C’est à quelques jours du lancement de la tournée promotionnelle du Hellfest, « Hellfest Warm-Up », avec Ultra Vomit en headliner, que la rédaction s’en est allée rencontrer le groupe au BetiZFest (Cambrai). Sur le point de fêter le premier anniversaire de la sortie de l’album Panzer Surprise !, ces joyeux lurons, fidèles à eux-mêmes, ont bien voulu nous donner un peu de leur temps et répondre à quelques questions… 

Première partie

Propos du groupe recueillis par Axl Meu le 7 avril (Cambrai)

Crédit photos : Eric Meuriche


Fetus, ta dernière performance dans le cadre du BetiZFest remonte à 2014. Si mes souvenirs sont bons, tu t’y étais produis avec Andréas. Aujourd’hui, tu t’y produis avec Ultra Vomit pour la journée Metal…

Fetus (chant, guitare) : On avait déjà fait le BetiZFest en 2009. 

Flockos (guitare) : Une belle anecdote ! 

Fetus : Oh oui, putain ! 

Manard (batterie) : C’est la première fois que ça nous arrivait, car tu sais, on est des gentils garçons, en fait, bon voilà… Bon bah voilà…

Flockos : Bon, on faisait un petit « after » tranquille à l’hôtel où on dormait avec Walls Of Jericho et Danforth.

Fetus : Ah, c’était ça ! C’était au BetiZFest ?! (commence à rigoler)

Flockos : Un moment, y’a un mec, on va vraiment nommer, c’est le moment… Je ne sais pas trop ce qui s’est passé… Le mec a commencé à engueuler une fille, une bénévole du BetiZFest

Fetus : On s’en branle de tout ça ! 

Flockos : Je sais pas ce qui s’est passé. En tout cas, un mec s’en est pris à la nana, et je suis arrivé genre : « qu’est-ce que tu fais là ? »… Et ce mec m’a mis une grosse patate dans la gueule ! 

Fetus : Voilà, c’était étonnant, très étonnant !

Flockos : Je m’étais pris une tarte pour la première mois de ma vie au BetiZFest ! 

Fetus : En tout cas, tu aurais dû te faire tabasser une bonne paire de fois. Ça rattrape un peu les fois où ça ne s’est pas produit. Mais là, c’était plutôt injuste ! 

C’était donc à l’époque d’Objectif: Thunes. Aujourd’hui, vous êtes là pour Panzer Surprise !. J’imagine que le concert a évolué en huit ans de temps… Qu’est-ce que vous nous avez prévu ? Il y aura des vidéos ? 

Fetus : Des vidéos ? Oui. Enfin, c’est tranquille. Le show vidéo est plutôt modeste. On ne va pas se mentir. Tout n’est pas basé là-dessus. Pour te dire, hier, finalement, l’écran ne marchait pas. Enfin, le vidéo projecteur ne marchait pas. Donc, on s’est fait humilier ! Mais, le show en restait toutefois savoureux. La vidéo, c’est juste pour appuyer nos chansons et nos vannes.

Manard : Oui, les vidéos font plutôt office de « backdrop » interchangeables. 

Flockos : Oui, c’est plutôt interactif ! 

Je garde en mémoire ce concert au Motocultor, en 2015. La mise en scène était extrêmement travaillée. Vous étiez arrivés en fauteuils roulants sur scène. C’était très amusant. (Rires)

Fetus : Ah oui ! Il y avait ça ! Ça, c’était étonnant, oui ! (Rires)

Flockos : Oui, c’était la « tournée de malades » ! Notre première avec Matthieu Bausson, notre bassiste. 

Pourquoi ne le faites-vous plus ? 

Fetus : Ça n’aurait pas trop d’intérêt. On l’a fait pour la « tournée de malades »…

Flockos (prend la voix d’une vieille fille) : Ce qui est fait n’est plus à faire, voyons ! 

Manard : On n’avait rien à défendre pour cette tournée. C’était une simple tournée, qui avait pour objectif de présenter Matthieu à nos fans. Et en fait, on a rigolé sur la différence d’âge qu’il y a entre lui et nous. Nous, on a dit qu’on était des vieux croulants tandis que Matthieu, lui, avait la forme. Et de fil en aiguille, c’est devenu la « tournée de malades ».

Fetus : Oui, voilà. C’était la tournée d’introduction de Matthieu Boisson.

Manard : Maintenant qu’on a l’album Panzer Surprise !, on a plus axé le show sur…

Fetus (coupe la parole) : …Les panzers et la surprise ! 

