DEMOB HAPPY

HOLY DOOM

SO Recordings

Rock Psychédélique

5/5

Par Axl Meu


Par moments, les têtes d’affiche déçoivent et les premières parties se révèlent parfois plus intéressantes que les personnages qu’elles « supportent ». Et ce fut peut-être le cas de Frank Carter ce lundi dernier à Lille (Le Splendid). C’était quoi ce Punk tout guimauve ? Quoi qu’il en soit, la date du 12 mars dernier restera symbolique, car c’est celle de notre première rencontre avec le trio britannique, Demob Happy, qui posait ses flight-cases pour la première fois à Lille, et en France. 

Dans le cadre de son actuelle tournée en ouverture de Frank Carter, Demob Happy en profite pour promouvoir son deuxième méfait qui sortira en fin de semaine. C’est Holy Doom et il fait suite à Dream Soda (2015),  un disque relativement prometteur, car il a esquissé les ambitions d’une formation qui a baigné dans l’univers des « Fab Four », mais pas que… L’ensemble est pourtant moderne, dans l’ère du temps, mis au goût du « fuzz rock » à la Queens Of The Stone Age – avec une toute petite pointe de Doom.

Appréhendé donc pour la première fois au Splendid de Lille, Demob Happy est parvenu à marquer de son empreinte toute la salle par l’intermédiaire du groovy « Be Your Man », révélé quelques mois auparavant sur les réseaux sociaux. Alors vite, les gimmicks sont reconnaissables. C’est surtout Matthew Marcantonio, le leader, sûrement fan de John Lennon devant l’éternel, qui nous a mis sur la voie. Tout y est : allure scénique, aisance vocale, accent « So British » digne du meilleur album de tous les temps, Sgt Pepper Lonely Heart’s Club Band (1967), des refrains catchy, mais aussi flottants… Néanmoins, si certains d’entre nous auraient pu crier au « rip-off », ce ne fut pas le cas. Demob Happy met à jour la recette de ses ainés en incorporant un son cru et agressif débouchant sur un tube qui fait la liaison entre le passé et le futur.

Néanmoins, Holy Doom est bien plus sombre, bien plus rock, bien plus personnel, contrairement à ce qu’illustre son (excellent) single. Si « Loosen It » reste « poppy » dans sa démarche, les tonalités esquissées par les autres morceaux de ce Doom Sacré sont bien plus empreints de morosité. Elles flirtent régulièrement avec la mélancolie, à l’instar de l’éponyme « Holy Doom », du groovy « Liar In Your Head », et du ‘’Black Led Zeppelinien’’ « Runnin’ Around » – le dernier étant mis en rythme par une basse discrete, très « Hand Of Doom » (Black Sabbath) dans l’âme. D’autres pistes sont plus lourdes comme « I Wanna Leave (Alive) ». C’est un titre « limasse », que l’on pourrait qualifier d’oppressant, que l’on aurait pu retrouver dans le répertoire de Kadavar ou de Death Alley. Et enfin, que dire de « Fresh Outta Luck » ? Ses guitares demeurent entêtantes – elles véhiculent l’âme de Ziggy Stardust Et comme par magie, le grain de voix du magicien Matthew Marcantonio en hypnotise plus d’un – Son flow colle si bien aux guitares lunatiques d’Adam Godgrey

Holy Doom est une vraie bouffée d’air. Certes, Demob Happy fait la part belle à une époque du Rock qui semble révolue, mais il n’oublie pas les acquis du temps. Demob Happy est sûrement la preuve formelle que l’on peut être personnel dans sa démarche tout en conservant un point d’ancrage dans les 60’s et les 70’s. Bravo ! 

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Justine

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