KARMA ZERO 

MONSTERS

Metal

Indépendant

4/5


Tandis que certains jouissent d’une chance de cocu, d’autres ont un karma particulièrement à chier. Bonne action, mauvais agissement, roue tournante ou superstition quelconque à part, quitte à avoir un karma à zéro, autant le faire au son d’un bon gros Metal moderne flirtant entre Hardcore et Deathcore pas piqués des hannetons. Ce qui tombe relativement bien, puisque c’est pile-poil dans cette description que s’inscrivent les Nantais de Karma Zero. Faut-il donc y voir une question de karma ou de destinée ? Aucune idée là-dedans, tout ce que je sais, c’est que quitte à me prendre une porte en pleine tronche après être passé sous la mauvaise échelle, autant que cela se produise avec une bande-son bien énervée et assez grasse de préférence. Quoi qu’il en soit, des expériences poissardes ou chanceuses de chacun, Monsters de Karma Zero se porte plutôt bien, et s’amuse à lancer au hasard ses monstres…

Faut dire, qu’ils ne doivent pas être superstitieux pour deux sous nos cinq zikos puisque s’ils n’ont pas peur de croiser un chat noir, ils exhibent un félin bien plus gros en artwork, et il y a de quoi sortir les crocs. « Sortir les crocs » parlons-en justement, seconde griffure de Karma Zero, Monsters délivre près de quarante-cinq minutes d’un brûlot de pure violence réalisant un condensé extrêmement bien foutu de Hardcore, Death, Deathcore et de Metal Moderne. En somme, Monsters est un sacré défouloir, et à l’instar de « Buried Alive », ce disque ne laisse à l’oreille que peu d’occasions de se remettre des coups lui étant assénés. Pour cette seconde patate auditive (NDLR : après Architecture Of A Lie en 2012), Karma Zero parle d’abord par les voix de Saymon et de Skexis, les deux compères alliant un chant typé Hardcore avec des vocales bien plus Death voire Deathcore. Si un chant énervé est de vigueur, que le growl est de masse, le grunt se fait également légion et l’oreille se mange de sacrées vocalises (« Swamp Things », « Trapped »). Bien évidemment, pas d’inquiétudes, outre se faire l’interprétation pure d’une brutalité déconcertante, les parties chant dénotent aussi une certaine émotion capable de mettre à mal, tout autant, l’oreille. Quoi qu’il en soit, loin d’embarquer que des vocales dans sa valise, Karma Zero propose également un instrumental colossal surfant entre rythmiques sauce Metal Moderne, break spartiates de Deathcore et notes mélodiques perdues dans la résonance d’un écho de dévastation, le tout sur un tabassage en règle de la double pédale (« Almost Human », « Horror Film »). En gros, bien plus que de déhancher la nuque, Monsters préfère aisément la ravager en ne lui laissant aucun répit pour se remettre de la vague de violence débridée qui s’abat sur ses vertèbres. De plus, l’univers est peaufiné jusque ses moindres recoins, prenant pour témoin les annotations multiples qui accompagnent le titre de chaque piste sur la jaquette de ce Monsters. Comme pour parfaire ce second album, Karma Zero esquisse également une reprise du fameux « Blind » Kornien qui, à défaut de choix cornélien, propose sa version revisité de l’hymne de Jonathan Davis et compagnie. Cette reprise, à l’image du reste de Monsters, prouve simplement que Karma Zero n’entend pas faire de la figuration ni même du son de seconde zone. En revanche, les Nantais comptent bien se faire rapidement une solide réputation de cogneurs et molester de nombreux pits (« Beast », « Alone »). Pour le reste de Monsters, Karma Zero n’en finit plus de sortir les griffes et les crocs pour mordre et taper dans à peu près tout ce qui passe à proximité de ses décibels (« Beware The Moonlight », « Monsters »). Alors avertissement, cette galette se savoure avec un casque approprié et une ceinture de sécurité ! D’ailleurs, déconseillons cette œuvre aux nuques sensibles, les vertèbres étant à coup sûr malmenées…

Bref, de « Buried Alive » à « Modern Prometheus », Monsters fait preuve d’une violence intelligente et plutôt bien pensée. Ne donnant pas dans la brutalité sans fin mais dans l’agressivité démesurément technique et imposante, Karma Zero démontre que son Metal pur et abrupt n’a rien à envier aux pointures du genre et ne perd rien à partir à la conquête de l’hexagone. Hormis tout cela, Monsters est un défouloir parfait qui, en l’espace de onze titres, se plaît à ravager les tympans et se plaira tout autant à ravager des épaules et molester des salles obscures sous peu. Alors, si chacun a ses propres monstres internes, ni Karma Zero ni Monsters ne laissent paraître les leurs et préfèrent renvoyer les monstres hantant nos sociétés dans la face de celles-ci d’une façon plus que réussie. Pour les amateurs de violence et de brutalité typée metôl de bonhomme !

A propos de l'auteur

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Chargé des Relations Presse, manager, tourneur et baby-sitter rock'n'roll pour groupes un peu trop paumés ✠ Egalement rédacteur pour Illico! et French-Metal (chez la concurrence quoi !).

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