Feed The Rhino ! Encore inconnu du grand public français, le groupe britannique s’est pourtant construit une réputation sans failles ces dernières années chez lui, en Angleterre. Mais pas question de rester en Angleterre ! Et si 2018 était l’année de tous les défis pour Feed The Rhino ? Et si son nouvel album, The Silence, lui permettait de s’exporter un peu plus en Europe ? En tout cas, c’est bien parti ! Quelques jours avant notre entretien avec Lee Tobin, le chanteur de la formation, le Hellfest dévoile son affiche… Et devinez quoi, les Anglais y figurent !

Propos de Lee Tobin (chant) recueillis par Axl Meu.


Salut ! Vous êtes déjà bien connus en Angleterre, ce qui n’est pas le cas ici en France. On commence tout juste à vous découvrir. Est-ce que vous pouvez vous présenter ? 

Oui ! Alors, nous sommes Feed The Rhino, nous venons du Royaume-Uni. Je suis Lee Tobin, le chanteur du groupe, et je suis accompagné de James et Sam qui sont à la guitare, Chris est à la batterie et Oz est à la basse.

Qu’est-ce qui vous a motivés à faire de la musique ensemble ? 

Nous sommes avant tout de très bons amis, et surtout des « music lovers ». Nous aimons tout ce qui se fait en termes de musiques extrêmes, mais on est ouverts à tout. On s’est formés dans le but d’écrire des musiques qui soient à la fois pleines de hargne et à la fois agréables à l’oreille.

Quelle est votre stratégie pour commencer à percer un peu partout sur le territoire français ? Vos prestations en France sont encore très très rares.

Oui, c’est vrai… Nous nous sommes déjà produits en France. C’était en 2012, je crois (en effet, le groupe s’est produit à Paris, à la Maroquinerie le 19 septembre 2012 en ouverture de Gallows, NDLR). On va vraiment faire de notre mieux pour percer chez vous. Après, nous sommes quand même bien épaulés par Century Media, certainement l’un des plus gros labels de musique en Europe. On compte également sur les médias pour récupérer le maximum de fans français ! Après, nous sommes britanniques, nous n’habitons pas très loin de chez vous !

The Silence sort quatre ans après The Sorrow and The Sound. Pourquoi avez-vous pris tant de temps ? 

Tu n’es pas le premier à me le demander. À l’époque de The Sorrow And The Sound, nous avions un rythme de vie effréné. Nous nous sommes par exemple produits sur la grande scène du Festival de Leeds. Le groupe se produisait sans arrêt, mais au fur et à mesure, on se rendait compte que quelque chose ne tournait pas rond dans le groupe. On avait déjà commencé à travailler sur le successeur de The Sorrow and The Sound, le morceau « Featherweight » était déjà composé, mais ça n’allait plus trop. Si on avait continué comme ça, on aurait changé de line-up, ou pire encore, mis un terme à son aventure, mais non. Il faut rappeler que nous sommes avant tout un groupe d’amis. On a préféré discuter, prendre nos distances pour mieux nous retrouver. Quand tu vois que les relations se dégradent entre les membres du groupe, ce n’est pas la peine de penser à un nouvel album. On ne savait pas qu’on allait prendre quatre ans, enfin… ce n’est pas vraiment quatre ans quand on calcule bien, car notre dernière grosse date remontait à 2016, mais on avait besoin de faire une pause.

 « Il faut rappeler que nous sommes avant tout un groupe d’amis. On a préféré discuter, prendre nos distances pour mieux nous retrouver. »

Votre musique distille un savant mélange entre Hardcore et Neo Metal. C’est également très moderne. Comment définirais-tu ta musique ? 

On ne parle pas de « genre » chez Feed The Rhino. On ne met pas nos musiques dans des cases. On s’intéresse vraiment à tout type de musique. Nous ne sommes pas assis et nous ne nous sommes ni dits : « bon, formons un groupe de Metalcore ». Parfois, on pourra dire que nos morceaux prennent une tournure plus Heavy, parfois, une tournure plus Hardcore. Je pense que nous avons réussi à mélanger plusieurs styles de musique pour en faire ressortir quelque chose de très intéressant. Nous avons réussi à prendre le meilleur de ces styles pour ensuite forger l’identité de Feed The Rhino. Je pense que The Silence est la concrétisation de tout ce que nous avons entrepris sur nos trois premiers albums.

