Faisant désormais partie des spots incontournables de la région du BeNeLux, le De Kreun organise tous les mois des sortes de « before » à l’Alcatraz, des dates que nous nous empressons d’aller couvrir chez Heretik Magazine ! Alors, après la relative déception d’Anvil en février dernier (vraiment, l’enclume était vraiment en piteux état ce soir là…), c’est au tour d’Ensiferum de garer son drakkar au abord de la salle, le tout accompagné des membres d’Ex Deo et de Wind Rose. Une belle soirée en perpective, où les cornes d’abondance étaient toutes conviées à se rendre dans le pit pour chanter en choeur les refrains galvanisants d’Ensiferum.

Live Report : Axl Meu

Photos : Maurice Delciotto  


Courtrai est en passe de devenir la capitale Européenne du Metal avec ses événements qui n’en finissent plus de tomber. Mais ce lundi, chacun de nous ne pouvait s’empêcher d’évoquer la fermeture encore toute récente de Pop Center, boutique spécialisée, véritable Mecque du Metal pour certains. Néanmoins, l’ambiance reste conviviale à Courtrai ce soir. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, nous apprenons sur le champ que les membres d’Ensiferum se prêteront au jeu des Meet & Greet, gratuitement, à une époque où ce genre de pratiques est souvent à l’origine de quelques idées pécuniaires. 

Wind Rose se charge d’ouvrir les festivités. Ils sont Italiens, et pourtant, leur sang chaud ne les a pas empêchés de se mettre à la mode des guerriers nordistes. Vous l’aurez donc compris – et le ridicule ne tue toujours pas – et on peut désormais s’appeler Francesco Cavalieri et porter le même accoutrement qu’Attila. Cela dit, les Italiens nous ont malheureusement livré, à l’instar de la tour de Pise, un concert un peu bancal. La guitare de Claudio Falconcini est absente au cours du gros premier quart d’heure, et la batterie et le clavier demeurent, à l’inverse, eux, omniprésents. Mais les Pisans, qui n’ont peut-être pas eu droit à des balances dignes de ce nom, ne se laissent pas abattre, notamment leur chanteur, qui, en tant que « gnome » accompli, nous livre ses plus beaux efforts vocaux, notamment sur le titre « The Slave and The Empire »… 

Les claviers de leur côté vont bon train et parfument la salle d’un parfum signé « Le Seigneur des Anneaux« . Parfois festives, mais pas trop, les mélodies, épaulées par les chœurs du tandem guitariste/bassiste ne renouvèlent pas quoi que ce soit, mais ont le mérite de mettre une partie du public en ébullition. Un aspect complété par les nombreuses prises de parole du frontman-nain, Francesco, qui ne cesse d’arpenter le bout de scène qu’on lui a laissé et de demander : « are you ready to rock this place ? ». Bref, Wind Rose, sans nous laisser un souvenir impérissable, fait le job et s’en sort toutefois avec les honneurs. 

 

 

Ex Deo est une véritable curiosité. Faite par des passionnés (de culture antique) pour des passionnés (de culture antique, bis), la musique des membres de Kataklysm a pour mérite de revisiter l’Histoire des membres de Wind Rose (comprenez l’Histoire Romaine). Bref, pas de « Sabaton l’a déjà fait ici » ! Car Ex Deo se démarque avec une musique qui n’a rien de Power, ce qui l’empêche pas d’être puissante pour autant. Les Québecquois, avides d’Histoire, proposent plutôt un Death Mélodique, parsemé de touches épiques. Bref, après une entrée en grande pompe, les membres jouent les durs à cuire avec des morceaux qui n’ont pas trop de mal à nous faire oublier le fait qu’il n’y pas de bassiste dans le groupe ! Oui, d’emblée, le professionnalisme se fait ressentir et les guerriers n’ont pas trop de mal à s’imposer sur le champ de bataille.  

