Bloody Alchemy est parvenu en l’espace de deux ans à sortir un EP et un album. Pas mal pour des jeunots, non ? Néanmoins, si le groupe de Death/Thrash n’a pas réussi à intéresser un quelconque label, ce n’est que partie remise. Car les opportunités se bousculent devant ce tout jeune groupe qui sait les saisir. Et chez Heretik, nous voulions donner ce petit coup de pouce, à notre manière, qui les aidera peut-être à sortir de chez eux, et qui sait, à nous rendre visite dans le Nord… 

Propos de Vic (chant/guitare) recueillis par Axl Meu


Salut ! On vous suit depuis vos tout débuts chez Heretik Magazine… À vrai dire, c’est comme si c’était hier… Racontez-nous votre parcours !

(rires) Lou et moi sommes cousins et faisons de la musique depuis que nous avons respectivement sept et dix ans. Au départ, c’était pour le plaisir ! Ce n’est qu’en 2015 que nous avons commencé à envisager de former ce groupe. Nous avons donc commencé à composer quelques morceaux, puis Clem et Lucas sont arrivés quelques mois après. Tout s’est enchaîné à une vitesse grand V par la suite.

Vous êtes donc sacrément jeunes… Et pourtant, Bloody Alchemy est loin de figurer parmi les plus novices du genre. Après deux ans de travail, vous sortez enfin Kingdom Of Hatred. Est-ce que vous pouvez revenir sur sa conception ? 

Après la sortie de notre EP 4 titres Insanity Chaos en 2016, nous avons enchaîné les concerts, puis nous avons composé 4/5 titres en plus dans la foulée. Nous avons donc voulu sortir une galette plus propre. En 2017, les morceaux étaient dans la boîte, mais nous avons eu du mal à trouver le studio qu’il nous fallait. C’est pour ça que nous avons pris plus de dix mois pour sortir l’album !

En lisant votre description, je pensais me retrouver face à un groupe de Thrash typiquement Old School, alors que votre musique est très moderne en fin de compte. Ça se voit avec vos t-shirts, Slipknot, Suicide Silence… On est loin, très loin des inspirations primitives « Thrash »… Je me trompe ? 

(rires) Oui et non ! Nous écoutons de tout. Ça nous arrive même d’écouter de la musique Classique, du Jazz et même de la Pop. En dehors de tout ça, on écoute beaucoup de musique typée Old School comme Slayer, Obituary, Deicide, mais aussi tout ce qui est plus moderne. Chaque membre de Bloody Alchemy a sa petit préférence et sa petite orientation « Metal » bien précise, mais on se retrouve sur les fondamentaux. Je pense que c’est grâce à ça que nous pouvons varier l’approche de notre musique et ne pas nous cantonner à un style.

Oui, c’est surtout un Death/Thrash résolument moderne que l’on retrouve sur l’album Kingdom Of Hatred… Comment avez-vous composé l’opus ? 

Tout s’est fait dans la foulée. Quand nous avons sorti notre premier EP, nous avons décidé de ne pas perdre notre temps. Nous avons un rythme de composition très soutenu et avons été obligés de réfréner nos pulsions créatrices. Pour nous, un morceau doit sonner « live » et doit être taillé pour la scène avant d’être mis en boîte. Nous nous sommes donc lancés comme défi de faire sonner nos morceaux comme ils sonnent en live. Le chant est, lui, grave. C’est notre côté résolument Death qui nous a dirigés vers ce growl bien propre.

J’ai également eu cette impression « live » quand j’ai écouté l’album. La production est sacrément efficace. En plus de retranscrire pleinement l’énergie du groupe, elle laisse imaginer que le groupe promet de belles animations en live…

On s’est démenés pour trouver une production qui nous plaise ! Il fallait que le studio d’enregistrement ne soit pas trop loin, car nous sommes jeunes et n’avons pas tous le permis de conduire. Par exemple, ce n’était pas possible de nous rendre à l’autre bout de la France pour produire l’album. On nous a mis en relation avec Fredéric Gervais (Orakle) du Studio Henosis, et on lui a fait écouter notre EP. Fred a très vite compris que l’on voulait proposer un Thrash/Death vivant, moderne et puissant ! On voulait un rendu moderne, transpirant, qui corresponde bien au style dans lequel on évolue. Nous sommes très satisfaits de cette collaboration, que ce soit la production ou le mixage de l’album. Merci à lui !

