SHINING

X – VARG UTAN FLOCK

Black Metal

Season of Mist

4/5


Kvarforth aka Niklas Olsson a fait naître Shining à l’aube de 1996. Le groupe a depuis composé dix albums studio dont le point d’orgue est certainement V : Halmstad. Halmstad est certainement l’album de Shining le plus abouti de par sa richesse, sa pluralité de styles et d’atmosphères mais il serait mal venu de résumer la carrière de Shining à ce seul album car chaque album du projet montre une avancée dans le monde sombre et nihiliste voulu par son leader. C’est une recherche sans fin de ce que le monde recèle de plus noir, livréE par Shining de façon cru et sans détour.

X – Varg Utan Flock fait jeu égal avec la qualité émotionnelle de V – Halmstad. On retrouve beaucoup d’éléments introspectifs et les nuances musicales exceptionnelles qui ont fait la renommée de l’album de 2007. De bout en bout, on est emballé par cet album, les vocaux de Kvarforth résonnent si fort de douleurs et de non-espoir qu’ils en deviennent parfois suffocants tant le malaise qui accompagne les titres est palpable.

« Svart Ostoppbar Eld » entame la cérémonie sur une ambiance Indus/Black effrénée pour s’interrompre, et comme souvent chez Shining, laisser parler une partie acoustique et planante qui tombe à la perfection. Le solo qui en découle est empreint de mélodies et feeling. Le titre s’achève avec lourdeur et cris déchirants. Une première piste qui augure du bon, voire du très bon pour la suite. Et effectivement ce qui suit n’aura de cesse de nous transporter encore plus en avant dans les méandres de l’univers de Shining (Kvarforth).  X – Varg Utan Flock distille sans hésitation la rage, la détresse, vomit le dégoût de nos contemporains, s’appuyant plus encore sur les mélodies et les ambiances pour donner à chacun des titres cette dimension malsaine, prenante et obsédante.

« Jag Är Din Fiende », « Han Som Lurar Inom » continuent sur des sonorités Black ’n’ Roll. Des titres inspirés, où le Black est toujours en filigrane comme la fondation ultime de chaque composition.
« Gyllene Portarnas Bro » et le quasi instrumental « Mot Aokigahara » aux accents bluesy sur le solo font la part belle aux sublimes mélodies avec des sonorités plutôt inattendues. Pour le coup, Shining envahit l’espace d’un Solstafir ou de Woods Of Ypres dans ce que ces deux combos proposent de plus atmosphérique. La mélancolie et la dépression, ainsi que le sentiment d’isolement que dégagent ces deux titres sont enivrants et torturants.

Rien ne semble avoir été laissé au hasard, du timing des titres aux arrangements. La cohérence et l’urgence de la musique interpellent. Construit très subtilement et avec beaucoup d’âme, X – Varg Utan Flock s’insinue avec profondeur en nous, un album qui replacera Shining dans le cœur de ceux qui avaient aimé V – Halmstad

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