Peu de jeunes groupes peuvent se vanter d’avoir signé sur un des plus grands labels de musiques extrêmes au début de leur carrière. Et pourtant, Implore, du haut de ses quatre ans, a réussi l’impossible en signant sur Century Media au bout du deuxième album. Subjugate, le nouveau brûlot du groupe de Death/Grind, sortira le 22 septembre prochain. Mais avant cela, nous voulions nous entretenir avec le porte-parole du groupe, j’ai nommé Gabriel.

Propos de Gabriel (chant, basse) recueillis par Axl Meu le mardi 15 août 2017


Salut ! Implore est encore un groupe assez récent… Il a vu le jour en 2013 ! 

Hello ! Oui, pour être plus précis, le groupe a commencé à se produire et à composer des morceaux en 2014… C’est cette année que nous avons donné chair au groupe et que nous avons commencé à nous produire un peu partout !

Quatre année plus tard, vous avez déjà deux EP et deux LP à votre actif… On peut dire que vous ne restez pas inactifs ! 

On a également sorti un split avec ACxDC ! Sinon, oui, nous avons comme projet de rester actifs, de ne pas nous reposer sur nos lauriers. Nous espérons pouvoir sortir un album tous les ans. Depuis que le groupe s’est formé, il a pris l’habitude d’écrire de manière assez régulière et de sortir ses réalisations chez un label différent. Pour notre premier album, Depopulation, nous étions chez Pelagic Records, pour Black Knell, chez Power It Up… pour Thanatos, nous étions chez Wooaaargh, et pour ce nouvel album, Century Media !

Oui ! Subjugate va sortir via Century Media, et pourtant, vous êtes toujours en contrat avec Pelagic Records… Quelle tête ont-ils fait quand vous leur avez annoncé que vous alliez partir chez eux ? 

C’est Century Media qui nous a approchés après que nous nous soyons produits au Party San Open Air en 2016. Nous avons reçu un coup de fil d’un des mecs qui s’occupe du label. Il nous a expliqué qu’il voulait nous voir pour discuter. Une fois en sa compagnie, il nous a proposé un contrat. Je me suis quand même posé pas mal de questions… Je ne savais pas si ça allait le faire. Nous avions un contrat à honorer avec Pelagic Records. Nous devions encore sortir deux albums avec ce label, et nous ne voulions pas semer le trouble avec Robin, le patron de Pelagic Records. Il a quand même contribué à sa façon à l’évolution du groupe. Néanmoins, il nous a toutefois laissés partir chez Century Media à condition que nos deux prochains albums bénéficient d’une sortie via Pelagic Records en format vinyle en édition limitée. C’est cool ! Je collectionne les vinyles, et je suis ravi de savoir que mon album sorte en édition vinyle coloré limitée ! Tout le monde y gagne pour finir !

Century Media est le label de grosses pointures comme Arch Enemy, Iced Earth et j’en passe. Vous êtes encore très jeunes, je n’imagine pas votre tête quand on vous a proposé de signer chez eux. Tu t’attendais à ça ? 

Non, vraiment pas. Jamais je n’aurais imaginé que mon groupe signerait sur un des plus gros labels de musiques extrêmes. Nous avons juste fait les choses comme bon nous semblait, tout simplement car nous devions le faire. Nous n’avons pas enregistré ni envoyé nos disques dans l’optique de nous faire signer. Au final, c’est eux qui nous ont contactés ! Génial ! Ils étaient également ravis que nous acceptions de les rejoindre…

J’imagine que vous vous êtes mis une sacrée pression quand vous avez composé et enregistré l’album. Il fallait à tout prix ne pas décevoir votre nouveau label…

Non, nous sommes restés nous-mêmes. Petro (guitare) est le compositeur principal du groupe. Nous nous sommes tous donné des pistes de riffs… Même Markus, même s’il n’a rien enregistré, il s’est tout de même bien investi ! Subjugate reflète bien les influences de chacun des membres. Je pense que c’est pour cette raison que nous pouvons dire qu’il est différent de Depopulation. Ceci dit, nous avons quand même ressenti une certaine pression dans le sens où rien n’était encore prêt quand nous avons réservé le studio. Rien n’était composé ! Du coup, il y a eu des moments de tension… Nous nous sommes disputés. On était quand même conscient que notre album allait être distribué dans le monde entier en quelques milliers d’exemplaires. Nous devions montrer que nous la méritions cette signature ! On va devoir défendre Subjugate pendant deux ans, sur la route. Aussi est-il normal que nous ayons donné le meilleur de nous-mêmes. La prochaine fois, nous enregistrerons quelques démos avant d’entrer en studio ! (rires)

Tu parlais d’un nouveau guitariste tout à l’heure. C’est Markus ! À l’époque, vous n’étiez qu’à trois, maintenant, vous êtes quatre. Ça a dû changer pas mal de choses au sein de l’équipe, non ? 

En 2015, nous avions fait la deuxième tournée promotionnelle de Depopulation avec un guitariste additionnel. Nous étions très satisfaits de cette option ! Le groupe circulait plus sur scène… Tu sais, je suis bassiste et chanteur à la fois, je suis quand même très limité dans mes mouvements… Quand Daniel est parti, nous avons rencontré Markus. Nous savions déjà qu’il ferait l’affaire… C’était la pièce manquante du puzzle. Il en voulait, nous aussi. Nous avons saisi cette chance, et nous sommes très heureux ainsi. (pause) Oh, il vient de m’envoyer un cœur, je t’aime aussi mon pote ! (Gabriel s’adresse à Markus qui est dans la pièce) (sourire téléphonique).

Il me semble que c’est aussi votre premier album avec Guido à la batterie ! Qu’a-t-il apporté à Subjugate ? 