Il y a une belle évolution entre The Sorrow and The Sound et The Silence. Tu crois que c’est lié à la pause que le groupe s’est permise ?

Oui, vraiment. Je pense vraiment que ça nous a aidés à sortir le meilleur de nous-mêmes. Tu sais, tous les groupes rencontrent des problèmes à un moment donné de leur carrière. On a surmonté tout ça. Il fallait qu’on fasse la part des choses entre nos vies personnelles et notre vie au sein du groupe. On est vraiment revenus plus frais après cette pause. On a pris le meilleur, on l’a inclus dans l’album et je pense que ça se ressent.

Quelle métaphore se cache derrière le titre de l’album, The Silence ? 

Toutes les personnes qui suivent le groupe savent que notre musique est assez « rentre-dedans », que ce soit les paroles ou la musique en elle-même. Et tout cela, ça reflète bien notre personnalité. Avec un tel titre, on ne peut pas vraiment se faire une idée de notre musique, et pourtant, c’est vraiment avec ce genre d’albums que tu as envie de montrer le volume. The Silence était le titre qui correspondait le plus à l’album. C’est peut-être contradictoire, mais ce disque encourage à mettre le volume à fond !

Quand j’ai écouté The Silence, j’ai été agréablement surpris par sa production. Les morceaux, pourtant très typés Hardcore, jouissent d’une production très lisse, qui est très loin de ce que l’on pourrait attendre d’un groupe de la trempe. 

Oui, c’est un point intéressant à soulever. Il faut savoir que c’est notre bassiste qui l’a produit, dans son propre studio d’enregistrement. Oz connaissait bien les morceaux et nous avons pu lui faire confiance. Quand nous avons écrit les morceaux, nous savions déjà comment ils allaient sonner. Quand nous avons commencé à enregistrer l’album, Oz a tout supervisé, il savait comment toutes les pistes devaient sonner. Nous n’avons pas vraiment rencontré de problèmes pour mettre cet album en boîte.

Les morceaux comprennent tous des refrains extrêmement bien ficelés, construits de sorte qu’ils restent en tête. 

Absolument. Quand nous avons écrit les morceaux, nous avons beaucoup réfléchi à leur forme générale. Conséquence, les refrains de ce nouvel album sont plus reconnaissables. Le truc, c’est qu’il faut que les fans se souviennent de l’album, de ses morceaux. Ce n’est pas toujours évident d’écrire des refrains qui fédèrent. C’est cool d’écrire des riffs, mais d’un autre côté, il faut se concentrer sur toutes les parties d’une chanson. Je ne pense pas qu’il n’y ait qu’une seule partie qui doit sortir du lot, mais il s’avère que les refrains tiennent une place primordiale. La place que nous avons donnée aux refrains est donc très importante. Rien n’a été laissé au hasard. Je pense que c’est pour cette raison que l’on peut dire que The Silence est l’album le plus abouti de notre discographie.

Il y a deux jours, vous avez posté un video-clip de « Timewave Zero ». Chose incroyable, vous avez pulvérisé les scores. Il y a eu plus de 13 000 vues en une seule journée ! 

En fait, je ne porte pas trop d’importance à tout cela, je ne suis pas du genre de « checker » le nombre de vues ou de « likes » que j’ai sur mes comptes. Après, c’est vrai que ça m’a étonné quand j’ai vu qu’il y avait déjà 13 000 vues… Je pense qu’il doit y en avoir 18 000 maintenant. C’est bon signe ! Mais après, en tant que groupe, nous savons très bien que tout le monde n’apprécie pas notre musique. Les goûts et les couleurs… Générer tous ces commentaires, c’est vraiment encourageant. Que ce soit les réactions de nos premiers fans, ou des autres, ils ont tout été très enthousiastes. J’espère que l’album aura la rayonnement qu’il mérite. S’il peut rafler quelques fans français, allemands, norvégiens sur le passage, c’est tout bon pour nous. Je pense que notre nouvel album est un bon moyen de découvrir notre musique, de même que ce nouveau clip « Timewave Zero ». Ce morceau, c’est du Feed The Rhino tout craché ! Il y a de très bons riffs, des mélodies très prenantes, des refrains très accrocheurs… Le groupe dégage vraiment « quelque chose » sur ce morceau !