Vous axez principalement votre musique sur des harmonies de guitare. Est-ce que l’on peut dire que c’est votre marque de fabrique ? 

Oui, carrément. Nous avons été bercés par les mélodies d’Iron Maiden et avons approfondi le tout avec le Metalcore bien « guimauve » de As I Lay Dying. Pareil pour The Black Dahlia Murder. On adore quand les guitares sont harmonieuses !

Parlez-moi un peu de la participation de Julien Truchan (Benighted) sur le titre « A World Of Agony ». Sa voix est très riche, mais n’aviez-vous pas eu peur que son timbre vocal ne convienne pas à votre musique ? Vous a-t-il accompagnés en studio ?

On savait que sa voix collerait à l’état d’esprit du morceau en question. C’est notre côté éclectique qui nous pousse à essayer de nouvelles choses, tout en restant dans la même veine. Il nous a envoyé sa partie qu’il a enregistrée depuis chez lui et nous avons fait le mix en studio. Quand on l’a reçue, on l’a mixée. On était comme sur un nuage. (rires)

Pourquoi Kingdom Of Hatred est-il si court ? Vous gardez quelques pistes pour un album, qui sortira… Laissez-moi deviner, l’année prochaine ? 

(rires) Bien essayé, mais on ne dira rien ! Plus sérieusement, on a voulu faire efficace et concis pour ce premier album, tout en restant dans notre budget d’auto-production. Mais on a bien plus d’un titre en réserve. Il est clair que ces nouveaux morceaux sont déjà bien rodés en concert.

Kingdom Of Hatred sort aujourd’hui en auto-production, mais va bénéficier d’une promo plus ou moins conséquente. C’est si dur que ça de trouver un label aujourd’hui ?

Tu sais, quand tu as entre seize et dix-neuf ans, tu n’es pas trop crédible aux yeux des labels. Ils pensent que tu es trop jeune. Nous avons néanmoins essayé avec notre premier EP, et les retours n’étaient pas trop encourageants. On nous disait souvent de revenir plus tard avec des morceaux plus « aboutis ». Nous n’avons pas trop compris sur le coup. Nous avons donc décidé de sortir l’album par nos propres moyens en maîtrisant sa sortie de bout en bout. On verra pour le prochain album.

Vous commencez néanmoins à vous produire auprès de quelques pointures du genre. Je pense à cette fameuse date en compagnie de Dust Bolt…

Oui, exactement ! On a beaucoup de chance d’avoir pu partager la scène avec eux, ils sont adorables, et ça fut un réel plaisir ! Dans un autre style, nous étions censés ouvrir pour Betraying The Martyrs en octobre, mais le concert a été annulé le soir-même à cause de problèmes techniques. Nous nous sommes également produits avec Mercyless aussi, les parrains du Death français, en novembre 2016 au Klub.

Heretik Magazine est un média qui met en avant la scène locale des Hauts-de-France. Vous la connaissez, vous, cette scène locale ? 

Non… On ne connaît pas du tout cette scène des Hauts-de-France, mais on compte sur vous pour nous donner de la visibilité là-bas, et nous aider à nous y rendre (rires). Je peux néanmoins te parler de notre scène. Vic et Clém viennent de Chartres, Lucas de Rambouillet et Lou de Gif. C’est assez calme chez nous, mais les gens se bougent toutefois, et les villes avoisinantes sont en train de monter des dates Metal.  Après, il n’y a pas de quoi s’enflammer, il n’y a pas des tonnes de groupes non plus ! En revanche, le triangle Rambouillet/Limours/Gif draine une belle petite scène Metal bien sympathique avec de belles salles qui font la part belle aux groupes émergeants.

Souvent, la musique est une histoire de famille. Vous en êtes la preuve formelle. Souvent, c’est le père qui transmet la passion de la musique à son fils. Un de vos proches vous aide énormément, c’est Paulin. Qui est-il pour vous ? 

Paulin est un peu notre père à tous ! Bon officiellement, il n’est que le père de Lou (rires) ! C’est un membre à part entière du groupe. Il est avec nous dans le groupe, tout le temps, partout. Il démarche énormément de labels, de médias… Si on en est là aujourd’hui, c’est en partie grâce à lui. C’est certain !

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ? 

Beaucoup de décibels et de kilomètres !


Bloody Alchemy, c’est : 
Vic : Guitare / Chant
Lou : Batterie
Clem : Guitare
Lucas : Bassiste
Bloody Alchemy : 
Insanity Chaos (2016)
Kingdom Of Hatred (2017)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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