SAXON

THUNDERBOLT

Heavy Metal

Silver Lining Music

3,5/5


On ne les présente plus, Saxon. Toute une époque, les motos, les spandex de Biff, « 747 (Strangers In The Night) », les tournées qui n’en finissent plus, la New Wave Of British Heavy Metal… Tant de qualificatifs pour une formation qui a toujours persisté, qui a toujours su évoluer, et ce à travers les époques et les prismes. Alors, nous sommes en 2018 et Saxon ne se repose pas, ne se repose jamais et ne compte pas se reposer. Le revoilà déjà, à peine la tournée de Battering Ram digérée, avec un nouvel opus, synonyme de nouvelles tournées (sic), c’est Thunderbolt

Et les gimmicks sont intacts. Ne vous attendez pas à de quelconques nouveautés de la part des Britanniques, car vous n’en aurez pas. En effet, le groupe fait du « pilotage automatique » en proposant des structures classiques, mid-tempo pour la grande majorité des titres : « introduction / couplet / pré-couplet / refrain / couplet / solo… » à l’instar de « Thunderbolt » (introduit par l’épique « Olympus Rising ») et « Nosferatu (The Vampires Waltz) », un titre nourri par d’obscures nappes de synthé.

Saxon ne se gêne pas et finit même par se copier lui-même sur le final « Roadie’s Song », un titre qui n’est pas sans rappeler le classique « 747 (Strangers In The Night) ». On ne parlera pas d’auto-plagiat, mais il est en effet intéressant de constater que les automatismes et le style du groupe sont restés intacts, 39 ans après la sortie de son premier album éponyme (1979).

Parmi cet amoncellement de riffs « old school », quelques titres parviennent à sortir du lot et accrocheront à coup sûr les nombreux fans déjà mangés à la sauce des Britanniques. Parmi eux, il y a « A Wizard’s Tale » qui, par exemple, esquisse des mélodies incisives sur un tempo effréné. Pareil pour le titre « Sons Of Odin », qui dans un autre registre, rassure avec son couplet en trois temps rappelant « Heaven and Hell » de Black Sabbath et son break mélodique, archiclassique mais efficace.

Saxon n’a plus rien à prouver en 2018 et ce serait faire du tort aux membres que de prétendre l’inverse. Thunderbolt est un disque sans prétentions quelconques. C’est un disque de passage qui témoigne de la constance dont fait preuve le groupe aujourd’hui. Thunderbolt se veut le porte-parole de la forme d’un chanteur, Biff Byford, dont le timbre de voix est reconnaissable entre mille, de son ouverture à d’autres styles comme le Death Metal (on peut entendre Johan Hegg d’Amon Amarth pousser la chansonnette sur « Predator ») et de la « classitude » de Paul Quinn que l’on voit déjà interpréter « The Secret Of Flight » (lui aussi épaulé par une nappe de clavier) sur scène…

Thunderbolt est également l’album d’un hommage : celui de Biff & Co au line-up original de Motörhead avec ce titre « They Played Rock And Roll », qui tombe malheureusement à pic avec la disparition de Fast Eddie Clarke… Un titre de « l’amitié », une tranche de vie… « They Played Rock And Roll », c’est du Saxon mis à la sauce « Motörhead » et il est sans doute le moment le plus fort de l’opus.

Bref, il n’y a pas de quoi sauter au plafond, mais bon, Saxon est en forme et le prouve avec ce nouveau méfait. Disons que Thunderbolt est un « juste » album de plus dans l’immense discographie du groupe. Néanmoins, il ne fait aucun doute que les inconditionnels l’ont déjà adopté. 

A propos de l'auteur

Axl

Fondateur et rédacteur en chef de Sounds Like Hell Fanzine ✠ Également rédacteur chez Metallian et Metal Cunt.

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