Manard (coupe la parole)  : …Et sur le visuel de l’album, quoi ! 

(Fetus) « Théoriquement, on part sur les dix-sept ans entre le troisième et le quatrième album ! »

L’album, ça fait presque un an qu’il est dans les bacs. Vous allez encore tourner longtemps pour le promouvoir ? 

Fetus : Écoute, on ne va pas te mentir…

Flockos (coupe la parole) : On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve !

Fetus : Tout va très vite dans le football !

Flockos : Non, mais on est encore pas mal sollicités pour défendre ce nouvel opus ! Non, mais c’est vrai, on s’approche des un an de l’album. Ça me fait des trucs ! Je suis tout chose ! 

Fetus : Ça passe tellement vite…

Flockos : Ça passe à une vitesse, mais rendu à nos âges… Matthieu, profite ! 

Matthieu (basse) : Ah bah justement, j’ai hâte…

Flockos (pointe son camarade du doigt) : Regarde tous ses cheveux blancs !

Matthieu : J’ai hâte de tourner, tout simplement car je ne n’ai rien d’autres à faire de ma vie ! 

Flockos (rires) : Maaaaaaanh, petit pèèèèère ! Oui, ça passe à une vitesse ! 

Manard : Non, mais pour répondre à ta question. Il faut savoir qu’il y a un petit effet « boule de neige » avec la tournée. On fait des dates qui sont relativement « sold out », on ne va pas se mentir. Et du coup, les promoteurs rebondissent… Et ils reviennent nous voir pour nous programmer, mais dans une salle plus grande. Pas mal de villes font ça… Et du coup, le groupe se retrouve à être rebooké l’année d’après, puis l’année d’après, puis l’année d’après… Et là, on commence déjà à booker l’année 2019. 

Fetus : C’est un peu ce qui s’est passé avec les dates à Paris en fait. On fait plusieurs étages, plusieurs paliers de concerts, on va dire. Et le dernier, c’était le Trianon, et il s’est rempli hyper vite, et c’est quand même une grande salle…

… Bientôt l’Olympia d’ailleurs ! 

Tous ensemble : C’est ça ! C’est le 13 octobre prochain ! 

Fetus : Du coup, c’est assez choquant, car on n’avait même pas encore fait notre plus grosse date parisienne qu’on était déjà annoncés à l’Olympia. C’est quand même assez dingue. 

Vous allez immortaliser ce concert. 

Fetus : Oui ! 

Vous avez commencé à réfléchir à la mise en scène ou c’est encore « top secret » ? 

Manard : Oui, bah, en fait, vu que ce sera le premier show qui sera filmé. On va faire une sorte de…

Flockos (pas content) : On ne va pas tout dire quand même ! 

Manard : On va faire ce que l’on sait faire ! 

Fetus : On va essayer d’être assez bons dans ce que l’on sait faire pour être bien rôdés quand même ! Il ne faut pas tout changer la veille, sinon, ça ne va pas être cool. Mais on va essayer de marquer le coup avec quelques événements, quelques invités…

Vous me dites que le temps passe… Objectif: Thunes date de 2008. Allez-vous remettre neuf ans pour sortir un nouvel album ? 

Manard : Ça, c’est une bonne question, ça ! 

Fetus : On pendra bien plus de temps ! Car tu vois, c’est exponentiel. La courbe s’allonge plus le temps passe. Si tu veux, il y a eu quatre ans entre le premier et le deuxième, neuf entre le deuxième et le troisième. Théoriquement, on part sur les dix-sept ans entre le troisième et le quatrième album ! 

Matthieu : Bah ça va ! J’aurai trente ans, moi ! 

Ah, et du coup, tu as quel âge en vrai ?

Matthieu (d’un air désespéré) : J’ai treize ans, moi… Non, je rigole, j’en ai 24. 

Manard : Il est encore un peu trop tôt pour savoir quand nous sortirons notre prochain album… 

Mais, pour ce nouvel album, Panzer Surprise !, il y avait pas mal de morceaux qui étaient déjà composés depuis quelques années. « Calogira », par exemple, était déjà connu des fans ! J’imagine que vous avez recommencé à composer.

Fetus : Non, non… Enfin, je ne crois pas. 

Flockos : Ça dépend ce que t’entends par l’idée de composer. Par exemple, on a les riffs. 

Manard : On a des concepts aussi, qui sont dormants.

