Les dates Grind se faisant de plus en plus rares dans les Hauts-De-France, on aurait tendance à sauter dessus sans trop être regardant quand l’une d’elles pointe enfin le bout du nez. Mais en ce vendredi 22 septembre au Red Studio de Douai, on peut dire que l’on nous a gâtés. Pour rendre hommage à Gary (Lardon) décédé dernièrement, ses amis ont décidé d’organiser un événement portant son nom… Conséquence, l’affiche est plus qu’alléchante. Il faut dire que tous les copains sont au rendez-vous. Allant du groupe local de qualité, jusqu’à la valeur sûre de la scène Grind française, de l’originalité et de l’humour, tout y était.

Alors que le public arrive au compte-goutte, les premières notes se font déjà entendre. L’horaire est respecté et c’est à 19h30 pétantes que les Essen Mein Scheisse, littéralement « Mange Mon Caca » en allemand, se présentent sur scène pour défendre leur Grindcore guilleret, bruitiste et minimaliste pour enfants sourds. Entre farces et bestialités, les locaux tiennent leur place. Avec des titres comme « Poil », et « Putain De Voisins », on peut se faire une idée des questions existentielles abordées par le groupe… Les quatre gais lurons naviguent donc entre des compositions Grind et Brutal et d’autres plus Punky et Catchy qui ne laissent pas le public déjà présent indifférent. Le tout est saupoudré de samplers plus comiques les uns que les autres. On entendra dans le public un : « ils sont improbables les mecs, mais ils sont bons ». Les amoureux de la métallurgie apprécieront le magnifique casque de soudeur customisé de Tanguy…

À peine le temps de se ravitailler et de discuter un peu que voilà les Scratch Bulb. Les Lillois mélangent les styles. Du Sludge au Grind en passant par le Doom et le Crossover, leurs influences sont multiples et ça se ressent sur scène. C’est lourd, parfois malsain et les musiciens n’hésitent pas à imbriquer les styles entre eux. Le public se fait un peu plus nombreux et semble déjà plus dans l’ambiance.  Malheureusement pour la première formation, 19h30 un vendredi semblait sans doute trop tôt pour un début de festival mais, comment voulez-vous faire autrement avec sept groupes à l’affiche ? En tout cas, Scratch Bulb a su détendre l’atmosphère et même faire monter un peu la sauce pour les groupes à venir. La prestation est appréciée. Encore une affaire à suivre.

Le flambeau de la soirée revient donc à Unsu. Les Lillois nous prouvent d’entrée de jeu qu’ils sont bien en forme. Leur Grindcore agressif, rapide et bien léché mette en haleine le public et le courant passe directement entre les deux. Micky harangue les premiers rangs et électrise le pit puis fait un petit tour du côté de la fosse pour réveiller les derniers endormis. Le son est propre et la prestation scénique est agréable. Unsu communique beaucoup avec le public, et ce n’est pas pour nous déplaire. Sans fioritures, le quatuor évite les détours et va directement à l’essentiel. Les compositions s’enchaînent, et quand la fin du set arrive, on en aurait bien encore réclamé un petit peu.

Après ces trois premiers groupes, la soirée s’annonce folle. Que dire de ceux qui arrivent sur scène ? Sublime Cadaveric Decomposition, rien que ça ! Que dire des Parisiens qui distillent leur Grind/Death depuis plus de 20 ans sur les scènes de France et de Navarre ? Avec six galettes et de nombreux concerts à leur actif, autant dire que l’on attend beaucoup de leur prestation. Le trio ne fera pas mentir sa réputation. On s’en prend directement plein la gueule et ça fait du bien. À vrai dire, on n’était pas inquiets. Les Sublime Cadaveric Decomposition sont des habitués des gros lives qui sentent la bestialité et la sueur… La présence de Seb le brailleur et le regard froid de Guillaume, le guitariste, en imposent. Derrière les fûts, Dagulard n’est pas en reste et envoie un jeu précis. Ça frappe fort. Comme pour le groupe précédent, la fin du set nous laissera la bave au coin de la bouche. Ce fût trop court.

