Dans le cadre de la nouvelle exposition de Vincent Fouquet « And They Brought Down The Sun » qui se déroulera cette fois-ci au Black Dog de Paris du 29 mars au 2 juin prochains, la rédaction d’Heretik Magazine, partenaire de l’événement a décidé de partir à la rencontre du graphiste. Et nous y avons trouvé un artiste ambitieux, passionné qui n’a pas hésité à nous donner quelques précieuses informations sur sa manière de procéder… 

Propos de Vincent Fouquet recueillis par Axl Meu.


Salut Vincent ! Peux-tu te présenter ? 

Je suis artiste, graphiste, directeur artistique sous le nom de studio «  Above Chaos  ». Mes travaux et créations sont utilisés principalement dans le domaine de la musique extrême au niveau international. Je collabore avec des groupes comme Inquisition, Tsjuder, Kampfar, Moonsorrow, Kataklysm, Nightfall, entre de nombreux autres.

Comment expliques-tu que tout ait évolué très vite pour toi ? 

J’ai officiellement lancé mon activité en 2013. Avant ça, j’avais fait quelques illustrations pour des groupes ou concerts locaux. Je ne sais pas si ça « évolue vite pour moi » comme tu dis, mais depuis le début, je me suis lancé à plein-temps et à fond, à tous les niveaux dans cette aventure. Je pense que j’ai bien réfléchi à la bonne façon d’appréhender le milieu. C’est ce qui m’a permis de ne pas trop m’essouffler pour rien. Mon travail porte ses fruits et mes objectifs successifs sont atteints petit-à-petit. Je vois une évolution depuis que j’ai commencé et c’est ce qui aide à tenir pour maintenir la motivation.

Une de tes créations a été sélectionnée en début d’année par « Heavy Metal Artwork »… C’était pour quel artwork ? 

C’était l’artwork qui avait servi pour la pochette du dernier album de Cainan Dawn. C’étaient les 100 « meilleures  » pochettes de metal de 2017. Un livre les regroupant toutes est sorti pour l’occasion !

Comment qualifierais-tu ton style ? Il est particulièrement sombre, et les traits sont toujours très prononcés. On imagine que c’est en lien avec les musiques extrêmes.

Je ne saurais pas dire, d’autant que je n’aime pas trop les étiquettes. En plus, je travaille avec plusieurs techniques qui n’ont pas du tout le même rendu final. On me dit régulièrement que je fais du dessin de type « gravure », mais mon travail en diffère quand même au niveau de la technique. Ce n’est pas exactement le même rendu que la gravure. Au-delà d’un style précis, je pense que le plus important est d’avoir une personnalité artistique avant tout et de la faire transparaître quelque soit le médium. Je préférerais que l’on reconnaisse mon style plutôt que de ranger mon travail dans une case particulière.

Tu es donc graphiste, tu as monté ton entreprise, Above Chaos. Tu travailles avec des festivals, mais aussi des groupes et des labels. Comment fonctionnes-tu ? 

En général, je ne bosse qu’avec des groupes et des associations qui veulent travailler avec moi pour mon approche, ma vision artistique et mon expertise du milieu. Je ne suis pas un graphiste exécutif qui crée ce qu’on lui dit de créer. Je suis là pour définir et inventer en fonction des problématiques du groupe, de l’album et du milieu. Le groupe m’explique ses thématiques et ses concepts, et à partir de ça, je fais beaucoup de recherches, graphiques et thématiques pour ensuite créer. J’ai besoin de place pour pouvoir m’approprier le concept du groupe et en faire ressortir quelque chose d’efficace dans le contexte. Si le groupe ne me laisse pas cet espace, je ne suis pas très productif.

Tu vas donc exposer tes travaux au Black Dog de Paris. Ce n’est pas ta première exposition… Tu en as notamment fait une à Vannes… Peux-tu nous donner quelques indications sur l’exposition qui va avoir lieu à Paris ? 

Je vais donc exposer au Black Dog pendant 2 mois. J’ai décidé de n’exposer que des dessins à l’encre de chine pour celle-ci. J’aime bien donner un nom à certaines de mes expositions pour donner une sorte de fil directeur. Cette exposition s’intitule « And They Brought Down The Sun ». Cette « phrase-titre » reflète une partie de ce que l’on peut trouver dans mes travaux, à plusieurs niveaux, comme la remise en question des icônes ancestrales par des humains dépersonnalisés !

