Considéré comme un musicien hors pair, Victor Smolski continue de donner toujours plus de crédibilité à son nouveau projet de Heavy Metal, Almanac. En effet, quelques mois après la sortie du très encourageant, Tsar, l’ex-pilier de Rage nous délivre Kingslayer, un album aussi épique que son prédécesseur. La rédaction intéressée par l’entreprise, s’est donc entretenue avec Victor Smolski pour en savoir un peu plus sur les tenants de cette histoire. 

Propos de Victor Smolski recueillis par Axl Meu le 19 octobre 2017


Almanac est déjà de retour avec un deuxième album, Kingslayer. Deux ans d’activité, deux albums… Est-ce que tu peux revenir sur les débuts du groupe et ce premier album, Tsar ? 

J’ai fondé ce groupe quand j’ai quitté Rage. J’avais bien aimé le projet que j’avais mené avec le Lingua Mortis Orchestra. Tu sais, c’était l’idée d’avoir plusieurs chanteurs sur le même album qui me bottait vraiment. Cette fois-ci, je voulais un nouveau groupe, avec un concept particulier. Je me suis donc mis à la recherche d’un nouveau line-up, de nouveaux musiciens, afin de proposer quelque chose de plus Progressif. J’ai trouvé ces chanteurs, Andy Franck et David Readman, et Jeanette avec qui j’avais déjà travaillé pour Lingua Mortis Orchestra !

Nous avons travaillé sur notre premier album sans nous mettre la pression pour autant. Le premier concert que nous avons donné (à l’occasion du Winter Masters Of Rock Festival, NDLR) s’est très bien déroulé. Nous y avions interprété quelques-uns de mes morceaux, et c’est là que nous avons décidé de continuer ensemble. C’était important pour moi qu’il s’agisse d’un groupe, et non pas d’un projet. Je voulais constituer une équipe solide, qui reproduise les morceaux tels qu’ils ont été enregistrés en studio.

Tsar, notre premier album, a bien été reçu par la presse. Nous avons cherché l’équilibre parfait entre ces riffs très heavy et ces orchestrations qui caractérisent notre musique. Pareil pour la voix, il fallait équilibrer tout cela. Tu sais, ce n’est pas du tout évident lorsqu’il y a trois chanteurs. Il n’y avait aucune magouille derrière notre projet. On fait tout cela juste pour prendre du plaisir. En fin de compte, nos efforts ont porté leurs fruits puisque Metal Hammer nous a nominés dans la catégorie « Best Debut Album ». C’est vraiment génial et très encourageant. Nous avons fait à ce jour un peu plus de cinquante concerts un peu partout en Europe, et nous ne sommes pas prêts de nous arrêter en si bon chemin !

Tu as décidé de former ce groupe juste après t’être séparé de Rage. Ce n’était pas trop difficile pour toi de reconquérir ton public ? 

Alors, oui, Almanac est un nouveau groupe et les gens ne connaissaient pas Almanac avant. Mais je considère que je ne pars pas de rien. Les gens qui suivent Rage me connaissent et sont des habitués de mon style. Pareil, ils connaissent également Andy B. Franck qui officie également au sein de Brainstorm. Oui, Almanac n’est pas encore connu, mais nous avons du vécu et de l’expérience derrière nous ! Si nous sommes revenus, c’est pour faire de la musique, celle qui nous plaît, sans aucune arrière-pensée, aucune. C’est ça qui me motive. Si j’ai quitté Rage, c’est parce qu’une sorte de routine s’était installée. Je ne prenais plus de plaisir à écrire pour ce groupe. Il y avait ce côté business qui dégradait l’image du groupe. En fin de compte, pas mal de personnes ont aimé notre premier album, c’est rassurant !

C’est donc votre deuxième album en deux ans. Comment composes-tu ? Tu as gardé tes vieux automatismes ? 

Je savais là où je voulais aller. J’ai essayé pas mal de nouvelles choses pour cet album et j’ai fait pas mal d’expériences. J’ai horreur de me répéter, et j’ai donc décidé de prendre des risques. Pour moi, c’était vraiment ça le défi que je m’étais lancé. Quelques musiciens se répètent et veulent se rassurer. Non, moi, je veux m’améliorer. Je voulais tout simplement que ce nouvel album soit meilleur que Tsar.

Ce qui est amusant, c’est que sur ce nouvel album, Kingslayer, quelques morceaux me font vraiment penser à Dio, tu sais, l’époque de Holy Diver… Le riffing de Kingslayer est très Heavy dans l’âme ! 

Oui. Dio est l’un des meilleurs personnages que j’ai connu. Quand j’étais encore avec Rage, j’ai eu la chance de partager l’affiche avec lui à plusieurs reprises. C’était quelqu’un d’adorable. En ce qui concerne ces riffs, il était inévitable que je ne sois pas influencé par toute cette culture. Quand nous sommes revenus de tournée, tout est allé très vite pour moi. Je n’ai pas eu besoin de me mettre la pression pour trouver des idées. Quand nous avons travaillé sur mes idées, nous avons joué ensemble et avons trouvé des arrangements sur le vif ensemble lors des répétition. Tout s’est fait de la manière la plus naturelle possible, en « live ». Nuclear Blast nous a laissé le temps nécessaire…

Comme Tsar, Kingslayer est un album très épique. Il y a pas mal de parties symphoniques…

Je compose tout dans ma tête. Ensuite, quand j’écris les parties symphoniques, je consulte l’orchestre, et j’écris quelques notes pour qu’il puisse se repérer.  On essaie de trouver l’équilibre parfait entre les riffs et les parties orchestrées, et je pense qu’on y est parvenu avec ce nouvel album. Il n’y a pas trop de parties orchestrées, ni d’overload.

