question permanente et enrichissent énormément grâce aux rencontres et au temps nécessaire pour le process. Le fait aussi de travailler sur un fond culturel inépuisable riche de légendes, empreint de spiritualité.

Morback : La créativité, l’échange et l’apprentissage permanent avec les collègues mais aussi avec la clientèle qui apporte ses idées et son univers. A nous de le développer.

Avez-vous un tatouage que vous préférez parmi les nombreux que vous possédez ?

Seven : Une crevette sur les côtes par Sacha Madewithlove

Hanabi : Mon intégral dos réalisé par Alexander Reinke-Holyfoxtattoos

Morback : Dur à dire car j’en ai plusieurs : mon dos polynésien réalisé par Niku Tatau ; un lettering et un portrait du « Parrain » et de mon chat par Jon Ultimat Art Tattoo, un soleil réalisé par ma filleule de 2 ans et demi (à l’époque où elle l’a fait).

Ont-ils une symbolique particulière pour vous ?

Seven : Oui, elle représente une personne qui m’est chère.

Hanabi : Un « cheval tortue », sujet presque oublié et peu exécuté, de l’eau, élément pour lequel j’ai une affection particulière ainsi que des feuilles d’érable pour le temps qui passe.

Morback : Mon dos polynésien pour ses nombreuses symboliques et sa finesse d’exécution, le lettrage avec le nom de ma filleule chérie « Alix » et le portait du « Parrain » (Don Corleone) et de mon chat pour la « protéger », et enfin différents symboles pour honorer la mémoire de mon père et de mes amis disparus ; mais aussi certains pour ma sœur, ma mère et ma copine qui me soutiennent au quotidien, réalisés par différents tatoueurs.

C’est quoi votre premier tatouage ? Quel souvenir en gardez-vous ?

Seven : Un tribal dans le dos, une belle erreur…

Hanabi : Une calligraphie arabe d’Assan Massoudy, le feu, sur l’épaule, pas de souvenir particulier .

Morback : Un dessin en pointillisme réalisé par mon père (et tatoué par Freddy Tattoo) fin des années 70 représentant en partie « Le mur de Berlin » (et un visage imbriqué dedans) qui l’avait particulièrement marqué et moi aussi petit ayant toujours vu ce dessin chez moi .

D’où vient le nom de votre shop ?

Il s’agit d’un hommage à un ami proche commun décédé récemment et beaucoup trop jeune dont le surnom était Byzon.

Que pensez-vous du développement des salons de tatouage sur le dunkerquois ?

Seven : Le développement du tattoo ne me dérange pas, mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.

Hanabi : Cette multiplication semble normale suite à l’industrialisation récente des équipements, consommables et machines qui permettent en quelques clics de commencer à pratiquer. Le problème se pose principalement quand monsieur tout le monde peut se mettre à son compte du jour au lendemain en étant juste titulaire d’une formation hygiène, cela en devient absurde quand ce dernier n’a aucune formation par un maître d’apprentissage vis-à-vis de la profession et de ses contraintes, de l’accueil, de l’éthique, de sa culture, du savoir-faire et être, pour finalement tourner pathétique lorsque l’argent est le moteur et non la passion et l’envie de se dépasser .

Morback : Idem que mes collègues pour faire court. (rires)

Cela influence-t-il votre manière de travailler ?

Seven : non.

Hanabi : De façon positive oui, cela permet de se remettre régulièrement en question sur les points précédemment évoqués pour faire en sorte de tirer les choses vers le haut et non l’inverse.

Morback : Pas spécialement !

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur votre métier ?

Seven : Problèmes d’odeurs parfois quand on tatoue certaines zones…

Hanabi : Un peu trop, le mieux est de venir nous rencontrer.

Morback : Je suis abonné aux clients parfois « particuliers » si on peut dire, dans le sens où j’aime beaucoup échanger avec mes clients, et je tombe régulièrement sur des « farfelus »… En tout cas dans ce qu’ils me racontent.

Vous arrivent-ils de refuser des projets ?

Seven : Oui !

Hanabi : Bien entendu, un boulanger ne vend pas d’outillage de jardin c’est le même principe pour un tattoo. Dans ce cas-là, la personne est réorientée soit vers un des intervenants du shop, soit vers un professionnel dont le style graphique et la technique correspondront à ses attentes. Et évidemment tout ce qui incite à la haine, au racisme, à l’homophobie est exclu mais cela me paraît une évidence !

Morback : Oui bien sûr, en bref comme Cap’tain .

Est-ce qu’on peut vous retrouver prochainement sur une convention de tattoo ou en guest dans un salon ?

Après la convention de Lille Grand Palais en janvier dernier, vous nous retrouverez à la Convention de Tattoo de Colmar du 29 avril au 1er mai 2017, ensuite chacun d’entre nous part régulièrement en guest et en convention un peu partout en France (cette année : Rouen, Sélestat, Lyon, Toulouse, Danemark, Suisse, Liège , Spa, Bruxelles, etc …) le reste est mis à jour de façon régulière sur la page facebook du shop et sur nos pages personnels.

Je vous laisse le mot de la fin :

Merci à nos clients sans qui rien ne serait possible, à nos guests pour les échanges enrichissants et les fous rires et à nos proches pour nous supporter au quotidien !


Bloody Byzon Tattoo Family – 21, rue Albert 1er – 59140 Dunkerque

Bbtf59140@gmail.com

Page fb : https://www.facebook.com/bbtf59/

Ouvert du mardi au vendredi de 14h à 18h et le samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h.

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