Quand on parle de Chris Jericho, on pense (trop) souvent à sa carrière au sein de la WWE, mais il ne faut pas oublier que lorsqu’il ne dresse pas sa « liste » sur le ring, il écrit des chansons et tourne avec son groupe, Fozzy. Ça tombe bien ! En 2017, Chris Jericho est de retour avec son nouvel album, Judas, un véritable condensé de hits, mis à la sauce Rock US. 

Propos du groupe recueillis par Axl Meu le mercredi 11 octobre.


Salut Chris ! Comment te portes-tu depuis la sortie de Do You Wanna Start A War ? Comment avez-vous appréhendé l’écriture de Judas ? 

Très bien ! Nous avons rencontré beaucoup de succès avec cet album. C’était le meilleur album que nous ayons sorti ! C’était du jamais vu pour nous tout cet engouement… Nous avons gardé la même direction pour Judas ! Nous sommes Fozzy et nous faisons du Fozzy. Nous essayons de mettre en exergue toute notre panoplie d’influences, tu sais, cette richesse qui constitue notre marque de fabrique ! Nous faisons ce qui nous semble être bon :  être les plus Heavy possible… Nous cherchons ce groove, ces solos qui restent en tête. S’il n’y en a pas, tant pis ! Ça ne rend pas le morceau mauvais pour autant. Pas la peine de se compliquer la vie. Il faut que nos chansons soient catchy, entraînantes… C’est notre credo depuis le début au sein de Fozzy.

Vous avez pris trois ans pour sortir cet album… Tu as dit dans une autre interview que la plage introductive était le meilleur morceau qui tu aies jamais sorti. Pourquoi ? 

Ce n’est pas moi qui ai dit ça, mais nos fans. Les mélodies de « Judas » sont très attractives, très accrocheuses. Nous aimons bien piéger nos fans, les surprendre encore et encore. Il y a plusieurs parties accrocheuses dans ce titre, elles sont au nombre de trois, il me semble. Ce qui est intéressant, c’est que les fans peuvent s’identifier à lui. Tu sais, on peut interpréter les paroles de différentes manières. Elles traitent de tout ce qui est en lien avec la trahison. C’est pour cette raison que les fans ont aimé ce titre. Le riff est également très simple, et les parties chantées sonnent très bien… « Judas » est un peu le reflet de ce qu’est devenu Fozzy avec le temps. C’est déjà un hit ! Il nous a propulsés à un autre niveau…

Oui ! J’ai vu ça… 10 millions de vues rien que pour cette video. C’est un vrai succès… Tu t’attendais à ça ? 

Non, bien sûr que non… Je pense que certaines personnes ont découvert Fozzy grâce à ce titre. Parmi ces gens là, il y a également ceux qui ne nous avaient jamais donné de chance. En fin de compte, il se trouve qu’ils ont bien aimé « Judas ». Pour accompagner ce morceau, nous avons réalisé une vidéo. Elle a bien circulé ! Notre label nous a bien aidés également… Il a été #1 sur Itunes, #1 dans les Charts et il est encore bien classé ! Nous nous sommes retrouvés aux côtés des Foo Fighters et de Metallica ! C’est dingue !

Vous avez dévoilé ce titre en mai… Pourtant l’album n’est que sur le point de sortir. Pourquoi avoir attendu tant de temps ? 

Ça fait partie des aléas de la vie d’un musicien… Nous devions sortir l’album en août dernier, mais nous avons pris plus de temps que prévu. Quand on joue dans un groupe de Rock, on ne choisit pas la date de sortie d’un album. Il y a toujours quelques deadlines à respecter. Et il se trouve que nous n’étions pas dans les temps pour Judas… Nous avons donc dû repousser la date de sortie de l’album au mois d’octobre. Néanmoins, c’est un mal pour un bien puisque les fans ont pu s’imprégner du nouveau morceau. Les fans l’ont écouté, et ce, encore et encore. C’est comme ça qu’il a fini par devenir un hit ! C’est un « happy accident » pour finir !

« Judas » est un hit, certes, mais il faut savoir tous les morceaux ont été composés de sorte qu’ils restent en tête. Je pense notamment à « Drinkin With Jesus » et à « Weight Of My Word »…

Nous voulions au moins quatre singles pour ce nouvel album. Quand t’écoutes bien les vieux albums de Def Leppard, tu te rends compte que tous les titres sont entêtants. À chaque fois, les morceaux sont tous aussi bons les uns que les autres. C’est pareil pour le Black Album de Metallica. Nous pensons comme ça chez Fozzy. Regarde, il y a onze morceaux dans ce nouvel album, et nous avons porté autant d’attention au premier qu’au dernier titre. Au risque de me répéter, tous nos titres doivent être catchy, et prenants.

Ce que j’aime chez vous, c’est ce côté « old school » moderne. On sent vraiment que tu as été bercé par les plus grands du Rock ’n’ Roll. Tu mets tout cela à jour, à ta façon. Tu dois quand même te fixer quelques limites, non ? 

Je n’ai pas vraiment de limites. Je suis super fan d’Ozzy Osbourne, et d’Iron Maiden… Mais j’écoute également d’autres choses comme les Foreigner, Journey et Styx… J’écoute pas mal de Country et de Rock des années 60 comme celui des Beatles. Le Rap et le R’n’B font également partie de mes influences. Je me moque de ce que les gens peuvent penser de tout cela. Nous avons la chance d’avoir énormément de sources d’inspiration à notre portée, nous nous en servons comme il se doit. Si un morceau a besoin d’une boîte à rythme, nous l’incluons, et nous ne cherchons pas à comprendre. Nous nous fions à notre instinct.

