Déjà dans les bacs depuis quelque jours, le nouvel album du groupe Between The Buried And Me, sorti via Sumerian Records, et son concept ont surpris. En effet, séparée en deux parties distinctes, la saga « Automata » met en avant une formation qui n’hésite pas à repousser les limites de sa musique. Sur cette première partie, Tommy Rodgers et son groupe proposent des mélodies surprenantes, très progressives, très atmosphériques s’inscrivant dans la suite logique de ce que le groupe avait proposé sur Coma Ecliptic (2015). Et notez dans vos tablettes, la sortie de la deuxième partie est déjà programmée pour cet été !

Propos de Tommy Rogers (chant, clavier) recueillis par Axl Meu


Salut ! Automata I sera dans les bacs dans quelques jours. L’album te convient-il ? Penses-tu que Between The Buried And Me va franchir une nouvelle étape grâce à ce double concept album ? Ressens-tu une quelconque pression à l’approche de la sortir de l’EP ?

Oui, et c’est normal d’avoir la pression ! C’est notre job et nous voulons à chaque fois sortir le meilleur album possible ! Personnellement, j’en suis très fier et je pense que les fans vont bien l’aimer ! Et j’espère également qu’il va nous permettre de rafler quelques fans en plus. À chaque fois que nous sortons un album, il symbolise une nouvelle étape de notre carrière ! Nous n’avons pas trop d’objectifs au sein du groupe, nous nous contentons juste d’apprendre au fur et mesure, au fil des années, et nous estimons que si nous mettons les moyens pour réussir, les choses se profileront naturellement. J’espère vraiment que de bonnes opportunités de dates s’offriront à nous avec cet album !

Avant la sortie officielle de cet album, vous avez mis en avant un morceau et en avez fait un clip : c’est « Condemned To The Gallow ». C’est peut-être le morceau qui illustre le mieux l’album, peut-être le plus accessible…

Pour nous, c’était surtout une belle façon d’ouvrir l’album et de présenter l’album à nos fans. Ça les met directement dans le bain ! Je pense que c’est une bonne chose d’illustrer le premier titre de l’album. Automatiquement, les fans sauront à quoi s’attendre par la suite.

Peux-tu me donner quelques informations sur ce fameux clip ? 

C’est celui qui a fait nos clichés promo qui s’est également occupé de la réalisation de ce clip. Nous travaillons avec la même personne depuis un bon nombre d’années, et je lui envoie toujours les paroles et lui détaille l’ensemble de ses significations pour pouvoir travailler dessus, mais je lui laisse une grosse marge de manœuvre. Il est libre. Il est très bon pour analyser mes paroles et donner vie à mes paroles. Pour cette vidéo, nous voulions être cohérents avec notre imaginaire.

Votre musique est très complexe à aborder. Comment approchez-vous cette complexité ? Par exemple, on peut dissocier chacun des mouvements d’un long morceau. Comment parvenez-vous à rendre organique l’ensemble ?

Oui, c’est vraiment organique et très difficile à expliquer. Quand nous nous asseyons, nous écrivons beaucoup en nous fiant à notre instinct. C’est de cette manière que nous commençons à écrire… Nous commençons ensemble et partageons nos idées. Ensuite, nous voyons où ça nous mène. Nous ne sommes pas le genre de groupes à vouloir forcer le destin, que ce soit au nom de la complexité ou au nom de la technicité. Nous ne nous sentons pas obligés d’être technocrates. Les choses arrivent pour une quelconque raison, et ça vient de manière très spontanée, d’une manière très naturelle. Ça commence régulièrement avec une mélodie. Et ce que nous faisons, nous le faisons ensemble. Et le résultat est ce que vous pouvez voir et entendre.

Sur Automata II, tous les morceaux sont sensiblement différents, que ce soient les tonalités abordées ou même la durée des morceaux. Par exemple, vous avez décidé de finir l’album avec un morceau de dix minutes, « Blot ». Pourquoi ?

Nous avions déjà les deux parties de l’album finies. Après, « Blot », il y a un moment dans l’album qui ressemble plus ou moins à un entracte. C’était le moment ou jamais de mettre un terme à la première partie, pour ensuite reprendre avec la deuxième. C’est pour cette raison que nous avons décidé de mettre un terme à cette première partie avec « Blot ». Il me semble que c’est une idée car ça met en place une sorte de suspens, et on peut s’attendre à ce qui pourra se passer par la suite. T’es pas satisfait à 100%, tu en veux plus… C’était ça le but. Attendre de nous que l’on reprenne la suite le plus vite possible.

Automata I est donc la première partie d’un double concept album. 

Oui, c’est ce que nous voulions faire. Les concepts albums ont toujours eu beaucoup de sens pour nous. Depuis l’album Colors, nous faisons en sorte que la plupart de nos morceaux soient écrits de sorte qu’ils créent un bloc, de sorte que les morceaux soient cohérents entre eux. Nos albums se suivent et sont très visuels. Je fais pareil lorsque je dois composer des paroles… Je fais en sorte que les paroles collent à l’ambiance dégagée par les morceaux. Mon métier consiste à inventer des histoires qui puissent faire voyager nos fans.

Il y a donc une deuxième partie qui doit voir le jour bientôt… Quand sortira-t-elle ?

