Quel « package » ! Cradle Of Filth et Moonspell, tous deux forts d’un nouvel opus, décident une nouvelle fois de sillonner l’Europe afin de présenter, d’un côté Cryptoriana : The Seductiveness Of Decay (pour Cradle Of Filth) et 1755 (pour Moonspell), ce dernier étant un concept-album ayant pour thématique le terrible tremblement de terre qui a changé la face du Portugal en 1755.

Ce sont, au vu des critiques élogieuses, deux groupes qui semblent être à leur plus haut niveau, notamment Cradle Of Filth et son leader. Dani Filth après une petite crise a réussi à relever la tête, dès 2015, en intégrant deux nouveaux guitaristes de talent. Ashok et Rich Shaw sont à l’origine de deux excellents albums, teintés de Black et de Heavy, Hammer Of The Witches et Cryptriana – The Seductiveness Of Decay.

Live Report : Axl Meu

Crédit photos : Cédric Cambien (Slaytanic)


En tout cas, rien n’est plus sûr : les fans et les curieux étaient présents au Métaphone de Oignies le 20 février dernier pour découvrir ou redécouvrir la mouture de Cradle Of Filth « so 2018’s ». Et dire que la salle annonce pas moins de 800 préventes avant le début des hostilités ! On frôle le sold-out, et les fans, à dominante gothique, surplombent les abords de la scène.

C’est donc Moonspell qui ouvre la soirée et propose un concert axé en grosse majorité sur 1755, présenté avec les titres phares de ce dernier : « 1755 », « Desastre », « Evento », « In Tremor Dei », « RuIINA » et « Todos Os Santos ». Et comme à son habitude, le concert de Moonspell fait l’amalgame entre la qualité sonore et la qualité visuelle. Néanmoins, si les morceaux sont interprétés dans leurs moindres détails, Moonspell a quand même dû faire face aux aléas du live, notamment son guitariste, Pedro PaixAO, qui a rencontré quelques problèmes de câble…

Pas grave, l’ensemble est abouti et l’orchestration entre classiques et derniers morceaux se fait naturellement. Le concert est souvent rythmé par des animations visuelles, les personnages étant tous accoutrés de costumes. De plus, Fernando, à la voix épaisse, n’hésite pas à pointer son public avec un crucifix-laser ! Cela va sans dire que le travail effectué par la régie lumière est en adéquation avec les thématiques abordées par le groupe. Les couleurs du drapeau portugais dominaient l’ensemble du concert, et un certaine couleur locale portugaise, non désagréable, se dessinait au fil du concert.

Associez ces artifices à la performance honnête de Fernando et de ses partenaires très en forme, et vous détenez la belle petite surprise de cette soirée. Car en plus des quelques pépites du dernier album, les Portugais ont revisité quelques classiques comme le très progressif « Full Moon Madness » et « Opium », présentés par un Fernando qui s’exprime dans un français correct. Il exprime également sa gratitude à ses partisans dans la langue de Molière ! Bref, le groupe n’a jamais été aussi proche de son public ! Une longue série de poignées de main et le groupe donne rendez-vous à ses fans au stand merch’. Bref, ce fut une excellente entrée en matière.

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Changement de backdrop, et c’est l’artwork du nouvel album de Cradle Of Filth qui renfloue le fond de la scène. Alors pour ceux qui ne connaissent pas, Cradle Of Filth, c’est surtout quatre albums qui ont marqué les Metalheads des années 90, notamment Cruelty And The Beast (qui doit fêter ses vingt années prochainement). Mais après quelques remises en question, quelques passages à vide, le groupe a été remodelé par son fondateur, Dani Filth, et ce à maintes reprises. Il parvient à remonter la pente avec deux dernières sorties tout aussi remarquables : Hammer Of The Witches (2014) et Cryptoriana – The Seductiveness Of Decay (2017) !

Et même si les Britanniques aurait pleinement pu consacrer une grosse partie de leur concert à leurs deux derniers méfaits, ils ont opté pour une setlist « best-of » qui résume l’intégralité de leur carrière. Comprenez par-cela qu’ils ont interprété les titres les plus marquants de leur répertoire (« Dusk and Her Embrace », « Blackest Magick In Practice », « The Death Of Love » . Le tout orchestré par des samplers et claviers grandiloquents, l’ambiance théâtrale si chère au groupe, est fidèlement reproduite sur scène. Et c’est parti pour plus d’une heure et demi de musique sombre, répondant aux thématiques de l’ère Victorienne, et un set découpé en deux parties distinctes.

L’occasion de voir Cradle Of Filth en concert, en 2018, c’est donc une incroyable opportunité de saisir l’immense diversité stylistique du jeu de Cradle Of Filth, alors mené par Dani Filth, à la voix un peu faiblarde par moments, mais aux cris aigus tellement caractéristiques, et reconnaissables entre mille. Ce concert est également une preuve de la pertinence du choix des nouveaux guitaristes, que certains découvraient encore pour la première fois en live ! Rien à redire de ce côté, Ashok et Rich Saw assurent pleinement leur besogne, ont bien digéré les classiques du groupe (« Nymphetamine FX », « The Death Of Love »…) et sont forts d’un charisme qui n’a rien à envier à James McIlroy et à Paul Allender, les anciens guitaristes du groupe.

La batterie, couverte par un mur insonorisé, ne rencontre aucun problème de mixage, et elle permet au bassiste de s’exprimer dans les meilleures conditions possibles ! Le son est propre – il faut dire que nous sommes au Métaphone – et l’ensemble de la batterie ne couvre pas toutes les parties de clavier, dosé bien comme il faut, qui assure également les parties de chant clair. Ce sont des parties qui ne font pas toujours l’unanimité, malgré quelques beaux passages. C’est surtout le fameux titre « Nymphetamine Fix », qui avait bénéficié d’un featuring, celui de Liv Kristine, qui a récolté le plus de critiques assassines. Ce n’était pas toujours juste ! 

Dany Filth, toujours aussi théâtral dans sa démarche prend rarement la parole. Il présente ses morceaux et informe ses fans que le groupe, dans le cadre du vingtième anniversaire de Cruelty And The Beast, ressortira une version alternative, avec les pistes remasterisées depuis le bande d’origine. Bref, le groupe, qui semblait autrefois faire dans la démesure, semble s’être assagi au fil des années, et ce n’est pas plus mal.

Néanmoins, malgré quelques dérapages, (un fan, assez lourd, a failli se fait renvoyer après avoir bravé la scène), l’ambiance dans la fosse est bon enfant, et les fans, toutes générations confondues, se sont prêtés au jeu des pogos, dans un pit de fortune, pendant que les autres observaient avec minutie la classe du combo « Ashok et Rich Saw« , tous les deux synonymes de très belles choses à venir pour Cradle Of Filth.

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En somme, la qualité était au rendez-vous, et les groupes, malgré quelques petits dérapages ici et là, ont rassuré quant à leur forme. Ils ont une nouvelle fois prouvé la pertinence d’une telle programmation ! Vite la suite !

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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