Blaze Bayley reste un acteur incontournable de la scène Metal. Trop souvent associé à Iron Maiden, le frontman ne cesse de persévérer avec les moyens du bord en proposant des albums au concept audacieux. La preuve ces dernières années ! En effet, Blaze Bayley, maintenant accompagné des musiciens d’Absolva, a décidé de sortir une trilogie, portant le nom d’Infinite Entanglement, à laquelle il vient juste de mettre un terme avec sa troisième partie, The Redemption Of William Black. Et à l’occasion de son passage en France, la rédaction d’Heretik Magazine s’est demandée ce qui motivait encore Blaze Bayley à continuer aujourd’hui en 2018… Elle a donc décidé de le contacter personnellement via Skype… Et cela a débouché sur une discussion passionnée autour de son projet, de sa carrière et de son attachement pour notre pays.

Propos de Blaze Bayley recueillis par Axl Meu le mercredi 14 mars 


Salut Blaze ! Comment ta tournée se déroule-t-elle ? 

Tout se passe à merveille ! Nous allons revenir en France dans quelques jours. Nous nous produisons dans le Nord de la France le 24 mars prochain à Mametz (complet). Ensuite, le 6 avril, nous passerons par Lyon (au Rock & Eat, NDLR), le lendemain, nous serons à Marseille (à Les Pennes-Mirabeau, au Jas Rod, NDLR)… Le 14 avril, ça sera au Blue Devil (Orléans). Nous allons également capter un DVD les 25 et 26 mai prochain à Pagney-Derrière Bari, près de Nancy (Chez Paulette, NDLR). Nous bouillons d’impatience d’immortaliser tous ces moments avec nos fans français !

L’année dernière, tu avais sorti la deuxième partie de ton triple-concept-album, Infinite Entanglement, et cette année, la troisième partie, c’est The Redemption Of William Black. Est-ce que tu peux revenir sur l’histoire de William Black, le personnage principal de l’histoire ? 

L’histoire est la suivante : nous sommes partis de l’idée que la Terre allait être détruite par le Soleil, qui engloutirait toutes les planètes du Système Solaire. Et quelqu’un a été missionné pour construire un vaisseau spatial pour transporter tous les humains vers une autre galaxie. On a confié un rôle particulier à un héros, William Black, – et il a une lourde mission à assurer – Il doit faire attention à ce vaisseau spatial. Il doit porter une combinaison particulière. Mais lorsqu’il se réveille, il se rend compte qu’il n’a pas cette fameuse combinaison… À la place, sa conscience a été transférée dans le corps d’un robot. Désormais, il ne sait plus s’il est un humain ou bien un robot. Il a une conscience, mais il n’a plus de chair. C’est à lui de choisir : « suis-je humain ? ». Dans la deuxième partie, il doit supporter cette machine, ce corps. Et il se rend compte que les humains le détestent de plus en plus et qu’ils veulent se débarrasser de lui. C’est pour cette raison que la deuxième partie s’intitule Endure and Survive. Enfin, la troisième partie, c’est « la rédemption de William Black ». Il est enfin arrivé sur cette planète particulière, et il a été accepté par une population d’indigènes, mais il sait que le vaisseau arrive et qu’il va exterminer tout ce qu’il y a de vivant sur cette fameuse planète. Du coup, William Black prend du recul par rapport à tout ce qu’il a fait, à toutes les atrocités qu’il a commises lorsqu’il était humain.

Écrire ce triple-concept album a dû te demander beaucoup de temps. D’où cette idée t’est-elle venue à l’esprit ? 

J’étais en train d’écrire un livre et j’ai eu cette idée. Chris (Appleton, guitare, NDLR) m’avait proposé d’enregistré un nouvel album. Et tout ce que j’avais, c’étaient les brouillons de ce fameux livre. J’ai essayé de faire de ces idées des paroles de chanson, et ça a marché. Néanmoins, je me suis rendu compte que j’avais bien trop de contenu et que je ne pouvais pas me contenter d’un seul album. Et j’ai donc classé mes idées. Je m’étais fixé l’idée que les albums devaient sortir approximativement autour du premier mars. Tu sais, j’ai eu de mauvaises expériences par le passé. Si tu ne te donnes pas de deadline, il est possible que ton projet tombe à l’eau. Je suis un gars issu de la classe ouvrière. Mes parents ont toujours bossé dur pour y arriver. Quand tu as de grands projets, ça te demande beaucoup d’énergie, beaucoup de temps… Dans ces albums, tous les morceaux sonnent comme un voyage, une partie de l’histoire, comme un chapitre. Néanmoins, nous nous sommes dits qu’il était important que tous les fans puissent se repérer facilement. En somme, j’ai fait en sorte que l’auditeur ne soit pas déboussolé s’il ne comprend pas l’anglais. Il faut que les albums soient accessibles même si l’auditeur ne connait pas toute l’histoire.

