Ça fait quelques mois que Vincent et son association, Kyass Korp, investissent régulièrement le Red Studio de Douai pour y proposer leur concept particulier. Il s’agit à la fois de faire jouer les groupes locaux, et certaines pointures, pour un tarif abordable. Mais ce n’est pas tout, le ticket permet également aux fans de se restaurer (un chili et un shooter sont compris dans le prix) et de participer à un tirage au sort avec, à la clef, un voyage (Barcelone, Amsterdam, selon les soirées…).

Tout n’a pas été toujours facile pour l’association, car malgré l’acharnement des bénévoles, les soirées n’ont pas toujours porté leurs fruits à chaque date… Et le succès est plus ou moins mitigé. Mais, profitant de la disponibilité de quelques groupes d’envergure, l’association a promis de belles choses. Il fallait se rendre ce vendredi 16 février 2018 au Red Studio de Douai pour s’en rendre compte : Psykup et son « autruche » Metal étant conviés, les groupes locaux (Mindnetic, Virgil, Treyharsh et les Belges de Sœur Mojitopless…) n’ont pas eu trop de mal à assurer leurs fameuses préventes.

Les portes ouvrent à 18h30. Le public tarde à pointer le bout de son nez (certains n’étant venus que pour la tête d’affiche…) et il semble que les groupes aient pris du retard. Sœur Mojitopless affine les réglages de ses amplis, et investit enfin la scène. Quelques mots sur ces aficionados du mojito. Formés en 2016, les Sœur Mojitopless proposent un Punk Rock à la frontière du Metal, mis en voix par un « hurleur » qui chante en français. Début de soirée oblige, les Belges ont du mal à chauffer le public douaisien. Il faut dire qu’ils sont inconnus au bataillon, et que malgré une belle dynamique de scène (Syd et Air Jee se partagent les parties chantées), le manque de précision se faire clairement ressentir, surtout en ce qui concerne les parties de lead.

Mindnetic prend la suite et balaie le Rock des Belges en quelques mesures avec son Metal moderne taillé pour la scène. Alors, chacun des membres est dans les starting-blocks et fait de son mieux pour attirer le maximum de public devant la scène. Et malgré l’aspect répétitif de quelques parties (et c’est le style qui veut cela), le constat sera sans appel pour les Nordistes. Mené par un charismatique (et géant) frontman, Mindnetic propose des compositions abouties, « carrées », flirtant avec le Djent de temps à autre. « Circles » en est d’ailleurs le meilleur exemple. Bref, Mindnetic surprend et finit par convaincre.

Déjà bien connu de la rédaction de Heretik Magazine, Virgil poursuit son bout de chemin et continue de vanter les mérites de son premier EP, Initium. Alors, pas de surprises pour nous, on y redécouvre ce riffing très sombre, limite « Black Metal » dans l’âme, mangé à la sauce « Gojira » et ces parties chantées plus typées « Deathcore ». Ce serait la recette du succès selon les Nordistes. Les compositions se veulent diversifiées et le groupe n’hésite pas à promouvoir le morceau le plus mélodique (et entêtant) de son répertoire « Fall From Grace », disponible sur Youtube. L’ensemble est maîtrisé, et Virgil progresse.

Venant de Douais, Treyharsh s’offre le confort de jouer juste avant Psykup. Alors, une partie des proches du groupe avait fait le déplacement pour assister au premier concert du groupe depuis son changement de line-up (Remy est désormais à la basse). Néanmoins, malgré l’aisance scénique et vocale dont font preuve les membres du groupe, la musique de Treyharsh, qui distille un mélange entre de Death et de Thrash, est clairement moins percutante que celle de ses prédécesseurs. Il faut dire que tout est plus lourd, à l’instar du titre « Death At The Door », dont le riffing et la voix ne sont pas sans rappeler un certain Lamb Of God. Bref, Treyharsh n’a peut-être pas distribué des claques par paquets de 100 ce soir, mais a rassuré quant à sa forme.

Psykup a Douai… Directement, le niveau monte de plusieurs crans et le public s’amasse au bord de la scène. Car qui a été bercé par les sonorités « Metalliques » dans les années 2000 a forcément flirté avec la musique des Toulousains. Bref, après avoir retourné la fosse Du Metal à la Campagne, les Psykup sont de retour dans le Nord et comptent bien prendre la température avant leur date au Betizfest (avril prochain). Les mini-stroboscopes sont de sortie, et le Red Studio n’est pas loin d’afficher complet ! Grosse ambiance en perspective !

La décadence et le mélange des styles étant de rigueur, personne n’y a vu d’inconvénients à ce que Milka et ses sbires sortent leur chemise hawaïenne… Comme à leur habitude, les cinq gus montent sur scène sur le thème de « Surfin Usa » des Beach Boys, de quoi rebuter d’entrée de jeu le « die-hard » des 80’s. Tout le concert durant, les Toulousains promeuvent leur nouveau méfait, Ctrl+Alt+Fuck… et n’hésitent pas à revenir sur Le Temps De La Réflexion. Et d’emblée, quand les accords dépaysants de « Violent Brazilian Massage » sont interprétés, la fosse organise un concours de limbo avec du matériel de fortune ! Et, Psykup, qui n’a pas modifié sa setlist, parvient quand même à fédérer avec les riffing du décalé « Cooler Than God », de l’énergique « Do It Yourself », des autres, tous aussi cool ; « The Intelligence » et « Crisis Of Today » ! Ça groove et, d’autre part, les alliances vocales de Milka et Julien font un bel effet sur la masse. Ces derniers réussissent l’exploit de ne jamais faire retomber l’ambiance du Red Studio, jusqu’aux derniers titres, « L’Autruche » (qui a donné son nom à un mouvement musical à lui tout seul), et « Teacher ».

C’est une franche réussite pour le Red Studio et l’association Kyass Korp. Maintenant, gageons tout simplement que cette édition prometteuse débouche sur d’autres aussi mémorables. Et si on remettait le couvert demain à la Trav’Hell « Douai Or Die » session, avec à l’affiche Do Or Die, Kause 4 Konflikt, Morpain, Mindslow, Raise Your Shield et Nec Silentia ?

 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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