Nous continuons donc la soirée avec l’OVNI Anal Geriatric Infection et son Psycho Electro Grind Gore. Fort de ses trois albums, il écume les dates en France, mais pas que. Le petit côté Electro peut déplaire, mais force est de constater qu’il a son truc. Le public est réceptif et les samples à caractère humoristique pleuvent de toute part. Le bonhomme a le sens de la scène. Les odes à la brutalité s’enchaînent et le set est cohérent et bien pensé.  Je dois quand même avouer que le show, certes de qualité, ne m’aura pas fait changer d’avis sur les projets Electro. J’ai un peu de mal avec le son trop froid et numérique mais ce n’est bien entendu qu’un avis personnel. Le public semble avoir apprécier et c’est bien compréhensible. Le charisme et le talent du soliste ne sont pas à dénigrer. En tout cas, je le conseillerais à tout fan du genre car Anal Geriatric Infection m’aura quand même arraché quelques sourires et quelques tapes du pied inattendues malgré mon côté réfractaire.

On ne présente plus les Pumonray Fibrosis. Ils distillent leur « Nasal Nauseous Vomit Liquid Goregrind » depuis 1998, et ils le font bien. Dès les premières notes, nous sommes plongés dans un univers malsain et violent. La respiration rauque du sample qui se fait entendre à chaque début et fin de morceau pose une ambiance oppressante et apocalyptique. Au chant, ça en impose. Derrière, on peut dire que ça joue également. Les rythmiques endiablées et les breaks inopinés s’enchaînent et déversent une brutalité sans nom. Le rouleau-compresseur est en marche et le public ne s’y trompe pas. Le temps imparti de leur set passe à vitesse « Grand V » et nous voilà déjà à la fin. Une prestation appréciée et remarquée en totale adéquation avec leur réputation qui n’est plus à faire.

Nous clôturons la soirée avec les trois déjantés d’Anal TV. Peut-être la meilleure des manières de mettre un terme à la soirée avec ce show mêlant humour graveleux et humour acidulé sur fond de Grind samplé de génériques TV et autres joyeusetés. Les tenues de scène, toutes plus décalées les unes que les autres, sont à la hauteur de leur légèreté scénique. C’est très « pipi/caca » dans l’âme, mais qu’est-ce qu’on se marre ! C’est parfois engagé, mais toujours à contre-courant ! Le groupe et son public ne font qu’un dans ce joyeux bordel. Il faut dire que c’est le seul groupe qui nourrit son public avec… du saucisson ! Mention spéciale au magnifique tutu saillant de Polo qui ne laisse personne indifférent. Pour conclure, on citera les Anal TV eux-mêmes : « Ché du brin ! Mais on aime ça, la merde ».

Au vu de l’affiche alléchante, on était en droit d’espérer se prendre des claques dans la gueule. Après la soirée, on compte les coups. Des prestations au top, une ambiance conviviale et joyeuse. Malgré l’arrivée tardive de la totalité du public, la salle était remplie et animée, et on y a passé un super moment. Les potes de Gary lui ont fait honneur… On les remercie, eux et le public, d’avoir participé à un joyeux merdier qu’il aurait certainement apprécié…

Crédit photos : Cédric « Slaytanic » Cambien

 

A propos de l'auteur

Kévin

(nin nin) - 1m80 pour 89kg de tendresse/ 35ans ✠ Bassiste chez LUDA, Confessions of D. et John Grizzly ✠ Régisseur/technicien pour la troupe "les femmes en marche" ✠ Rédacteur/chroniqueur chez Sounds Like Hell ✠ STYLES DE PRÉDILECTION : Black/Death/technical death/progressif/stoner/doom/trash

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2 Réponses

  1. GrindLee

    Salut, très bonne chronique pour une très bonne soirée.
    Pour infos et suite à des divergences personnelles, Dam n’est lus dans le groupe et c’est donc Micky qu a pris le relais au chant 😉
    Manu/UNSU

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    • Kévin
      Kévin

      Salut, merci pour la chronique effectivement ce fût uen bonne soirée.

      Merci d’avoir remonter l’info et désolé pour l’erreur. Ca vient d’être modifié.

      Cordialement

      Kévin Delattre

      Répondre

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