AKERCOCKE

RENAISSANCE IN EXTREMIS

Blackened Death Metal Progressif

Peaceville

4,5/5


Tout juste une décennie après leur précédent opus, Antichrist, et alors qu’ils ont été « bien cool » il y a quelques jours aux Metaldays selon Mr Meuriche, les Britanniques d’Akercocke reviennent avec un nouveau méfait, Renaissance In Extremis. Sombre, crade et envoûtant, ce sixième album, même s’il ne s’affirmera pas comme la pierre angulaire de la discographie du groupe, est assurément une de ces briques les plus abouties. Tandis qu’un maçon digne de ce nom exhiberait sa lune pour montrer qu’il travaille, Akercocke préfère assombrir la sienne avec un son froid mais appelant à la transe. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, les deux lunes cassent ou dressent des murs assez impressionnants au grès de leur création. Du coup, pour rester dans le registre des métiers de l’artisanat, comme le dirait un célèbre plombier moustachu s’amusant à casser des briquettes avec sa tête : « Here we go ! ».

C’est donc après un hiatus studio de dix ans et un split de quatre ans que le groupe de « Blackened Death Metal Progressif » londonien refait son apparition avec ce tonitruant Renaissance In Extremis. Ajoutons à cela, que cette réunion et reformation, presque fortuite s’est décidée en quelques jours, et Renaissance In Extremis porte parfaitement bien son nom. Trêve d’analyse philosophico-littéraire-machin-truc du titre de ce sixième opus, passons directement aux sonorités de ce premier album post-retour d’Akercocke. Musicalement parlant, Akercocke exhibe fièrement cette base technique et éminemment Death Metal qu’est la sienne et qui a fait la renommée du quartet. Il en va donc d’un grunt presque asphyxié accompagnant un instrumental variable et imprévisible dans ses changements d’orientations et variations d’ambiances (« Disappear », « First To Leave The Funeral »). Parties « extrêmes » rapidement rattrapées par des passages plus légers et mystiques supplantés par des parties claires durant lesquelles les tons cleans de Jason Mendonça appellent, certainement plus que jamais, au voyage spirituel et à la transcendance (« Familiar Ghosts », « Unbound By Sin », « A Particularly Cold Sept »). Presque lyrique, le chant clair ainsi que son intonation sont, ne le cachons pas, ce qui démarque vraiment Akercocke du simple groupe de Death technique. C’est donc ce sens Prog’ des compositions qui séduit le plus et qui continuera longtemps à séduire avec ce Renaissance In Extremis. D’ailleurs, quantitativement parlant, le Progressif et le créatif semblent ici prendre le dessus sur le Death et la violence, ce qui n’est pas une mauvaise chose (« A Final Glance Back Before Departing », « Inner Sanctum »). Pour le reste, si l’ensemble sonne fluide et que le travail studio y est certainement pour quelque chose, Renaissance In Extremis est bien ficelé et très agréable d’écoute. De plus, les compositions se révèlent assez longues, à l’instar du titre introductif dépassant les sept minutes, ce qui permet à l’oreille de plonger intégralement dans l’univers et ainsi de contempler la création d’Akercocke de l’intérieur. Bref, comme le quatuor nous y avait habitués avant sa pause, Akercocke réitère ici l’alchimie entre ses parties agressives et ses parties beaucoup plus créatives et expérimentales dans ce disque où les essais vocaux ont tendance à se faire légion (« Insentience »).

Pour le coup, Renaissance In Extremis sonne vraiment la renaissance d’Akercocke. Sur le côté « in extremis » désormais, Akercocke s’affirme toujours dans le côté obscur de la force et extrême de la scène Metal. Alors pas de panique à l’horizon, même si Renaissance In Extremis ne renferme pas de grand secret, il a le mérite et l’honneur d’annoncer dignement le retour définitif d’Akercocke. Un bien bel album !

A propos de l'auteur

Chargé des Relations Presse, manager, tourneur et baby-sitter rock'n'roll pour groupes un peu trop paumés ✠ Egalement rédacteur pour Illico! et French-Metal (chez la concurrence quoi !).

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