Flockos (prend au faux ton sérieux) : Quelque part, si vous voulez, le processus de création est continu ! En fait, nous sommes « artistes », et à chaque fois que nous dormons, nous créons. Et en fait, nous ne pouvons pas nous dire : « nous créons pour l’album de manière générale ». 

Manard (coupe la parole) : On est la « Compagnie Créons ! » 

Flockos : Voilà, le processus créatif n’a pas de début, ni de fin ! Nous sommes « créateurs de tout temps, de tout être, de toute éternité » ! 

Fetus (coupe la parole) : Et de toute chose ! 

(Flockos) « Le processus créatif n’a pas de début, ni de fin ! Nous sommes « créateurs de tout temps, de tout être, de toute éternité » ! »

Tu me parles de concept… Le nouvel album, c’est plus ou moins un recueil de pastiches de différents groupes. 

Fetus : Oui ! Pastiche, pour la boisson ! (Rires)

Manard : J’aime le richard ! Tu préfères le « pastiche » ou le « richard » ?!

(Tout le monde rit)

Fetus : Bon, oui, dès qu’on a entendu le mot, on s’est demandé : « Qu’est-ce que l’on pourrait faire comme vanne ?! »

Manard : Ouais, la boisson, quoi ! 

Vous reprenez les styles de groupes que vous aimez bien en fait… Rammstein, Tagada Jones, Iron Maiden…

Manard : Oui, carrément.

Oui, mais au bout d’un moment, vous n’avez pas de peur de…

Fetus (coupe la parole) : D’avoir épuisé le concept ? Oui, bon, en fait, c’est un peu ce qui s’est passé avec l’album Objectif: Thunes. Je ne vais pas te mentir. Enfin, tu m’as vu mentir, toi ? 

Flockos (en non-français dans le texte) : Non, je ne t’ai pas vu mentir ! Il y a des raisons pour lesquelles de comme que de comme quoi on n’a pas enchaîné avec un nouvel album après Objectif: Thunes, c’est parce qu’on s’est dit… On était même persuadés que la source fut tarie, comme quoi on avait fait ce qu’on avait à dire. On a dit que ce qu’on avait à faire et… mes couilles. En gros, on s’est posés la question de savoir si on avait fait le tour de la question ou pas ou de savoir si on allait faire un « bis-repetita » si on recommençait. Et peut-être que certaines personnes pensent que c’est le cas, mais avec neuf ans entre les deux, on considère qu’il y a assez de fraîcheur pour que ça tienne la comparaison.

Fetus : Rien que musicalement, on a composé l’album avec deux guitares, ce qui n’était pas le cas avant. 

Flockos (prend un faux ton orgueilleux) : Grâce au format « quatuor » et la puissance de Joël le Flock, accompagné de l’assise de Matthieu Beausson à la basse, l’assise rythmique, et l’assise rythmique de la batterie également, tout a changé. On a vraiment créé les chansons à quatre dans le local de répétition, et ça en fait la différence majeure avec l’album d’avant. 

D’où partez-vous pour composer un morceau ? 

Fetus : On part d’un délire à nous. D’un riff à nous, puis on se dit : « Ah, ça me fait penser à tels ou tels trucs »… Et à la base, qu’on soit fans du truc à la base, parodie ou pas, c’est pas tellement la question quand on commence. Regarde, il y a Rammstein pour « Kammthaar », mais Rammstein, ce n’est pas un groupe que j’écoute spécialement. On a plus été inspiré par Lindemann, son projet solo, que par Rammstein, par exemple. 

Dans ce morceau, « Kammthaar », il y a également un petite référence à Marc Lavoine, le fameux « Elle A Les Yeux Revolver… »

Fetus : Oui, c’est l’inspiration. En fait, on a surtout pompé ses phrases tout simplement. 

Manard : Ouais, là, on part surtout sur le jeu de mots. C’est la Pop Culture à la française. On connaît tous la chanson de Marc Lavoine

(Fin de la première partie) 

N’oubliez pas : Ultra Vomit fera son grand retour dans le Nord de la France le vendredi 9 novembre prochain, à l’Aéronef.


Ultra Vomit, c’est : 

Le Roi Fetus : Chant : Guitare et imitations

L’Elfe Manard: Batterie : Voix de merde

Le Nain Flockos : Lead guitare

Le Farfadet Bausson : Sons laids (comprenez, basse, NDLR)

Discographie : 

M. Patate (2004)

Objectif: Thunes (2008)

Panzer Surprise ! (2017)

 

A propos de l'auteur

Justine

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