On ne vous les présente plus ! The Lumberjack Feedback enchaîne les dates et où que ce soit, le public répond à l’appel. C’est donc à l’occasion du Tyrant Fest que nous sommes allés à la rencontre du groupe pour qu’il nous parle de ses projets à venir, car il en a, des projets. Alors que Kaotoxin n’existe plus, le combo Lillois a dû se poser les bonnes questions au bon moment, faire confiance à de nouvelles personnes afin de travailler sur le successeur de Blackened Visions dans les meilleures conditions possibles. 

Propos du groupe recueillis par Axl Meu le 11 novembre 2017 au Metaphone de Oignies

Crédit photos : Slaytanic (Cédric Cambien)


Salut ! Comment vous portez-vous quelques heures après votre performance dans le cadre du Tyrant Fest ? C’était comment ? 

On a pris beaucoup de plaisir… On connaît déjà bien la salle (Le Métaphone de Oignies- NDLR) puisqu’on s’y était déjà produit dans le cadre des présélections du Printemps de Bourges, il y a deux ans. C’est une salle géniale. Elle a été bâtie et pensée de sorte que les conditions de jeu soient optimales. On n’a pas toujours eu l’occasion de nous produire dans des salles où l’acoustique est irréprochable. C’est vraiment agréable…

The Lumberjack Feedback commence à être rodé sur les grosses scènes nordistes. On vous a vus au Splendid cette année. Vous connaissez également bien l’Aéronef. Vous comptez envahir les plus grosses scènes de France maintenant…

Oui. On s’est déjà bien exportés en dehors de la région. On s’est produits au Glazart à Paris, et dans d’autres clubs également. Notre première date parisienne remonte à un peu plus d’un an…

Ça va faire presque deux ans que l’album Blackened Visions est sorti. L’album a bien tourné, on le connaît bien maintenant. J’imagine que le successeur va sortir très prochainement…

On a mis beaucoup de temps à le sortir car on avait changé de line-up à plusieurs reprises à l’époque de sa sortie. Je pense même qu’on a dû composer deux albums en entier avant d’être satisfaits de Blackened Visions. Il fallait que le line-up soit stabilisé. On a sorti l’album et nous l’avons défendu comme il se doit, en nous produisant un peu partout. Là, notre nouvel album est quasi-prêt, il ne nous reste plus qu’à l’enregistrer. Kaotoxin n’étant plus là, on a dû s’entourer de nouvelles personnes pour le sortir. C’est un tout nouveau label, que certains connaissent sûrement. On est censé entrer en studio d’ici le mois de Janvier… Ça va aller très vite ! La ligne directrice reste la même. On a décidé d’écrire une suite à l’album Blackened Visions. On est parti des morceaux qui marchent le mieux en live, et on s’est inspiré de ces titres pour développer le côté plus « rentre dedans » et le plus « ambiant ».

The Lumberjack Feedback étant un concept à lui tout seul avec ses deux batteurs et son absence de parties « chantées », allez-vous continuer à jouer sur les nuances entre coups de charley et de caisse claire sur ce nouvel album ?

Il y a eu des rencontres qui nous ont ouvert pas mal d’opportunités. On nous a donné beaucoup de conseils sur la manière d’aborder un album, et on s’est inspiré des dernières sorties d’album, comme Gojira et Mastodon, qui figurent parmi les influences principales du groupe. Ils nous ont donné des clefs en ce qui concerne la manière dont il fallait aborder les différentes couches d’un album. On a deux batteurs, donc il faut exploiter le truc à fond, et creuser l’album comme je te disais tout à l’heure. Si tu prends les deux morceau « Blackened Visions » et « Dra », de notre premier album, tu constateras qu’ils sont totalement différents, beaucoup d’ambiance, beaucoup de parties qui rentrent dedans… Dans ce nouvel album, il y a beaucoup de choses qui se passent, et il y a même des parties avec des cuivres. Je ne vais pas tout te dévoiler, mais on ne se fixe aucune limite. Par exemple, si ça doit sonner « Disco », on prend l’idée et on fait du Lumberjack Feedback avec !

Justement, c’est cette flexibilité que vous vous accordez qui vous permet de jouer avec des groupes de styles totalement différents. Par exemple, en février dernier, vous étiez sur scène avec Loudblast et Putrid Offal. Ce soir, vous ne vous produisez qu’avec des groupes de Black Metal. Vous devez quand même vous inspirer de toutes ces expériences…

Oui, voilà. En fait, tu peux nous placer où tu veux, c’est ça qui fait la différence, je pense. En ce qui concerne l’affiche de ce soir, on a ce côté un peu dissonant, un peu sombre propre au Black Metal. Ensuite, si tu veux nous caser avec des groupes plus extrêmes, tu peux aussi, car les deux batteries dégagent une belle énergie. Je pense que où que ce soit, dans n’importe quel contexte, le groupe parvient à avoir sa légitimité.

Aujourd’hui, certaines formations peuvent penser qu’il est difficile de se séparer de l’étiquette « groupe local », or, vous, vous y parvenez. Qu’en pensez-vous ? 

