#TouchePasÀMonUnderground, le principe est simple, une semaine sur deux, un groupe de la scène underground des Hauts-de-France peut s’exprimer ! Cette fois-ci, c’est MR.X qui s’est prêté au jeu !

Propos de Thomas (chant, guitare) recueillis par Axl Meu.


Présentez-vous ! Comment vous êtes-vous rencontrés ? 

Thomas : En 2011, je commençais à avoir pas mal de compositions en réserve, alors mon père m’a suggéré de monter un groupe. J’ai très vite rencontré Christophe (bassiste) sur Easyzic, l’équivalent de Meetic pour musiciens sur Internet, et on s’est tout de suite bien entendus. Après une série de péripéties avec plusieurs batteurs, mon père, Chris, a finalement rejoint le groupe. On a eu aussi un deuxième guitariste pendant un temps, mais on s’est vite rendu compte que c’était mieux à trois. Et depuis quasiment sept ans, on retrouve toujours la même énergie, le même feeling ensemble. 

Le groupe s’est donc formé en 2011, et a déjà deux albums à son actif, Trouble In The Machine, et Icarus, qui est votre petit dernier. Quels progrès pensez-vous avoir accomplis entre ces deux albums ? 

Je pense que les chansons d’Icarus sont plus directes et plus efficaces. Et pour cause, on a commencé à interpréter live certaines de ces chansons, parfois deux ans avant la sortie de l’album. À force de les tester et de les remanier en répète, elles ont évolué dans le bon sens. Nous avons également porté plus d’attention à notre son, alors que pour Trouble In The Machine, le but était surtout de faire du Rock à l’image des groupes que nous adorons. Vu sous cet angle, Icarus est un accomplissement pour MR.X. Les onze titres de l’album ne ressemblent à aucun autre groupe. Je pense que nous nous sommes trouvés nous-mêmes en tant qu’artistes en réalisant cet album. 

MR.X propose un sorte de Rock ’n’ Roll très 70’s dans l’âme qui n’est pas sans rappeler des groupes comme Rival Sons, Royal Blood mais aussi The Answer… 

Ça me fait plaisir que tu parles de ces groupes, car ils sont très bons et nous les apprécions beaucoup. Tu as raison. On essaie de mêler le feeling Blues qu’on trouve dans les premiers groupes de Heavy Metal, avec l’efficacité des chansons de groupes comme Rival Sons ou Royal Blood. De toutes façons, dès qu’on parle de gros riffs, d’influences Blues et de son gras et lourd, on s’y retrouve. Dans le genre, on pourrait aussi citer Wolfmother ou Triggerfinger qui sont aussi des trios. Coïncidence ? Je ne crois pas… 

Icarus sort en autoproduction. Pouvez-vous néanmoins nous donner plus d’indications sur ses lieux de captation ? Où l’avez-vous mis en boîte et comment avez-vous procédé ?

On a pris plus de deux ans à retravailler les démos… Et à force de retravailler les démos, nous sommes devenus un peu tatillons. Il fallait que l’on puisse tout contrôler au moment venu, les arrangements, les prises de son, le mixage, la production… Nous avons donc enregistré la batterie au Passenger’s Studio à Moncheaux. On a ensuite fait les prises de son des guitares, basse, claviers, chant et chœurs dans mon home-studio… C’est vraiment agréable de pouvoir travailler comme ça, sans la pression de devoir se dépêcher dans un studio qui coûte forcément plus cher. Et le plus dingue, c’est que le résultat est exactement conforme à nos attentes ! 

Présentez-moi le morceau « Blue Tiger »… 

C’est une chanson que j’ai composée il y a plusieurs d’années déjà. Ça parle de… eh bien, d’un tigre bleu ! Je pourrais expliquer ça, mais je préfère que chacun se fasse sa propre interprétation. Pendant longtemps, je ne la jouais qu’en guitare/voix, en acoustique, puis nous avons travaillé les arrangements, encore et encore jusqu’à trouver le parfait équilibre entre simplicité et grandiloquence. Grandiloquence parce que, si on voulait interpréter « Blue Tiger » en live comme sur l’album, je crois qu’il faudrait une quinzaine de musiciens. On a multiplié les guitares, les basses et les claviers en studio ! 

Mais vous êtes trois. Avez-vous rencontré des difficultés pour reproduire vos morceaux sur scène ? 

En studio, tu prends le temps de composer, tu peux accumuler les arrangements et les prises, alors que sur scène, tout n’est qu’énergie, watts et sueur ! On assume cette différence. Ça nous permet de nous éclater, parce qu’on est toujours en train de réinterpréter nos propres chansons. Rien n’est figé et on ne se contente pas de reproduire ce qui est gravé sur le CD. On adapte les chansons pour qu’elles sonnent bien à trois, quitte à ce que ce soit différent. Et ça nous oblige à nous améliorer sans cesse. Donc oui, on a déjà rencontré des difficultés pour adapter certains titres sur scène, et tant mieux, ça nous a permis de grandir !

Quel est le principal atout de votre musique selon vous ? 

Je pense que c’est avant tout la sincérité et l’énergie déployées sur scène qui nous permettent de vivre de vrais moments d’échange et de partage avec le public. Et puis, nos chansons se situent au carrefour de plusieurs genres musicaux, à savoir, le Blues, le Stoner, le Hard Rock et le Folk… Je pense que chacun peut y trouver ce qu’il y cherche. 

Que pensez-vous de la scène Rock des Hauts-de-France ? Quels groupes sortent du lot selon vous ? 

C’est une scène Rock qui, malgré les difficultés, est en pleine expansion. Jamais le Rock n’a été aussi accessible qu’à notre époque… Pour pas grand chose, on peut se faire son petit home-studio, trouver quelques riffs et des potes pour jouer, on peut apprendre avec Internet… Néanmoins, ça a ses inconvénients et ses avantages. Il y a énormément d’artistes et de groupes émergents et trop peu de scènes pour tous les accueillir. On est souvent obligés de se rabattre sur des bars ou des cafés qui souvent préfèrent des groupes de reprises ou autres tributes. On vient justement d’organiser notre premier festival, le Rock Is Dead, pour tenter de renverser cette tendance et offrir une scène à des groupes locaux. Et je peux déjà vous annoncer qu’il y aura une deuxième édition l’année prochaine. Car il y a de très bons groupes qui gravitent autour d’Arras, où MR.X se situe. Je pense à Noiseless, Goodgrief, ou encore aux Strikes. Mais il y en a beaucoup d’autres et tous sont des artistes qui, certes ont souvent un métier à côté de leur passion, mais produisent leurs chansons originales avec autant de ferveur et de soin que des professionnels. Parfois délaissés par les scènes « professionnelles » et autres pôles culturels, les groupes de Rock s’organisent pour faire vivre leur musique. Il suffit de regarder tous les concerts qui sont organisés chaque week-end pour se rendre compte que, finalement, tout ne va pas si mal. 

Pour contacter : https://www.facebook.com/MRX.Official.Band/

Pour écouter :

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.