Quels liens entretiens-tu avec le groupe Absolva ? 

Nous nous connaissons très bien. J’ai tourné à plusieurs reprises avec ce groupe, et il se trouve que je me suis entouré du groupe par la suite. En fait, Chris (Appleton, guitare, NDLR) m’avait fait comprendre qu’il était intéressé par l’idée de rejoindre mon groupe si je revenais à quelque chose de plus Heavy après ma tournée acoustique. Du coup, quand j’ai sorti mon Best-Of en 2013  (Soundtracks Of My Life), je lui ai demandé de me rejoindre sur la route. Pareil, lorsque j’ai fêté les quinze ans de Silicon Messiah, nous sommes partis tourner ensemble, et ça s’est très bien déroulé ! Nous avions joué tous les morceaux de cet album, et même les titres « bonus ». Du coup, nous travaillons et composons les albums ensemble. Nous formons une très belle équipe. Quand je lui ai proposé cette idée de triple-concept album, Chris était là et nous nous sommes répartis les tâches. Il s’occupe de l’aspect technique de l’album, sur les détails, moi, je compose. C’est très confortable de travailler avec lui. Il s’y connait énormément !

« Je suis vraiment chanceux que mes fans, notamment les Français, se mobilisent tous à chaque fois que je sors un album. »

As-tu enregistré la troisième partie chez toi, à Birmingham, au England’s Robannas Studios, comme ce fut le cas pour Endure And Survive ? 

Oui. Il fallait que tout sonne pareil. Il fallait également que l’on puisse reconnaître la touche du groupe, et les sonorités qui étaient présentes sur les deux premières parties (Infinite Entanglement, Endure And Survive, NDLR). Par exemple, si quelqu’un a les trois albums et qu’il a envie de faire une énorme compilation, il pourra la faire et se rendre compte que la production est identique d’un album à l’autre.

Les trois parties sont nourries de parties narrées. Qui s’en charge ? 

C’est un ami à moi, qui habite au Pays de Galles. Il gère un club à Cardiff, le Fuel Rock Club. Il a vraiment beaucoup de talent !

Chris Jericho (Fozzy, WWE) a également participé à l’album ! Il figure sur le morceau « Prayers Of Light » !

Ça fait très longtemps que nous sommes amis ! Il m’a avoué être super fan de l’album X Factor d’Iron Maiden. Et quand il était encore au Canada, nous avions partagé la scène à plusieurs reprises. On s’était croisés par hasard quand j’étais de passage à Los Angeles. Je lui ai dit que j’allais enregistrer le troisième volet de ma trilogie, après ma série de dates aux Etats-Unis. Il m’a proposé de passer sur son émission (« Talk Is Jericho », NDLR). Du coup, je lui ai proposé de faire un featuring sur mon album. Il a accepté et c’est vraiment cool de sa part. Je lui ai écrit une partie particulière, et ça m’a ouvert la porte à d’autres personnages. Il a également participé au clip que nous avons révélé dernièrement sur Youtube. Son style est unique ! J’aime beaucoup sa façon de chanter. J’ai écouté à plusieurs reprises son nouveau single, « Judas », c’est un hit ! C’est cool de voir Fozzy se débrouiller aussi bien !

Est-ce que tu peux revenir sur la participation de Liz Owen ? Qui est-elle ? 

Liz tient une place importante dans ce projet. Quand j’étais en tournée pour fêter l’anniversaire de l’album Silicon Messiah, elle avait été invitée à se produire en première partie, mais je ne la connaissais pas vraiment. Il se trouve que j’ai bien aimé son set. Je me suis procuré ses CDs et j’ai écouté ses morceaux. Parmi ce corpus figurait ce morceau : « Already Won ». J’ai été scotché. Je voulais qu’il fasse partie de ma trilogie. Je lui ai donc demandé si je pouvais lui emprunter ce morceau pour ensuite le transformer à ma façon. Elle n’y a pas vu d’inconvénients. Sa voix est tellement belle et unique. Elle chante avec moi sur le titre « Calling You Home » qui figure sur la première partie (Infinite Entanglement),  sur le titre « Remember » sur la deuxième partie (Endure And Survive) et enfin sur le titre « 18 Days » (The Redemption Of William Black). Sa voix a la même intonation que la femme de William Black, malheureusement décédée. Liz contribue à l’élaboration d’une histoire tragique. Néanmoins, il convient d’insister sur le fait qu’elle ne chante pas sur le morceau qu’elle a écrit : « Already Won » (qui figure sur Infinite Entanglement, NDLR).

