« Au Nord, c’étaient les corons, la terre c’était le charbon, le ciel c’était l’horizon, les hommes, des mineurs de fond » comme le chantait Pierre Bachelet en 1982…. Aujourd’hui en 2017, c’est fini, le charbon est remplacé par le Metal, les corons ont pratiquement disparu et les hommes ici sont tous chevelus, bardés de cuir noir. Ce soir, Noeux-Les-Mines, ancienne plaque tournante charbonnière des Hauts-de-France, nous présente la deuxième édition des Noeux-Rockéennes… Malheureusement, la concurrence est rude en ce samedi 4 novembre, et le petit festival en a subi les frais. La cause ? Tagada Jones se produit à Lille ou le festival La Guerre des Gaules (Belgique) qui voyait Dagoba en tête d’affiche. Bref, les organisateurs nous ont proposé six groupes de styles très variés allant du Punk Rock au Metal en passant par le Folk Metal. L’éclectisme était donc de mise. 

Report et photos par Eric Meuriche.


C’est au groupe Wido qu’est confiée la tache de démarrer les hostilités. On est prévenu d’emblée que le groupe ne sera pas agressif, depuis l’arrivée du violoncelliste sur scène. Et en effet, Wido fait dans le Rock mélodique, parfois influencé par le Heavy Metal Progressif… C’est assez calme dans l’ensemble, mais il faut avouer que les passages sont bien mis en rythme et que c’est assez pour convaincre les piliers de bars à se ramener jusqu’au devant de la scène. Il faut dire que l’ensemble est de bonne facture. Aucun couac en ce qui concerne le chant également… On peut passer à la suite !

C’est au tour du groupe Noise Emission Control de mettre le feu. Malgré un son relativement brouillon en début de set, les Douaisiens font mouche dans la salle. Ça déménage ! Leur répertoire file à vitesse «  Grand V » et atomise les fans de Heavy Metal avec ce bon Punk des papas. Les titres du nouvel EP, Désordre et Mépris, s’inscrivent parfaitement dans la setlist du groupe, et un inédit est même interprété d’entrée de jeu. Les compositions étant variées, on a droit à quelques variations de tempo comme le suggère « Le Style », construit à partir d’un seul riff. Bref, la bonne ambiance est là, et les Noise Emission Control ont pu se faire connaître auprès d’un public très « Heavy Metal » dans l’âme.

Voilà presqu’un an que Ni Dieux, Ni Maîtres est sorti, et c’est déjà au tour de Spirit d’envahir l’espace scénique. L’entrée sur scène est marquée par une belle introduction, teintée de fumée et de couleur bleu. Alors ce gig ne fait pas exception à la règle, c’est du bon vieux Hard Rock, assez vintage, avec des guitares qui ne sont pas sans rappeler Dave Murray (Iron Maiden) ! Tout est en ordre et le groupe, à l’aise. Il faut dire que ces gus sont appréciés par chez nous. La preuve, le chanteur n’hésite pas à se rendre dans la fosse pour saluer ses copains et ses fans. Peut-être pas innovant, Spirit nous a fait passer un agréable moment. Vite, la suite !

On continue dans le Heavy Metal avec Existance. Le niveau monte d’un cran, c’est clair. Il faut dire que le groupe n’est pas sans expérience et qu’il est poussé comme il se doit par le père de Julian, son mentor, Didier Izard (H Bomb). Le groupe efface en un clin d’oeil le retard qui s’était accumulé et enterre les prestations précédentes avec ce Heavy, certes très classique, mais très bien exécuté. Chorégraphie, envolées lyriques, tout y est ! Les (nouveaux) classiques (issus de Breaking The Rock) du groupe s’enchaînent, et Existance nous présente son nouveau batteur, Géry. Bref, tout le monde était venu pour voir la nouvelle référence du Heavy en France, et conséquence de la chose : l’avancée de la scène est prise d’assaut, de même que le stand de merchandising du groupe.

Fini le Heavy, retour au Punk avec les Nordistes de Toxic Waste. Peut-être déboussolé par la prestation d’Existance, le batteur nous prévient d’emblée que ce n’est pas la peine de rester si l’on veut des solos. Étrange comme entrée en matière, non ? C’est vrai que nous sommes à des kilomètres du Heavy Metal… Mais ce n’est pas pour autant que les Nordistes ne se sont pas mouillés la chemise. En fait, ça part dans tous les sens, et Toxic Waste nous fait part de ses idées politiquement incorrectes. C’est du très bon Punk, et les musiciens qui ont parfois plus de trente ans de carrière derrière eux, le font sentir. Malheureusement, les blousons noirs sont partis au cours de la première moitié du gig. Et la salle est presque vide.

Avec Lappalainen qui se produit alors dans le cadre d’une des dernières prestations de sa carrière, nous étions en droit de croire que la salle serait blindée. Hélas, non. D’emblée, Flo, le chanteur, nous explique que c’est la fin ! Ils sont avant tout venus se faire plaisir en jouant ce Folk Metal qui les a vus naître pour certains. Le son est correct, et c’est un album, Kraken’s Awakening, qui est interprété dans sa quasi-intégralité. Les fans sont ravis, et les Lillois peuvent repartir la tête haute.

Quelques mots pour remercier l’organisation qui s’est démenée (et qui se démènera encore à coup sûr pour faire vivre la scène locale). Car même si le public était aux abonnés absents cette année, gageons qu’il en sera autrement l’année prochaine, et qu’aucune concurrence ne viendra perturber un événement qui en vaut franchement la chandelle. Pour cinq euros, c’était six groupes, des bières artisanales pas chères et des amis, beaucoup d’amis. 

A propos de l'auteur

Axl

Fondateur et rédacteur en chef de Sounds Like Hell Fanzine ✠ Également rédacteur chez Metallian et Metal Cunt.

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