On est fiers de faire partie de cette scène locals des Hauts-de-France. Regarde, Loudblast, Agressor (originellement du Sud de la France, NDLR), le Nord de la France comporte énormément de valeurs sûres. On a régulièrement des demandes pour aller jouer ailleurs, que ce soit en France ou à l’étranger. Par exemple, ce soir, au Tyrant Fest, il y a des copains grecs qui sont venus nous voir jouer !

(étonnement) C’est qui ?

Des amis avec qui on a partagé la scène en Grèce, il y a un an maintenant. Il faisait beau. On a fait une tournée là-bas, et cette personne est devenue notre ami par la suite. Au départ, c’est Amenra qui les avait invités, mais finalement, ça ne s’est pas fait (Amenra a été retiré de l’affiche, NDLR). En tout cas, Athènes fut un expérience incroyable ! On avait fait sold out dans de grosses salles. Je ne suis pas sûr qu’on fasse la même chose à Paris par exemple. Quoi qu’il arrive, peu importe le lieu, nous jouons, c’est tout.

The Lumberjack Feedback doit quand même avoir ses exigences…

Non, pas vraiment. On est difficiles avec nous-mêmes, pas avec les gens qui nous font jouer. Ça peut faire peur d’accueillir un groupe avec deux batteurs, mais nous n’avons jamais rencontré de problèmes. On va jusqu’au bout, à chaque fois !

Les deux batteries, il faut quand même les porter ! (rires)

C’est une habitude ! Qu’on vienne jouer à Paris, ou à Marseille, c’est pareil pour nous. On a le matériel. Ça fait partie de notre quotidien.

Revenons au nouvel album maintenant… Vous avez une idée de nom ?

On ne peut pas encore le communiquer.

Vous pouvez quand même me donner quelques indications concernant la production ? 

Là aussi, c’est encore en discussion, on ne peut pas encore tout dire. On a dû tout redéfinir. On se fera accompagner par un autre label du coup, tout change. On va travailler avec quelqu’un d’autre, et ça ne se fera pas dans le Nord. On va se repartir les rôles quoiqu’il arrive. Il ne faut pas qu’il y ait cinq personnes sur le même projet. Par exemple, si l’on doit produire un clip, on confie la tâche à une seule personne, et on lui fait confiance sur le long terme. Si on prend le risque de donner tous son avis, ça prendra un temps fou. Autant se faire confiance. Après, c’est la première fois que l’on fait des préprods aussi longues, et les avis sont beaucoup plus tranchés cette fois-ci. Ça reste démocratique, mais on évite que les idées se dispersent.

Vous me disiez que le label sur lequel vous allez signer est tout nouveau. Pourquoi n’avez-vous pas essayé de signer à l’étranger ? 

En fait, on a prospecté plusieurs labels, mais les réponses n’étaient pas positives. C’est pas évident, vraiment. Surtout que The Lumberjack Feedback est un groupe assez marginal. Tant qu’on ne nous a pas vus en live, on ne peut pas nous comprendre, on ne peut pas se faire une idée précise de notre concept. Il n’y a pas de chant, deux batteries. Un groupe comme le nôtre peut effrayer. Comme pour les programmateurs, ils sont parfois réticents à l’idée de faire venir un groupe avec deux batteurs, mais ça n’a jamais posé de problèmes. En ce qui concerne les labels, nous en avons contacté trois. Ça n’a rien donné, et la personne qui nous a contactés était hyper motivée par notre projet. Nos amis de Gojira nous ont rassurés et expliqué que c’était bien beau d’avoir une belle opportunité de signature, mais que ça n’avait pas trop d’intérêt si le label ne déployait pas les moyens pour faire évoluer le groupe. Là, avec ce label, on est partis pour avoir quelque chose de carré, de planifié, de plus ordonné, on va faire des choses avec quelqu’un de motivé. On ne veut pas signer non plus sur un label qui nous vende du rêve, ça n’aurait aucun intérêt, et ça serait contre-productif.

Vous avez joué avec Gojira dernièrement, c’était au Splendid de Lille, le même week-end que le Hellfest. 

On peut dire que ce sont des amis maintenant. C’était complet. C’est plus par rapport aux attentes des gens : Ça reste des humains, ils ont dû arrêter un peu avant. Ils n’ont pas fait de rappel. Ils étaient encore plus dégoûtés que le public… Ils ont un lien avec le Splendid. Personnellement, j’ai vécu les meilleurs concerts de ma vie au Splendid de Lille. On était super contents d’être invités par Gojira, on s’était rencontrés au Hellfest, on avait pas mal échangé, quand la date a été programmée… On avait déjà ouvert pour eux, ils nous l’ont reproposé…

Quels sont vos plans pour les semaines à venir ?

Notre planning est serré. On va devoir enregistrer l’album pour respecter le cycle. On va être très occupés ces prochaines semaines !

The Lumberjack Feedback, c’est : 

Simon Herbaut : Guitare

Arnaud Silvert : Guitare

Sebastien Tarridec : Basse

Nicolas Tarridec : Batterie

Virgile Chaize : Batterie

 

Discographie : 

Mein Gebush Hat Hunger (démo-2009)

Hand Of Glory (2013)

Ausstellung (Spit-2014)
Blackened Visions (2016)

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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