C’est épique, c’est grandiose, c’est hyper chiadé ! En effet, en tournée pour promouvoir son nouvel opus, The Immortal Wars, le groupe n’hésite pas à présenter quatre titres de ce dernier, à savoir : « Ad Victoriam (The Battle Of Zama) », « Cato Major : Cartago Delenda Est ! », « The Rise Of Hannibal » et « The Roman », des pépites qui s’intègrent bien à la setlist des Romains. En effet,  l’ensemble est rythmé par des interludes épiques, de beaux tableaux, notamment un passage de batterie (celui de « Suavetaurilia ») qui met en évidence le talent et la technique d’Olivier Beaudoin. De plus, chaque morceau correspond à un jeu de lumières particulier. Plus on avançait dans le temps, plus le concert prenait des allures de feux d’artifices de lumières ! En sommes, c’est un régal pour les yeux… Mais aussi pour les oreilles ! 

Cependant, si Maurizio, le hurleur charismatique, se comporte comme le meilleur des empereurs romains, il ne parviendra pas à faire monter la sauce dans le public. Si autres « headbangs » étaient de la partie, on est loin, voire très loin, de la débandade du siècle… Et pourtant, l’empereur explique qu’il ne joue pas dans un groupe de Folk et qu’il n’est pas là pour danser… Lui, il voulait juste de la violence dans le pit, ce qu’il n’eut pas. Chose qui aurait poussé un haut dirigeant à abdiquer… Bref, il n’est pas évident de susciter l’admiration chez les vikings, qui sont, eux, loin, très loin de l’Antiquité Romaine !

 

 

La dernière performance d’Ensiferum à laquelle la rédaction d’Heretik Magazine a assisté, c’était dans le cadre du Motocultor Festival en 2017. Néanmoins, entre temps, le nouveau clavier du groupe, Netta Skog, décide de quitter le navire – et chose surprenante, le groupe prend la décision de continuer sans pour autant la remplacer ! Alors, c’est donc ce groupe, désormais quatuor, qui a dû revoir la manière d’interpréter ses classiques, que nous rencontrons – aujourd’hui en 2018 – Les parties de clavier habituels et autres vocalises sont remplacés par des samplers – et voilà un groupe qui a foncièrement gagné en hargne ! 

Dans le cadre de la deuxième partie de la tournée promotionnelle de Two Paths, ils vantent les mérites de ce dernier avec quatre morceaux, notamment le désormais classique « For Those About To Fight For Metal » (un titre écrit en hommage à AC/DC), mais pas que… Les Finlandais ont décidé d’inclure quelques gros classiques en cours de route, notamment « Twilight Tavern » et « Wanderer » pour rallier à leur cause quelques guerriers déboussolés. Et ça marche ! Certes, il a fallu attendre quelques titres pour que la fosse s’embrasse… Puis c’est là que les fans s’emballent ! C’est un carnage ! 

Puis, quelle énergie ! Chacun des protagonistes assure sa besogne, et nous fait vite oublier Netta. Toutes les parties de chant sont à la fois assurées par Petri Lindroos (chant, guitare), Markus Toivonen (guitare, chant) et Sami Hinkka (basse, chant), les trois affichant une joie non dissimulée lors de l’interprétation du gros classique « Lai Lai Hei », où le public a été mis à contribution ! Le concert est construit en plusieurs parties et est rythmé par des pauses bienvenues, notamment celle de « Tumman Virran Ta », qui fait office d’introduction au voyage épique, au mid-tempo de « The Longest Journey (Heathen Throne, Part II), où les guerriers du pit ont pu reprendre leur souffle le temps de quelques minutes.

Les Finlandais sont clairement heureux d’être là, et remercient leur public belge de moult-façons… Néanmoins, c’est clairement Sami Hinkka, le bassiste, qui sort du lot avec ses quelques improvisions ici et là (on a pu reconnaître « The Number Of The Beast » interprété au cours d’un temps mort…). Bref, loin de tous ces concerts trop ficelés, ce concert d’Ensiferum sort de ces stéréotypes – et quitte à ne pas être parfaits, ils s’adonnent à quelques gourmandises musicales amusantes, notamment au cours du rappel, qui a vu Markus Toivonen (guitare, chant) reprendre les accords de « Sweet Child O’ Mine » des Guns N’ Roses d’une façon bien particulière.  

 

 

Une belle soirée. Malgré la petite déception de Wind Rose, ce concert placé sous le signe des épopées guerrières et de l’Histoire nous a bien prouvé que le Pagan demeurait encore un des styles musicaux les plus courtisés à ce jour ! 

A propos de l'auteur

Axl

Rédacteur en chef d'Heretik Magazine

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