EVIL INVADERS

FEED ME VIOLENCE

Speed/Thrash

Napalm Records

4/5


On le sait, les formations de Thrash « revival » ont la cote en ce moment. Il suffit de voir toute cette flopée de formations tout droit sorties de nulle part pour s’en rendre compte : Crisix, Angelus Apatrida, Warbringer, Suicidal Angels, Toxic Holocaust, Lost Society… Tous ces groupes font désormais partie intégrante du paysage musical. La Belgique tient désormais son propre groupe issu de cette mouvance : Evil Invaders. Alors, après le discret Pulses Of Pleasure, les Belges décident de frapper un grand coup avec Feed Me Violence dont la sortie est prévue fin septembre via Napalm Records.

Tous les groupes précités proposent leur propre vision du Thrash, en exposant leur propre patte à eux, et y compris Evil Invaders. Les Evil Invaders mettent fièrement en exergue ce qu’ils ont acquis du Heavy Metal traditionnel, ils l’assaisonnent façon « Speed Heavy/Thrash Metal » pour faire le plus grand effet sur la masse. « As Life Slowly Fades » et ses rythmiques (pendant le solo « sweepé » situé en fin de morceau) vont dans ce sens et font pleinement penser à « Phantom Of The Opera » d’Iron Maiden, de même que l’introduction du mélodieux « Oblivion ».

Feed Me Violence s’inscrit donc dans la lignée de son aîné. Riff après riff, Jöe (guitare, chant) a fait en sorte de composer des morceaux basés sur l’instinct. C’est donc sans réelle surprise que nous nous retrouvons une nouvelle fois avec des titres, très crus (très bien produits néanmoins), bourrés de guitares criardes (« Mental Penitentiary »), dont l’intérêt principal réside sur leur esprit live. Les guitar-addicts et tous ceux qui se sont épris des floyd-roses en prendront donc pour leur grade. Ça siffle dans tous les sens (peut-être un peu trop d’ailleurs), ça tape les cordes et ça joue à « deux cents à l’heure ». Il n’y a qu’à écouter le fougueux « Feed Me Violence » pour s’en rendre compte… Ce dernier promet de belles animations dans le pit !

Feed Me Violence dégage également une atmosphère particulière, s’inscrivant ainsi dans la logique de la pochette insalubre qui illustre ces nouvelles tranches, et ce jusqu’au final sinistre de « Among The Depths Of Sanity ». Nous prendrons pour exemples les deux instrumentaux « Suspended Reanimation » et « Shades Of Solitude ». Ils rythment l’album, permettent à l’auditeur de reprendre son souffle et introduisent comme il se doit les morceaux auxquels ils sont associés (« Broken Dreams In Isolation » et « Anger Within »). Par conséquent, Feed Me Violence, en plus d’être un album principalement composé pour mettre des tartes en live, s’avère plus ingénieux qu’il n’en a l’air.

Un dernier mot en ce qui concerne les cris de Jöe. Peut-être pas accessibles aux yeux de tous, ils s’avèrent toutefois assez expressifs pour qu’on s’y attarde. Ce dernier exploite toutes ses capacités vocales, allant dans les aigus comme (et quand) bon lui semble. Certes, cela en rebutera plus d’un, mais son chant a le mérite d’être vrai et ne bénéficie d’aucunes quelconques retouches. Ça passe ou ça casse, néanmoins.

Feed Me Violence est peut-être l’album de la maturité pour les Evil Invaders, celui qui leur garantira (peut-être) un avenir radieux. Néanmoins, si le mets demeure consistant, peut-être que les non-initiés (ou les trop-avertis) ne s’y retrouveront pas. Car ce genre d’albums est destiné à un type de public qui n’attend peut-être pas (voire surtout pas) un quelconque renouvellement du genre. Seule une musique jouée avec les tripes l’intéresse. Je parle de ceux qui seront au rendez-vous demain à l’Alcatraz et le week-end prochain au Motocultor Festival pour headbanguer et crowdsurfer.

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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