Quel sujet abordes-tu sur le titre « Life Goes On » ? A-t-il une portée autobiographique ? 

Tous mes morceaux comportent plus ou moins une dimension autobiographique. Tout ce que William Black doit supporter et endurer est bien plus dense que tout ce j’ai pu endurer dans ma propre vie. Les situations auxquelles il doit faire face sont tellement délicates que moi-même n’aurais pu les supporter. Mais on peut néanmoins faire des rapprochements avec ma vie personnelle, c’est vrai.

Ça fait maintenant dix ans que tu es indépendant. Tu sors désormais tes albums sur ton propre label, Blaze Bayley Recordings. On imagine que c’est plus confortable pour toi… Penses-tu que les grosses compagnies de disques sont à éviter quand on joue dans un groupe ? 

Il n’y a pas beaucoup de majors qui voudraient signer un groupe de Heavy Metal. Et je ne crois pas que l’on ait le choix pour finir. Comme tu dis, aujourd’hui, je suis indépendant, mais je dépends totalement de mes fans. Et je suis vraiment chanceux que mes fans, notamment les Français, se mobilisent tous à chaque fois que je sors un album. Quand j’ai annoncé la sortie d’une trilogie, ils ont tout de suite pré-commandé leur exemplaire d’ Infinite Entanglement, alors que je n’avais pas encore fini de travailler dessus. Pareil pour le deuxième album. Au risque de me répéter, aujourd’hui, je me sens vraiment chanceux d’avoir toutes ces personnes qui me suivent. C’est incroyable. Quand je viens en France par exemple, on ne me traite pas comme un simple chanteur de Heavy Metal. Ici, on fait attention à mes textes, à mon travail. Et c’est vraiment une très belle expérience que de pouvoir vivre tout ça. Être apprécié à ce point par les fans de Heavy Metal. Ça signifie beaucoup pour moi ! C’était également le cas quand j’étais avec Iron Maiden. Merci à tous les fans Français qui continuent à croire en moi, qui continuent à me faire confiance ! J’appelle donc tous les fans à se rendre Chez Paulette (Nancy) les 25 et 26 mai prochain pour fêter dignement tout cela à l’occasion de la captation de mon prochain DVD Live.

« Quand tu joues dans un groupe, le plus important, c’est d’échanger sur ses idées et soutenir celles des autres, même si ce n’est pas les tiennes »

Tu as vraiment l’air d’apprécier mon pays. Quels groupes de chez nous connais-tu ? 

Je n’en connais pas tant que ça… J’ai dû en écouter pas mal, mais malheureusement ici, en Angleterre, la presse musicale se moque un peu des artistes français. Mais si je devais en nommer un seul, ce serait Trust.

Trust va sortir un nouvel album ce mois-ci. 

Oh, voilà qui m’a l’air très intéressant !

Oui, ils se sont reformés une nouvelle fois…

J’ai travaillé avec quelques autres groupes de plus petites envergures. Je me suis produit avec Black Horizon, par exemple. Et On m’a invité à chanter sur quelques albums de groupes Français. À chaque fois, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Et c’est cool de voir ces groupes me démarcher pour me demander si je peux assurer quelques parties de chant sur leur album.

Le nom de GanG te dit-il quelque chose ? 

J’ai déjà entendu parler d’eux, mais je ne connais pas leur musique…

Depuis tes tout début avec Wolfbane, tu joues du Heavy Metal. C’est un style qui peine à se renouveler. On peut être tenté par l’idée de dire que tout a déjà été fait par le passé. On finit par se lasser… Quel est ton plan pour donner une seconde jeunesse à ce style ? 