Avec Tsar, tu parlais de l’histoire des Tsar de Russie. Avec Kingslayer, tu évoques une nouvelle facette du pouvoir. Tu n’as pas l’air d’aimer tout ce qui renvoie au pouvoir. 

Je pense que l’histoire est la thématique qui convient le plus à notre musique.  Nous ne voulions pas développer des sujets qui soient hors-sujets. Nous avons donc abordé ces problématiques de manière hyper sérieuse. Je pense que le concept est très sympathique. J’imagine que les fans, quand ils ont écouté Tsar pour la première fois, ne connaissaient pas grand chose sur cette forme de pouvoir. Pour écrire les paroles, nous nous sommes renseignés, avons lu des livres. C’est pareil pour Kingslayer. Nous parlons ici d’autres rois comme Henry V, notamment sur le titre « After The King ».

Vous parlez d’histoire dans votre musique. Étrangement, je pense à Sabaton. 

Oui, c’est vrai. Ils abordent des sujets historiques, mais pas les mêmes que nous. Nous sommes différents sur ce sujet. Ils parlent de sujets que nous ne pouvons pas aborder avec la même aisance, comme la Seconde Guerre Mondale. En ce qui concerne la musique, c’est pareil. Nous ne sonnons, mais alors, pas du tout de la même façon ! Je pense que notre musique est bien plus agressive et bien plus profonde que la leur. Après, c’est une question de goût. Les uns aiment ça, les autres, non.

Tu me disais que le nouvel album est bien plus énergique que le dernier. Je trouve quand même Tsar très intéressant…

Oui, là n’est pas le problème. Disons qu’après la sortie de Kingslayer, nous avons été nourris par nos différentes expériences « live ». Nous sommes partis sur la route, à la rencontre de nos fans. Tout sonne plus « agressif » chez nous lorsque nous branchons les guitares. Du coup, quand il a fallu rentrer pour enregistrer ce deuxième opus, nous avons opté pour une production plus brute et un son plus « live ».

Quel est le rôle de la plage narrative éponyme de l’album, la sixième piste de l’album. 

« Kingslayer » est en fait une plage introductive. Elle sert à introduire le morceau qui suit (« Kingdom Of The Blind »). Au départ, il n’y avait qu’un et seul morceau, et j’avais décidé de faire une longue introduction, un peu comme « Holy Diver » de Dio. Beaucoup de personnes apprécient ce genre de plage, mais d’autres, non. Certains d’entre eux zappent le morceau et veulent directement passer au suivant. Pour moi, « Kingslayer » et « Kingdom Of The Blind » ne forment qu’un et seul morceau.

Tu avais produit Tsar le premier album. C’est le cas pour celui-ci ? 

Oui. Tous les albums que j’ai sortis ces quinze dernières années ont été produits par mes soins. Mais je cherche toujours des partenaires, des gens pour m’entourer. Ce qui m’intéresse, c’est tout ce qui renvoie au concept de la musique en elle-même. Je ne veux pas forcément m’occuper du mastering. Je n’aime pas trop ça…C’est Andreas Herr qui a masterisé l’album ! Je suis très satisfait de son implication !

Almanac a donc deux albums à son actif. Ils sont tous les deux sortis via Nuclear Blast…

Oui, ça fait dix ans que travaille avec ce label, depuis Rage en fait. Nous avons une relation de confiance qui dépasse le simple contrat. J’ai travaillé avec eux lors du projet « Nuclear Blast AllStars », avec qui j’ai sorti l’album Into The Light. Ce sont des amis, et nous nous connaissons bien. C’est un très bon label, j’espère qu’il y aura d’autres labels qui parviendront à faire aussi bien que Markus Staiger. Car je pense que ce n’est pas forcément une bonne chose d’avoir un label qui « trust » tout. C’est toujours mieux d’avoir plusieurs labels et de laisser le groupe faire un choix.

Almanac n’a jamais joué en France. C’est carrément dommage pour toi qui avais l’habitude de passer chez nous avec Rage…

Oui… La France est peut-être l’un des meilleurs pays où se produire. Je ne comprends pas trop la raison pour laquelle nous ne nous sommes jamais produits chez nous… Nous n’avons pas encore trouvé la bonne agence de booking… J’espère que ça se fera l’année prochaine !

En parlant concert. Sur le CD bonus figure quelques vidéos, notamment une partie du concert que vous avez donné au Master Of Rock en République Tchèque…

Oui ! Ce DVD contient les clips que nous avons réalisés, à savoir «Losing My Mind » et « Self-Blinded Eyes »… En effet, il y a une partie de notre concert au Masters Of Rock. On n’a pas pu tout filmer car le temps était très mauvais… En échange, on a mis une partie du concert qu’on a donné en Russie dans le cadre de l’Aria Fest.


Almanac, c’est : 

Victor Smolski : Guitare

Andy B. Franck : Chant

David Readman : Chant

Jeannette Marchewka : Chant

Tim Rashid : Basse

Athanasios “Zacky” Tsoukas : Batterie

Discographie : 

Tsar (2016)

Kingslayer (2017)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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