Ce n’est pas un batteur de Metal extrême,  il n’a pas l’habitude de jouer du Grindcore. Du coup, il a donné plus de perspectives, et de reliefs aux morceaux. Souvent, il nous surprenait en composant des parties auxquelles on n’aurait jamais pensé ! Elles sont bien plus variées. Quand tu aurais pu attendre du « blastbeat », tu as quelque chose d’autre à la place. Dans un sens, il empêche la routine et cette fameuse impression de « déjà-vu ». Le projet était d’étendre le champ de nos possibilités, en donnant plus de ‘’twist’’ à nos morceaux. Je sais que Subjugate ne dure que 29 minutes, mais pour un groupe de Death Grind comme nous, c’est beaucoup ! Tous les morceaux vont de 50 secondes à trois minutes. C’est intéressant, chaque morceau propose un univers différent et développe un sens particulier.

Pour le clip promotionnel, vous avez décidé de mettre en avant « Loathe ». Il ne dure qu’une minute…  

Quand nous avons écouté l’album, nous en sommes venus au fait que l’album était dynamique et qu’il fallait qu’on réalise un clip sur un morceau qui s’inscrit dans cette logique. Nous voulions également surprendre nos fans en enregistrant un clip d’un morceau très court.

Qui est le gars qui joue dans le clip ? 

C’est un copain. Je suis tatoueur, je travaille dans un salon quand je ne suis pas en tournée. C’est le patron du shop dans lequel je bosse qui joue dedans. Au départ, c’était un autre de mes proches qui devait jouer, mais il s’est cassé la figure en faisant du skate. Il ne pouvait plus marcher du coup. J’ai demandé à mon boss, qui est également fan de musiques extrêmes, il a accepté, et nous avons tourné ça chez moi ! En deux heures de temps, c’était dans la boîte…

J’imagine que le tournage n’a pas dû vous coûter si cher que cela en fin de compte… 

Là, je dois t’arrêter ! Le clip est bien fait, et si je peux me permettre, tu paies toujours si tu veux que la qualité soit au rendez-vous. Les bonnes choses ne sont jamais gratuites. J’aime quand les choses sont bien faites !

Un titre a retenu mon attention, c’est « Boundary ». Le riff principal est particulièrement lourd… Après, tout va plus vite ! Est-ce que tu peux revenir sur la conception de cet titre ? 

Nous n’avons pas pris énormément de temps pour le composer. C’est un titre qui ne dépasse pas les 50 secondes. Au départ, le titre avait pour nom « Fuck You And Die » car il me rappelait le groupe d’un pote qui portait le même nom ! On l’a retravaillé par la suite. Je me suis aussi chargé des paroles… Il me semble que ce sont les premières que j’ai écrites pour l’album. Ce morceau traite de sujets actuels comme l’immigration et toutes ces politiques nauséabondes la concernant. Quand nous sommes allés en Angleterre afin d’y effectuer une tournée, nous sommes passés par Calais et ça nous a perturbés ! L’ambiance était tellement froide, un peu comme dans le roman de George Orwell, 1984. C’était très froid ! Je suis immigré, je viens d’Argentine, je sais ce que ça fait de devoir régulariser ses papiers régulièrement. C’est toujours très dégradant.

En parlant tournée, vous allez bientôt vous produire à Paris, à la Boule Noire en compagnie de Vallenfyre, le 13 septembre prochain. Que retenez-vous de votre dernier concept à Paris…

Il n’y avait pas trop de monde… C’est la galère pour circuler. Je ne garde pas trop un bon souvenir de ce concert !

Vous avez visité quelques pays cet été ? 

Nous avons joué chez nous en Allemagne pour commencer, puis nous sommes allés en Slovénie pour nous produire dans le cadre des MetalDays !

Qu’avez-vous pensé de ce festival ? 

Nous nous sommes produits le tout denier jour, le vendredi ! Les fans étaient tous claqués ! C’est un festival de cinq jours, tu dois lutter contre tes gueules de bois et contre les intempéries. C’était donc difficile d’encourager le public à se rentrer dans le lard. Mais nous en gardons un super souvenir, nous avons été accueillis comme des rois. Quelques jours plus tard, nous sommes allés nous produire au Vagos Metal Fest au Portugal. Nous nous y sommes produits le samedi à 16 heures. Nous étions les premiers, mais le public était au rendez-vous. Il y avait une sacrée ambiance, et quelques fans connaissaient les titres ! C’était cool !

Vous jouez du Death/Grind. Mais vos sujets sont quand même plus sérieux. J’aimerais savoir ce que vous pensez de tous ces groupes de Grind à la « pipi/caca ».

Je n’écoute pas trop de Goregrind, mais je m’entends bien avec les types de Rectal Smegma. On s’est rencontrés, ils sont super cool. Je connais Gutalax pour les avoir vus en live à l’Obscene Extreme en 2014. Je ne les connais pas personnellement, mais il retourne la fosse partout où ils vont. Gutalax est un groupe à aller voir en live !

Quels sont les futurs projets du groupe ? 

Nous allons tout d’abord tourner avec Vallenfyre, puis nous retournerons en tournée avec un autre groupe. Après nous partirons défendre nos couleurs au Japon dans le cadre d’une tournée de six dates ! Nous visiterons quelques autres pays asiatiques par la suite.


Implore, c’est : 
Gabriel : Basse/Chant
Petro : Guitare
Markus : Guitare/Chant
Guido : Batterie
Discographie : 
Phos Zoe (EP) (2012)
Black Knell (EP) (2014)
Depopulation (2015)
European Tour (Split) (2016)
Thanatos (EP) (2016)

A propos de l'auteur

Axl

Fondateur et rédacteur en chef de Sounds Like Hell Fanzine ✠ Également rédacteur chez Metallian et Metal Cunt.

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