« Il y a de très bons riffs, des mélodies très prenantes, des refrains très accrocheurs… Le groupe dégage vraiment « quelque chose » sur ce morceau ! »

Parlons à présent de vos prestations. Votre dernière performance remonte au 29 juillet dernier. C’était dans le cadre du Fat Lip Fest. Vous vous y êtes produits avec pas mal de groupes britanniques que nous ne connaissons pas trop en France. Penses-tu que tu appartiens à une nouvelle vague de Metal britannique ?

Oui. Il y a beaucoup de nouveaux groupes qui émergent en ce moment en Angleterre. Pour notre prochaine tournée, nous pensons à faire venir quelques-uns de ces groupes avec nous. J’aime beaucoup me produire dans le cadre de festivals, car non seulement cela te permet d’aller voir les groupes que tu aimes, mais aussi car certains festivals prennent des risques en programmant de jeunes groupes. C’est une initiative que je salue !

Vous vous êtes produits à deux reprises au Download Festival, celui qui a lieu en Angleterre.

Ces deux prestations font partie de notre histoire. Le Download Festival est l’un des plus gros festivals en Europe, et le fait de nous y être produits à deux reprises me rend d’autant plus fier. Il y a vraiment des tonnes de groupes super au Download. Nous nous sommes produits sous la Pepsi Max Tent.

On aurait pu croire que vous seriez également à l’affiche du prochain Download Français, mais ce n’est pas le cas, du moins, pas encore.

On essaie ! Malheureusement, ce n’est pas si simple. On voudrait bien les appeler et leur dire qu’on arrive, mais non, on ne peut pas. Nous travaillons pour et si on nous donne l’opportunité de nous produire là-bas, nous le ferons. Après, nous sommes pas mal servis, puisque nous sommes à l’affiche du Hellfest. incroyable… L’affiche est très alléchante et quand on nous a proposé de nous y produire, nous avons accepté ! Mais crois-moi, si Live Nation France nous propose de nous produire au Download, nous viendrons.

Que sais-tu du Hellfest?

Je sais que ça va être incroyable. Les groupes à l’affiche sont tout simplement géniaux. Je sais qu’il y a de très bons groupes qui s’y produisent tous les ans, toutes les scènes proposent des groupes de qualité et j’ai entendu dire que l’atmosphère était très cool également !

Tu sais que c’est déjà complet ?

Oui ! Ils ont vendu tous les tickets avant que les premiers noms soient annoncés. C’est dire la fidélité des festivaliers pour cet événement. Ça prouve bien que le Hellfest est l’un des plus gros festivals en Europe. Il s’agit d’un des premiers festivals que l’on est en droit d’annoncer et on ne pouvait pas rêver mieux !

Le Grande-Bretagne a longtemps été considéré comme l’un des pays les plus riches en matière de musiques extrêmes. C’est du moins l’idée que l’on véhicule depuis l’avènement des groupes appartenant à la New Wave Of British Heavy Metal. Est-ce que tu penses que c’est toujours le cas ?

Je ne sais pas… À vrai dire, les Britanniques ont toujours eu ce truc, et ce dans tous les styles. L’industrie musicale se porte très bien en Angleterre, il y a de très bons groupes. Mais en Europe aussi… Il y a de très bons groupes partout !

L’année 2017 touche à sa fin. Que pouvons-nous souhaiter à Feed The Rhino pour 2018 ?

Beaucoup de dates ! Un accueil digne de ce nom pour The Silence ! Du succès… On a vraiment passé beaucoup de temps à concevoir cet album.


Feed The Rhino, c’est : 

Lee Tobin : Chant

James Colley : Guitare

Sam Colley : Guitare

Chris Kybert : Batterie

Oz Craggs : Basse

Discographie : 

Mr. Red Eye (2010)

The Burning Sons (2012)

The Sorrow and The Sound (2014)

The Silence (2018)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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