Elle devrait être disponible soit en juin, soit en juillet.

« Pour comprendre notre musique, il faut prendre le temps, s’asseoir, avoir un bon casque à portée de la main »

Tu me disais à l’instant que vos albums suivaient une logique particulière, et que chacun des albums se suivaient, mais je trouve Automata I sensiblement différent par rapport à Coma Ecliptic. C’est très différent, bien que votre style soit quand même discernable.

Nous ne planifions rien ! Ce n’est pas comme si nous nous mettions d’accord sur le fait que nos albums doivent être différents. Que ce soit en tant qu’hommes ou en tant que musiciens, nous évoluons, et ça se voit dans nos morceaux. Coma Ecliptic est différent, Automata I est différent, mais ce n’était pas prémédité ! Je pense tout simplement que si nous devions revenir dans le temps pour réenregistrer ou recomposer un de nos albums, il serait également très différent. Tout serait produit d’une autre manière. Nous évoluons sans cesse, et j’espère qu’il en sera de même pour notre musique !

D’ailleurs, c’est bien les atmosphères d’Automata I qui m’ont fait penser à cela. Elles sont à la fois très sombres, très froides, très atmosphériques…

Oui, je suis d’accord. Nous privilégions les ambiances sombres. Notre musique a besoin d’être sombre et d’être riche de toutes ces atmosphères froides. Et c’est le cas pour tous nos albums. Ça participe à l’élaboration d’une histoire… Ça donne du sens à tout ce que nous proposons.

Automata I est un album très dense. Les fans doivent écouter l’album à plusieurs reprises pour prendre conscience de l’énorme travail qui a été mené en amont. Aujourd’hui, nous consommons beaucoup d’albums, et nous n’avons pas forcément le temps de nous attarder sur tous les petits détails. Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui n’a jamais écouté votre musique ?

Je conseillerais tout simplement d’écouter Automata I avec un bon casque, comme pour tous les albums qui sont riches en détails. Ce que je trouve génial et très excitant avec notre musique, c’est que tu découvres à chaque fois de nouvelles choses, de nouveaux aspects. C’est vrai qu’il y a beaucoup de choses à prendre en compte dans notre musique. Les gens ne se rendent pas forcément compte que nous passons extrêmement de temps à travailler sur chaque petit détail d’un morceau. Tout est pensé. Pour comprendre notre musique, il faut prendre le temps, s’asseoir, avoir un bon casque à portée de la main et là l’auditeur entrera comme il se doit dans notre univers !

Avec Automata I, vous êtes désormais chez le label Sumerian Records. Pourquoi avez-vous décidé de partir de Metal Blade ?

Nous n’avons pas décidé de partir de ce label, en fait. Notre contrat était arrivé à son terme et nous voulions essayer de nouvelles choses, saisir de nouvelles opportunités. Il faut savoir que ça fait plus de quinze années que nous tournons, et que tout changement est bon à prendre ! Nous ne savons jamais ce que ces changements peuvent nous apporter : de nouvelles opportunités, de nouvelles idées… Nous nous entendons toujours bien avec Metal Blade, et c’était génial de pouvoir travailler avec eux. Et c’est pareil pour Sumerian Records… Nous avons beaucoup de chance de pouvoir travailler avec ce genre de labels. Que ce soit Sumerian Records, ou Metal Blade, les labels nous font confiance, et c’est tout ce qui compte.

Between The Buried And Me est peut-être la preuve formelle que le Metal d’aujourd’hui n’est plus celui d’il y a vingt ans. Votre approche de la musique est très moderne ! Comme Leprous, on ne peut pas vraiment vous coller d’étiquette.

J’espère que la musique continuera d’évoluer, pareil pour ce genre qu’est le Metal. Le Metal reste un genre qui se prête à toutes sortes d’expérimentations. C’est cool que nous soyons encore là et que nous soyons encore capables d’expérimenter. À côté, il y a des groupes comme LeProus, qui sont juste géniaux…

Comment décrirais-tu l’évolution du groupe, de votre tout premier album jusqu’aujourd’hui ?

Nous avons un peu changé, mais tout est resté authentique. Je pense que chaque album représente une période particulière du groupe. Nous restons nous-mêmes quoi qu’il arrive, et nous ne cherchons pas à forcer les choses. Chaque album est vrai. L’important est de rester honnête avec ce que nous faisons.

Vous êtes actuellement en tournée avec un groupe que tu as mentionné à l’instant, Leprous.

Oui ! Nous tournons avec eux en ce moment. Il y a également les Dear Hunter. Et nous reprendrons sûrement la route quand la deuxième partie de l’album sera sortie.

Que ferez-vous cet été ?

Nous n’avons rien d’annoncé, mais nous risquons de tourner aux États-Unis, et il est possible que nous fassions un tour en Europe !


Between The Buried And Me, c’est : 

Dan Briggs : Basse

Blake Richardson : Batterie

Tommy Rogers : Chant, Claviers

Paul Waggoner : Guitare

Dustie Waring : Guitare

Discographie : 

Between The Buried And Me (2002)

The Silent Circus Album (2003)

Alaska (2005)

Colors (2007)

The Great Misdirect (2009)

The Parallax II: Future Sequence (2012)

Coma Ecliptic Album (2015)

Automata I (2018)

A propos de l'auteur

Justine

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