Groupe emblématique et incontournable de la scène Hardcore hexagonale et bien au-delà, Primal Age exerce son art depuis déjà plus de vingt ans. De A Light To Purify à The Gearwheels Of Time, les cinq d’Evreux ont peaufiné un HxC au son reconnaissable tant les décibels s’imprègnent dans l’âme, le sang et la sueur. Courant 2017, Primal Age annonçait son grand retour avec un nouvel EP, A Silent Wound. Les mauvaises langues diront qu’avec lui papy a lâché la résistance pour faire du Hardcore, mais nous nous contenterons dire qu’avec lui, Primal Age est de retour et tes dents vont y passer. Dans tous les cas, il était hors de question pour Heretik de passer à côté de cette occasion et de rater une interview avec ces vétérans iconiques. Bref, Dimitri (aka XDimitriX) et sa basse nous en disent plus sur tout cela…

Propos de XDimitriX recueillis par Romain Richez.


Pour commencer, Primal Age est de retour aux affaires, notamment avec un passage au Festival Des Arts Bourrins il y a peu. Comment Primal Age a-t-il appréhendé son retour sur les planches ?

Toujours avec beaucoup d’enthousiasme ! En plus, revenir avec, entre autres, cette date au Festival Des Arts Bourrins, c’est vraiment top. Le Festival Des Arts Bourrins est un très bon fest de notre région qui s’était arrêté pendant deux à trois ans. Ils ont une très bonne équipe pro, sérieuse etc. Donc nous sommes toujours ravis d’y jouer !

Enchaînons directement avec la question « gros boulard » du jour : Que répondre à ceux qui pensent que Primal Age doit encore se présenter et faire ses preuves ?

Haha ! Je pense que le CV est assez parlant et bien rempli, donc si après ving-trois ans d’existence, plus de 500 dates dans douze pays et sur trois continents, il faut encore faire ses preuves, il doit y avoir un paquet de groupes dans ce cas, non ? (Rires) Plus sérieusement, franchement on s’en fout, on trace notre route sans chercher à plaire à tous.

Vous êtes là depuis plus de vingt ans. En vingt ans, le son de Primal Age a changé certes, mais en va-t-il de même de la vision que vous portez sur le Hardcore ?

Oui certainement ! En toute franchise, malheureusement, on ne se retrouve pas forcément dans la scène Hardcore actuelle. D’ailleurs, on joue plus souvent sur des plateaux Metal… Quoi qu’il en soit, le Hardcore de nos débuts c’était Sick Of It All, Madball, Agnostic Front, Bad Brains, Cro Mags, Youth Of Today etc. Puis est arrivée toute une nouvelle vague de groupes dans le sillage de Biohazard ! Plus récemment, l’effet a été le même avec des formations comme Converge, Everytime I Die ou encore Nasty. Donc, plusieurs générations se sont succédées, chacune « chassant » un peu la précédente avec un style assez différent. Ce qui fait que finalement aujourd’hui, nous ne nous reconnaissons plus trop dans la génération actuelle et que nous préférons réécouter nos classiques…

Peu après la question « gros boulard », la question « bateau ». Parmi les albums de Primal Age, lequel est le plus important à tes yeux ?

On est assez d’accord pour dire que The Gearwheels of Time est l’album le plus abouti de Primal Age ! A l’époque, nous avions eu pas mal de temps pour le composer avec l’idée d’apporter de la variété et du relief à cet album. En quelque sorte, les titres ont vraiment eu le temps de mûrir et d’être ajustés. En plus, c’était une période très propice pour Primal Age, notamment avec une bonne cohésion de groupe et de superbes sessions studio. The Gearwheels Of Time reste un très beau souvenir ! D’ailleurs, c’est un skeud sur lequel nous ne changerons absolument rien. The Gerwheels Of Time est vraiment parfait pour nous.

Venons-en aux actualités de Primal Age. Un nouvel EP, A Silent Wound, est sorti il y a quelques mois, matérialisant ainsi le retour de Primal Age. Le choix d’un EP était-il une volonté d’entamer un retour « en douceur » ?

C’est sans doute un peu ça, mais c’était surtout pour nous une façon de mener à bien ce projet. Si tu veux, dans la mesure où de nouveaux gratteux sont venus remplacer Johann, qui a dû stopper l’aventure après dix ans à nos côtés, il fallait en quelque sorte que la mayonnaise prenne entre nous. En cela, l’EP était le format parfait pour nous évaluer et faire patienter nos fans !

D’ailleurs, « douceur », pas tellement si on s’attarde sur le son bien Hardcore de ce nouvel EP…

Ouais, c’est du brutal en effet ! Ceux qui pensent que les papys du Hardcore vont se ramollir avec les années peuvent patienter encore… (Rires) Nous sommes très fiers de cet EP. A notre sens, il nous permet de réaliser un comeback vers les 90’s tout en ayant une touche d’évolution. Comme quoi, l’évolution est encore possible aujourd’hui…

Quoi qu’il en soit, cet EP est avant tout un hommage à Jeff Hanneman et Mika Bleu. Que reflétaient ces derniers pour Primal Age ?

