METALLICA

ACCORHOTEL ARENA 

PARIS

Le 10/09/17


Parfois, on lit les « post » sur les réseaux sociaux. On est noyé par ces fameux commentaires qui débattent encore et toujours sur le tarifs toujours plus excessifs imposés par les gros tourneurs, vous savez ceux qui font jouer nos groupes fétiches. Parfois, ces individus ne comprennent pas la raison pour laquelle un simple fan lambda est capable de trouer son porte-feuille pour vivre un instant mémorable. C’est trop cher ! Certains parleront d’une arnaque, les autres, de passion et de dévouement.

Un large débat, soit. Pourquoi ne nous ferions-nous pas plaisir, nous, les fans ? Pourquoi n’investirions-nous pas dans un concert pour voir nos idoles ? Metallica était donc en ville (à Paris) les 8 et 10 septembre dernier, et à Lyon quelques jours après ces deux dates. Autant dire que l’euphorie était de mise et que les places ont trouvé vite « preneur ». Bizarre. C’était pourtant si cher. N’en déplaise aux auteurs de ces vieux débats poussifs.

En tant que média dévoué à sa cause, la rédaction d’Heretik Magazine a dû s’organiser pour couvrir l’ensemble des événements ayant lieu ce même week-end. Comprenez par là que le Fall Of Summer et le Raismes Fest n’ont pas été laissés-pour compte. Pour ce qui est de cet article, il traitera du concert qu’ont donné les Metallica le 10 septembre dernier. Il y a déjà une semaine.

C’est donc presque un an après la publication de l’inégal Hardwired… To Self-Destruct (car les avis divergent toujours quand on parle de Metallica), que James Hetfield & Co partent à l’aventure pour défendre leur nouveau méfait. Pour ce faire, ils ont sollicité Kverlertak pour assurer l’ouverture. Un vrai coup de projecteur pour un groupe qui le mérite amplement.

Pourtant, ce fut une entrée en matière des plus délicates pour Kverlertak, qui souffre malheureusement d’un son plus qu’aléatoire pour cette deuxième date. Le batteur rejoint la scène en béquilles et est vite rejoint par ses acolytes, notamment le chanteur, Erlend Hjelvik, une tête de hibou vissée sur le crâne. Ça joue bien, et les musiciens donnent le meilleur d’eux-mêmes et exposent un musique expérimentale alliant tout ce qui se fait de mieux en termes de Metal. Malgré ce son de façade très brouillon, on y a quand même apprécié l’interprétation de titres très typés Black dont les refrains et structures sont, pourtant, malgré le style, dignes des hits du Glam Metal (sans le spandex et la perruque qui vont avec). Bref, malgré une entrée en matière intéressante, l’ensemble de la salle se lasse très vite et prend son mal en patience pendant les 30 minutes d’entracte qui nous sont accordées.

La salle se bonde, et les retardataires comblent les quelques sièges libres. C’est complet. On pouvait lire un article sur les réseaux sociaux remettant en question le simple fait que Metallica puisse encore assurer un Bercy. En tout cas, tout semble bien parti. Que très peu d’espace sépare les fans, et « Ecstasy Of Gold » et les images du film Le Bon, La Brute et Le Truand défilent. C’est parti.

Eclipse temporelle – 2H30 de show – Et un album défendu comme il se doit. Six titres, rien que ça, rythment la première (grosse) partie du concert, à commencer par « Hardwired », « Atlas, Rise !», en passant par l’exclusivité du concert, le groovy « ManUNkind ». Les animations défilent, et d’énormes cubes recouvrent l’espace visuel de la salle. De la simple animation, en passant par un interlude à la boîte à rythme pendant « Now That We Die » jusqu’aux drones sur « Moth Into Flame »… On comprend vite que Metallica a décidé d’accès son show sur un spectacle total, mobilisant non seulement l’ouïe, mais également la vue.

Néanmoins, quelques pétouilles ruinent l’interprétation de ces nouveaux morceaux, pas encore totalement assimilés (« ManUNkind »). L’accueil que les fans réservent à ces morceaux est digne de ce nom… Pourtant, les retardataires, ceux qui ne se sont pas procuré l’album, boudent le fait que l’on accorde tant d’espace à un album qui n’a pas forcément fait l’unanimité… On veut des classiques !

Ils n’ont pas été oubliés. Et heureusement. « Seek And Destroy », « Sad But True », « Through The Never » (joué pour la première fois en quatre ans…), « Fade To Black », « Fuel » (tout feu, tout flamme !) et « Master Of Puppets » se serrent la poigne en consolidant une setlist qui était déjà bien explosive deux jours avant. Laquelle était la meilleure ? On est encore sur un vaste débat, qui ne mérite pas tant d’attention que cela en fin de compte. Bref, tout n’est question que de goût pour finir.

Tout le monde n’a d’yeux que pour James Hetfield… Le frontman de cinquante-quatre ans assure ses parties vocales. En fait, c’est vraiment lui la star de la soirée. Il fait un sans fautes et fait preuve d’un charisme dantesque, sa voix se bonifiant avec le temps. De plus, il harangue la foule, parle de sa « Metallica Family » et du rapport qu’il entretient avec la Capitale. Il va même à la rencontre d’un jeune fan qui aurait vu Metallica sept fois (selon ses dires), alors qu’il n’a que dix ans (pas mal…) et lui dédie « Sad But True ».

Lars Ulrich reste fidèle à lui-même. Il revisite ses parties de batterie, notamment sur « Seek And Destroy » (que de contre-temps…), frappe ses fûts comme jamais à un tel point que la peau de sa caisse claire finit par se briser en cours de route. Le batteur, véritablement pris par l’engouement de ses fans, se lève à plusieurs reprises pour les mettre dans un état de frénésie lors qu’il feint de donner ses baguettes.

Et pendant que sa batterie amovible se refait une beauté, on laisse Kirk Hammet et Rob Trujillo  interpréter quelques plans de « Eye Of The Beholder », vite suivis d’un clin d’œil « à la française » « Aux Champs Elysées » de Joe Dassin, reprise pas tellement assimilée par toute la foule. En fait, le moment a visiblement été improvisé et a été très mal interprété pour le coup. Une bavure facilement oubliée pendant le solo de basse de Robert Trujillo et ce « (Anesthasia) Pulling Teeth » où il était possible de voir des images de Cliff Burton défiler. Le temps fort de cette soirée.

Quelques surprises en amont (l’interprétation de « Helpless » de Diamond Head en fut une par exemple) mais aussi quelques déceptions pour résumer ce concert… La bande introductive en arpège de « Fight Fire With Fire » défile, et suscite l’émoi qui retombe par la suite. Le riffing n’est pas toujours dans les temps, mais le cinquantenaire ne peut s’empêcher de repenser à l’époque où il faisait tourner son LP Ride The Lightning. Que de nostalgie. « Nothing Else Matters » leur remet en mémoire ce flirt du premier soir et « Enter Sandman » tue toutes ces fausses illusions idylliques.

Après ce concert marathon (2H30 !), les Americains saluent, jettent de nombreux médiators dans la foule, et se chargent de remercier un par un leur public, à qui ils ont donné rendez-vous dans un avenir proche. Qui sait ? Peut-être les verrons-nous l’année prochaine dans le cadre du Download Festival Paris ?

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Justine

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