Il y a quelques mois déjà, nous apprenions le départ d’Austin Carlile, le frontman du groupe Of Mice & Men, un départ causé par la maladie… Son chanteur rencontre des problèmes de santé, certes, mais jamais le groupe n’a songé à le remplacer. C’est tout simplement le bassiste du groupe qui a pris le relais. Et il faut croire que ce Of Mice & Men 2.0. a été adopté par les fans vu leurs réactions « post performance Hellfest » en juin dernier. Tout naturellement, le groupe revient avec Defy, un album que nous a présenté Valentino en décembre dernier lors de son passage à l’Olympia. 

Propos de Valentino « Tino » Arteaga recueillis par Axl Meu le 4 décembre 2017.


Salut ! Vous venez d’ouvrir à l’Olympia dans le cadre de votre date parisienne en compagnie de Five Finger Death Punch et d’In Flames. Tout s’est bien passé ? 

C’est un honneur que d’avoir pu nous produire à l’Olympia !

C’était votre première fois à l’Olympia ? 

Oui ! Nous en avions entendu beaucoup de bien… Encore une fois, nous avons du mal à nous rendre compte que nous sommes parvenus à nous produire dans cette salle.

Comment avez-vous fait pour ouvrir pour ces groupes ? C’est le management de Five Finger Death Punch qui vous a invités ? 

C’est une histoire d’agence de booking… Nous avons partagé plusieurs fois la même affiche dans le cadre de différents festivals. Et pour finir, Five Finger Death Punch nous a invités pour cette tournée ! Avec cette tournée, les fans en ont pour leur argent, trois excellents groupes de Metal qui partagent la même scène le temps d’un soir… C’est un rêve qui devient réalité pour nous !

J’imagine que vous avez joué quelques nouveaux morceaux ce soir…

Oui ! Nous en avons joué deux qui seront présents sur notre prochain album, « Unbreakable » et « War Zone ». Nous avons également joué « Pain », « You Make Me Sick » et « The Depths ». C’était court, mais très intense ceci-dit.

Vous avez choisi de jouer ces deux nouveaux morceaux, car c’est ceux qui fonctionnent le mieux ? 

C’est simple. On a choisi de jouer ces deux titres afin de donner un avant-goût à nos fans et les faire patienter. Nos concerts sont très importants à nos yeux. On essaie de faire honneur à tous ces fans qui ont fait le déplacement pour venir nous voir. Ces personnes adorent ce style et nous devons tout simplement donner le meilleur de nous-mêmes. Tout le monde dans le public était très enthousiaste. Les concerts de musique extrême ne sont pas comme les autres, et je pense que les fans présents dans le public en sont conscients.

« les concerts de musique extrême ne sont pas comme les autres et les fans présents dans le public en sont conscients »

Dernièrement, Of Mice & Men a rencontré quelques difficultés, notamment à cause des problèmes d’Austin Carlile. Il a dû quitter les rangs. Mais vous n’avez recruté personne pour le remplacer. C’est Aron, votre bassiste, qui a pris le relais. 

Oui, voilà, c’est ça… On savait depuis quelques mois maintenant qu’il allait quitter le groupe afin de se concentrer sur ses problèmes de santé. Il a eu ses problèmes… Du coup, il ne pouvait plus s’impliquer au sein du groupe. C’était vraiment trop dur pour lui. On a décidé de continuer avec les membres restants et Aron a pris le micro. Après, il faut savoir qu’Aron ne part pas de rien. Au contraire, il était déjà prêt, il avait des bases. On savait qu’il était capable de remplacer Austin, sans rencontrer de quelconques problèmes. Après, notre producteur et nous l’avons aidé à trouver sa propre voix sur l’album, tu sais, son propre style lors des sessions d’enregistrement. C’est ça qui nous a aidés à aller de l’avant dans Of Mice & Men. Vraiment, il n’y a rien à redire concernant sa contribution, il a été fantastique. Tu sais, nous sommes très proches dans le groupe. Ça fait cinq ans que nous vivons ensemble. En plus d’être un excellent bassiste, il a surpris tout le monde dans le studio d’enregistrement quand il s’est mis à crier. On s’est lancé un sacré défi avec cet album. En fin de compte, je pense que nous l’avons surmonté haut la main.

Cold World est sorti il y a deux ans maintenant et malgré le départ d’Austin, vous êtes parvenus à vous renouveler assez rapidement avec Defy.

