#TouchePasÀMonUnderground, le principe est simple, une semaine sur deux, un groupe de la scène underground des Hauts-de-France peut s’exprimer ! Cette fois-ci, c’est Antilife qui s’est prêté au jeu !

Propos de Haine (batterie) recueillis par Axl Meu.


Salut ! Quelle est ta fonction au sein du groupe Antilife ? Depuis quand le groupe existe-t-il ?
Je suis Haine. Je suis le compositeur et le batteur du groupe. Le groupe existe depuis 2015. Il a été formé par Psycho et moi-même.

Vous avez sorti votre premier album, Life Is Pain, en 2016. Vous vous êtes vite reconnus dans les termes de « Suicidal Black Metal ». On ressent, en effet, à l’écoute de votre musique un écœurement pour la vie. Que cherchez-vous à véhiculer par l’intermédiaire de votre musique ?
Ce n’est pas tant par la musique que par la prestation visuelle que nous véhiculons cet écœurement. La musique… Chacun y voit midi à sa porte. Certes, l’orientation vers le mal-être parfait est affirmée, et il est difficile de confondre Antilife et Korpiklaani, mais le ressenti se fait surtout quand on est sur scène. On incarne nos démons, nos angoisses, en les amplifiant à l’extrême pour produire une image violente et portée sur un partage de haine de soi et d’envies noires.

Votre style de prédilection est donc le Black Metal. De quelle vague du Black Metal vous sentez-vous le plus proches ?
Sur le plan musical, sans doute de pas mal de choses qui ont été faites après 2000. Sur le plan spirituel, j’ai du mal avec toutes les merdes que le Black Metal a pu pondre. Première vague ou même la dixième… En fin de compte, ça n’en reste pas moins le style de musique le plus pourri qui existe. Faut vraiment être con pour se retrouver dans ça.

Il y a un nouvel objet qui va sortir cette année. Peux-tu nous donner quelques indications le concernant ?
En fait, deux nouvelles sorties devraient faire leur apparition. La première est un split avec les groupes Morto et Deadlifer, qui s’est un peu fait sur un coup de tête. Il sortira sur le label Self Mutilation Services en digipak. C’est vraiment le fruit du hasard, que je ne prévoyais pas encore la semaine dernière, mais les choses se font. Ce split contiendra deux nouveaux titres qui seront dans le deuxième album. Pour la production, je reste aux commandes, enregistrant guitare lead, basse, batterie, Nevrose s’occupant de la guitare rythmique et Psycho du chant. Le mixage et le master se feront à la maison. Même qualité, même son. On ne change pas grand chose. Pour le label, et bien, c’est comme toujours un fardeau quand il s’agit de le trouver, on verra plus tard. Pour le nom, on verra plus tard aussi.

La scène Black française est toujours restée cruellement en marge par rapport à tout ce qui se fait en Scandinavie. Penses-tu que cela évolue avec le temps ? Penses-que tu que ce soit une bonne chose de rester dans cette démarche « underground »?

Une bonne chose ? Ce n’est pas ce que je pense, mais dans tous les cas, on n’a pas le choix. Se produire sur scène équivaut à envoyer des tonnes de messages qui restent sans réponses, sucer un max quand il s’agit de discuter des conditions, se déplacer à ses frais et parfois jouer devant cinq personnes. Maintenant, j’en ai conscience, et surtout rien à foutre : Antilife n’est pas un univers qui se consomme comme on consomme les Mainstages du Hellfest. On sait très bien que ça ne parle pas à grand monde. Et honnêtement, cinquante ou cinq personnes… Je ne vois aucune différence. La prestation n’est pas scénarisée et calculée pour plaire, et j’irai toujours tabasser les mecs du premier rang qu’ils soient une foule compacte ou un seul homme.

La scène Black des Hauts-de-France reste assez discrète. Il n’y a pas beaucoup de groupes comme vous. Mais, il y a des événements comme le Tyrant Fest qui essaient de mettre en avant cette culture. Avez-vous assisté à la dernière édition de ce festival en tant que spectateurs ?

Je n’y étais pas, car nous tournions avec l’autre groupe de Psycho, Hats Barn. C’est tombé pile sur le week-end où nous étions en route entre Lille et Lorient. Peut-être un jour pourrons-nous y participer. Qui sait ? Pour ce qui est des groupes… J’ai surtout l’impression qu’on commence sérieusement à mériter le surnom de « consanguins nordistes ». Non pas qu’on baise entre nous (encore que…), mais surtout on se mélange dès que quelqu’un veut créer un nouveau projet : plus facile de jouer avec des musiciens en qui t’as confiance que de chercher la perle rare parmis une marée d’inadaptés au job. En fin de compte, on est comme les Parisiens, mais avec moins de monde.

Quel est votre plan pour démarquer ?

Pas spécialement besoin de se démarquer. Je me fiche de la notoriété, tout ce qui m’intéresse c’est performer sur scène et explorer ma catharsis. On sait très bien qu’on ne vivra pas de notre musique, et on en a jamais eu l’idée. Même si c’est horrible, même si c’est violent, même si ça ne convient pas à tout type de public. On propose ça. Dispose qui veut.

Où pourrions-nous vous voir par la suite ? 

Fin mai. On part pour un road trip « auto-destructeur » en Angleterre. Trois dates, trois soirs de débauche et de lacérations rituelles. Après quoi, je vais m’atteler à finaliser l’album et essayer de le sortir. Avant d’avoir un épisode et de me retrouver léthargique à nouveau.

Pour contacter : https://www.facebook.com/Antilife-1530887130571985/

Pour écouter :

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.