CATALYST
DAWN OF A DREADFUL FATE
Death Metal
Autoproduction
4.75/5


Si le livre humoristique le plus vendu de tous les temps annonce que non « tu ne tueras point », il a certainement oublié de mentionner que non « tu ne diras pas de la merde non plus ». Donc une fois pour toute : NON Catalyst n’est pas qu’une bouse Linkin Parkienne… Oui je sais, on avait dit pas les morts ni les groupes de Pop, mais bon là. Pour me rattraper, comme ici c’est comme à la récré, on ne touchera pas aux mamans, promis… Quoi qu’il en soit, après ce départ en fanfare et cette mise au point, concentrons-nous sur nos lurons chevelus et poilus officiant sous le doux patronyme de Catalyst…

Formé officiellement courant 2016, Catalyst évolue dans un Death sombre emprunt à quelques tourments et à de nombreuses brutalités. Du Death certes, mais pas n’importe quel Death lambda. Plutôt de ce Death mêlant parfaitement les bases old school avec tout l’apport que la modernité a pu dénicher. Bien évidemment, les standards et grands classiques de l’art sont ici maîtrisés, Catalyst passant à ce titre en revue riffs incisifs, growls caverneux, mélodies sinueuses et j’en passe et des meilleurs (« Forsaken »). Avec Catalyst, l’oreille retrouve ce côté purulent des premiers Pestilence tout en reconnaissant le goût de la face lourde et moderne d’un Bloodspot ou la technicité d’un Suffocation (« The House Of Lost Faces »). Ajoutons à cela cette veine Thrash débitant une pointe de vitesse non négligeable, quelques ambiances par-ci par-là et Dawn Of Dreadful Fate s’affiche relativement complet et travaillé pour ce qui n’est qu’un premier EP (« The Catalyst’s End »). Avec quatre titres pour une durée avoisinant les vingt-cinq minutes tout de même, Dawn Of A Dreadful Fate n’est qu’une mise en bouche sur l’étendue artistique de Catalyst (dans le Death j’entends hein, pas dans la K-Pop…). Finalement, à l’instar de la piste chargée d’ouvrir ce premier EP, « Demophobia » pour ne pas la nommer, Dawn Of A Dreadful Fate en deviendrait presque une ode au Death et à ses âmes corrompues tant le sujet est maîtrisé et la claque envoyée. D’ailleurs, soulignons au passage l’artwork qui, tout de noir et de blanc vêtu, ne fait qu’annoncer le son qui le suit : sombre, torturé mais puissamment réussi. Et si jamais certains se demandent quelles réflexions philosophico-machin-trucs se cachent derrière un EP de Death Metal en 2017, renseignons-les en arguant que A Dreadful Fate ne fait que renvoyer à la société sa face la plus crade et dérangeante en appelant simplement à un questionnement sur les notions de Justice et de Chaos mais également à une remise en cause des dogmes contemporains. Rien que cela ! Ce qui finalement, colle assez bien à la violence ambiante de cet EP où, bien souvent, les mélodies s’abandonnent dans une perdition où tout se retrouve anéanti.

Mais peu importe, à la fin de l’écoute est donc venu le temps du jugement qui annonce que Dawn Of A Dreadful Fate est un premier EP solide, fluide, homogène et surtout bien ficelé qui jette le premier pavé de Catalyst dans la marre du Death hexagonal. Notons surtout cette somptueuse façon du quartet à mêler passé et futur dans ses sonorités et la mise en balance pertinente qui en ressort. Enfin, reprochons simplement à cet EP de ne pas durer plus longtemps…

A propos de l'auteur

Chargé des Relations Presse, manager, tourneur et baby-sitter rock'n'roll pour groupes un peu trop paumés ✠ Egalement rédacteur pour Illico! et French-Metal (chez la concurrence quoi !).

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