Quand j’ai écouté le morceau « Painless », j’ai tout de suite pensé à « Shout Of The Devil » de Mötley Crüe…

Je ne sais pas si on peut dire ça ! (rires) Tu sais, il n’y a que dix riffs dans le Rock ’n’ Roll. Regarde le morceau « T.N.T. » d’AC/DC, tu ne vas pas me dire que d’autres groupes ne se sont pas inspirés de ce titre ! Tout dépend de la manière dont tu places tes notes… On m’a fait exactement la même réflexion pour « Judas »…

Est-ce que tu peux revenir sur le grand retour de Paul Dileo au sein du groupe ? Il avait quitté le groupe en 2011 pour revenir de plus belle cette année…

Il avait d’autres projets… C’est le meilleur bassiste que j’ai jamais eu. C’est comme un frère pour moi. Quand il a décidé de partir, nous l’avons laissé faire ce qu’il avait à faire ! Quand il a décidé de revenir, nous l’avons laissé revenir. C’est tout. C’est juste super de le voir revenir… C’est un super gars, un super musicien. Il pète tout sur scène ! Et tu sais, au sein de Fozzy, nous vivons ensemble, il y a vraiment un truc entre nous. Nous sommes une équipe, tous les membres comptent autant les uns que les autres… Quand un membre part, nous avons l’impression qu’il nous manque quelqu’un, quelque chose. Paul était surtout la pièce manquante du puzzle quand il est parti.

Qu’a-t-il apporté concrètement à Judas ? 

Il a apporté quelques lignes de basse, mais il pense différemment par rapport aux autres bassistes. Tu sais, en termes de feeling. Si tu écoutes bien « Judas », tu te rendras compte qu’il ne joue pas les pistes que l’on attendrait de lui. Il prend les auditeurs à contrepied. Tu sais, c’est un peu comme Gene Simmons et Paul McCartney. Ce sont d’excellents bassistes. Ils jouent contre les mélodies, et se démarquent de manière très prononcée. On peut dire que la plupart des bassistes sont des guitaristes frustrés… Mais Paul est différent, c’est un vrai bassiste !

J’aimerais savoir où tu puises ton inspiration ? Sur le ring ? 

Non, pas vraiment… Jamais !  Je me suis inspiré de mon enface, de la disparition de ma mère, du retour de Paul, de mes expériences personnelles. J’espère écrire des paroles dans lesquelles les auditeurs peuvent se reconnaître…

Vous avez engagé Johnny Andrew pour la production de ce nouvel album. Qui est-il ? On ne le connaît pas trop par chez nous… 

C’est un grand producteur et un excellent songwriter. Il a travaillé avec Halestorm, Three Days Grace et d’autres encore. Nous voulions un bon producteur extérieur, quelqu’un qui puisse nous aider. C’est Johnny que nous avons engagé. Il nous avait déjà épaulés pour Do You Wanna Start A War.  Par exemple, nous avons écrit « Lights Go Out » ensemble. Nous pouvons vraiment avoir confiance en lui. Tu sais, le producteur est quelqu’un de très important… C’est lui qui a le dernier mot. Regarde, Metallica, c’était Bob Rock… Pour Paul (Stanley) et Gene (Simmons), c’était Bob Ezrin

Pourquoi avez-vous décidé de signer sur un label européen… Il y en a beaucoup qui pourraient être intéressés par votre musique aux États-Unis, non ? 

Century Media est un très bon label, mais ils sont très proches de Sony… Nous faisons plus ou moins partie de l’écurie de Sony aujourd’hui. Je pense que c’est grâce à ça que « Judas » a aussi bien tourné en fin de compte. Quoi qu’il en soit, Century Media fait un excellent boulot, ils savent qui est Fozzy et où nous voulons aller…

Vous n’allez pas vous produire en France pour la tournée de Judas. Pourquoi ?

Je ne connais pas la raison pour laquelle nous ne visitons pas votre pays cette fois-ci. Pourtant, nous nous sommes produits à plusieurs reprises chez vous… Nous aimons la France… Quelques jours après les attaques du Bataclan, nous nous étions produits au Forum (Vaureal). Je me souviens que U2, Motörhead et Papa Roach avaient annulé leur passage… Nous, non. Nous voulions faire oublier cette horrible tragédie… Nous nous étions bien amusés ! Ce fut quand même une soirée assez particulière… Il y avait un rescapé du Bataclan ce soir-là, il s’était tordu la cheville lors de la fusillade, il nous a expliqué qu’il avait besoin de retourner voir quelques concerts pour revoir le bon côté des salles de concert. Cette fois-ci, nous ne serons pas là, mais ce n’est que partie remise !

Un dernier mot… On sait que tu es fan d’Ozzy Osbourne ! On imagine que tu vas aller le voir avec Zakk Wylde prochainement ?

J’aimerais bien ! C’est un bon copain… Je suis impatient de les revoir sur scène tous les deux !


Fozzy, c’est :

Chris Jericho : Chant

Rich Ward : Guitare

Paul Di Leo : Basse

Billy Grey : Guitare

Frank Fontsere : Batterie

Discographie :

Fozzy (2000)

Happenstance (2002)

All That Remains (2005)

Chasing The Grail (2010)

Sin And Bones (2002)

Do You Wanna Start A War (2014)

Judas (2017)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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