On prend les mêmes et on recommence ! Vous le saviez, il y a quelques mois, le festival Les Enchanteurs nous avait offert à Carvin un concert mémorable dans sa salle des fêtes en compagnie de Tagada Jones et des Ramoneurs de Menhirs. En quittant la salle passé minuit, nous nous disions que la réunion des deux groupes ce soir était une idée louable. Il semblerait que les druides de Bretagne aient entendu nos dire car ce samedi 4 novembre, Niko et Loran, respectivement figures de proue de Tagada Jones et des Ramoneurs de Menhirs, revenaient poser leurs amplis sur la scène du Splendid. Autant vous dire que nous y étions…

Le concert de ce soir, organisé par Rage Tour, affiche complet et très tôt avant l’ouverture des portes les traditionnels T-shirts Tagada Jones et Ramoneurs de Menhirs se mêlent aux divers patchs Exploited et autres visuels de la mouvance Punk. Sans hésitation, ce n’est pas Michel Sardou qui se produit ce soir-là. La file d’attente s’allonge devant les portes de la salle lilloise et dès l’ouverture, les premiers rangs sont pris d’assaut pour assister au set de Bare Teeth. La formation lilloise a reçu la difficile tâche de chauffer un public déjà acquis à la cause bretonne du soir. Originaire de Lille, Bare Teeth distille un Punk/Rock se moquant pas mal des étiquettes. Punk/Rock ? Thrash/Pop ? Tant que l’énergie, les gros riffs et les mélodies sont là, pas la peine de chercher plus loin. Avec leur album First The Town, Then The World sorti le 19 mai sur différents labels internationaux, les quatre Lillois ont déjà pu partir à l’assaut des scènes de France, de Belgique, des Pays-Bas, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Autant dire qu’ils ont de l’expérience les gaillards. Néanmoins, le groupe fait les frais du sort trop souvent réservé à la première partie, c’est-à-dire un son moyen où les parties de guitare sont noyées dans une marée de basse et de grosse caisse ce qui ne permet pas au public de distinguer correctement les morceaux. Le groupe donne pour autant tout sur scène et certaines mélodies rappelant des standards Rock Américain donnent un certain charme à leur set. Tout comme un moteur diesel, la mayonnaise met du temps à prendre. A leur sortie de scène, c’est un sentiment en demi-teinte qui nous assaille. Bare Teeth aurait mérité un meilleur accueil et surtout un meilleur son pour dévoiler tout son potentiel.

 

C’est dans le calme du changement de plateau que Loran, figure emblématique du Punk, arrive sur scène pour faire les derniers réglages de sa Gibson et de sa boîte à rythme. Les Ramoneurs de Menhirs passeront bien avant Tagada Jones, contrairement au concert de Carvin. Au programme : 1h15 de set, trop court selon Loran. Le mot d’ordre est simple et efficace : balancer les classiques des Ramoneurs entrecoupés de morceaux du nouvel album Breizh Anok et des traditionnels Bérurier Noir. Le concert démarre en trombe avec « Exarhia » où le public ne se fait pas prier pour retourner Le Splendid. Ce soir, le groupe est accompagné de deux sonneurs supplémentaires afin de jouer les morceaux du dernier album. Cela offre un plus au concert : on ressent encore plus les sonorités bretonnes qui se mêlent parfaitement aux rythmes ravageurs de Loran. « Dans Gwadek 1 » provoque l’hystérie générale. L’enchaînement des morceaux nous prouve une nouvelle fois que l’esprit et la musique des Ramoneurs sont devenus populaires. On ne peut que se réjouir de l’ambiance du concert. Loran, comme à son habitude, remercie le public de s’être déplacé en masse, saluant le « bon esprit du concert ». Entre reprises des standards Punk de Crass et autre Bérurier Noir, le set des Ramoneurs se déroule sans encombre. Le collectif fait le boulot. C’est avec beaucoup de surprise que le groupe interprète le titre « Porcherie », véritable classique des Bérus, revisité à la sauce Ramoneurs de Menhirs. L’effet de surprise est total sur le public. Le temps de présenter et remercier une nouvelle fois les membres du groupe et les organisateurs du concert sur le titre « Vive le Feu », les Ramoneurs quittent la scène sur le titre « La Blanche Hermine » repris en cœur par un public conquis et reconquis une nouvelle fois. Les gars, vous revenez quand vous voulez.

Le temps de reprendre ses esprits autour d’un verre de houblon, les spectateurs sont invités à prendre part à la démonstration de force de Tagada Jones. Le concert prend une autre dimension avec l’arrivée du quatuor breton emmené par son leader charismatique Niko. C’est une armada qui débarque sans prévenir. Un énorme backdrop en référence au dernier album du groupe La Peste Et Le Choléra, un light-show du tonnerre et un son à en retourner les premiers rangs. Demandez à nos oreilles, elles en pleurent encore. Sur le concert, rien à dire. Pour les personnes qui avaient déjà vécu le concert de Carvin, celui-ci est un copié/collé. Le même concert que les autres, certes, mais Tagada Jones dégage une énergie sans pareille. Les musiciens semblent déchaînés ce soir. Très peu de dialogue, le public est là pour se prendre un véritable mur de son. « Envers Et Contre Tous », « Zéro De Conduite » et « La Peste Et Le Choléra » s’enchaînent à vitesse grand V. Mention spéciale à Waner, véritable boule d’énergie, arpentant la scène de long en large, faisant tournoyer sa basse dans tous les sens. C’est une 1h15 de folie qui se déroule au Splendid ce soir. Le concert est marqué par de nombreux hommages notamment aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 à travers le titre « Vendredi 13 ». Rejoint par les Ramoneurs de Menhirs, Tagada Jones interprète le titre « Morts Aux Cons », devenu l’hymne du groupe à en voir le public. Loran, un brin éméché, scande ses messages de paix et de tolérance tout en reprenant les paroles de « Petit Agité » de Bérurier Noir. Le groupe, sans rappels inutiles, quitte le public sur un ultime hommage à Parabellum.

Au terme de notre soirée, si certains pourraient avoir un sentiment de déjà-vu, nous repartons tout de même avec la sensation d’avoir une nouvelle fois assisté à la réunion de deux groupes qui déplacent les foules et qui font preuve d’une générosité sans pareille. Ce concert nous aura permis d’écouter les nouveaux titres des Ramoneurs de Menhirs et de voir que Tagada Jones a encore beaucoup d’énergie à revendre. L’avenir semble radieux pour ces deux formations.

 

Crédits photo : Phenix Galasso Photography

A propos de l'auteur

Simon

Rédacteur (Hard Rock/Heavy/Thrash). Professeur d’Histoire / Géographie. Inconditionnel d’AC/DC et de Pink Floyd. Rugbyman de cœur et dans la vie. Headbangeur à ses heures perdues.

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