Tu as tout-à-fait raison. On est maudit dans ce style ! Quelques groupes se contentent juste de prendre tous les clichés du Heavy Metal et ne mettent rien à leur sauce. La recette reste la même, et rien n’est original. Ces groupes ne font pas preuve d’imagination, ni de passion… Je pense que c’est un gros problème. Tu as ces clichés, tu sais, c’est toujours les mêmes gammes, les mêmes façons de jouer. Pour renouveler tout cela, j’essaie de faire en sorte que mes chansons soient guidées par la mélodie et les paroles. Ensuite, on rassemble toutes les gimmicks du Heavy Metal pour construire une belle image… Et à ce sujet, le problème avec tous ces jeunes groupes, c’est qu’ils se mettent ensemble car ils aiment tous Iron Maiden ou bien car ils aiment tous Metallica. Quand nous avons formé Wolfbane, nous aimions tous différents groupes et il n’y avait que trois groupes sur lesquels on était d’accord : AC/DC, Van Halen et Motörhead, et du coup, chaque membre apportait sa touche. Quand tu joues dans un groupe, le plus important, c’est d’échanger sur ses idées et soutenir celles des autres, même si ce n’est pas les tiennes. La technique vient ensuite, c’est secondaire. Et malheureusement, si les groupes ne prennent pas le risque d’ouvrir leur palette d’influences, ils n’auront pas d’avenir.

Tu avais sorti un album avec Wolfbane en 2011, c’était Wolfbane, Save The World. La suite de Wolfbane, c’est pour quand ?

Pour bientôt ! On s’est produit à six reprises en décembre dernier. Et nous avons quelques dates de prévues pour cette année. On devrait se retrouver bientôt pour retravailler et finaliser quelques idées de titres, qui ne s’étaient pas retrouvés sur Save The Word. Sinon, oui, nous adorerions vraiment enregistrer un nouvel album avec Wolfbane… Il faut juste que nous trouvions le temps !

Merci beaucoup pour le temps que tu as m’a accordé, Blaze… Je dois vraiment être un des seuls qui ne t’a pas posé de questions au sujet de ton passage au sein d’Iron Maiden… (rires) Tout semble déjà avoir été dit ! 

Oui… Maintenant, ça fait presque vingt ans que j’ai quitté Iron Maiden. Et aujourd’hui, j’ai 10 albums solo à mon actif. Il y a encore des fans qui viennent me voir et qui me disent : « la dernière fois que je t’ai vu, c’était avec Iron Maiden ». Aujourd’hui, je me réjouis du fait que X Factor et Virtual XI aient enfin vu le jour en vinyle ! Ils sonnent terriblement bien ! Je dirais même que les albums sonnent bien mieux qu’il y a 20 ans. Les fans peuvent donc se les procurer, les écouter dans des conditions optimales et se rendre compte que ce nous avions proposé avec Iron Maiden a ouvert la voie à la période progressive du groupe. Donc, je suis vraiment fier de ce que j’ai pu accomplir avec Iron Maiden. Tu sais, travailler avec Steve fut une expérience incroyable. Il m’a appris tant de choses, notamment sur la manière de concrétiser une idée ! J’ai écrit des morceaux avec Yannick Gers, avec Steve Harris et avec Dave Murray… Et bien sûr, tous ces enseignements sont restés en moi, et bien sûr que ça se ressent dans mes albums studio, notamment dans la trilogie à laquelle je viens de mettre un terme ! Je pense que je n’aurais pu faire ça aujourd’hui, que je n’aurais pas eu confiance en moi, si je n’avais pas passé du temps avec les mecs d’Iron Maiden ! 

Merci beaucoup ! 

(En Français dans le texte) « Merci beaucoup les amis »


Blaze Bayley, c’est :

Blaze Bayley : Chant

Chris Appleton : Guitare / Backing vocals

Karl Schramm : Basse

Martin McNee : Batterie

Avec Wolfbane : 

Live Fast, Die Fast Album (1989)

All Hell’s Breaking Loose Down at Little Kathy Wilson’s Place (1990)

Down Fall the Good Guys  (1991)

Wolfsbane (1994)

Wolfsbane Save the World (2011)

Avec Iron Maiden : 

The X Factor (1995)

Virtual XI (1998)

En solo : 

Silicon Messiah (2000)

Tenth Dimension (2002)

Blood and Belief (2004)

The Man Who Would Not Die (2008)

Promise and Terror (2010)

The King of Metal (2012)

Infinite Entanglement (2016)

Endure and Survive (Infinite Entanglement Part II) (2017)

The Redemption of William Black (Infinite Entanglement Part III) (2018)

A propos de l'auteur

Justine

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