Royal Republic est, à l’instar de The Hives, au Rock Suédois ce que le beurre est au krisprolls : une touche excentrique mais néanmoins incontournable pour un meilleur goût en bouche ! En cela, depuis 2007 Royal Republic sonne une déferlante délurée et sacrément sapée de Rock électrique, dansant et ô combien entrainant. Quoi qu’il en soit, pour la première date Française de son The Weekend Man 2018, la formation originaire de Mälmo avait filé rencard à Lille le Vendredi 02 Mars en embarquant les Allemands de Blackout Problems en guise de chauffeurs de salle. Et faut dire que Fives l’a bien rendu aux Suédois en leur proposant un Splendid bien vivant aux rangs assez nombreux. Bref, sortez les boules à facettes et les patins à roulettes, même si c’est kitsch à souhaits, Royal Republic en live vaut laaaargement le détour (et j’insiste sur le « laaaargement »).

Live Report : Romain Richez

Crédits Photos : Axl Meu


Pour entamer la soirée, Royal Republic avait embarqué dans ses valises les jeunes teutoniques de Blackout Problems. Et ceux-ci, royalement contents d’ouvrir pour la république du Rock’n’Roll n’en pas boudé leur plaisir de se produire pour la première fois en France. Musicalement, Blackout Problems évolue dans un rock alternatif avec pas mal d’effets vocaux où s’entremêlent des influences comme Highly Suspect et Sum 41. Visuellement, Blackout Problems est très énergique, à l’image de leur frontman, Mario, n’hésitant pas à planter son pied de micro au milieu de la foule pour y entamer « How We Are Coming ». Et quand ce dernier ne fait pas une pirouette pour remonter sur scène, il imite à la perfection son bassiste (Marcus de son prénom) et le second guitariste (germaniquement dénommé Moritz) pour sauter un peu partout et secouer sa caboche et ses vertèbres.

Une trentaine de minutes de jeu ont été allouées au quartet et cette demie heure toute fraiche aura permis d’affirmer au moins une chose : Blackout Problems c’est du Rock. Du Rock certes, mais du Rock pour minettes ou plus professionnellement appelé du « Rock Mainstream ». En cela, les refrains sont archis « catchy », les paroles sont adolescentes et les riffs n’ont pas de quoi casser trois pattes à un canard (« Off And On », « Haul »). Mais l’ambiance est au rendez-vous et surtout la bonne humeur communicative du groupe est fortement appréciable. D’ailleurs, la salle qui se remplie au fur et à mesure de la prestation ne manque pas de le remarquer et d’en jouer auprès de ces fans nouvellement acquis. Pour résumer et citer un grand adepte des fosses, « on se croirait au Main Square ». Et c’est tout à fait ça, avec ses titres axés grands publics et ce côté fortement appréciable en live, Blackout Problems est typiquement le genre de groupes qui se retrouvera catapulté sur les scènes des grands festivals « mainstream » d’ici quelques années.

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Pour en revenir au concert du soir, c’est sur « Kaos », une petite promo merchandising puis des « Je t’aime, je t’aime et je t’aime » balancés a tout va au public et accompagnés d’un petit cœur fait des mains du chanteur (oh trop choupi, c’est tout kawaii) que se clôture le show de Blackout Problems. Et si les Allemands ont vécu ce soir « a dream coming true », Le Splendid semble avoir fortement apprécié cette première partie et lui a promis de le revoir vite.

Alors pour résumer Blackout Problems, contentons nous de « joie », « Rock Mainstream » et « bonne ambiance », puis disons simplement que pour les Heretikiens en escale à Fives, il y a mieux comme style de première partie mais il y a pire, largement pire (besoin de la refaire avec « laaaargement » ?!). Quoi qu’il en soit, aussitôt Blackout Problems et le matériel remballés, aussitôt Royal Republic et éclairs géants déballés !

Oui des éclairs géants entoure chaque côté de la batterie posée juste devant un backdrop à l’effigie de Royal Republic (logique, non ?). Les Suédois ont donc sorti le grand jeu pour leur retour à Lille. D’ailleurs, leur dernier passage ne date pas d’hier, Adam Grahn se plaisant à rappeler que Royal Republic était venu se produire sur un bateau, plus précisément à La Péniche (RIP). Quoi qu’il en soit, et même si le balcon de l’ancien cinéma est fermé, le public est bien présent ce soir et appelle à plein poumon ses idoles pour le reste de la soirée. Et c’est tout de costards vêtus que les Nordiques font leur entrée au son d’un « When I See You Dance With Another » qui réveille d’emblée la nuit Lilloise.

Le son est relativement bon, le jeu de lumières est également impeccable mais surtout Royal Republic est totalement déchainé pour ne pas dire dingue en cette froide nuit d’hiver. Adam Grahn et les siens se montrent d’emblée très énergique, mais surtout théâtraux et communicatifs à l’instar du leader de la formation. Celui-ci n’hésitant pas à échanger longuement (mais juste ce qu’il faut) avec le public et lui esquisser quelques boutades. De son côté, la foule se montre très réactive et conquise, pour ne pas dire tout bonnement acquis à la cause même avant l’entrée en pistes des clowns du soir. C’est d’ailleurs très beau de voir un groupe aussi proche de ses fans. Point d’orgue de cette osmose : le chanteur qui fera monter deux enfants pour qu’ils s’essaient à quelques notes sous les acclamations du public. D’ailleurs, les deux chanceux du soir repartiront chacun avec un médiator et la setlist.

Quoi qu’il en soit, niveau prestation scénique Royal Republic est une énorme claque ! Les quatre de Mälmo sont plus que remuants et forcément entrainent avec eux le public (jusqu’à esquisser quelques pas de danse, c’est pour dire !). La setlist n’est certainement pas pour rien dans cette euphorie collective, puisque celle-ci se révèle très agitée en regroupant les titres les plus électriques et dansant de la discographie de la formation (« Tommy-Gun », « Everybody Wants To Be An Astronaut », « All Because Of You », « Kung Fu Lovin » ou « Make Love Not War ( If You Make War – Make Sure To Make Time To Make Love In Between) » par exemple). Setlist qui sera par la même occasion complétée d’une reprise  pas piquée des hannetons du « Fear Of The Dark » d’Iron Maiden. Le choix des titres interprétés est très judicieux, pas un classique ne manque à l’appel et Lille savoure chaque interprétation. Bien évidemment, notre éternel Adam Grahn n’a pas fini ses élucubrations de showman et n’hésite pas à nous conter l’amour du groupe pour la consommation de vin rouge et quelques anecdotes liées au nectar bordeaux.

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Un changement de costards et quelques boules à facettes de sortie pour le rappel plus tard, et Royal Republic tire sa révérence par « Vicious »  et « Baby ». Bien évidemment le groupe ne manquera pas de remercier son public, d’affirmer qu’il reviendra et surtout, suite aux huées répondant à l’annonce de la fin du set, de citer Cristiano Ronaldo, alias CR7 pour les intimes, « your love make me stronger, but your hate make me invincible ». Bref, Royal Republic en live, c’est un événement à lui seul ! C’est une prestation forte en couleurs et en décibels que le groupe a livré ce soir, et croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer mais la prochaine fois que Royal Republic passe par chez nous, j’y fonce comme dirait Alphonse !

A propos de l'auteur

Chargé des Relations Presse, manager, tourneur et baby-sitter rock'n'roll pour groupes un peu trop paumés ✠ Egalement rédacteur pour Illico! et French-Metal (chez la concurrence quoi !).

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