Quand nous avons dû annuler notre tournée (en octobre 2016, NDLR), on savait que tout serait différent par la suite. Nous étions même censés passer par Paris. Nous étions totalement dévastés. Tu sais, le fait de voir notre ami se donner beaucoup de mal, le voir s’épuiser pour cette cause qui nous rassemble, cette chose qu’il aime, était assez difficile à voir. Il a été hospitalisé, mais nous n’avions pas anticipé quoi que ce soit. C’est vraiment quand le besoin d’écrire s’est manifesté que nous avons repris le chemin des studios. Nous écrivons régulièrement, où que nous soyons, c’est vraiment ça qui nous motive. Nous prenons notre guitare et on compose. Nous écrivons sur quelque chose qui nous tient à cœur. Nous ne nous forçons pas, ça ne servirait à rien. Nous savions que nous allions tourner énormément avec le groupe, nous nous sommes concentrés sur Of Mice & Men et avons donné le meilleur de nous-mêmes. C’est vraiment après le Hellfest que c’est devenu très excitant pour nous. Par exemple, nous avons composé le morceau « Instincts » pendant la saison estivale.

Quand j’ai réécouté Cold Word, je me suis rendu compte que ce dernier était bien plus Ambiant que Defy. Le nouveau est peut-être un peu plus « rentre-dedans ».

Chaque album de Of Mice & Men reflète ce que nous sommes à un moment précis de notre carrière et ce à quoi nous pensons. Il y a toujours une source d’inspiration, aussi particulière soit-elle. Composer un album, c’est comme écrire un livre… Cold World était un album sombre, c’est vrai, c’était intentionnel car il reflétait de la société dans laquelle nous vivions. Il y a pas mal de choses qui ne tournent pas rond sur cette planète et nous ne voulons pas passer notre temps à nous plaindre sur les réseaux sociaux. Nous devons créer une entité qui puisse refléter tout cela. C’est notre devoir. Pour Defy, c’est différent. Peut-être qu’il reflète les problèmes qu’a rencontrés le groupe dernièrement. En tout cas, c’est une partie de nous-mêmes qui est présent sur cet album. Le plus important pour nous, c’est d’entrer en contact avec nos fans par l’intermédiaire de notre musique. Et si nos albums sont différents, c’est tout simplement parce que nos vies changent année après année. On partage nos expériences et on met tout ça en boîte.

Ce qui est surprenant avec Of Mice & Men, c’est que vous continuez de sortir vos albums à un rythme effréné. Trois albums en quatre ans, ce n’est pas rien. 

J’aurais bien voulu en sortir bien plus ! (rires) Et nous pourrions le faire, nous écrivons tellement de morceaux. Tu sais, les histoires de label, pour moi, ça ne signifie pas grand chose. Ce que nous voulons nous, c’est faire de la musique, un point c’est tout. Nous voulons satisfaire nos fans et répondre à leur demande. C’est vrai que c’est beaucoup… Trois albums en quatre ans, c’est vraiment énorme… Mais nous aurions pu sortir un double album. Peut-être qu’on le fera un de ces quatre.

« Le plus important pour nous, c’est d’entrer en contact avec nos fans par l’intermédiaire de notre musique »

Vos titres sont particulièrement courts. Ils ne dépassent que très rarement le seuil des quatre minutes.

Nous nous moquons un peu de savoir si le morceau va faire deux, trois ou quatre minutes. On ne nous a jamais posé cette question avant pour tout te dire. On fait ce que l’on a à faire, on ne se dit pas : « Il faut que ce morceau soit long, celui-ci moins ». Nous ne voulons pas ressembler à ces groupes comme Opeth qui écrivent des morceaux de huit minutes, ça ne nous irait pas. Nous ne voulons pas nous forcer, tout vient de manière instinctive.

Est-ce que tu peux nous parler de la relation que vous entretenez avec votre label, Rise Records ? 

C’est notre label depuis très très longtemps. Il nous aide depuis nos débuts. Pour la petite histoire, j’étais au lycée avec notre label manager, nous avons fait nos armes dans la musique ensemble. C’est comme un frère maintenant. J’ai beaucoup de respect pour lui. Nous avons persévéré ensemble.

En ce moment, vous êtes en tournée avec In Flames et Five Finger Death Punch. Quels sont vos futurs plans ? 

Nous allons revenir en France dans le cadre d’une nouvelle tournée où nous serons headliner. Nous pourrons ainsi nous produire plus longtemps et présenter nos nouveaux morceaux. Nous voulons toujours plus concerts, toujours plus de tournées, toujours plus d’albums, toujours plus de clips !


Of Mice & Men, c’est : 

Valentino « Tino » Arteaga : Batterie

Phil Manansala : Guitare

Alan Ashby : Guitare

Aaron Pauley : Chant, Basse

Discographie : 

Of Mice and Men (2010)

The Flood (2011)

Restoring Force (2014)

Restoring Force : Full Circle (2015)

Cold World (2016)

Defy (2018)

 

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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