Comme toutes les personnes que l’on apprécie, leur départ est toujours trop tôt et laisse un vide… Forcément ces deux disparitions laissent des traces sur des plans différents. Jeff Hanneman est un personnage mythique du Metal, une icône que beaucoup adulent et qui a apporté et laissé énormément à la musique et bien au-delà. Mika, quant à lui, reste une belle rencontre dans notre parcours, quelqu’un qui nous a soutenus. Nous étions justement logés chez lui pour enregistrer The Gearwheels Of Time dont je te parlais toute à l’heure. Et là, fatalement, le destin a voulu qu’il décède une semaine avant qu’on enregistre cet EP. Ironie du sort, nous devions le revoir à cette occasion… Mika était une personne hors normes, d’ailleurs le monde présent à son enterrement témoigne de ce qu’il représentait…

En parlant d’hommage, « To Jeff… » est un medley sauce Slayer. On ne retient donc de Slayer que la hargne, la vitesse et l’agressivité ?

Disons qu’on a mis tout ce que nous préférions de Slayer… (Rires) Et donc assez logiquement, « To Jeff… » est un titre assez rouleau compresseur en effet ! Mais après, on a quand même du limiter sa longueur, nous aurions pu facilement faire un titre de plus d’une vingtaine de minutes de tabassage !

A Silent Wound voit défiler pas mal d’invités, avec entre autres Julien de Benighted. Comment s’est déroulée la composition ?

Nous avons beaucoup de respect pour Julien et Benighted avec qui nous avons partagé quelques scènes sur des festivals notamment. Et nous ne le remercierons jamais assez d’avoir apporté sa contribution à cet EP. S’agissant de la compo’, je ne te cacherai pas que nous avons eu un gros coup de pouce d’un vieil ami du groupe, Sylvain (NDR : batteur de Seekers Of The Truth et ex-guitariste d’Absone). Il connaît par cœur notre parcours et a su apporter sa patte comme un « véritable » membre du groupe. Il est d’ailleurs venu jouer sur des remplacements en assurant notamment les tournées japonaise et brésilienne.

L’artwork d’A Silent Wound en fout vraiment plein la vue. Quelle a été sa recette magique ?

Encore une fois, nous avons bossé avec des potes qui connaissent bien le groupe et qui savent ce qui lui colle parfaitement. D’autant plus que nous attachons beaucoup d’importance au visuel concernant l’image du groupe… Quoi qu’il en soit, cet artwork a été réalisé par Greg qui a fait un excellent travail. Greg est graphiste freelance depuis 2006 – 2007 et a déjà plus d’une cinquantaine de référencement de groupes en France (dont Alea Jacta Est, Primal Age, Kause For Konflikt, Nothing From No One etc.), c’est pour dire son talent ! Il a également bossé pour le merch officiel 2017 du Hellfest, le Hellfest Cult, le Motocultor et j’en passe. Et pour continuer d’étaler son CV, il taffe aussi pour des marques de fringues (EMP, Exakt Skateboarding, PLG Skateboarding, Deus Lenker etc.) et a même monté sa marque propre marque Visual Injuries ! Alors c’est un passionné, un bon pote et un gars qui fait des artworks qui claquent !

Pour le mastering de A Silent Wound, Primal Age a vu grand puisque vous avez été dénicher un Ricain. Qu’attendiez-vous en confiant ainsi cette mission à « Zeuss » ?

A ton avis ?! Qu’il fasse péter le skeud comme il sait le faire, évidemment ! (Rires) Je peux te dire qu’il s’est montré très impliqué et professionnel dans son boulot. Il nous a vraiment encadrés et a respiré notre musique. Le master est une étape particulière et tellement importante qu’elle peut, à elle seule, tirer le meilleur de ton album comme le planter lamentablement.

A la vue de tout cela, personnellement, que retiens-tu de A Silent Wound ?

Que c’est la première pierre avec ce nouveau line-up de Primal Age et que les résultats sont allés au-delà de nos attentes avec des chroniques qui font chaud au cœur ! Les retours des médias nationaux et internationaux sont tous unanimes, c’est très valorisant et surtout encourageant pour poursuivre encore et toujours. D’ailleurs, comme tu le sais, ce retour média joue également beaucoup sur les demandes pour les concerts qui, de ce fait, affluent aussi. Donc je dirai que grâce à A Silent Wound, tous les voyants sont au vert pour Primal Age !

Pour continuer dans les voyants verts et parler futur, déjà une suite à cet EP dans les guitares ?

En effet, nous avons déjà de la matière prête pour l’album ! Nous prévoyons d’enregistrer courant 2018, alors dès les prochaines répètes, nous allons commencer à donner forme à tout cela. Ce qui me fait penser que 2018 sera une année relativement chargée pour Primal Age ! Entre la tournée pour A Silent Wound, l’album et le projet d’une tournée lointaine, on ne devrait pas chômer… (Rires)

Sur cette dernière question optimiste, le mot de la fin est pour toi…

Merci à toi pour ton intérêt et ton soutien à Primal Age ! De même, merci aux lecteurs et à tous ceux qui font vivre cette musique à leur manière !


Primal Age, c’est :
Benoit : Guitar
Florian : Guitar
Mehdi : Drums
XDimitriX : Bass & Vocals
XDidierX : Vocals

Pour contacter :
https://www.facebook.com/PRIMALAGE/


A propos de l'auteur

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Chargé des Relations Presse, manager, tourneur et baby-sitter rock'n'roll pour groupes un peu trop paumés ✠ Egalement rédacteur pour Illico! et French-Metal (chez la concurrence quoi !).

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