« Au delà d’un style précis, je pense que le plus important est d’avoir une personnalité artistique avant tout et de la faire transparaître quelque soit le médium »

Pourrons-nous nous procurer ce que tu crées ? Quels sont les tarifs ? 

Mes travaux sont disponibles, oui, et bien sûr, les tarifs varient en fonction de leur nature. D’un côté, j’ai des sérigraphies de certains de mes dessins, limitées à une vingtaine d’exemplaires qui sont assez abordables, de l’autre, il y a des tirages d’art limités à quelques exemplaires, qui sont, eux, un peu plus chers. Et après, il y a mes dessins originaux qui, là, peuvent être assez chers. Les prix évoluent en fonction de la taille et du temps que j’ai passé dessus.

N’est-il pas trop compliqué de se séparer d’une de ses créations ? 

Il y a certains originaux que je ne suis pas encore prêt à vendre. Peut-être que je le serais un jour, ou peut-être pas. J’apprécie le reste de mes dessins, mais ça ne me dérange pas de m’en séparer. Si mes créations partent chez quelqu’un qui les veut chez lui parce qu’il a flashé sur elles, ça me va !

Les artworks ont une place primordiale. C’est un détail à ne pas négliger… Que penses-tu de l’importance des pochettes dans le processus de création des albums ? 

Je pense les artworks servent à illustrer un ou les concepts, les idées, les thématiques d’un album. Cette illustration se fait classiquement sur deux dimensions. Il y a l’interprétation par la musique que fait un « artiste » musicien et l’interprétation par les mots que fait un « artiste » parolier. Si l’on veut vraiment développer la matérialisation de son concept initial, le compléter, c’est intéressant d’amener de nouvelles dimensions artistiques. Toute nouvelle dimension artistique que l’on apporte à un concept d’album amène de la richesse, de la complexité et de la matérialisation à celui-ci. C’est pour ça que l’artwork d’un album est si important.

Achètes-tu des albums car tu trouves les artwork exceptionnels ? Que penses-tu du travail de Dan Seagrave ?

Oui ça m’arrive. Néanmoins, par déformation professionnelle, je dois le faire moins que le client « classique  ». Cependant, lorsque j’ai commencé à écouter du Metal dans ma jeunesse, il m’arrivait souvent d’acheter un CD car une pochette me plaisait, et ça me faisait découvrir de nouveaux groupes. Et plus généralement, en ligne, je m’intéresse bien plus à un groupe si sa pochette m’a marqué. D’ailleurs, avec la dématérialisation et le numérique, l’importance de la pochette d’un album a encore augmenté. Il y a des groupes de partout, des albums de partout, et il faut pour un groupe, attirer l’œil, intéresser, interloquer un visiteur, pour lui donner l’envie de cliquer sur la pochette d’un album qu’il voit en ligne, que ça soit sur Deezer, sur un Webzine, sur une publicité… En ce qui concerne, le travail de Dan Seagrave, je le trouve exceptionnel. Il a été l’un des premiers à vraiment creuser des univers complexes et irréels dans ses créations pour les albums. Et ses travaux ont mieux vieilli que d’autres. Il fait encore des pochettes impressionnantes !

D’un autre côté, t’est-il déjà arrivé de ne pas acheter un album car tu trouvais la pochette affreuse ?

Étant donné que les pochettes affreuses ne rendent pas justice à un album et qu’elles ont tendance à plomber la promotion de ce dernier, j’ai tendance à peu m’y intéresser…

Quels sont tes projets en cours ? 

J’ai plusieurs expositions à organiser ou préparer ces prochains mois. Graphiquement, j’ai aussi pas mal de gros projets qui arrivent. Ce n’est pas forcément pour des gros noms, même si il y en a, mais ce sont des projets artistiquement intéressants et qui prennent du temps !

À quand une exposition au Carré des Halles à Lille ?

Lorsque l’on m’y invitera !

Vincent Fouquet a notamment travaillé avec Magoa (en écoute ci-dessous) :

Pour découvrir ou re-découvrir son travail : 

https://www.facebook.com/AboveChaos/

Clique sur l’illustration ci-dessous pour en voir d’autres ! 

A propos de l'auteur

Justine

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