Anvil fait partie des références du Hard Rock, c’est indéniable. À vrai dire, peu de groupes Canadiens, à part Rush, peuvent se targuer d’une telle longévité. Néanmoins, tout n’a pas toujours été facile pour Lips et ses acolytes : problèmes d’alcool, débauche dans tous les sens du terme… C’est sûrement grâce au film Anvil! The Story Of Anvil (rappelant que le groupe a influencé les plus grands tels que Slash, Tom Araya et Scott Ian) que le groupe est parvenu à renouer avec le succès. Quoi qu’il en soit, les die-hard, les vrais de vrais, ceux qui ont suivi l’évolution du groupe depuis ses débuts, se sont donnés rendez-vous à Courtrai le samedi 24 février dernier pour découvrir en live Pounding The Pavement sorti via SPV/Steamhammer en janvier dernier. 

Live Report : Axl Meu

Crédit photos : Eric Meuriche


Nous sommes à Courtrai, Terre Sacrée du Metal en Belgique, qui malgré le fermeture prochaine de Pop Center demeure toujours une terre très fertile en termes d’animations métalliques. Filip et le De Kreun n’y sont pas pour rien. En attendant, l’Alcatraz Festival, ce dernier nous gratifie de concerts et programme régulièrement des groupes originaux, pour le plus grand plaisir des Metalheads.

Ce soir, c’est Anvil (dont la dernière prestation à Courtrai remonte à 2014) et Trance (un groupe sur lequel nous reviendront ultérieurement dans cet article) ! Malgré les travaux qui nous forcent à entrer par l’issue de secours (à l’origine de nombreux courants d’air, mine de rien), les abords de la fosse seront bien remplis. Néanmoins, le public tarde à se rendre, et c’est devant un public clairsemé que se produit Grey Attack, groupe qui n’était pourtant pas prévu à l’affiche.

Visiblement, personne n’était au courant de la programmation des Allemands, mais il convient d’insister sur le fait que, malgré un concert assez monolithique dans l’ensemble, les cinquantenaires se sont rudement bien défendus ! Un petit Rock US des papas et des morceaux assez bien ficelés, très radiophoniques… C’était donc cela que les Allemands nous avaient préparé ! Alors, ils ont revisité l’ensemble de leur répertoire, en tirant des morceaux de leur album éponyme pour ainsi combler le court temps de jeu qui leur était accordé.

Beaucoup de qualités scéniques. On sent que les Allemands prennent du plaisir à jouer ce style qu’ils ont vu naître. On a affaire à des passionnées qui n’hésitent pas à arpenter la scène en long, en large et en travers, la banane au visage. Néanmoins, en dépit de ces qualités, tout n’était pas parfait. C’est assez « déjà-vu » dans l’ensemble et les compositions peinent à se démarquer. Et dommage, vraiment dommage, que leurs instruments n’étaient toujours pas accordés ! Ça ne sonnait pas du tout sur l’ultime titre…  Ce fut une belle mise en bouche néanmoins.

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Et là, on passe à Trance. Alors, pour les néophytes, ce groupe ne dit rien, vraiment rien. Mais les Allemands sont considérés comme les co-introducteurs du Metal en Allemagne, les premiers à avoir branché leurs guitares, avec Scorpions. Alors on passera sur les anecdotes du groupe, qui se serait inspiré de l’album In Trance de Scorpions pour son patronyme, qu’il changera en 1989 pour devenir Trancemission pour des raisons de droit. Bref, après une deuxième reformation en 2011, ils nous reviennent avec un nouvel album, The Loser Strikes Back.

Après un énième changement de line-up, le groupe nous présente un nouveau chanteur, le jeune Nick Holleman. C’est lui qui a sauvé les meubles ce soir à Courtrai ! La nostalgie a peut-être aveuglé une partie du public, mais pour les autres, ce concert de Trance est la preuve formelle que les musiciens (mis à part le jeune Nick Holleman) ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, surtout Markus Berger, la casquette clouée sur le crâne. Il semble toutefois prendre du plaisir à exécuter ses solos disharmonieux et des parties mélodiques, sûrement efficaces en studio. Le tempo n’est jamais respecté (ah, et ces coups de cymbale mal placés, on en parle ?). Bref, impossible de se faire une image positive de ce groupe qui donne cette fâcheuse impression de « Scorpions du pauvre ».

Et c’est là que le talent de Nick Holleman entre en jeu ! Dans cette immonde cacophonie, il parvient à faire redresser la barre un temps soit un peu et met toutefois en avant ses compagnons de route. Sa voix, très efficace, très perçante, fait parfois oublier les erreurs, le manque de précision et l’inattention de ses compagnons. Il faut quand même le faire, débrancher sa guitare avant la fin du concert. N’est-ce pas Markus Berger ? Bref, à oublier.

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Anvil se prépare donc et son énorme backdrop remplace celui de Trance. Et Steve « Lips » Kudlow fait le show d’entrée de jeu. Il se faufile dans la fosse avec sa Flying V, exécute un solo de guitare et crie dans ses micros de guitare. Lips a de l’énergie à revendre, c’est déjà ça. Néanmoins, malgré l’énergie débordante du power-trio Canadien, quelques problèmes se font également ressentir. La précision est loin d’être de mise, même sur les nouveaux morceaux ! Et c’est un musicien tout tremblotant qui peine à assurer à la fois ses parties de guitare et ses parties chantées auquel nous avons affaire. Alors, la pilule a du mal à passer et nous sommes loin du rendu audio des albums du groupe. Il faut dire qu’il n’est pas évident d’assurer lorsqu’on est à trois sur scène.

Qu’importe, la bonne humeur est toutefois au beau fixe (leur bassiste qui jouait le pirate était amusant). Lips raconte plusieurs anecdotes qui ont ponctué la carrière du groupe et sa vie personnelle. Il revient sur les liens qu’il a entretenus avec Lemmy (qui les avait invités à se produire en première partie de Motörhead lorsque le groupe s’appelait encore Lips), sur le documentaire Anvil! The Story Of Anvil entre autres, sur la disparition de quelques-uns de ses proches, sur ses envies de liberté, mais c’est beaucoup de « blabla » pour finir… Et aussi étonnant fusse-t-il, plus le concert avançait, plus les prises de parole se réduisaient. Le concerné perdait en voix.

Et pour combler son manque d’efficacité, Lips décide de gagner du temps en proposant un long, long, long solo de guitare avec un godemichet (on vous laisse imaginer – bien que ce fut amusant, ça ne sonnait pas très bien), et bien sûr d’un long solo de batterie exécuté par Robb Reiner (acte dépassé, et sûrement réservé aux batteurs de la salle qui furent, à n’en point douter, très nombreux dans la salle).

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Le classique « Metal On Metal » et deux rappels (« Running », et la reprise de « Born To Be Wild ») et le power-trio, pourtant acclamé, retrouve ses loges. Ce soir, nous sommes peut-être passés à côté de la « magie » Anvil, une impression peut-être causée par un manque de rigueur effectif et beaucoup de longueurs inutiles… C’était sûrement un jour sans pour les Canadiens, qui sait ?

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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